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Pourquoi l'école est foutue

Sur l'école, et ses alternatives
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Re: Pourquoi l'école est foutue

26 Juin 2017, 01:40 Message

Introduction d'arme dans le collège : Conseil de discipline

Jeux dangereux : cinq jours d'exclusion.

L'école enseigne le sens de la justice et la proportionnalité des châtiments aux fautes. C'est bien. On voit que les directives officielles relatives à l'instruction civique à l'école ont porté leurs fruits. Voilà qui est rassurant pour l'avenir de nos établissements d'enseignement.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

28 Juin 2017, 12:31 Message

a écrit:Comme une hirondelle sans printemps, un printemps impensable avant si longtemps...
Tout de même, avec l'auteur de cet article, le fait est à signaler. Dans le sombre désert, épouvantable et effrayant, de ces dernières décennies, c'est une mince éclaircie.


Je suis très lent à rebondir sur cette annonce, et je ne suis pas certain qu'elle ne soit pas teinté d'ironie... Il n'empêche, outre le fait qu'il ne s'agit sans doute que d'une communication de plus qui ne sera jamais suivie d’effet, qui connaissant la réalité de notre école ne devine pas l'accueil que serait réservé aux fables de La Fontaine par ce jeune public ?

:-?

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Re: Pourquoi l'école est foutue

29 Juin 2017, 08:23 Message

Nihil novi sub sole, mais, bon...

La désolation d’une correctrice du bac face à la médiocrité des copies (Le Figaro)

« C’est affligeant de médiocrité. Dans 90 % des cas les méthodes ne sont pas appliquées, les réponses ne sont pas trouvées, les textes ne sont pas compris, les outils d’analyse ne sont pas connus, pas utilisés, l’expression est déplorable avec beaucoup de phrases sans verbe, l’orthographe est un lointain souvenir d’une autre époque, les majuscules... un soldat inconnu.

Sincèrement je jette les points, histoire d’en mettre. Parce qu’il faut le savoir, la commission d’entente EXIGE que mon paquet de 55 copies dont certaines font 15 lignes ait 10 de moyenne.

Si je n’atteins pas ce quota, mes notes seront augmentées. Alors à quoi bon? À quoi bon passer plus de temps sur une copie que l’élève lui-même? À quoi bon toute l’année transmettre conseils, leçons, connaissances? À quoi bon exiger rigueur et culture? Et surtout comment faire comprendre que ce lynchage du niveau du bac affaiblit nos jeunes pour l’avenir? Pour les exigences de concours et de métiers où, oui, c’est dingue non, il faut savoir écrire, raisonner et analyser. Pauvre France... Pauvre éducation...

Alors je fais mon choix. Je ne joue pas. Je ne cautionne pas. Je choisis de mettre les notes que ces malheureuses copies valent. Vous distribuerez vous-mêmes, en haut lieu, les notes qui arrangent votre politique. La bienveillance n’est pas le mensonge. Votre grand leurre se fera sans moi. »

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Re: Pourquoi l'école est foutue

12 Juillet 2017, 08:21 Message


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Re: Pourquoi l'école est foutue

16 Juillet 2017, 12:36 Message

Christopher Lasch sur la décadence du système éducatif (extrait)

06/12/2013 – 10h00
PARIS (NOVOpress) – L’historien et sociologue américain Christopher Lasch (décédé en 1994) a publié La Culture du narcissisme, sous-titré La vie américaine à un âge de déclin des espérances, en 1979. Traduit en français et préfacé par le philosophe Jean-Claude Michéa, qu’il est inutile de présenter, ce texte garde une profonde et étonnante actualité trente années plus tard. Novopress en recommande vivement à lecture et vous en offre un court extrait. Acheter sur Amazon.


L’extension de la scolarité aux groupes sociaux qui en étaient jadis exclus est l’un des phénomènes les plus frappants de l’histoire moderne. Les développements qui se sont produits dans ce domaine en Europe occidentale et aux États-Unis, dans le courant des deux derniers siècles, donnent à penser que l’éducation de masse constitue l’un des fondements de la croissance économique ; dans le reste du monde, les modernisateurs tentent de faire de même. La foi dans le pouvoir merveilleux de l’enseignement est l’une des composantes les plus durables du progressisme ; même par les idéologies hostiles à ce dernier. Pourtant, la démocratisation de l’enseignement n’a pas accompli grand-chose qui justifie cette foi. Elle n’a, ni permis au peuple dans son ensemble de mieux comprendre la société moderne, ni amélioré la qualité de la culture populaire, ni enfin réduit l’écart entre riches et pauvres. En revanche, elle a contribué au déclin de la pensée critique et à l’abaissement des niveaux intellectuels. (…)

Christopher Lasch, La culture du narcissisme

Contrairement aux affirmations de la plupart des théoriciens de l’éducation et de leurs alliés des sciences humaines, la société industrielle avancée ne repose plus sur une population conditionnée à désirer la réussite. Elle exige plutôt un peuple abruti, résigné à effectuer un travail sans intérêt et de mauvaise qualité, et disposé à ne chercher satisfaction que dans les heures consacrées au loisir. C’est tout au moins ce que croient, sans toujours le dire, ceux qui tiennent en main la plus grande partie du pouvoir en Amérique.

