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En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

Sur l'économie, la finance et le travail à l'époque du virtuel et de la décroissance à venir.
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En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

9 Avril 2014, 18:43 Message

En finir avec l'euro pour sauver l'Europe: quatre journalistes brisent le tabou
(L'Express)

« L'euro est cliniquement mort. Pour sauver l'Europe, il faut revenir aux monnaies nationales, réunies au sein d'une monnaie commune. C'est la thèse de Casser l'euro, ouvrage écrit par quatre journalistes. » (Le monde Diplo (!!!), L'Expansion, et L'Express)

Eh bé... Certes, la conclusion de l'article veille à recoller au dogme sur la base... de la peur (de "l'inconnu") — grande méthode de ceux qui ne cessent de la dénoncer chez leurs opposants "populistes" —, mais tout de même !

Il semble que cela craque d'un peu partout...

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

18 Avril 2014, 08:30 Message

Sortir de l'euro, le retour du souverainisme de gauche

Intervention intéressante d'un tenant de la "vraie gauche", qui mérite le détour. Il semble bien que la glacis idéologique autour de l'euro et l'U.E. craque de toutes parts, et que la question politique revienne en force...


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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

6 Janvier 2015, 09:53 Message

Une interview de Coralie Delaume dans Le Figaro.

« Alors que la gauche radicale est aux portes du pouvoir en Grèce, la chancellerie allemande "juge quasiment inévitable une sortie de la Grèce de la zone euro". En quoi celle-ci pourrait-elle rebattre les cartes politiques dans toute l'Union européenne?

Cette réaction d'Angela Merkel sonne comme un aveu. Elle souligne crûment le caractère antidémocratique de l'Union européenne. On n'est hélas qu'à moitié surpris car il y a eu des précédents. Plus le parti Syriza s'approche du pouvoir, plus les différents leaders européens tendent à perdre leur sang froid. Ils ne prennent même plus la peine de feindre de respecter la souveraineté grecque. Au contraire, ils se montrent grossièrement intrusifs. Ç'avait déjà été le cas au mois de décembre avec Jean-Claude Junker. Il avait alors affirmé qu'il préférait voir des "visages familiers" au pouvoir à Athènes. Dans la foulée, Pierre Moscovici s'était rendu en Grèce dans le but évident de soutenir la candidature à la présidence grecque du représentant de Nouvelle Démocratie et ancien commissaire européen Stavros Dimas. En vain.

La nouveauté avec les propos prêtés à la chancelière allemande, c'est que ce n'est plus Bruxelles, cette fois, qui s'insinue dans le processus électoral grec. C'est un chef de gouvernement étranger. Et pas n'importe lequel... Se trouvera-t-il encore des gens, après cela, pour continuer à nier l'imperium allemand sur l'Union européenne? Comment ne pas voir que, loin d'être une libre association d'États égaux et souverains, l'UE est au contraire devenue un système hyper-hiérarchisé dans lequel les pays significativement qualifiés de "périphériques" sont contraints de se plier aux exigences du pays le plus puissant ? »

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

12 Janvier 2015, 10:48 Message

Bernard Maris assassiné par les fondamentalistes musulmans avait changé d'avis à propos de l'euro : voici une interview de lui par Christian Authier, publiée dans l'Opinion Indépendante.

Bernard Maris : «L’euro a créé une désagrégation économique et politique»

L’économiste et essayiste, membre du conseil général de la Banque de France, estime que la France doit abandonner l’euro. Explications.

Depuis plusieurs semaines, vous expliquez dans Charlie Hebdo que vous avez changé d’avis sur la monnaie unique et que la France doit quitter la zone euro. Pourquoi ce «coming out», selon l’expression d’un journaliste du Point ?

Il est temps de faire le bilan. Le couple franco-allemand est devenu un leurre et la zone euro va mal. L’euro est en usage comme monnaie de compte depuis 1999 et il a été mis en circulation en 2002. Si l’on regarde l’histoire économique de la France depuis quinze ans, on voit qu’il y a un basculement très net et un effondrement. L’euro a créé le contraire de ce qu’il devait créer. Il devait favoriser l’unité politique et l’intégration des économies. Or, il a créé une désagrégation économique et une désintégration politique.

Quel est l’intérêt des Allemands à un euro fort ? Pourquoi est-il bénéfique à leur industrie alors que, selon vous, il a détruit l’industrie française ?

