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La Bataille culturelle

Sur l'envahissement par le culturel de pacotille, contre la possibilité de toute culture authentique
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Re: La Bataille culturelle

10 Octobre 2017, 13:11 Message

Salzbourg 2017.

« Peter Sellars en est convaincu : avec La Clémence de Titus, "Mozart a écrit une biographie musicale de Nelson Mandela" ». C'est l'évidence.

« Afin de coller à la dramaturgie, plusieurs chanteurs ont été choisis pour leur couleur de peau autant que pour les qualités vocale » — "autant" : personne n'est dupe. (Diapason, octobre 2017)

Etc.

Le tout avec des tripatouillages, notamment l'insertion d'extraits de la Messe en ut, et de l'Adagio et fugue KV 546, dont on se demande comment il se fait que Wolfgang n'y avait pas pensé. Bon, en même temps, c'est du Peter Sellars, donc c'est limite génial autant que délicieusement dérangeant. [Si l'on suit un peu ce qui s'écrit sur ce site, autrement dit s'il n'est pas victime lui comme tous les autres de la lecture hystérico-zappatoire induite par le Flux, on notera que ce saltimbanque allumé voire complètement givré, en tout cas grandement perturbé, n'est pour autant pas systématiquement rejeté ici (cf. les Passions , tout au moins la St Matthieu, avec Rattle).]

Ainsi va la folle croisière, sur les eaux du Rien, au confluent du N'importe quoi et du Cynisme ricanant.

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Re: La Bataille culturelle

12 Mars 2018, 12:27 Message


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Re: La Bataille culturelle

13 Mars 2018, 09:31 Message

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Re: La Bataille culturelle

14 Mars 2018, 09:18 Message

Je n'ai vu aucun film de cette personne, très marginalisée comme de juste, et qui se démène pour en produire avec peu de moyens. Où, du reste, sont-ils projetés ? Je ne sais donc pas ce qu'on peut en penser, mais il semble bien que cela mérite le détour, et un soutien.

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Re: La Bataille culturelle

14 Mars 2018, 09:57 Message

Je suis troublé car je retrouve dans le nom de cette personne une partie de celui d'un des compagnons de ma jeunesse qui se situait bien dans cet esprit...
Ceci étant : hum... à lire ce qui suit. Donc, faudrait aller y voir d'un peu plus près.

INTERVIEW L'APÔTRE
Qu’est-ce qui vous a inspiré le projet de ce film ?
Il a eu plusieurs sources d’inspiration. La première, c’est un drame que j’ai vécu à l’âge de 19 ans. La sœur du prêtre de mon village a été tuée. Etranglée par le fils de ses voisins. Je connaissais cette femme, elle était d’une bonté rare. Après le meurtre, le prêtre, a dit qu’il souhaitait rester vivre auprès de parents dont le fils avait tué sa sœur, car sa présence les aidait à vivre. C’était une famille Musulmane d’origine Marocaine. Ces paroles, et ces actes m’ont profondément marquée.
Cet acte de Charité si beau est, dans le film, le point de départ du désir de conversion de mon héros, Akim. Touché par ce message, il décide d’aller vers son chemin de la conversion. Ensuite, ma deuxième source d’inspiration, m’est venue d’un ami, converti de l’Islam qui fréquente la même église que moi. Il m’a raconté ses luttes, ses souffrances, son parcours m’a touchée, alors je m’en suis inspirée. Et pour finir, je suis Catéchumène, et cette période d’écriture correspond à la période de ma préparation au baptême.


Le rôle principal « Akim » est incarné par un comédien de culture arabo-musulmane…
Lorsque j’ai choisi mes comédiens, j’ai avant tout choisi des comédiens de grand talent. Fayçal Safi est un comédien qui dégage une grande vérité, son jeu est sobre, il est lumineux. Il est exactement ce que je cherchais. Il se trouve qu’il est Musulman, ce qui rend encore plus fort pour moi le message de tolérance que je voulais faire passer dans le film. Le film regroupe des comédiens Athées, Musulmans, Catholiques, convertis, et Juifs, ensemble nous avons fait un film qui parle du désir de croire en Dieu et de la tolérance.


Les parents, le frère Youssef, et la sœur Hafsa sont aussi incarnés par des acteurs incroyables…
J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer Salah, Norah, Brahim, Touffik, Sarah, Yannick, et les autres... Tous ont une vérité, et une qualité de jeu rare. Ils ont tous parfaitement compris leurs personnages, et les ont servis avec beaucoup d’humilité et de générosité.


Y a-t-il eu des désaccords entre vous, sur le scénario, les personnages, et ce qu’ils devaient défendre?
Il m’est arrivé lors des castings d’avoir affaire à des comédiens frileux ou inquiets par le sujet. Alors je n’ai pas donné suite. Je ne voulais pas de comédiens qui s’engagent à moitié. Lorsque je fais un film, je mets ma peau sur la table, et j’attends la même chose de mes comédiens.


