Afficher le sujet - Pourquoi l'école est foutue

Pourquoi l'école est foutue

Sur l'école, et ses alternatives
Messages: 102

Re: Pourquoi l'école est foutue

7 Décembre 2016, 21:30 Message

Ah les fameuses "inégalités sociales" dans l'éducation,la "ségrégation" toujours présentes dans les compte-rendus mettant en lumière l'effondrement du niveau scolaire.http://www.lemonde.fr/education/article/2016/12/07/enquete-pisa-ce-que-disent-les-profs-sur-les-inegalites-sociales-et-scolaires_5044821_1473685.html

Ce qui m'énerve le plus dans les analyses sur le fameux classement PISA,c'est ce que Bourdin en a dit ce matin sur RMC.
Selon lui, La France ne s'adapte pas aux nouveau enjeux éducatifs,est restée enfermée dans des méthodes d'enseignement conservateurs.. Il oubliait sciemment de dire que les méthodes qui avaient fait leurs preuves (le par coeur, la dictée,le calcul mental,la chronologie historique,la méthode syllabique,'étude des classiques,les humanités etc..) ont disparu au "profit" de réformes ridicules et néfastes de l'enseignement..

Si on rajoute dans l'équation l'immigration,il me semble qu'au total les élèves n'ont plus de bases solides pour ensuite élargir aux fameux nouveaux "enjeux" mondiaux dont se sont emparés brillamment les meilleurs pays en la matière (pays d'Asie,anglo-saxons etc...).

Avatar de l’utilisateur
Messages: 99

Re: Pourquoi l'école est foutue

7 Décembre 2016, 22:44 Message

Oui, hélas, c'est tout à fait banal et quotidien.
Le corps d'inspection est complètement déconnecté, ils sont évidemment persuadés de faire le bien. Il s'agit pour eux de faire en sorte que tous les enfants disposent du même enseignement, la raison d'être de l'École de la République....Et comme tout ce qui est poussé à son extrême devient stupide, le "pédagogisme égalitariste" n'échappe pas à la règle...
Les dégâts sont déjà considérables mais ils veulent encore aller beaucoup, beaucoup plus loin. La nouvelle mode c'est la classe inversée ainsi que l'autoévaluation.

Le savoir doit provenir des élèves, les punitions sont toutes proscrites, sous peine d'être poursuivi par le tribunal administratif, elles sont jugées vexatoires, traumatisantes....comme le fait de corriger à l'encre rouge....et évidemment il est interdit de dire qu'un élève à commis une faute (c'est une référence judéo-chrétienne !....), il ne commet que des erreurs, oui, c'est sûr, ça change tout. Mais le mieux c'est encore de ne jamais lui signaler ce qu'il ne maîtrise pas....il faut seulement le valoriser, cela requiert de plus en plus d'imagination...

J'oubliais...les devoirs à la maison aussi, il ne faut plus en donner, parce que certains élèves, contrairement à d'autres, ne peuvent pas être aidés à la maison, ou n'ont pas de chambre, de bureau, d'espace pour travailler - alors on donne rien, tant pis, faut être "juste".
Oh, et puis en classe, il faut s'adapter, on s'est aperçu que le temps moyen de concentration des élèves était de 15 minutes (au moins là-dessus ils sont lucides!), alors on doit varier les activités toutes les 15 minutes....mais quand il faut au moins 5 à 10 minutes pour que les élèves se calment et soient disposés à travailler (quand ça arrive...) bah....c'est déjà le temps de passer à autre chose.

L'École est devenue une immense garderie, une fabrique à Charly....
"Où le secret commence, commence aussi le pouvoir réel" H. Arendt, Le système totalitaire

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

12 Décembre 2016, 09:51 Message

Article trop long, dont l'orientation et la dernière partie sont à oublier, mais qui a l'avantage de faire un premier bilan, et de donner une certaine image du chaos qui sévit dans notre école, particulièrement au collège.