L’industrie allemande est en amont et la nôtre est en aval. Nous sommes soumis à la concurrence internationale et à la mondialisation tandis que les Allemands fournissent les machines pour produire des avions ou des automobiles. Cela leur permet de fixer les prix. Par ailleurs, le renchérissement de la monnaie n’est pas un problème pour l’Allemagne. Chaque fois que l’euro se réévalue, les Allemands répondent par une augmentation de la qualité, notamment grâce aux conditions de négociation salariale. L’euro a été mis en place en échange de la réunification allemande, mais la façon dont la réunification s’est produite a été une faute majeure. L’Allemagne s’est immédiatement tournée vers son «hinterland» (Tchécoslovaquie, Pologne…). Elle a fait fabriquer hors zone euro, avec des salaires très faibles, et a assemblé en Allemagne. L’euro fort profite aux Allemands même s’ils arrivent au bout d’un cycle. Ils ont laminé les économies en Europe et se tournent de plus en plus vers la Chine, le Brésil ou les Etats-Unis. D’une certaine manière, la zone euro les intéresse moins, comme en témoigne leur commerce extérieur majoritairement hors zone euro. Surtout, ils ne veulent pas d’un euro que l’on pourrait, comme le dollar, piloter à la baisse ni d’une BCE qui serait contrôlée par le Parlement. En fait, l’euro est le nouveau nom du deutsche mark. La France est aujourd’hui en déflation avec 0,4 % de croissance quand les Allemands sont à 1,4 et les Autrichiens à 1,9 %. La politique de l’euro fort pour une économie comme la nôtre conduit inévitablement à la déflation.

Comment sort-on de la zone euro ? Avec une monnaie commune servant de référentiel aux différentes monnaies nationales ? Quels en seraient les avantages ?

Ce serait la meilleure solution. Si l’on veut vraiment préserver la zone économique européenne des Etats-Unis ou de la Chine, il faut une monnaie que l’on puisse piloter à la baisse comme le font les autres puissances. On peut imaginer un double euro avec un euro unité de compte et des euros nationaux qui fluctueraient : un euromark, un eurofranc, etc. Mais ces derniers ne seraient pas convertibles directement sur les marchés de change internationaux. On passerait par une conversion interne qui limiterait la spéculation. Un retour simple au franc provoquerait une fuite des capitaux et une spéculation contre le franc. La double convertibilité limiterait grandement les attaques contre les monnaies. Cela soulagerait aussi les intérêts de notre dette.

Selon les défenseurs de la monnaie unique, quitter l’euro entraînerait de l’inflation, de la spéculation, une chute du pouvoir d’achat, un appauvrissement national…

Pour la France, il y aurait en effet des conséquences négatives comme des risques de spéculation et d’hémorragie des capitaux, une forte inflation et une baisse du pouvoir d’achat, mais il y aurait à court terme une très forte reprise des exportations ainsi qu’une baisse du chômage et un désendettement rapide du pays par la croissance. Les capitaux reviendraient rapidement et la dévaluation ferait fondre notre dette de 20 à 30 %. L’euro fort nous a coûté un million de chômeurs. Même des économistes libéraux de droite comme Jean-Jacques Rosa ou Alain Cotta dénoncent la monnaie forte. Aujourd’hui, le triomphe de la Corée du Sud repose sur une monnaie faible. Les Chinois et les Américains ont aussi une monnaie faible. Combien de temps va tenir la Grèce ? Elle est entrée dans une spirale déflationniste avec une baisse des prix de 4 %. Une grave crise spéculatrice va survenir dans la zone euro car une économie ne peut pas vivre à 0 % pendant dix ans…

Vous dites que l’alternative est de sortir de façon coordonnée et en douceur de l’euro ou bien d’attendre le tsunami financier qui fera éclater la zone euro à la prochaine crise de spéculation contre la Grèce, le Portugal, l’Espagne, la France ou l’Italie.

L’euro a été sauvé au prix de l’austérité, d’une hausse des impôts, d’une baisse du pouvoir d’achat… Lors de la prochaine crise, les gens ne croiront plus que les Etats sauveront l’euro. Ils feront jouer les contrats CDS, c’est-à-dire les contrats d’assurance sur les dettes. Or, les banques n’auront pas les fonds pour honorer ces contrats. Ce sera une crise majeure.