Comme R. P. Blackmur en faisait la remarque en 1954, « la crise de notre culture tire son origine de la fausse croyance selon laquelle la société ne réclame que peu d’esprits capables de créer et de faire fonctionner les machines, mais exige, en revanche suffisamment de nouveaux illettrés pour que les autres machines – celles des mass médias – puissent les exploiter. C’est sans doute la forme de société la plus coûteuse et la plus gaspilleuse de talent que l’espère humaine ait jamais créée. »

(…) L’éducation de masse, qui se promettait de démocratiser la culture, jadis réservée aux classes privilégiées, a fini par abrutir les privilégiés eux-mêmes. La société moderne, qui a réussi à créer un niveau sans précédent d’éducation formelle, a également produit de nouvelles formes d’ignorance. Il devient de plus en plus difficile aux gens de manier leur langue avec aisance et précision, de se rappeler les faits fondamentaux de l’histoire de leur pays, de faire des déductions logiques, de comprendre des textes écrits autres que rudimentaires, et même de concevoir leurs droits constitutionnels. Les traditions populaires d’autonomie de l’individu ont fait place à des connaissance ésotériques gérées par des experts ; comment ne pas croire, dès lors, qu’une compétence suffisante, dans quelque domaine que ce soit, y compris l’art de se gouverner soit-même, est hors de la portée de l’homme ordinaire ? Les niveaux scolaires baissent, les victimes d’un enseignement médiocre en viennent à croire à la mauvaise opinion que les experts ont de leur capacité ; pendant ce temps, les pédagogues se plaignent d’avoir des élèves à qui l’on ne peut rien enseigner. (…)

S’il est vrai que les électeurs éduqués sont la meilleure défense d’une nation contre l’arbitraire d’un gouvernement, la survie des libertés politiques semble bien compromise.

Christopher Lasch, La culture du narcissisme (chapitre « Décadence du système éducatif »), Flammarion Champs Essais, 1979, préface de Jean-Claude Michéa. Traduit de l’anglais par Michel L. Landa.

https://fr.novopress.info/148020/christopher-lasch-sur-la-decadence-du-systeme-educatif-extrait/

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Re: Pourquoi l'école est foutue

26 Juillet 2017, 08:36 Message

L'hirondelle et le printemps.

Jean-Michel Blanquer : "Nos racines gréco-latines structurent notre vie" (Valeurs actuelles)

« Le vrai ennemi du service public, c'est l'égalitarisme ; son ami, c'est la liberté. La liberté bien conçue favorise l'égalité. »

Eh bé...

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Re: Pourquoi l'école est foutue

26 Juillet 2017, 10:07 Message

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Re: Pourquoi l'école est foutue

29 Juillet 2017, 10:51 Message

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Re: Pourquoi l'école est foutue

8 Août 2017, 15:23 Message

Perles du Bac (par Riposte Laïque)

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Re: Pourquoi l'école est foutue

22 Août 2017, 12:03 Message

Lettre à son petit frère, écrite à l'âge de 10 ans.

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Devinette : de qui est-ce ?

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Re: Pourquoi l'école est foutue

22 Août 2017, 12:40 Message

Il est vrai, qu'outre son talent précoce, il eut toujours un attachement particulier à sa mère (et à ses sous)
On connait surtout ses poèmes mais c'est par sa prose qu'il nous est contemporain.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

22 Août 2017, 13:11 Message

Avec Google on trouve tout, mais je n'en avais aucune idée.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

22 Août 2017, 13:21 Message

Je savais bien que pour Éric, la devinette n'offrirait aucune difficulté ! C'est bien de Charles Baudelaire qu'il s'agit... Que l'auteur soit célèbre ou anonyme, il faudrait de temps à autre mettre dans ce fil des textes du monde d'avant la cata.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

22 Août 2017, 22:53 Message

Puisque l'ami Didier nous y invite, voici un texte qui m’est cher. Il est possible, et même probable, que, depuis que je vous fréquente, chers amis, je vous l’ai déjà balancé dans les gencives. Vous voudrez bien m’en excuser. C’est l’un des quelques textes qui m’accompagnent depuis… depuis… le plus lointain de ma mémoire. En faire un commentaire, serait, d’une part, prétentieux et risquerait, d’autre part, de gâcher la première impression des quelques rares lecteurs qui le découvriraient. Juste deux ou trois choses, si vous me le permettez. C’est un écrit simple, très simple, que vous et moi aurions pu écrire, n’est-ce pas ? Nous le reconnaissons, et pourtant, ce n’est pas nous qui l’avons écrit. C’est un écrit qui accompagne. Grâce soit rendue à mes parents, à mes éducateurs et à mes maîtres : depuis qu’ils m’ont permis de prêter attention à la Grive de Montboissier, jamais elle ne s’est usée, toujours son sens m’est apparu nouveau et m’a, sans cesse, régénéré. C’est un écrit que l’on doit à l’un de mes compatriotes [étrange de penser que, dans un si étroit pays, il y eut tant d’esprit forts et découvreurs…] Cette proximité avec l’auteur, cette filiation, antée sur le lieu (je pourrais vous proposer d’autres passages où il narre des jeux que j’ai moi-même pratiqués, sur les brise-lames de la porte Saint-Thomas, et auxquels j’espère bien — si Dieu me prête vie — initier mes petits-enfants) me parait indispensable pour sortir la substantifique moelle de l’abstraction et la rendre à l’existentiel, sans lequel il n’est de littérature ni de parole qui vaille.