Un trimestre de réforme du collège : premier bilan ? (Médiapart)

« Le résultat final est un énorme gâchis : même les professeurs expérimentés sont en plein doute et culpabilisent, car faute d’avoir compris quelque chose des injonctions mystérieuses de leur hiérarchie, ils continuent, mais en cachette, à mettre en œuvre d’anciennes méthodes éprouvées. »

Même les inspecteurs sont aux abonnés absents, si j'ai bien compris...
Vraiment, Mme Belkacem est la plus grande "chance pour la France" dont on nous ait gratifié !

Avatar de l’utilisateur
Messages: 853

Re: Pourquoi l'école est foutue

12 Décembre 2016, 10:40 Message

Ce n'est pas la première fois que la hiérarchie de l'Education Nationale adopte cette attitude : il y a une quinzaine d'années, ils avaient créé les modules en mathématiques et en langues il me semble : les inspecteurs nous avaient demandé d'inventer une nouvelle manière d'enseigner sans nous donner davantage de précisions...
Nous avons tous utilisé ces heures en demi-groupe pour faire du exercices de soutien pour les plus faibles et d'approfondissement pour les meilleurs, mais nous n'avons pas réinventé l'eau chaude !
Cette hiérarchie est en quête perpétuelle de nouvelles manières d'enseigner mais nous voyons bien avec les pays asiatiques que ce sont les bonnes vielles méthodes qui sont les plus efficaces !
Je dois rajouter que cette hiérarchie passait son temps à dire du mal des professeurs de mathématiques qui étaient les plus réticents aux réformes du pédagogisme, les professeurs de ballon étant les plus favorables..

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

3 Janvier 2017, 15:37 Message

Sous le titre "le monde bouge" :

En 2017, la grammaire est simplifiée, voire négociable (Télérama)

Il faut tout lire...

« Je suis incapable d’en raconter davantage, me replonger pour vous dans le souvenir de ces heures de stage me donne uniquement envie d’abandonner mon clavier et d’aller chercher s’il ne reste pas une bouteille de champagne à vider.

Je préciserai quand même que les inspecteurs eux-mêmes semblaient dépités, et ne nous ont donné l’impression que de répéter un discours formaté avec lequel eux-mêmes n’étaient pas du tout en accord. Mais, en fonctionnaires, ils ont fonctionné.

Car manifestement ces « directives orthographiques » viennent de haut, de très haut. Elles sont mêmes appliquées pour montrer l’exemple sur le compte Twitter officiel du Palais de l’Elysée, pas plus tard que le 31 décembre 2016. Je vous laisse donc avec la lecture des messages retranscrivant le discours de vœux du président de la République française. Votre mission, si vous l’acceptez, est de trouver ce qui, il y a encore peu de temps, constituait des "fautes d’orthographe " A vous ensuite d’inventer la justification adéquate qui permet dorénavant de passer outre et d’écrire n’importe quoi.

Sur ce, quitte à commencer cette année 2017 en étant plus élitiste que jamais : "Novum annum faustum, felicem fortunatumque ex animo vobis opto." »

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

6 Janvier 2017, 08:46 Message

Robert Redeker : « L’orthographe n’est pas secondaire, c’est un enjeu de civilisation »


Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

6 Janvier 2017, 12:15 Message

Cerveau connecté, cerveau vidé ? Philippe Vernier, chercheur au CNRS, commente la chute libre de la durée d’attention (Reinformation.tv)

« Spécialiste des neurosciences, il reconnaît qu’il s’agit là d’une « régression ». Il affirme dans son entretien que le fait de disperser son attention entre plusieurs tâches ou plusieurs sollicitations a nécessairement pour résultat de diminuer la qualité d’attention que l’on accorde à chacune, même s’il est possible selon lui de s’entraîner à ce nouveau mode de fonctionnement cérébral. Et de recommander, notamment pour les métiers où l’attention et la concentration sont primordiales, de couper son téléphone et de se réhabituer à prendre son temps. Car le zapping, souligne-t-il, est « addictif » : l’esprit humain apprécie la nouveauté et a donc tendance à la rechercher de plus en plus.