Vous connaissez l’argument massue des partisans de l’euro : le contester ou pire appeler à sa disparition vaut d’être assimilé à Marine Le Pen…

Oui, on est alors catalogué extrême gauche douteuse ou extrême droite. On n’a pas le droit de réfléchir sur l’euro. C’est un débat interdit d’une certaine manière. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être parce que s’interroger sur l’euro revient à constater l’échec tragique de la zone monétaire dans la construction européenne. On oublie que par le passé il y a eu de nombreuses zones monétaires qui n’ont pas tenu. Pour qu’une zone soit viable, il faut un budget commun, une fiscalité commune, une mobilité du capital et du travail. Les Etats-Unis ont mis un siècle pour avoir une monnaie unique. Mais il a fallu un budget fédéral correspondant à presque 20 % du PIB. Le budget de l’Union européenne s’élève à 1 %… Je me sens européen parce que je considère que face aux Etats-Unis, la Russie, la Chine, nous pouvons être une puissance et que nous avons une histoire, une culture. Puis, j’étais assez fier lors de la naissance de l’euro, mais maintenant si c’est pour ficher en l’air la France, cela m’intéresse beaucoup moins.

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

23 Janvier 2015, 13:53 Message

« L’euro est officiellement mort le jeudi 22 janvier 2015 » (Le Contrarien)

« Tout le truc tient dans cette simple petite phrase passée inaperçue [ NDLR] ou sur laquelle on jette pudiquement un voile… « Les opérateurs de marché ont immédiatement réagi positivement à l’annonce, le CAC40 s’appréciant de 1 % en quelques minutes, avant une prise rapide de bénéfices lorsque Mario Draghi a précisé que les banques centrales nationales porteront 80 % des risques liés aux rachats, tandis que la BCE n’en portera que 20 %… »

Il faut bien lire et relire cette petite phrase et bien la comprendre pour ce qu’elle signifie, à savoir que chaque banque nationale va racheter ses propres obligations d’État et que la BCE en elle-même ne portera que 20 % du risque, c’est-à-dire au mieux 200 milliards sur les plus de 1 000 qui devraient être injectés !!

En clair, chaque banque centrale nationale vient d’obtenir le droit de battre monnaie pour des montants différents et à sa convenance ou presque. Alors je vous pose la question à 1 000 milliards d’euros : Comment peut-on avoir une monnaie unique avec des banques centrales monétisant de façon hétérogène ? »

(...)

« Logiquement, et tout le monde d’ailleurs s’accorde là-dessus, soit nous dépassons nos difficultés avec plus d’Europe et par exemple des unions de transferts ou les riches (Allemands) payent pour les plus pauvres (Grecs), soit nous faisons moins d’Europe avec le retour du « chacun pour soi et Dieu pour tous »… La décision de la BCE d’aujourd’hui enterre sans la moindre ambiguïté le concept même d’union monétaire. Comment voulez-vous parler d’union alors que chaque banque centrale nationale reprend sa capacité à monétiser pour soi-même ? Pour le moment, tout le monde va monétiser et imprimer la même monnaie, de l’euro, mais combien de temps cela peut-il durer ? Impossible à dire mais pas longtemps puisque la tentation sera évidemment d’en redemander encore plus et lorsque les choses deviendront trop déséquilibrées, alors l’euro explosera naturellement, mais encore plus grave, cette décision est sans doute la plus mauvaise façon de préparer la fin de l’euro. »

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

23 Janvier 2015, 19:38 Message

[...]chaque banque nationale va racheter ses propres obligations d’État et que la BCE en elle-même ne portera que 20 % du risque[...][...]En clair, chaque banque centrale nationale vient d’obtenir le droit de battre monnaie pour des montants différents et à sa convenance ou presque.


J'aimerais comprendre un peu mieux. 1) Que veut dire racheter des obligations ? 2) Quel rapport entre ceci et la planche à billets ? 3) Qui décide de racheter quoi ? La BCE? Chaque banques centrale nationale ? Qui rachète ? La BCE ? Chaque banque nationale ? 4) De quel risque s'agit-il ? Merci à qui pourra m'éclairer.

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

23 Janvier 2015, 19:53 Message

Quelques réponses simples à venir, mais avant, m'ferez un devoir : suivre cette vidéo, s'arrêter à peu près à 1' 14 (eh oui..., fin du chapitre 17), faire le tri entre explications de base et extrapolations "politiques" (déraisonnables pour une bonne part), notamment en se centrant sur la question de la création de monnaie...