Est-ce que ça n’a pas été difficile de convaincre des personnes de religions différentes, unis autour d’un sujet qui parle d’une conversion au Christianisme.
Les comédiens sont des artistes avant tout. Ouverts sur le monde. Je pense qu’ils avaient tous conscience que d’endosser ces rôles, c’était précisément là qu’on faisait passer un message de tolérance.


Dans le film, les parents semblent finalement plus éloignés de la religion que leurs propres enfants.
Je trouvais intéressant que les parents soient plus détachés de la religion que leurs enfants, car ça reflète une réalité. Le retour du désir religieux et au sacré, dans la jeunesse Française est une belle chose. Moi, je fais partie de cette jeunesse-là. Si cette quête est faite dans le respect des autres, alors cette foi partagée peut vraiment nous tirer vers le haut. Ensemble, avec nos différences, on peut se mettre d’accord sur des valeurs qui nous unissent. La foi peut unir les croyants d’où qu’ils viennent.


C’est un défi de s’attaquer à un sujet pareil…
Et ça ne m’a pas valu que des mains tendues !.... j’ai eu beaucoup de résistance pour les autorisations de tournage entre autres. Et bizarrement j’ai senti que les Chrétiens étaient plus craintifs, que des Musulmans eux-mêmes.


Comment expliquez-vous cela ?
La peur d’être polémique, peur de déranger, peur de faire du scandale, peur d’être taxé d’Islamophobe. Peut-être aussi la peur de représailles. Enfin, la peur dans toutes ses formes…


Et vous ?
Moi, je n’ai pas peur. Je croyais en mon sujet et je savais ce que j’allais en faire : un film sur la tolérance inter-religieuse. Alors je n’avais aucune raison d’avoir peur. Et puis ce film est dédié à cette femme si bonne que j’ai connue dans ma jeunesse, alors pour moi cet hommage pèse bien plus lourd dans la balance que ma petite peur.


Quels types de défis doit-on relever lorsqu’on s’attaque à ce type de projet ?
Le principal défi était pour moi de parler de la beauté de la religion Catholique, sans dénigrer l’Islam. Et l’ultime défi était de faire un film de bonne qualité avec un budget très, très faible, ce n’était franchement pas simple. Ce qui m’oblige, comme à chaque fois, à m’occuper des costumes, des négos avec les agents, des repérages, de la recherche des fournisseurs et tout le reste…


C’est un exploit…
Mais c’est le dernier.


Le dernier film ?
Le dernier fait sans argent, parce-que je me sens trop vieille pour continuer comme ça. Faire des films sans argent, convaincre une centaine de personnes de vous aider, il faut pour ça que le film soit une question de vie ou de mort. Et j’ai eu beaucoup de chance que des techniciens me suivent en étant en participation sur les recettes du film, sans eux, je n’aurais pas pu le faire.


Les institutions qui financent le cinéma Français ne vous soutiennent pas ?
Mes films n’ont jamais reçu d’aide du CNC, ni de régions, je les ai faits chacun à moins de 50 000 euros. Ce film était le dernier que je faisais sans argent. A l’avenir, je ferai traduire mes prochains scénarios en anglais, et j’irai chercher de l’argent en Allemagne, en Angleterre, en Russie, en Amérique, n’importe où, où on voudra de mon cinéma.


Comment avez-vous financé votre film ?
Début 2013, je venais d’avoir le refus du CNC pour l’aide à la réécriture. J’étais très triste, parce qu’après m’avoir refusé l’aide pour La Fille Publique, je pensais que cette fois, ils me donneraient leur soutien. Un jour, en marchant dans la rue , j’ai vu sur un kiosque à journaux, la couverture du magazine Challenge, avec le classement des personnes les plus riches de France. J’ai acheté le magazine, j’ai pris les dix premiers sur la liste. Et j’ai écrit la même lettre à tous. Dans la lettre, en trois lignes j’expliquais que j’avais besoin d’un peu d’argent pour faire un film. Je leur ai envoyé le DVD de mon dernier film, ma petite filmographie, et la lettre. Et un jour, j’ai eu la belle surprise de recevoir un courrier de l’un d’eux. Huit mois après, j’avais l’argent.


Qui est cette personne ?
Il donnera son identité s’il en a envie. La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’on ne s’est jamais rencontrés, il n’a jamais lu le scénario, on a échangé plusieurs mails sur le projet, puis il m’a fait confiance. C’est franchement un type très cool.


Sur le générique de début, un panneau affiche que tous les propos tenus dans le film n’engagent que votre responsabilité…
J’ai conscience que le sujet du film est sensible. En tant que chef de ce projet, je me dois de protéger mes troupes.


Il y a un joli poème sur le générique de fin. Un poème dédié à Madeleine…
Lorsque je vivais à Paris, j’allais souvent me promener dans un cimetière à côté de chez moi. Un jour, j’ai vu ces trois lignes sur une tombe : Ta bouche dort, Tes yeux brillent, Nous ne t’oublions pas. En les lisant, j’ai pleuré, alors que je ne connaissais même pas le mort... des années plus tard, ces trois lignes je ne les avais pas oubliés. Trois lignes simples et humbles, comme l’était Madeleine, la sœur de mon prêtre qui a été assassinée.


