Afficher le sujet - Économie 2.0

Économie 2.0

Sur l'économie, la finance et le travail à l'époque du virtuel et de la décroissance à venir.
Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Économie 2.0

1 Mai 2015, 09:04 Message

Nouvelle économie : Les barbares du Net attaquent ! - Hervé Nathan (Blog, via Marianne)

Un texte à discuter : la question est complexe, et centrale à la "modernité" actuelle (merci à Rogemi me pour l'avoir indiqué).

« De fait, le modèle Uber - la prise de pouvoir des réseaux numériques sur les acteurs classiques - ne cesse de s'étendre. Il avait été expérimenté sur la musique. Nous sommes tellement habitués à écouter les chansons en ligne que nous avons oublié le temps où des majors, appelées Universal, Warner et Sony dominaient le marché mondial. Elles ont disparu, au profit de Google et Apple, dont les filiales YouTube et iTunes ont absorbé 80 % de la diffusion de la musique. «Cela a engendré une catastrophe. On n'a jamais écouté autant de musique et on n'a jamais aussi mal rémunéré les créateurs», explique Virginie Berger, du blog «Don't Believe The Hype» (dbth.fr). Les artistes qui pensaient que la mort des majors leur apporterait des revenus plus importants doivent déchanter. Selon Virginie Berger, pour générer 2 500 dollars de revenus pour un spot sur YouTube, il faut dépasser le million de visiteurs uniques.

«On appelle cela l'"économie du partage" ? Mais c'est zéro à partager !» conclut-elle. Le sort de la musique guette les écrivains, puisque Amazon prétend faire la loi dans l'édition, et fixer les prix de vente des livres. Amazon (qui est en fait un énorme hypermarché numérique) veut donner à lire presque gratuitement avec une offre de «lecture illimitée» de 9,90 € par mois sur Kindle ! Et, au grand dam de Maurice Lévy, Google domine déjà le marché de la pub.

Après la culture, les nouveaux conquérants du Net font désormais vaciller les géants du brick and mortar (l'économie traditionnelle). Accor vient de porter plainte auprès du Conseil de la concurrence contre le site de réservation booking.com. Le géant de l'hôtellerie a fini par rejoindre le camp des «petits» hôteliers, excédés par la commission de 25 % que booking prélève sur leurs nuitées. Pour l'Umih, le syndicat de l'hôtellerie, Booking et ses filiales occuperaient déjà 70 % du marché de la réservation en ligne. Fort de ce poids, ils dicteraient leurs politiques tarifaires aux professionnels. Par le biais de clauses contractuelles léonines, Booking et Expedia concentrent 80 % de ventes en ligne d'Accor. Les hôteliers, qui pensaient il y a encore peu de temps qu'Internet pourrait les aider à optimiser leurs chambres, s'aperçoivent un peu tard que le pouvoir et les marges sont en train de leur échapper, tout en leur laissant sur les bras tout le poids de l'investissement immobilier et des charges salariales... »

(...)

« Le rêve des pionniers d'une Toile mondiale où règnent la liberté, la démocratie et la collaboration entre les humains, encore incarné par l'encyclopédie Wikipédia, débouche sur la domination de monstres monopolistiques. Jamais on n'avait vu des firmes multinationales atteindre aussi rapidement des capitalisations boursières aussi monstrueuses : 13 milliards pour Airbnb, 40 milliards de dollars pour Uber, 394 milliards pour Google, etc. Ces géants à peine adolescents utilisent leurs énormes capitaux pour racheter tout ce qui pourrait laisser naître un concurrent potentiel. Leur appétit vire quelquefois au cannibalisme. Google a acquis pour 1 milliard de dollars Instagram, un site d'échange de photos qui ne générait pas 1 centime de chiffre d'affaires, simplement pour qu'aucun réseau de taille mondiale ne lui échappe. Depuis quelques mois, la presse spécialisée se fait l'écho d'une possible OPA de Google sur Uber. Le premier est l'actionnaire du second, mais il a aussi des projets dans les transports à partir de sa voiture connectée. »

Messages: 1464

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 11:23 Message

Il est vrai qu'avant ces géants les auteurs étaient très bien payés par la maison d'édition... Il y a pour l'édition de la marge pour pouvoir verser une rémunération correcte compte tenu des économies sur les coûts. Ne serait-il pas utile que les auteurs se mobilisent dans cette perspective ? :-? Ces géants sont aussi des géants aux pieds d'argile.

Messages: 3089

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 13:09 Message

Ces géants sont aussi des géants aux pieds d'argile.


Non, chère Jeanne, ce sont les entreprises de l'ancienne économie qui sont des géants aux pieds d'argile. Regardez l'incroyable ascension d'Amazon ou de Google. Google a tué sur son passage la presse quotidienne car les gens n'achétent presque plus de journaux et lisent encore moins les annonces paraissant dans ces organes complétement dépassés par les nouvelles habitudes du public.

