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Le JT du Réel

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Re: Le JT du Réel

17 Octobre 2016, 09:19 Message

Cher Jean-François, dans un premier temps, j'ai proposé de nourrir le fil "JT - Matériau du jour", que ce soit par des indications de sujet, des liens vers des informations à traiter ou commenter, des idées, ou même simplement bribes, esquisses de rédaction, ou tout autre proposition. J'ai également évoqué, mais dans un deuxième temps, si cela pouvait s'avérer utile, la mise en œuvre d'un outil collaboratif Internet qui permette de rédiger à plusieurs, relire, corriger, etc. les éléments de préparation du "JT". Ce n'est pas difficile techniquement à utiliser, ce sont des outils désormais au point, et réellement gratuits.

Cela dit, avant de courir... il faut déjà marcher : alimenter ce fil du forum par ce qui passe par la tête des uns et des autres selon leurs lectures, réactions, sentiments de ce qu'il faudrait relever, dire, etc. serait déjà un bon coup de main, et une chose intéressante, me semble-t-il. À charge pour moi se savoir l'exploiter au mieux en l'intégrant. Les quelques occurrences qui s'en sont trouvées pour l'instant ont montré que c'était positif.

Une autre aide très simple consiste à "propager" les vidéos à ses contacts et "amis" Internet.

Je constate que l'arrêt de ces derniers jours n'a pas enrayé la lecture des vidéos, au contraire. Idem pour la fréquentation du site. A croire, pour les vidéos, qu'un rythme un peu moins soutenu favorise leur exploitation...

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Re: Le JT du Réel

17 Octobre 2016, 10:28 Message

Didier Bourjon a écrit:Cher Jean-François, dans un premier temps, j'ai proposé de nourrir le fil "JT - Matériau du jour", que ce soit par des indications de sujet, des liens vers des informations à traiter ou commenter, des idées, ou même simplement bribes, esquisses de rédaction, ou tout autre proposition. J'ai également évoqué, mais dans un deuxième temps, si cela pouvait s'avérer utile, la mise en œuvre d'un outil collaboratif Internet qui permette de rédiger à plusieurs, relire, corriger, etc. les éléments de préparation du "JT". Ce n'est pas difficile techniquement à utiliser, ce sont des outils désormais au point, et réellement gratuits.

Cela dit, avant de courir... il faut déjà marcher : alimenter ce fil du forum par ce qui passe par la tête des uns et des autres selon leurs lectures, réactions, sentiments de ce qu'il faudrait relever, dire, etc. serait déjà un bon coup de main, et une chose intéressante, me semble-t-il. À charge pour moi se savoir l'exploiter au mieux en l'intégrant. Les quelques occurrences qui s'en sont trouvées pour l'instant ont montré que c'était positif.

Une autre aide très simple consiste à "propager" les vidéos à ses contacts et "amis" Internet.

Je constate que l'arrêt de ces derniers jours n'a pas enrayé la lecture des vidéos, au contraire. Idem pour la fréquentation du site. A croire, pour les vidéos, qu'un rythme un peu moins soutenu favorise leur exploitation...


Oui cher Didier, j’avais la tête ailleurs à ce moment, mais je l’avais déjà lu. Je vais m’efforcer d’alimenter le fil en question.

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Re: Le JT du Réel

17 Octobre 2016, 17:40 Message

JT du Réel n°58
17 octobre 2016

Primaires et télé-crochet / Parodie et simulacre / Le quatrième et seul pouvoir



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Re: Le JT du Réel

18 Octobre 2016, 19:01 Message

JT du Réel n°59
18 octobre 2016

Le Réel nous gâte...
Flics & voyous / Kollabos et génocide / Politiques et révolution


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Re: Le JT du Réel

18 Octobre 2016, 21:35 Message

Merci d'avoir repris le JT qui m'a bien manqué pendant deux jours. JT que j' essai de faire connaître autour de moi (famille, amis et relations). Je suis désespéré de constater une totale indifférence de la génération des 18/25 ans à la situation qui se présente et se confirme de jour en jour. Révolution! Vous avez dit révolution ? Mais qui pourrait la déclencher et qui pour la conduire ? Que pourrions-nous
Faire pour éviter la mascarade de l'élection qui approche? Et à voir la brochette de postulants qui se bouscule à la primaire de la droite.....Pas un qui pourrait remettre la France en ordre de marche.