Mais lorsque Philippe Vernier recommande de « remplacer la satisfaction du zapping par celle de la compréhension de sujets approfondis », la vraie question – et il n’y répond pas – est de savoir si c’est encore possible pour des esprits biberonnés aux sollicitations cognitives incessantes et sans lien entre elles, ou à tout le moins, s’ils peuvent y arriver seuls. Quid de ces jeunes qui sont nés avec un téléphone dans la main, et à qui on impose qui plus est de travailler sur l’écran de l’école, à partir de méthodes globales qui inhibent la parole et l’analyse, comme le font – et de plus en plus – les programmes les plus récents de l’Education nationale ? »

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

11 Janvier 2017, 17:19 Message

Une intervention d'une dame qui fait un travail formidable, essentiel, sans doute le seul qui vaille pour œuvrer à notre redressement.

Anne Coffinier: « La liberté scolaire est touchée au cœur » (Le Figaro)

L'obligation de ne pas "discriminer" dans un cadre légal, général (tout en posant des exigences fermes), cela en vue de sauver l'essentiel c'est-à-dire le mouvement des écoles hors-contrat qu'elle a considérablement aidé à se développer, implique les réponses que l'on verra sur les projets d'écoles musulmanes. Peu importe, car la solution de ce problème est ailleurs : dans l'expulsion de cette "religion" hors de notre pays. Il est fondamental de libérer l'institution scolaire de l'E.N.et de recréer les conditions d'une reconquête de notre propre civilisation.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

11 Janvier 2017, 18:31 Message

Alors là...
Le culomètre vient d'exploser.

Image

Avatar de l’utilisateur
Messages: 604
Localisation: Paris

Re: Pourquoi l'école est foutue

12 Janvier 2017, 09:40 Message

Madame Belkacem a effectivement mis un terme au cheminement, amorcé par la droite c’est exact (collège unique) vers le précipice. Nous sommes maintenant au fond, il n’est guère possible d’aller plus loin et plus bas.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

12 Janvier 2017, 09:59 Message


Messages: 168

Re: Pourquoi l'école est foutue

13 Janvier 2017, 06:37 Message

La prochaine étape sera-t-elle de supprimer la notion de sujet ? Après tout, cela implique qu'il soit masculin ou féminin, apportant (encore!) une forme de discrimination dans ce pays de l'égalité ; rendant surtout la phrase (encore!) un peu trop complexe... La "phrase" sera donc renommée en "l'échangeur", ou "la sonation", ou quelque chose de tout aussi pernicieux, dangereux et tristement logique pour asseoir la novlangue socialiste. Bref, il va falloir travailler d'arrache-pied pour sauver une partie de ce qui reste de la langue française.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

15 Janvier 2017, 09:35 Message

Une bonne contribution ; je n'ai pas vu ailleurs ces quelques simple considérations, ici correctement développées.

Du prédicat au novlangue (Bd Voltaire)

« L’autre grand changement, plus philosophique, est que tout se ramène au sujet. Fini la distinction du sujet et du monde. Le monde n’est plus qu’une prédication du sujet, c’est-à-dire des caractères du sujet. Ce n’est plus que le sujet agit sur un monde différent de lui, il manifeste sa personnalité sur une scène qui est le monde. Il ne dispose plus, par ailleurs, du libre arbitre puisque exprimer ce qu’on est est une nécessité. On maintient, ainsi, l’enfant dans une pensée magique où le monde devrait se plier à notre volonté.

Mais cette toute-puissance du sujet est aussi une essentialisation de celui-ci. Sous-entendre que ce que fait le sujet est l’expression de ce qu’il est revient à dire que ce que fait le sujet le définit. Il n’est, alors, plus possible de distinguer un homme de ses actes et, donc, de lui pardonner éventuellement. Il ne s’agit pas, là, d’une variation de l’existentialisme puisque, pour celui-ci, l’action de l’homme constitue son essence. Ici, ce serait l’essence qui se manifesterait dans l’action.