Voici :

Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d’automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d’un fourré, je m’arrêtai pour regarder le soleil : il s’enfonçait dans des nuages au-dessus de la tour d’Alluye, d’où Gabrielle, habitante de cette tour, avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cents ans. Que sont devenus Henri et Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiés.
Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d’une grive perchée sur la plus haute branche d’un bouleau. A l’instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel ; j’oubliai les catastrophes dont je venais d’être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j’entendis si souvent siffler la grive. Quand je l’écoutais alors, j’étais triste de même qu’aujourd’hui ; mais cette première tristesse était celle qui naît d’un désir vague de bonheur, lorsqu’on est sans expérience ; la tristesse que j’éprouve actuellement vient de la connaissance des choses appréciées et jugées. Le chant de l’oiseau dans les bois de Combourg m’entretenait d’une félicité que je croyais atteindre ; le même chant dans le parc de Montboissier me rappelait des jours perdus à la poursuite de cette félicité insaisissable. Je n’ai plus rien à apprendre, j’ai marché plus vite qu’un autre, et j’ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m’entraînent ; je n’ai pas même la certitude de pouvoir achever ces Mémoires. Dans combien de lieux ai-je déjà commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Mettons à profit le peu d’instants qui me restent ; hâtons-nous de peindre ma jeunesse, tandis que j’y touche encore : le navigateur, abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s’éloigne et qui va bientôt disparaître.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

23 Août 2017, 10:55 Message

Merci, Cher Éric — je n'ose dire "de ce partage", tant ce mot est aujourd'hui avili.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

23 Août 2017, 11:05 Message

Bonne journée à vous, cher Didier.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

24 Septembre 2017, 17:08 Message

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Re: Pourquoi l'école est foutue

25 Septembre 2017, 11:18 Message

Anne-Sophie Nogaret: «La mentalité de cité se répand à l'école» (Le Figaro)

Professeur de philosophie à Rouen, Anne-Sophie Nogaret raconte le naufrage de l'Éducation nationale tel qu'elle l'a vécu de l'intérieur de l'institution. Ravages du pédagogisme, renoncement à l'autorité : son bilan est sans concession.

« Jean-Michel Blanquer parle d'une école de la «bienveillance», un mot qui vous fait bondir. Pourquoi?

Je ne sais pas ce qu'entend par là le nouveau ministre, mais la «bienveillance», telle qu'on la prêche depuis des années à l'Éducation nationale, est l'antonyme de la sanction, comme si les deux étaient incompatibles. C'est de l'idéologie pure et dure et ça n'aide pas les élèves. On m'a souvent demandé d'émettre des avis favorables pour le bac concernant des élèves qui n'avaient pas la moyenne, par «bienveillance». Comme si les examinateurs allaient être dupes!
«J'ai vu se répandre la “mentalité de cité” qui n'est rien d'autre qu'une forme de caïdat»

L'école a-t-elle renoncé à la discipline?

D'après mon expérience, oui. La sanction est maintenue sur le papier, elle donne même lieu à une inflation de procédures complexes, diluées dans le temps, ce qui lui ôte toute chance d'être efficace au cas où par extraordinaire elle serait appliquée. Et les enfants, bien sûr, le comprennent très vite! Quand un conseil de discipline finit par avoir lieu et décide d'une sanction, le rectorat peut la casser, alors qu'il y a eu un vote. Un collègue normand m'a raconté que deux élèves, exclus pour avoir bousculé un prof, ont été réintégrés parce que leurs copains étaient allés dire au recteur que le prof mentait.

Vous pointez aussi un «racisme inversé». Comment se manifeste-t-il?

L'institution et les professeurs ont la hantise de passer pour racistes, islamophobes, etc. Je ne dis pas que tous les élèves descendants d'immigrés ou qui viennent des cités posent problème, évidemment, mais quand ces élèves-là sont en cause, la discipline est rarement appliquée et ce sont au final les enfants qui sont les victimes de cette démission. J'ai vu se répandre la«mentalité de cité», qui n'est rien d'autre qu'une forme de caïdat. La pratique de l'intimidation, voire la menace, est courante, comme le mépris affiché pour les femmes, l'homophobie et l'antisémitisme. »

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