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Re: Le JT du Réel

19 Octobre 2016, 12:04 Message

Merci de votre attention, cher Jean Petit, et de votre soutien.

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Re: Le JT du Réel

19 Octobre 2016, 17:49 Message

JT du Réel n°60
19 octobre 2016

Les affres de la colonisation - Faits et Propagande - L'islam est islamiste !


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Re: Le JT du Réel

20 Octobre 2016, 19:33 Message

JT du Réel n°61
20 octobre 2016

Débandade politique - Police & Reconquista - Droit & Morale


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Re: Le JT du Réel

20 Octobre 2016, 21:19 Message

Excellent journal, Didier. Punchy, surtout au début. Long, compte tenu du rythme soutenu. Je suis bluffé par la qualité de l’image. Cadrage et réglages parfaits. Merci.

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Re: Le JT du Réel

21 Octobre 2016, 17:41 Message

JT du Réel n°62
21 octobre 2016

Politicailleries, suite / Mossoul, et après ? / Déradicalisation


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Re: Le JT du Réel

22 Octobre 2016, 18:14 Message

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Re: Le JT du Réel

25 Octobre 2016, 08:03 Message

JT du Réel n°63
24 octobre 2016

Politique & Morale - Des mauvaises arrière-pensées - Liberté, liberté chérie


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Re: Le JT du Réel

25 Octobre 2016, 10:15 Message

Cher Didier, mes félicitations, vraiment une très bonne édition. L’obsession morale est très bien analysée. Remarquez qu’initialement on parlait de lois sur la bioéthique, maintenant de lois bioéthiques ce qui veut dire qu’il est naturel que la morale (en fait on parle de morale en utilisant un autre mot qui en principe ne veut pas dire exactement la même chose) soit dite par le législateur. C’est le totalitarisme qui pointe. Vous avez très bien remarqué que l’équilibre de la loi Veil n’est plus admis on doit être pour l’avortement sans restriction, c’est la nouvelle morale.

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Re: Le JT du Réel

25 Octobre 2016, 10:17 Message

Excellent JT qui est une démonstration de la Liberté en acte.

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Re: Le JT du Réel

25 Octobre 2016, 12:09 Message

Je plussoie. JT d'une grande clarté, lumineux.

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Re: Le JT du Réel

25 Octobre 2016, 16:47 Message

JT du Réel n°64
25 octobre 2016

Enfants du Bon Dieu & canards sauvages / Mossoul, Kirkouk, Cartago


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Re: Le JT du Réel

26 Octobre 2016, 18:38 Message

JT du Réel n°65
26 octobre 2016

La maison des fous - Migrants, djihadistes, sparadrap - Propaganda


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Re: Le JT du Réel

27 Octobre 2016, 17:18 Message

A propos de la morale et du politique traités dans le JT du Réel n° 63

Il devrait y avoir une "trigonométrie de la vérité" : quand quelqu'un énonce, admirablement, dans son cadre conceptuel et sa perspective propres, à l'aide de ses outils et dans son style personnels, ce qu'un tiers a énoncé précédemment dans des écrits ou propos que celui-là n’a pas "suivis" (au sens que donnent au verbe "suivre" les réseaux sociaux), il devient possible d'affirmer que dans ce recoupement, cette triangulation où le hasard ne saurait jouer aucune part, gît "la preuve de la vérité".

Dont ceci, avancé il y a trois ans déjà, où il est dit "qu'il n'est pas moral d'user de la morale en politique", qui paraît aujourd'hui trouver heureusement sa transcription et son actualisation politiques chez vous :

"Toute 'Morale' suppose un autre monde, écrivait Valéry en 1939, c'est à dire un système auxiliaire, un artifice qui fasse correspondre quelque conséquence à quelque acte selon une loi donnée." Et il ajoutait : "la Vie future" est un artifice de ce genre.

L'extérieur, l'autre monde de la Morale moderne, disons que c'est Πολίτης, soit la perspective d'une vie future commune ici-bas. Enoncé méta-axiologique: il est immoral d'user de la morale en politique. Le hors-là de la morale (l'autre monde de Valéry, pour nous la politique) doit demeurer vierge d'usage – il ne saurait servir de terrain d'exercice de la morale et pas davantage être outil de moralisation, ciseau à façonner la Morale ou moule où la couler –, sous peine de perte de tout référent moral (l'ordre moral au sens strict, l'ordonnancement de la morale) et d'instauration du chaos.