Ces deux aspects risquent de se combiner pour accroître et justifier la disparition du débat au profit de l’anathème. Face à l’autre qui ne pense pas comme moi, je ne pourrai plus discuter de ses idées parce que je n’aurai plus les outils grammaticaux. Mais je n’aurai pas, non plus, de raison de le faire puisque ses idées sont l’expression de son être, forcément mauvais puisque autre que moi qui suis bon. Les seules possibilités seront, alors, de changer ce qu’il est ; si ce n’est pas possible, de le faire taire ; en dernier recours, de l’éliminer.

Derrière l’arbre du prédicat, il y a une tendance à imposer une nouvelle langue. Dans quel but ? « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? » C’est ce qu’écrivait Orwell dans 1984. »

Avatar de l’utilisateur
Messages: 301
Localisation: Loire-Atlantique

Re: Pourquoi l'école est foutue

17 Janvier 2017, 14:55 Message

Prendre des vessies pour des lanternes et inversement

"Entre deux rires, notre ministre de l’Education nationale se moque avec une supériorité méprisante de ceux qui critiqueraient sa réforme sans la comprendre et qui la verraient comme une nouvelle démission face à la médiocrité et à l’ignorance. Pourtant, beaucoup de choses semblent très claires, et le débat ne s’ancre pas sur des malentendus, mais sur de vraies divergences théoriques et pratiques.

Quelques media se sont émus récemment de la modification de l’enseignement de la grammaire. La question du prédicat a nourri de nombreuses discussions. Ce n’est toutefois que la face immergée d’un iceberg dont les parents et la société ne semblent pas percevoir le volume. Le site Eduscol, qui est le site de référence de l’Education Nationale et un site-ressources pour les enseignants, détaille le nouveau programme des cycles 2 et 3, couvrant dorénavant les classes primaires et la 6ème. On y trouve la présentation de cette nouvelle approche découpant la phrase en deux entités, le sujet (ce dont on parle) et le prédicat (ce qui est dit du sujet).

Cette simplification est présentée comme une première étape vers une complexification attendue de l’analyse, et on la défend en convoquant le grand Pascal et la grammaire de Port-Royal. Excusez du peu ! Mais pour cela il faut déconnecter assez malhonnêtement cette grammaire de la construction logique et philosophique dans laquelle elle s’insérait pour les Solitaires de Port-Royal, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne dispensaient pas un enseignement au rabais aux rares élèves qui avaient la chance de fréquenter leurs écoles."

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 15153

Re: Pourquoi l'école est foutue

18 Janvier 2017, 16:48 Message

Anecdote, à l'instant. On en découvre tous les jours. Je fais du "soutien scolaire" (enfin on devrait sans doute dire : du "substitut (remplacement ?) scolaire") à mon petit-fils (CM2) ; à la fin du travail de ce jour, il me lance : "à l'école, c'est nul, on doit écrire des textes sur des tablettes ; la tablette corrige les mots que l'on tape au fur et à mesure, et parfois elle met un mot anglais...".

Je tombe des nues. Il n'y avait déjà plus de dictée à proprement parler (mais des "dictées de mots" appris par cœur, ou des "auto-dictées" — ce qui revient au même), ni rien d'autre qu'une vaste et calamiteuse "animation" ludique dans un désordre bruyant et permanent, associée à un mélangisme forcené (tout est dans tout, donc... ; c'est bien simple : à la question "qu'as-tu fait aujourd'hui en classe ?", la réponse est quasi invariable : "des révisions" — par exemple (au CM2 !) : le présent de l'indicatif...), mais alors là...

Notre dégringolade, et notre amour sans limite d'icelle, sont bien pires que ce que nous en disons. Nous avons plusieurs trams de retard sur le réel, toujours, question de rémanence, et aussi sans doute de refus de voir tout à fait et de dire comme il le faudrait ce qui est .