Bon allez, une première réponse :

1) Que veut dire racheter des obligations ?
Copier votre assurance-dettevie… ;-) Acheter les dettes souveraines (emprunts des États pour survivre, comme il s'en contracte tous les jours).

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

23 Janvier 2015, 22:05 Message

Pour comprendre l'origine des différentes formes de monaies, il faut comprendre pourquoi la monnaie a été créée et parcourir son histoire de l'antiquité à nos jours


Çà, c'est à la cinquième minute... Monsieur Didier, j'ai enregistré votre vidéo, qui doit bien durer deux heures — et ne pas manquer d'intérêt — mais j'ai déjà un Heidegger sur le feu et j’ aimerais profiter un peu du soleil déclinant de mon bord de mer.

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

23 Janvier 2015, 22:27 Message

Oh, cher Éric, face à un livre en provenance de la hutte, ces basses considérations monétaires ne font certes pas le poids !

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

23 Janvier 2015, 22:38 Message

;) Bonsoir, Didier.

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

26 Janvier 2015, 11:12 Message

Charles Sannat, Le Contrarien, sur les récentes décisions monétaires :

« Au moment où je m’apprête à écrire ces lignes, le parti Syriza est donné largement vainqueur en Grèce avec, selon les dernières rumeurs, une majorité absolue. Nous découvrirons l’ampleur de la victoire de ce parti demain, lundi, et nous pourrons observer comment les marchés prennent la chose, mais grâce à l’intervention résolue de Mario Draghi qui a autorisé tous les gouvernements de la zone euro à battre monnaie comme ils le souhaitent ou presque, les choses devraient relativement bien se passer en tout cas dans un premier temps. À plus long terme, vous savez ce que je pense de la situation et ce plan de la BCE est en réalité un détricotage de la zone euro, un détricotage en règle qui pose les bases de la future séparation amiable.

D’ailleurs le petit père des pauvres européens, Mario Draghi, sait très bien qu’il a juste offert encore une fois un peu plus de temps aux politiciens de la zone euro mais de là à ce qu’ils utilisent ce temps avec intelligence et clairvoyance, il n’y a qu’un pas qu’évidemment personne ne veut sauter, car dans un an, nous aurons dépensé 1 100 milliards d’euros sans doute pour pas grand-chose. La croissance sera faible, les dettes encore plus élevées, le chômage toujours en hausse, les impôts devront remonter, bref, ce sera la même situation ou presque avec 1 100 milliards d’euros de dettes en plus… Et là se posera toujours la même question de savoir s’il faut refaire ou pas un autre QE…

Et le petit père des pauvres européens n’est pas le seul à le savoir car le patron de la banque centrale allemande lui aussi le sait et le fait savoir sans beaucoup de discrétion d’ailleurs et, soit dit en passant, ses arguments sont parfaitement justes. Jugez-en donc par vous-même.

Le président de la Bundesbank critique le programme de la BCE
Selon une dépêche Reuters, « le président de la Bundesbank Jens Weidmann a exprimé des doutes sur l’efficacité du programme de rachat d’actifs annoncé jeudi par la Banque centrale européenne (BCE) destiné à relancer l’activité économique en Europe ».
1/ « Il estime que la faiblesse de la croissance au sein de l’Union européenne est d’abord liée au degré élevé d’endettement et au manque de compétitivité de certains pays membres. « Il appartient aux gouvernements concernés de corriger cela ».
2/ « Il est difficile d’estimer les effets que cela pourra avoir mais il est probable qu’ils seront moindres que ceux connus aux États-Unis après la crise financière de 2008. » Car « le niveau des taux d’intérêt était bien plus élevé aux États-Unis lorsque cela a commencé. De plus, les entreprises américaines ont plus fréquemment recours aux marchés pour se financer et les achats de la banque centrale ont de fait un impact plus direct chez eux que dans une économie (plus largement) financée par les banques ».
3/ « La décision de la Banque centrale européenne comporte, à ses yeux, des désavantages et des risques pour la monnaie unique. »
4/ « Les taux d’inflation sont, bien sûr, très bas en ce moment mais cette tendance à la baisse est liée à la faiblesse des prix pétroliers ».
Ce qui est sûr c’est qu’avec l’effondrement des prix du pétrole l’inflation ne peut pas repartir à la hausse alors que la croissance est faible et faire un QE à ce moment-là ne changera rien à l’effondrement du prix du pétrole et donc à une inflation basse…