Autrement dit les conséquences néfastes (dans la sphère politique, celle de la "vie future en société") d'un acte spontanément investi d'une valeur morale posent l'immoralité de cet acte. Le juge suprême, s'il est donné par la viabilité future de l'humanité, peut devenir cet artifice qui dicte la morale et son ordre, et prononcer l'immoralité de l’arraisonnement politique d'une notion morale dont l'autre monde fut détourné.

J'entends bien la nature axiologique du fondement moral, benoîtement résumée par le philosophe Eric Weil dans cette formule: Est moral, pour donner une formule simple, ce qui en fait est considéré comme moral. Dans son ouvrage Philosophie morale paru en 1985, Weil écrit aussi ceci, qui rejoint cette citation de Valéry: Qu'est-ce que la morale historique, traditionnelle, positive, arbitraire que soumet à sa critique la morale philosophique, sinon l'organisation de la satisfaction des besoins humains ? Aussi la théorie morale ne peut-elle pas ne pas reconnaître la fonction de la morale "naturelle", animaux calculateurs, mais animaux. La philosophie morale découvre ainsi qu'elle présuppose toujours une morale non-réfléchie, non philosophique, une morale qui existe et guide les hommes qui ne se posent pas le problème de la morale.

C'est cette "morale non-réfléchie" qui meurt aujourd'hui, écrasée par la "morale explicite" qui occupe la totalité du champ de l'action politique et une bonne partie du champ économique (économie prétendue redistributive, par exemple) et qui se substitue à la morale naturelle. Que soient assurées "la satisfaction des besoins humains" (Weil) et l'assurance qu'une "vie future" (pour reprendre le terme ambigu de Valéry), que l'avenir soit maintenu viable, voilà autant de garanties fondamentales de la validité (voire de la valeur) d'une morale politique. Or un système de "morale explicite", martelée au quotidien, objet de propagande qui masque, travestit ou occulte les faits de société, perd sa qualité de morale du fait des conséquences sociales et politiques désastreuses que cette fausseté ne saurait manquer, à terme, d'entraîner. La morale n'ayant plus pour socle ou pour arrimage ce que l'on appelait jadis les vertus théologales (espérance d'une vie future de l'âme, etc.), force est d'en réduire le socle à la dimension d'une polis efficiente (en faisant redescendre la vie future sur terre), mais voici l'anti-racisme qui comme assertion morale universelle obère l'avenir en troublant la visibilité du présent (cf le consensus journalistique sur le masquage des prénoms des justiciables dans les chroniques des faits divers), l'anti-racisme comme argument politico-moral en ressort alors comme immoral, au même titre que tout acte malhonnête et dangereux pour la communauté.

Si j'ai parlé de méta-axiologie, ce n'est pas par coquetterie littéraire – il faut bien un mot pour transcrire cela : est moral ce qui est considéré comme tel certes, mais toujours au regard d'un référent extérieur, historique et arbitraire, qui est généralement tu. Lorsque ce référent se prend à être bavard, il trouble la morale immanente et "naturelle" (la non-violence naturelle des besogneux, par exemple) fausse les rapports sociaux, occulte ce qui advient, et corrompt la morale pour instaurer un régime politique et social immoral (la discrimination positive, par exemple, et foncièrement immorale). Il faut donc reconnaître le besoin d'une axiologie nouvelle qui pose que cette descente du politique dans la morale, ou de la morale politique dans la morale "naturelle", est elle-même immorale. C'est cette description en surplis ou en double articulation de la morale que j'ai tenté de qualifier de méta-axiologique, et dont la prédication s'énonce, comme du reste toute maxime morale, négativement: il n'est pas moral d'user de la morale en politique