Est-ce que ce film a pour but l’Evangéliser ?
Mon but était de rendre hommage au prêtre de mon village et à sa sœur, et à faire passer un message de paix entre Chrétiens et Musulmans. Mais si mon film touche le cœur des gens et leur donne envie de découvrir le Christ, alors c’est une grâce, mais je ne crois pas que j’y serais pour grand-chose…La grâce vient d’en haut

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Re: La Bataille culturelle

28 Mars 2018, 08:06 Message

Il me semble qu'elle avait fait un film sur l'islamisme ?

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Re: La Bataille culturelle

5 Juillet 2018, 11:21 Message

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70 ans après la mort de Georges Bernanos, l'hommage de Sébastien Lapaque (Le Figaro)

« Catholique errant et royaliste flamboyant, adversaire de la démocratie qu'il regardait comme "la forme politique du capitalisme", l'auteur de Scandale de la vérité n'a jamais été un écrivain conseillé par l'école de la République. La place accordée dans ses romans à la vanité des satisfactions bourgeoise (L'Imposture, La Joie), à la religion dégénérée (Monsieur Ouine), au meurtre (Un crime) et au sexe (Sous le soleil de Satan, Nouvelle histoire de Mouchette) n'en fait pas non plus un auteur très en vogue dans l'enseignement privé.

N'importe. "Puissions-nous toujours ensemble moi et mes livres être à la merci des passants!"» demande l'écrivain dans Les Enfants humiliés, son journal des années 1939-1940 rédigé à Pirapora, dans les profondeurs de l'immense Brésil. Le vœu est exaucé. Son œuvre n'appartient ni à la gauche, ni à la droite ; on trouve, parmi ses lecteurs, des gens qui croient au Ciel et d'autres qui n'y croient pas. Chacun est libre d'y entrer selon son humeur et sa tradition. Aujourd'hui, on observe une nouvelle génération de lecteurs pour laquelle Georges Bernanos, c'est d'abord La France contre les robots et La liberté pour quoi faire?, puissants cris de colère contre l'anéantissement de la liberté individuelle par la Technique, le contrôle des existences, le nivellement totalitaire du monde et la "décoloration des consciences" subséquente.

Bernanos fait partie des écrivains qui ont critiqué les formes de vie barbares indifférentes aux valeurs de la culture provoquées par les excès néfastes d'un capitalisme effréné et prédateur.

Jadis rangé sur la même étagère que François Mauriac et Jacques Maritain, l'auteur de Français, si vous saviez se trouve associé à George Orwell, Günther Anders, Pier Paolo Pasolini et Jacques Ellul — des écrivains qui ont critiqué les formes de vie barbares indifférentes aux valeurs de la culture provoquées par les excès néfastes d'un capitalisme effréné et prédateur.

Le rapprochement entre ces écrivains inclassables est moins incongru qu'on ne le croit. Contraint, par la brutalité des événements, à abandonner son œuvre romanesque après avoir achevé Monsieur Ouine en mai 1940, Georges Bernanos s'est intéressé à Jacques Ellul, l'analyste implacable du Système technicien et du Bluff technologique évoqué dans une conférence des années 1946-1947 reprise dans La liberté pour quoi faire? "J'ai lu le compte rendu d'une séance donnée par le Centre protestant d'études, au cours de laquelle le professeur Jacques Ellul traçait un remarquable tableau du monde moderne et de toutes les emprises de l'Économie sur l'homme (…) L'homme, selon l'éminent professeur, n'est plus en face de l'économie, son autonomie est en train de disparaître, il est englobé corps et âme dans l'économie, c'est l'apparition réelle d'une nouvelle espèce d'homme, l'homme économique, l'homme (…) qui n'a pas de prochain mais des choses." Avec un peu d'avance sur son temps, et même beaucoup, Georges Bernanos a ainsi pris place parmi les esprits désolés qui ont dénoncé l'expansion des forces productives et l'accumulation du capital, conscients du fait qu'on ne peut pas croître de manière infinie dans un monde fini, sauf dans la douce pitié de Dieu.

La France contre les robots a paru au Brésil en 1946 et l'année suivante en France. Dans ce chef d'oeuvre terminal dont l'importance capitale ne nous apparaît qu'aujourd'hui, l'écrivain aux puissants dons de visionnaires ne propose pas simplement des clés pour critiquer et liquider le mythe de la techno-science-économie. Il nous offre des pistes pour une véritable insurrection de l'esprit, un soulèvement de la vie, en contestant l'analyse platement matérialiste et mécaniste de la société hédoniste et du bonheur laïque. "On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. Hélas! la liberté n'est pourtant qu'en vous, imbéciles!" »

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