Le pire dans tout cà c'est que par la faute de Google et consorts les petites structures sont en passe de disparaitre car il est impossible de faire de la pub sur une plateforme comme Google sans avoir des moyens financiers énormes.

Conséquence: la gigantomanie est gagnante sur toute la ligne. Merci internet et merci les moteurs de recherche ...

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 13:10 Message

A verser au dossier cet article de blog, en sens inverse, et surtout le commentaire de "Christophe" qui le suit.

Métiers 2020: la technophobie des élites a encore frappé (Jusqu'ici, tout va bien...)

Article :

« Malheureusement, les intellectuels de France Stratégie et de la DARES ne semblent pas intéressés par ces questions, ou ne semblent pas connaitre l’existence de ces phénomènes de transfert à l’oeuvre sur le marché du travail. Leur préoccupation consiste plutôt à faire tourner un modèle obsolète, mais qui les inscrit dans la continuité d’un service dont on peine à trouver l’utilité future. »

C'est juste.

Mais, commentaire :

« Comme pour les 35 h, les crânes d’oeuf et les têtes de noeud de Bercy ont un raisonnement enfantin : « 800 000 départs à la retraite par an, youpee, ça fera donc 800 000 créations de poste ! ».

Il suffit de se promener dans quelques PME / PMI pour comprendre que ce raisonnement est faux, pour une large partie.

Dans de nombreuses entreprises, la perspective du départ à la retraite d’un salarié bien payé (et donc bien « chargé ») est…. vécue comme une bénédiction par le patron !

Dans de nombreux cas (hors fonction publique)… le poste ne sera pas recréé…. simplement supprimé voire dilué parmi les postes restants.

A voir la bonhommie de Hollande, il est clair qu’il parie à fond sur le raisonnement de ses complices de Bercy ; mais sa désillusion sera cruelle (et bénéfique pour nous, car il sera lamentablement battu en 2017).

Il est évident que le secteur privé continuera de réduire ses effectifs (de manière volontaire ou contrainte). Les « contrats aidés » et les embauches de fonctionnaires ne parviendront pas à compenser.

Ergo : le chômage continuera sa hausse, imperturbablement.

Quant à la « technophobie » à présent. C’est une évidence que les types de la DARES, avec leur sécurité de l’emploi, leur vie cool de fonctionnaire, ambiance pate d’éph’, moustache, syndicats…. les éloigne du Réel, et donc des nouvelles technologies.

Mais attention à ne pas verser dans l’excès inverse.

Car enfin : vous parlez de l’accroissement naturel… et de l’immigration… Ces 800 000 jeunes, dont bcp sont élevés en banlieue, dont 250 000 qui sortent chaque année sans diplôme…. vous allez tous les transmuter en ingénieur, en codeur, en généticien, en roboticien j’en passe et des meilleures ?

C’est totalement absurde.

La Silicon Valley, les usine avec des robots et seulement 5 ingénieurs en combinaison spatiale pour faire tourner le business, les startup, les milliards de valo, Google… c’est :
-formidable
-enthousiasmant
-important

…. mais CA NE DONNERA JAMAIS DE BOULOT aux millions d’individus formant le populo, la masse.

Et il est inutile de sortir l’argument du niveau de qualification qui « monte »… il suffit d’observer les collèges, les lycées, les bacheliers, et les étudiants de 1ère année…. pour comprendre.

Bref. La high tech c’est bien mais ça donne des boulots super bien payés à une MINORITE d’individus.

Cela ne résout en rien la nécessité (et l’impossibilité maintenant) d’occuper, nourrir des millions, des dizaines de millions d’autres ‘individus…. qui forment la majorité de la population. »

Ça l'est encore plus, juste.

Messages: 1464

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 15:20 Message

Et tous ces petits emplois ch... comme magasiniser, plateforme téléphonique, et aussi services à la personne, serveurs, mécaniciens livreurs... Il doit y en avoir du monde chez Amazon pour trier et commander toutes ces marchandises. Beaucoup plus que de techniciens ou ingénieurs.

Quelle différence aujourd'hui avec l'invention des métiers à tisser, les chemins de fer, le téléphone, l'imprimerie (dans le désordre) ? Je ne la vois pas bien. Faut-il brûler les smartphones et faire un gigantesque "Reset" . En fait nos chers invités ne veulent pas des métiers basiques, ils sont un peu prétentieux faut-dire.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 15:38 Message

Jeanne a écrit: Il doit y en avoir du monde chez Amazon pour trier et commander toutes ces marchandises. Beaucoup plus que de techniciens ou ingénieurs.
Infiniment moins qu'il n'y en avait dans tout ce qu'ils ont remplacé ! Le peu qu'il reste sera du reste à son tour remplacé pour l'essentiel par des robots. La "destruction créatrice" schumpeterienne semble bien avoir vécu ; en cause : la rationalisation technique, et la désincarnation.