Ma conjecture est la suivante, et par conjecture, doit s’entendre le sens que donnent à ce terme les mathématiciens : ni un théorème, ni un axiome (ça serait bien le comble, dans un pareil système axiologique !) et pas une thèse non plus. Je ne puis donc, faute de moyens conceptuels suffisamment robustes et étoffés – pourquoi m’en défendrais-je ? – la défendre contre vous ou devant vous et ne puis par conséquent que la soumettre à tous : la morale est dictée par la politique, et cela est relativement récent, cela date du temps où celle-ci est devenue tout entière arraisonnée au devoir d’assurer la viabilité de l’humanité, désormais menacée par la non-durabilité de ses pratiques dans les domaines essentiels à sa survie : écologie, économie, santé, démographie. En effet on ne savait pas, avant le milieu de la décennie 80 du siècle dernier, que l’humanité était menacée par elle-même, qu’elle pouvait disparaître victime d’un péril endogène. Il s’ensuit que la morale naturelle, désormais, est unifiable après avoir fait de toujours l’objet de maintes spéculations ; elle tient depuis une trentaine d’années dans l’impératif de pérenniser l’humanité, impératif, notons-le au passage, qui contient les droits de l’homme après s’être replié sur eux (droits à la paix, à la nourriture, au silence, à la non-nocence, etc.. les droits humains, dont la liste est extensible sont irrévocables s’ils sont subsumés à la pérennité de l’humanité). Voilà enfin formé, rendu explicite et borné le contenu transcendant de toute morale naturelle, qui a cessé d’être dispersée, relative ou plurielle il y a trente ans environ, soit quand paraissait l’ouvrage de Weil... A un monde unifié correspond désormais une morale unifiée : la préservation de la planète et de son humanité, l’entretien de leur synergique viabilité, la pérennisation de l’anthropocène. Vaste programme et il est pardonnable de s’y perdre mais programme quand même, qui, pour être historique (comme tout artifice, certes) ne s’en est pas moins dépouillé, assez soudainement (en un moment historique datable) de son caractère relatif pour se forger dans l’absolu.

L’immoralité, cela posé, quitte le champ de l’indétermination. Elle le quitte pourrait-on dire mécaniquement. La morale inscrite dans le programme évoqué ci-dessus ne doit sous aucun prétexte en descendre, lui tourner le dos pour s’ériger et se composer un être distinct du nuage programmatique en question ; son rôle n’est plus, désormais, de dire le Bien conventionnel, comme elle le faisait jadis, diversement au gré des artifices historiques changeants et relatifs. Il n’est plus de Bien conventionnel, plus depuis que le seul bien qui vaille est ordonné par le Programme où loge la morale commune à l’humanité. L’immoralité surgit alors, par des voies connues, des masques familiers : le Bien impose, ici et là, de taire la vérité, de travestir le réel, de mentir sur lui, de créer des inégalités faussement réparatrices (discrimination positive), ce Bien politisé n’est pas le bon, – l’antiracisme comme instrument de choix et d’action politiques inspiré par le libre sentiment du Bien conduit ainsi à piéger toute l’humanité dans ce que les politiciens nomment « le multiculturalisme », à l’enfermer dans des situations sans issues, porteuses de violences et de guerres d’exterminations – il est politique au sens mauvais du terme. Peut être alors identifié le mécanisme maudit constitutif de l’immoralité, fruit d’une morale déplacée, retournée au sens orphique du terme, ayant quitté un commandement politique supérieur pour gagner l’Hadès du Bien en politique où elle n’a plus rien à faire d'efficient au regard de "la vie future".

Cette conjecture a ceci d'utile qu'elle permet de prendre les "Amis du Désastre" à leur propre piège. Si, comme on le propose, un paradigme éthique uni-mondialiste est né il y a trente ans environ, alors la "science de l'Autre", doit être réexaminée à l'aune de ce nouveau paradigme. La courbe des changements de paradigme n'est pas exponentielle, elle montre une courbure en plateau, lasse comme l'humanité désormais: dans les temps modernes, depuis la Révolution française, disons, il y eut un paradigme éthique dominant pendant un gros siècle, en concommitance avec celui de "la figure de l'homme" (Foucault), paradigme qui fut celui du Progrès, qui donnait à la morale un arrimage idéaliste universaliste; puis, celui-ci s'effaçant, l'humanité moderne et avancée, celle du permier monde, à ce moment du milieu des années 80 qui devait précéder de peu la défaite du Communisme, s'inventa un nouveau paradigme: celui de la préservation de l'humanité et de son biome planétaire, incarné, ce paradigme, par le rapport Brundtland (https://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_Brundtland, 1986). La chute du Mur advint très vite après la publication de ce rapport. Dès 1989, un mode unipolaire et une morale uni-mondiale venaient de naître conjointement.