Ce qui est sûr c’est qu’actuellement les taux d’emprunt des États européens étaient déjà particulièrement bas et que le QE va certes les faire baisser encore un peu plus mais hélas, l’essentiel du chemin vers zéro avait déjà été fait avant… Cela aura donc peu d’impact macroéconomique. Cela a, en revanche, un impact fort en terme de confiance. À partir du moment où les banques centrales achètent les dettes, la liquidité des dettes est assurée et, par définition, il ne peut pas y avoir de faillite lorsque la banque centrale s’engage à vous reprendre vos titres en cas de problème et ça, ce n’est effectivement pas rien, mais cela ne règle aucun problème. Aucun.

Cette politique monétaire n’est pas une réponse crédible au manque de croissance, n’est pas une réponse au chômage élevé, n’est pas non plus une réponse à l’austérité que l’Europe continue à pousser comme étant la seule issue possible à la crise alors que cela nous emmène tous à une situation grecque.
Encore une fois, il n’y a aucune bonne solution, la mort par la rigueur ou la mort par l’hyperinflation, dans tous les cas, il n’y a pas d’issue positive possible. Juste du temps que l’on peut encore gagner.

Il est déjà trop tard, préparez-vous. »

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

28 Janvier 2015, 09:53 Message

Jean-Marc Daniel (BFM Business) : La Slovaquie, à qui la Grèce doit un milliard d’euros et qui n’est pas plus riche que cette dernière, ne transigera pas ! Idem pour la Finlande.



Il est également exact que le "rééchelonnement" de la dette a déjà été effectué, au maximum du raisonnable. Aller au-delà de trente ans : et pourquoi pas un siècle ?
Décidément, c'est le pataquès...

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

28 Janvier 2015, 09:58 Message

A ce sujet :

« "Affaire Bettencourt : pataquès entre le juge et l’avocat" titre Le Parisien : on peut tenir pour symptomatique l’oubli de la signification du mot pataquès , pris désormais au sens d’ imbroglio , de "sac de nœuds" ; le grammairien Domergue (1745- 1810), qui l’inventa, rapportait cette situation : un soir, au théâtre, un spectateur ayant ramassé un éventail le tendit à sa voisine de droite, qui lui répondit : "Ce n’est point- z- à moi" ; il le proposa alors à sa voisine de gauche qui lui dit : "Ce n’est pas-t-à moi", et le brave homme de conclure : "Alors je ne sais pas-t-à qu’est-ce !" Ce trope blâmait une liaison mal- t- à- propos ("Moi- z- aussi"), or la langue française tend aujourd’hui à délaisser toutes les liaisons, d’orthographe ou d’euphonie ; la faute n’est plus repérée, le pataquès a disparu avec elles »

De quel amour blessée - Réflexion sur la langue française Alain Borer

Qu'il faut se corriger, et relever toutes nos erreurs ou pentes fatales...

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

28 Janvier 2015, 12:29 Message

Cela dit...

Quand la BCE acceptait une restructuration de la dette irlandaise (La Tribune)

« Y aurait-il alors deux poids, deux mesures ? Il est vrai qu'en 2013, alors que les critiques contre la stratégie de dévaluation interne montaient, un coup de pouce à l'élève modèle irlandais était le bienvenu. Sans cette restructuration, Dublin n'aurait sans doute pas pu sortir du plan de sauvetage à la fin de l'année 2013, sous les démonstrations de joie des dirigeants européens qui peuvent désormais afficher l'exemple irlandais à chaque critique, en se gardant bien de rappeler cette aide illégale... Par ailleurs, la BCE a joué un jeu trouble dans cette affaire irlandaise. Elle a joué, en 2010, les intérêts franco-allemands avant ceux de l'Irlande. Une commission d'enquête est actuellement menée par le parlement irlandais. Et la BCE refuse d'aider le travail des parlementaires. Ce « coup de pouce » de 2013 était-il le pendant des pressions de 2010 ? Etait-ce un choix politique ? Reste que l'argument de la BCE quant à son refus de négocier la dette due par Athènes ne tient plus. Le précédent irlandais le détruit. Le nouveau gouvernement grec saura l'utiliser. »

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

30 Janvier 2015, 10:31 Message


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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

30 Janvier 2015, 11:38 Message

Le livre de Yanis Varoufakis, nouveau ministre de l’Économie grec, qui semble fort intéressant : LE MINOTAURE PLANÉTAIRE

Charles Sannat (Le Contrarien), qui l'a lu :
« Nous allons détruire le système oligarchique grec !