Messages: 1464

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 15:50 Message

Ne peut-on aussi induire que l'on met des robots, là où existent un grand nombre des gens rétifs à l'humble travail, et à tout effort d'intégration dans la société. Car même l'humble travail demande des compétences, et ces compétences s'acquièrent dans la vie sociale à laquelle ces gens rétifs se refusent à participer. Noblesse oblige !

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 15:55 Message

Rétifs ou pas, la numérisation les remplacera...
Et, pour rebondir sur le premier article, la désintermédiation, ou plutôt la médiation (re)concentrée (numériquement) asservira ou ruinera toutes les structures de base liées à une dimension "marché".

Messages: 1464

Re: Économie 2.0

1 Mai 2015, 16:34 Message



ça ne fait pas envie ?

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

11 Mai 2015, 09:51 Message


Messages: 1464

Re: Économie 2.0

11 Mai 2015, 15:08 Message

Apparemment, croissance ou pas à venir, ce n'est pas l'immigration actuelle qui pourra constituer la main d'oeuvre qualifiée dont il est question pour occuper les plus d'1 million d'emplois vacants qualifiés. A moins d'un grand changement que rien ne permet d'envisage. Au contraire, l'aggravation est à prévoir grâce à la destruction de l'enseignement. Nous serons tous égaux dans l’inadaptation au travail qualifié si la réforme réussit. Ce sera un grand progrès social.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

15 Mars 2016, 10:23 Message

Openbazaar : le commerce à portée de tous (H16)

« Au-delà d’un nom dont on pourra discuter longuement l’impact marketing douteux, le concept est le suivant : il s’agit d’une plateforme permettant l’échange, éventuellement commercial, de biens et de services. En somme, c’est un eBay ou un Amazon de plus, à ceci près qu’il ne s’agit pas ici d’une plateforme sur le web, mais d’un logiciel Peer-To-Peer.

Ceci change absolument tout. »

Image

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

5 Avril 2016, 15:52 Message

C'est-y pas merveilleux ?



Quand je pense que j'ai été un "héros", et que je suis redevenu normal... ;)

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

6 Avril 2016, 13:15 Message

« Chez Blablacar, les recruteurs ne font plus de recrutement, mais réfléchissent essentiellement aux processus de candidature, aux facteurs qui la déclenchent et aux attentes des candidats : "Nous recevons chaque mois 5.000 CV et ettres de candidature que nous ne regardons pas. Traiter le flux entrant n’a aucun sens puisque nos forces en RH sont limitées à 6 personnes pour un effectif global 700 personnes en 2016", décrit Xavier D’Aumale, responsable de l’acquisition des talents, dont la principale préoccupation est de trouver les meilleurs algorithmes et outils pour traiter ces donnés volumétriques. Blabacar ne chasse pas mais entre en contact avec ses candidats par des biais variés (recommandation, réseaux etc.). Aucune job description n’existe, les entretiens et les interviews sont dématérialisés par vidéo, et lorsque s’organise une rencontre présentielle, elle consiste déjà à plancher sur un projet. "Nous les faisons travailler avant même de les engager", résume Xavier d’Aumale, qui cherche encore la meilleure façon de les accompagner dans l’entreprise. "Une fois dans la place, l’expérience candidat proposée doit être comparable à l’expérience du recrutement sans être déceptive. Dans le cas contraire, ils quitteront l’entreprise", insiste ce responsable RH qui a mis le doigt sur le nouveau danger : se faire « ubériser » les talents. » (Les Echos)

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 17944

Re: Économie 2.0

4 Juin 2016, 09:05 Message

Itération du principe...

Quand Bitcoin uberise Uber (Blog H16)

« Une extension logique de cette décentralisation et de l’application de la blockchain apparaît maintenant avec Arcade City, qui est une application de mise en relation directe de clients et de fournisseurs appliquée aux taxis : ancien chauffeur chez Uber à Portsmouth (États-Unis), Christopher David a ainsi développé cette application mobile qui permet de connecter les chauffeurs et les voyageurs directement entre eux, sans passer ni par une centrale de réservation, ni par une infrastructure dédiée. Le bonus pour les chauffeurs est évident : ce sont eux qui fixent leurs propres tarifs, qui les affichent et qui laissent donc les clients accepter ou non le prix de la course. Comme il n’y a pas d’intermédiaire, 100% du prix de la course revient donc au chauffeur, là où Uber et ses concurrents traditionnels prennent une commission. »

Suivante

Retourner vers Économie, travail et décroissance