Le nouveau paradigme éthique, remplaçant de l'idéaliste Progrès, n'était pas moins universaliste dans son objet et son inspiration: il posait la conservation, la préservation du tout humain et du tout planétaire, et se nommait (en français), durabilité (sustainability en langue internationale). Ce paradigme n'était plus idéaliste et universaliste comme l'avait été celui du progrès, mais était le représentant autorisé, et relève toujours, de l'ordre universaliste pratique et réaliste, celui, non-projectif, de l'être-déjà-là. Il ne suppose plus (comme le radicalisme progressiste d'antan) l'universalité et l'unicité de l'humanité mais en dresse le constat matériel et écologique, ou prétend le faire à coups d'arguments documentés, et la radicalité politique qui le porte n'est plus celle des "radico-socialistes" idéalistes mais celle de l'écologie politique qui se fait forte de gérer l'être-là planétaire.

L'uni-monde, lorsqu'une morale universelle y a été arrimée, règne en juge sur les pratiques politiques. Il en découle un régime nouveau pour le Bien. Le Bien, dès lors est mesurable à l'aune planétaire. Ce simple fait, énoncé de manière si anodine, devrait être considéré comme notre meilleur ami: les partisans d'une régularisation en France (et en Europe) des sans-papiers, de tous les sans-papiers, se posent en infraction monstrueuse à la morale nouvelle, ils violent la règle d'or de la primauté de l'intérêt de l'Autre qui fait pourtant leur crédo. En effet, le sans-papiérisme n'intégre en rien la morale mondialiste qui doit faire droit à l'intérêt de l'Afrique, cet Autre tant vanté. L'émigration qui frappe l'Afrique désole et afflige ce continent en le détournant de la recherche de remèdes et de solutions autochtones à ses maux et génère à son débit de la dépendance et de l'assujettissement envers un tiers continent, l'Europe. Le sans-papiérisme, parce qu'il nuit à l'Autre, être suprême de la morale, est foncièrement immoral, et cette descente de la morale dans la pratique politique prouve dans ces effets, qu'elle est désormais constitutive de toute immoralité. CQFD.

Au fond oui, la morale, qui en soi ne devrait intéresser personne, ne point être objet de requête ou d'effusion – pas davantage que le sang qui irrigue et nourrit les corps et qui ne saurait être mis au clair qu'exceptionnellement ou accidentellement, la morale consubstantielle au corps social ne devrait se répandre dans l'orgie de la spéculation métaphysique ou du débat politico-mondain –, n'est point à penser hors des mécanismes d'échange solidaires et ordinaires, y compris ceux des marchands de chameaux (puisqu'il est très question de désert dans cette problématique).

Le don est désertique. On donne, par principe, au désert. C'est le sens de la remarque d'Hanna Arendt sur l'amour réflexif augustinien qui ouvre la voie à la transcendance pour que, cette voie dégagée, apparaisse et soit très rationnellement entendu le fait que c'est l'instance supérieure et extérieure qui tirait et aspirait cet amour comme au bout d'une cordée, bien ouverte celle-là, en effet, mais vers le Ciel.

Cette corde céleste lâchée, ayant coulé de nos paumes, nous retombons tous dans l'éthique du marchand de chameaux ou, au mieux, celle, moyennement élevée, rousseauiste, du contrat social puis patriote, pour y adhérer ou pour la rejeter en s'offusquant que la société des hommes n'ait qu'elle à nous tendre car certes pareille liberté de refus existe; il n'empêche et sous peine de mensonge et de mauvaise foi endurcie : sans le Ciel, il n'est entre les hommes pour morale idéale que contractuelle, fonctionnelle, invisible, intériorisée dans le corps social et l'âme des hommes qui y souscrivent, et résolue de la sorte à ses fonctions centrales, à son invisible métier, la morale objective dans un monde peuplé de sujets agissant ne saurait faire objet de discussion. Ou plus exactement : pour que la morale soit discutée, il faudrait que la discussion soit exclusivement théologique.

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