Avatar de l’utilisateur
Messages: 596
Localisation: Provence

Re: Pourquoi l'école est foutue

18 Janvier 2017, 22:37 Message

Grammaire simplifiée à l'absurde: « Le prédicat, vous dis-je ! Le prédicat ! » (Le Figaro)

FIGAROVOX/THÉÂTRE - À l'école primaire, le « prédicat » remplace désormais le groupe verbal, ce qui permet de ne plus enseigner les différents types de compléments, pourtant nécessaires dans l'accord de certains participes. Ceci a inspiré à Antoine Desjardins une saynète dans le style de Molière.

Antoine Desjardins est professeur de Lettres. Il a coécrit le livre Sauver les lettres : des professeurs accusent (éd. Textuel). Membre du Comité Orwell, présidé par Natacha Polony, et cofondateur du collectif Condorcet, il milite pour l'abrogation de la réforme du collège et soutient l'appel pour le rétablissement des horaires de français.

À Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière

Décor : un fronton d'école publique dont les murs s'écroulent ou se lézardent comme après un bombardement. La devise républicaine s'écaille et paraît presque effacée, le drapeau tricolore est en charpie. Contre un buste de Condorcet renversé on a posé un panneau : « À vendre ».

Sur un tableau noir dans une salle dévastée, la main espiègle d'un écolier ou d'un enseignant a noté : « Diafoirus m'a tuer... » et plus loin : « Ce cours sur Molière vous a été offert par Auchan et les magasins Leroy-Merlin »...


Docteur Lussault (à la cantonade occupant fièrement l'espace central) — Je suis illustre géographe et pédagocrate médicastre passager, qui va de ville en ville, de province en province, de gouvernements en gouvernements, pour chercher d'illustres matières à ma capacité, pour trouver des élèves dignes de m'occuper, capables d'exercer les grands et beaux secrets que j'ai trouvés dans la pédagogie d'avant-garde et le new-management. Je dédaigne de m'amuser à ce menu fatras de dyslexies ordinaires, à ces bagatelles de dysorthographie, à ces incapacités à écrire une ligne de bon français. Ce ne sont que fièvrotes, vapeurs et migraines passagères.

Je suis un Réformateur-Docteur venu de l'université, comme il se voit à mon chapeau des plus noirs et des plus pointus qui soient.

Je veux des carences d'importance, de bonnes lacunes continues en histoire, avec des transports d'ignorance qui fassent bouillir le cerveau de l'Apprenant. Je veux aussi de bonnes insuffisances en calcul et dans toutes les sciences, du bon analphabétisme confirmé, de l'insuffisance criante, une impotence manifeste. C'est là que je me plais, c'est là que je triomphe ; et je voudrais, cher Apprenant, que vous eussiez toutes les maladies que je viens de dire, que vous fussiez abandonné de tous les professeurs, désespéré, à l'agonie, pour vous montrer l'excellence du spiralaire, du socle commun, des compétences ciblées, de la logique curriculaire, des évaluations sommatives et formatives, de la différentiation transdisciplinaire et enfin du pilotage.

Mais par-dessus tout, et s'agissant de l'enseignement de la grammaire, je tiens ma panacée : LE PRÉDICAT !

Les professeurs sont tous des ignorants. C'est le Prédicat qu'il faut promouvoir désormais.

(S'approchant d'un Apprenant à la mine déconfite qui sort des décombres)

Docteur Lussault — De quoi souffrez-vous ?

Apprenant — Je suis illettré.

Docteur Lussault — Excellent : le Prédicat !

Apprenant — On ne m'a pas appri beaucoup de vocabulère

Docteur Lussault — Le Prédicat !

Apprenant — il me semble que je ne connaisé pas toute les conjugaison

Docteur Lussault — Justement, le Prédicat !

Apprenant — J'ait quelque foie des problèmes avec l'accord des participe...

Docteur Lussault — Le Prédicat !

Apprenant — Je ne fait pas bien la différence entre la cause et la conséquance.

Docteur Lussault — Le Prédicat, vous dis-je !