Voilà ce qu’il a déclaré en prenant son poste au ministère de l’Économie. Tsipras, quant à lui, a dit que son équipe était prête à verser son sang pour la Grèce… Ce qui est certain c’est que les intimidations et les menaces seront la base de leur quotidien. Mais jusqu’où ces hommes auront-ils le courage d’aller ? Je n’ai pas de réponse, je pense même que leur tâche sera particulièrement difficile et périlleuse. Mais ces hommes ont la possibilité d’écrire l’histoire et de nous aider à écrire la nôtre.

Ils seront peut-être des abrutis de cocos à l’ancienne ne pensant que collectivisation ou peut-être pas. Ils seront peut-être nuls ou brillants… Je ne sais, pas et l’avenir nous le dira, mais les Grecs ont eu raison de les porter au pouvoir car pour la première fois, ils vont essayer autre chose et ce n’est pas plus stupide que de faire toujours plus de la même ânerie en espérant un résultat différent. »

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

30 Janvier 2015, 15:16 Message

Ils seront peut-être des abrutis de cocos à l’ancienne ne pensant que collectivisation ou peut-être pas. Ils seront peut-être nuls ou brillants…


S'ils ont le courage de sortir de l'euro et de revenir au drachme et qu'ils arrivent à imposer le paiement d'impôts à l'oligarchie des armateurs et au peuple grec en général alors je m'inclinerais respectueusement devant cet exploit.

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Re: En finir avec l'euro pour sauver l'Europe

3 Février 2015, 12:29 Message

Grèce: un jeu complexe (Sapir, Russeurop)

« Les États-Unis en ont pris la mesure. On sait que Barack Obama a convoqué Angela Merkel à Washington pour le 9 février. Au menu de cette rencontre, il y aura bien entendu le problème grec. Notons que cela montre l’engagement constant dans des États-Unis dans les affaires européennes. Tous ceux qui braillent que l’Euro devait nous donner une indépendance par rapport au Dollar feraient bien de méditer sur le sens de cette rencontre. La politique « européenne » se décide largement à Washington. C’est par ailleurs fort logique car l’Euro est la dernière ligne de défense du Dollar. Qu’il disparaisse et le Dollar sera nu face à la spéculation monétaire internationale.

Il est donc possible qu’Angela Merkel soit contrainte de céder. Mais, si elle le fait, elle engage un processus où elle perd toute maîtrise de la situation, tant en Europe qu’en Allemagne. En Europe, le fait de céder à la Grèce suscitera immédiatement de nouvelles demande. La crédibilité de la position allemande sera détruite, et l’Allemagne acculée à de nouvelles concessions qui feront immanquablement monter le coût de sa contribution à l’Europe. Cela marquera l’entrée dans la fameuse « Union de transferts » qui est le cauchemar d’une grande partie des dirigeants allemands. Mais, en Allemagne même, Angela Merkel perdra le bénéfice de sa position « dure » et sera soumise à de multiples pressions venant tant de son électorat que de ses alliés politiques, et ceic sans compter sur le parti anti-Euro AfD en embuscade. Elle n’a donc le choix qu’entre le discrédit, interne et externe, et la rupture.

Le début de la fin ?


Ce contexte est, bien entendu, largement suivi dans les autres pays. Les autorités françaises se rêvent en grand médiateur dans ce conflit annoncé. Mais, nous ne sommes pas à un congrès du PS. Il ne peut y avoir de « synthèse » entre des intérêts clairement opposés. La position de la France se trouve prise en otage de la croyance religieuse dans l’Euro qui unit une partie de notre élite politique. Il est clair que dans la tentative désespérée de trouver une « synthèse », François Hollande va achever de se discréditer. Il est d’ailleurs symbolique que ce soit avec l’Allemagne que les États-Unis discutent et non la France. Cette dernière ne compte plus. Et c’est aussi l’un des enseignements de la crise et de l’arrivée de Syriza au pouvoir à Athènes. Démontrant la possibilité d’une autre politique, cette arrivée détruit ce qui restait du discours du PS.

Nous sommes probablement au début de la fin, tant en Europe qu’en France. Et cette perspective terrifie comme elle fascine les acteurs du jeu politique. »

Suivante

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