Démocrature

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Jusqu’à quand ? : bonne question — la réponse est reportée sine die.

Trop longtemps que ça dure… ras le bol du deux poids deux mesures (Cluzel, Bd Voltaire)

« Sommes-nous devenus des dhimmis, des intouchables dans notre propre pays ?
Nous, c’est-à-dire tous ceux chez lesquels a été repérée une opinion déviante, une remarque non orthodoxe, une rétivité à faire servilement chorus en crachant sur les cibles désignées – rétivité qui les réduit de facto à la même condition quand bien même ils n’en partageraient pas toutes les options (ne pas enfoncer, tenter de raison garder, c’est déjà pécher) -, ou simplement une situation de détresse qui n’intéresse pas, voire qui insupporte parce qu’elle ne fait pas joli dans le village Potemkine France.

Leur parole ne pèse pas, ils font l’objet d’un traitement parallèle, ils ne bénéficient d’aucune compassion, mais si d’aventure, ils disent un mot de travers – selon les critères d’une casuistique kafkaïenne – ils ont droit au grand lynchage médiatique. C’est le père d’une victime du Bataclan, Patrick Jardin, qui est accusé par un grand journal – que dis-je, LE grand journal ! – d’être haineux parce qu’il n’a pas voulu qu’un rappeur islamiste aille se produire sur les lieux où sa fille a été assassinée.

C’est un général respecté, expérimenté, bardé de décorations, Pierre de Villiers, qui est congédié sans autre forme de procès pour une remarque visant à défendre les intérêts de ses subordonnés, alors qu’un garçon de 27 ans, Alexandre Benalla, propulsé lieutenant-colonel de réserve et conseiller rapproché à l’Élysée, peut se promener armé sans y avoir été autorisé, frapper son prochain en usurpant une fonction sans être sanctionné, et même soustraire à la justice un coffre-fort sans que cela le lui soit reproché.

C’est, à l’heure de #Me too, une jeune femme, Charlotte d’Ornellas, qui est traitée de P… par un rappeur, de moins que P… par une « écrivaine » médiatisée, puis vulgairement insultée par un chroniqueur sur une grande radio sans que la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes ni aucune féministe institutionnelle ne sourcille. Dans le même temps une autre jeune femme, Hapsatou Sy, tombe en pâmoison au milieu d’un déluge de cris d’indignation, parce que sur un plateau, on a fait une remarque sur son… prénom !

C’est un journaliste (Éric Zemmour) qui est interdit de télévision publique parce qu’auteur dudit crime de lèse-prénom quand un autre journaliste (Samuel Laurent) peut affirmer, avec quelques circonlocutions distanciées censées l’exonérer, que le rappeur appelant au meurtre des bébés blancs dans les crèches et à celui de leurs parents, s’apparente à… Georges Brassens.

C’est un Théo, sancto subito, que l’on vient précipitamment visiter sur son lit d’hôpital sans chercher plus avant à démêler les responsabilités au risque quelques mois plus tard d’être ridiculisé par les faits, quand les parents du jeune Adrien, assassiné à la sortie d’une boîte de nuit le 29 juillet dernier, n’ont reçu, disent-ils, aucune réponse à la lettre qu’ils ont écrite au Président il y a un mois et demi. Il est vrai qu’ils l’ont appelé à « s’attaquer à cette violence qui ronge notre société et qui tue nos enfants », c’est pénible à écouter.

C’est un retraité inconnu des services de police qui est interpellé et mis en garde à vue pour un doigt d’honneur en direction d’Emmanuel Macron à Saint-Dié-des-Vosges alors qu’il protestait contre la hausse de la CSG, quand quelques mois plus tard à Saint-Martin, un repris de justice de 20 ans flanqué de son cousin torse nu pose collé serré contre le Président de la république… l’un des deux fait ostensiblement le même geste mais n’en sera nullement inquiété. Vous n’avez rien compris, ce n’était pas le président qui était visé. Tout est donc parfait.

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand les Français honnêtes, de quelque bord qu’ils soient, vont-ils accepter cet invraisemblable et criant deux poids deux mesures ambiant sans moufter ? »

Voilà, une partie du travail de chronique de notre déchéance intellectuelle est fait, ça repose.

La chape de plomb idéologique, la tyrannie bienpensante, la parole confisquée, la mainmise totale d’une petite caste endogène sur le « débat » public — qui n’est plus qu’une caricature —, l’interdiction de penser proprement, l’hypocrisie et la duplicité en contrepoint de la shlague remplaciste, le mensonge éhonté et le déni systémique du réel au service d’un crime génocidaire : tout a déjà été dit, et redit, de cela qui crève les yeux ; et puis ?

« Seuls les poissons morts suivent le courant ».

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