Apprenant — II me prend des envis de comprendre ce qu'est une proposition relative pour allongé ma phrase. Sans poussé jusqu'à la conjonctive, ce qui serait péché d'orgueil.

Docteur Lussault — Le Prédicat , le Prédicat ! Votre phrase doit demeurer aussi courte qu'il se pourra.

Apprenant — Je confond très bien l'infinitif et le participe.

Docteur Lussault — Si le latin était encore permis, ce qu'à Dieu ne plaise, car cette vieille vieillerie devra succomber pour alléger les programmes, je vous dirais dans le meilleur latin PRAEDICATUS EST SALVATOR ! Le Prédicat va vous sauver !

Apprenant — Il m'arrive d'avoir des difficultés à comprendre la première phrase d'un compte de Perrault ?

Docteur Lussault — Le Prédicat ! Est-ce qu'au moins votre maître vous a tenu soigneusement dans l'ignorance de la conjugaison complète du Passé simple ?

Apprenant — Si fait, notre maître est excellant

Docteur Lussault — Fort bien, il ne vous manque que le Prédicat vous dis-je !

Êtes-vous bien assuré de n'avoir subi aucun cours frontal de grammaire qui serait venu gâcher vos intuitions excellentes ?

Apprenant — Parfaitement, nous avons été tenus dans une ignorance presque totale de tout ce qui aurait pu nous éclairer

Docteur Lussault — Fort bien, je vois que votre maître est moderne mais il ne vous manque que d'avoir goûté aux délices de la Prédication.

Vos horaires de cours disciplinaires ont-ils bien au moins été amputés de quelques heures : l'amputation horaire fait merveilleusement profiter ce qui reste du corps amputé, d'un sang plus généreux et plus épais : c'est une saignée améliorée qui permet de retrancher les humeurs superflues...

Apprenant — Assurément ! Nous avon perdu deux années d'enseignement du français sur l'ensemble du collège et tous les apprenants se sente le cœur bien plus léger... Certains se plaignent sans raison valable d'être demeuré dans l'ignorance de leur langue maternel.

Docteur Lussault — L'ignorance est le début de la sagesse et il convient de la préserver quelque peu pour entraver des progrès insolents qui pourraient porter ombrage à vos camarades apprenants et contrarier le principe mérieudique et aristotélicien de l'égalité parfaite. Il faut maintenir vierge de toute connaissance par trop substantielle votre magnifique innocence.

Les cartes mentales et surtout les tâches complexes viendront tout pallier le moment venu. Mobilisant vos ressources internes et vos ressources externes, elles vous permettront de construire en groupe (ce point est cardinal) des compétences fondamentales mais surtout soclées et cyclées.

Dès lors l'autonomie vous sera acquise et toute frontalité perverse vous aura été épargnée.

Mais dites-moi est-il bien constant que votre maître à l'école ne vous a pas jadis entretenu d'un sujet barbare dont il convient de ne pas avoir été mêlé ?

Apprenant — Lequel, grand Docteur ?

Docteur Lussault — Vous n'avez pas ouï parler du complément d'objet direct, cet ustensile satanique d'un autre âge inventé pour semer le chaos et la confusion cognitive ?

Apprenant — Je ne crois pas avoir reçu de mon maître le moindre compliment...

Docteur Lussault — Complément, vous dis-je et non compliment, petit drôle ! Auriez-vous quelque carence phonologique néfaste induite par un apprentissage de la lecture à départ non global ? Ou quelque déficit d'attention dû à un abus caractérisé de cours frontal trop explicite ?

Apprenant — Je n'es pas étudiait le moindre compliment.

Docteur Lussault — Bien ! Vous avez donc été entièrement épargné par ces pratiques périmées et pernicieuses.

Apprenant — Toutefois... je le disé, je peine parfois sur les accort et... et sur l'ortographe

Docteur Lussault — Le Prédicat ! Je te l'ai dit.

Apprenant — Il me s'emble parfoit qu'on maintient un voile d'ignorence devant mes yeux.

Docteur Lussault — Le Prédicat.

Apprenant — L'apétit de lire ne me viens pas toujours.

Docteur Lussault — Il viendra en même temps que les lumières du Prédicat. Par le moyen du Prédicat toutes les portes de l'esprit te seront enfin ouvertes et ta réussite ne sera plus différée que de quelques années supplémentaires. Tu peux désormais compter sur toi-même car tu seras ton meilleur instructeur. Enfin débarrassé de l'accessoire, imagine quel sera ton parcours !

Apprenant — Mais justement, il m'arrive de manqué d'imagination dans mes travaux d'écriture depuis que nous sommes entré dans l'œuvre de Kev Adams.

Docteur Lussault — Par tous les diables ! J'ignore tout de ce Kev Adams, mais je juge qu'il doit s'agir d'un auteur bien poussiéreux et trop littéraire relevant d'une tradition académique obsolète. Demandez à lire le mode d'emploi de quelque W-C chimique pour être en prise sur le monde réel et valider des compétences à réinvestir. Un mode d'emploi est un texte comme un autre pour apprendre à maîtriser le discours !

Mais par-dessus tout, il vous faudra identifier partout les Prédicats !

Vous n'échapperez pas au Prédicat. Car le Prédicat est au fondement des choses de la phrase et comme nous avons refondé l'École, il convient de refonder la phrase sur des bases démocratiques simplifiées.

Apprenant — Mais ma mère voudrai aussi que je possède la deuxième personne de la conjugaison du passez-simple et quelques autres que notre maître juge trop rare pour nous être enseigné.

Docteur Lussault — Votre mère est subtile mais vous met en l'esprit des idées spécieuses et élitistes qui vont contre la philosophie des programmes, la démocratie, l'égalité, la bienveillance et la libéralisation des flux de la connaissance.

Une dernière fois : c'est le Prédicat qu'il vous faut.

Apprenant — Je vous suit obligez, monsieur, des bonté que vous avait pour moi. Je c'est a présant qu'il me faux du Prédikat.

Docteur Lussault — Adieu. Je suis fâché de vous quitter si tôt ; mais il faut que je me trouve à une grande Réforme qui doit se faire maintenant pour le lycée. La Ministre et tous mes pairs à triple rang d'hermine m'attendent avec les plus grands scientifiques de l'éducation.

Je dois aviser d'un traitement de choc, attendu que mes prédécesseurs médicastres, pourtant tous habiles docteurs, étaient ignorants des tout derniers progrès de la science pédagogique et ont laissé un champ de ruines cognitives. Je m'en vais vous « piloter de la performance » et générer partout des « processus opérationnels » !

Je dois guérir tout ce monde par la promotion de nouvelles idées de management à la pointe et surtout... (à part) servir mon pompeux galimatias pour couvrir et dissimuler à la vue des parents les substantielles économies que je fais faire...

Mais, n'oubliez pas : Le Prédicat, le Prédicat, c'est un marchepied, je l'ai dit !

Avatar de l’utilisateur
Messages: 853

Re: Pourquoi l'école est foutue

19 Janvier 2017, 12:43 Message

Une interview d'Alain Bentolila dans Le Figaro.

Grammaire: «Le prédicat est une erreur fondamentale»
Alain Bentolila.


Par Marie-Estelle Pech
Mis à jour le 18/01/2017 à 19h52 | Publié le 18/01/2017 à 18h52

INTERVIEW - Pour le linguiste français Alain Bentolila, derrière cette notion grammaticale « se cache une idéologie épouvantable ».

Alain Bentolila est un linguiste français, professeur à l'université Paris Descartes. Il a participé à l'écriture des programmes scolaires en 2008.

LE FIGARO. - Que pensez-vous de cette querelle autour de la notion de «prédicat»?

Alain BENTOLILA. - L'introduction du prédicat dans les petites classes n'a aucun sens. Le prédicat est une notion de théorie classique aristotélicienne. J'enseigne cette notion à mes étudiants de master 2. L'homme est le seul animal vivant à «dire des choses à propos de». Voilà ce qu'est le prédicat. Votre pensée prend le pouvoir sur votre perception comme lorsque vous dites «le chou a mangé la chèvre» ou «la terre est bleue comme une orange». Avec le prédicat, vous entrez dans la poésie, l'image. C'est une notion philosophique formidable pour mes étudiants mais, pour des enfants, ça n'a aucun intérêt. C'est une erreur fondamentale. La grammaire met en scène ce que vous voulez dire pour l'autre. On doit commencer par décrypter la mise en scène. Le prédicat est une «notion plus globale», nous affirme Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes. Il est géographe et ne comprend visiblement pas pourquoi c'est une aberration de repousser l'apprentissage du complément d'objet direct et du complément circonstanciel, lesquels permettent à l'enfant de comprendre ce qu'il lit. Pourtant dans la phrase: «Je construis une maison avec des briques et du ciment», ce qui importe à l'enfant c'est de savoir que la maison est un objet sur lequel on agit, que les briques et le ciment sont des compléments de moyen ou d'accompagnement. Vous allez situer votre action dans le temps et lui donner du sens. C'est très concret, la grammaire.

«J‘avais dit à Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes, de ne pas céder à cette mode imbécile qui donne la priorité à la nomenclature sur le sens»
Alain Bentolila


En 2008, vous vous étiez élevé, dans un rapport rendu au ministre de l'Éducation Xavier Darcos, contre un abus de jargon en grammaire.

Derrière un terme comme le prédicat se cache une idéologie épouvantable dont les enfants défavorisés sont les premières victimes. Pourtant j'avais prévenu Michel Lussault. Najat Vallaud-Belkacem m'avait demandé de le rencontrer. Je lui avais dit de ne pas céder à cette mode imbécile qui donne la priorité à la nomenclature sur le sens. Tout cela vient de la grammaire générative américaine du linguiste Noam Chomsky, très influent à partir des années 1970. Ce dernier pensait que le cerveau était programmé pour le langage et que l'enfant retrouverait tout seul la logique des phrases (sujet, prédicat) qu'il a naturellement dans sa tête. Ce n'est pas faux. Une part de l'apprentissage se fait par imprégnation. Mais au nom de cet universalisme, on a balayé une partie de la grammaire traditionnelle. L'université française a voulu rompre avec le structuralisme pour avoir une grammaire qui avait un aspect très rigoureux. Mais on était à mille lieues de ce qu'est l'apprentissage d'une langue.

«Le drame, c'est qu'à force de changements, on a déboussolé les enseignants qui ont fini par ne plus faire de grammaire»
Alain Bentolila


Vous fustigez particulièrement la «grammaire de texte» introduite dans les programmes des années 1990…

Les élèves se sont mis à étudier la grammaire au fil des textes, sans logique, par imprégnation, sans progression. Si vous avez un texte avec une proposition relative avant d'étudier les phrases simples, tant pis! Cette linguistique sous influence américaine a fait dévier la grammaire de ses rails. Cette grammaire de texte a quasi disparu avec les programmes de 2008. Les programmes de 2015 sont un peu retombés dans l'ornière. Ils n'assoient pas assez la compréhension des élèves. On a tendance à mettre l'élève au centre des apprentissages alors que la vérité est entre les deux. Il faut qu'il découvre par lui-même, certes, mais il faut aussi le guider.

Quelles sont les solutions?

Le drame, c'est qu'à force de changements, on a déboussolé les enseignants qui ont fini par ne plus faire de grammaire. La formation des maîtres est une catastrophe absolue. Je commencerai par retirer ces formations des universités lesquelles ne connaissent que très peu de choses en matière des besoins d'apprentissage des enfants.

Avatar de l’utilisateur
Messages: 514

Re: Pourquoi l'école est foutue

21 Janvier 2017, 14:54 Message

Des parents d'élèvent lillois réclament la fin de l'école le samedi matin. (Le phigareau)

Tout est dans le titre.

PrécédenteSuivante

Retourner vers École, éducation