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Chronique d'une crise annoncée

Sur l'économie, la finance et le travail à l'époque du virtuel et de la décroissance à venir.
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Re: Chronique d'une crise annoncée

23 Mars 2016, 16:35 Message

Merci pour cet article, très plaisant à lire.

Rogemi a écrit:Le mélange de compétence et de modestie qui caractérisait cet homme n’existe pour ainsi dire plus. Aujourd’hui, nous avons autant d’exemples que nous le souhaitons d’arrogance mélangée à de l’incompétence et à pas mal de malhonnêteté intellectuelle.

Une marque de fabrique de l'époque.

Au reste, je ne suis pas convaincu que la capitalisme d'inconnivence, si je puis dire, soit tellement plus désirable, du moins comme unique horizon.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

24 Mars 2016, 09:52 Message

Alain de Benoist se fait économiste fait tourner son logiciel synthétiseur, et résume assez simplement notre situation (version "la crise à venir pour les nuls") :

Face au prochain krach financier, les États seront impuissants (Bd Voltaire)

« Nous sommes devant une crise systémique. Elle vient de ce que la dynamique d’accumulation du capital fonctionne sur des bases fictives de plus en plus précaires, du fait de ses contradictions internes (entre le travail marchandise et le capital marchandise, les forces productives et les moyens de production, le capital variable et le capital constant). Le capitalisme est un mode de production doté de deux formes de richesse : la richesse matérielle et la richesse abstraite (« valeur »), aujourd’hui dominante, qui est exprimée par l’argent et qui repose sur la force de travail. La valorisation du capital a pour but de multiplier cette seconde richesse. Or, ces deux formes de richesse s’écartent toujours davantage l’une de l’autre à mesure qu’augmente la productivité, qui expulse le travail du procès de production (on produit toujours plus avec toujours moins d’hommes), détruisant ainsi sa propre assise.

La dévalorisation générale de l’argent n’est dès lors plus qu’une question de temps. À terme, c’est tout le problème de la déconnexion progressive du système capitaliste et de la vie humaine qui est posé. »


***


J'ai surtout trouvé très intéressant ce commentaire (c'est si rare sur BV !!!) :

« Il ne faut pas sous estimer l'impact de la concentration progressive des richesses inhérente aux systèmes économiques faiblement régulés, au final tout le monde vit au crédit d'un tout petit nombre de préteurs. Ces situations que nous avons connues dans le passé ont abouties à des guerres qui remettent en partie le système à plat et relancent une nouvelle phase : création de richesses-financiarisation-endettement généralisé. Pourquoi pas cette fois ?
Il y a à cela des raisons très précises (que je ne détaillerai pas ici).
La croissance. est une accélération constante et non pas une progression linéaire. Comme toute asymptote cette progression fini par tendre vers l'infini. C'est à dire qu'a partir d'un certain point, si l'on mesure l'activité par le PIB, il faudra une augmentation infinie de l'activité, d'une année sur l'autre, pour obtenir une progression infiniment petite de la croissance.
Supposons un enfant de 1 m de haut, on recherche une croissance de 5% par an de sa taille:
Au bout d'un an il mesure 105 cm
2 ans 110,25
3 ans 115,76
4 ans 121,55
5 ans 127,7
etc...
On a la progression suivante:
5cm (de plus chaque année, la progression linéaire) + 0.25 la deuxième année, + 0.76 la troisième, + 1,55 la quatrième, + 2,7 la cinquième...

La croissance de l'activité humaine recherchée par nos dirigeants, et finalement un peu tout le monde, même en comptant sur une augmentation de la population mondiale ou une très forte intégration technologique, est insoutenable. Les limites du consumérisme apparaissent clairement et pas seulement sur le plan écologique de la raréfaction des ressources et de la pollution : on ne peut manger plus d'une certaine quantité de nourriture par jour ou posséder plus d'un certain nombre de smartphones ou de voitures, par exemple.
Que faire de cette production qui doit tendre vers l'infini ?
Et compte tenu de la concentration des richesses comment l'acheter autrement qu'à crédit puisque l'on a plus les moyens d'acheter ce que l'on produit ?

Je pense que l'idée de croissance économique comme mesure et nécessitée évidente au "bien-être", est directement issue de l'idéologie dominante qu'est le progressisme, que se soit dans sa version libertaire du "progrès humain" ou libérale du "progrès technologique". Comme le champ du politique et du commerce ne cessent de s'étendre à tous les aspects de la vie humaine, la gestion politique et commerciale du progrès supplante et néantise tout autre objectif collectif.

Le bonheur est désormais constamment à venir et entièrement contenu dans le dépassement sans fin d'un passé toujours souffrant.
Tel est le carcan dans lequel l'occident s'est enfermé. »

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Re: Chronique d'une crise annoncée

24 Mars 2016, 10:04 Message

J'ai surtout trouvé très intéressant ce commentaire (c'est si rare sur BV !!!)

Je l'ai lu. Dites-moi, Didier : êtes vous bien sûr qu'il n'y ait pas un clone de vous-même qui se ballade dans la nature? Vous le sauriez, tout de même. Et vous nous auriez prévenus.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

24 Mars 2016, 10:26 Message

Eh bien, c'est une excellente nouvelle, cher Éric ! Je suis convaincu que ce que nous disons ici, y compris parfois "d'étrange", en apparence, est partagé par un grand nombre d'anonymes disséminés dans notre peuple, ou diffracté en son sein, que les ressources sont là, qu'il faut "seulement" que cela cristallise (et que le peu qui est fait ici y contribue, à sa façon), c'est-à-dire que le kairos se présente — et que nous sachions le saisir.

Je ne sais pas qui est cette personne, je l'ai invité à poursuivre le débat ici.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

24 Mars 2016, 11:54 Message



bonjour a tous


je viens de tomber un peu par hasard sur que demeure la France (suite a un commentaire sur boulvard V).

en lisant ce sujet je me fait un peu peur , j'ai deux trois Euros de placé sur des assurance vie et j'ai peur de voir mon argent partir en fumée .

avez vous encore des assurances vie ?

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Re: Chronique d'une crise annoncée

24 Mars 2016, 12:11 Message

Je crains qu'il n'y ait aucune solution : les assurances-vie sont évidemment l'un des placements les plus exposé, à tous points de vue (cela dit, Chypre, ce n'était pas les assurances-vies...). Mais au vu de la crise systémique qui se profile à l'horizon, rien ne tiendra. Ni l'or, marché qui plus est hautement manipulé, ni la "pierre" (si l'on veut pouvoir monnayer pour survivre), ni, ni, ni... Rien ne résistera. Et il faudra du temps avant que la "valeur" coïncide à nouveau avec quelque chose de tant soit peu réel.

On ne peut guère que conseiller (si l'on peut dire que c'est un "conseil"...) de placer habilement et de façon diversifiée son épargne en jouant sur les mouvements d'avant le jour (risqué !), et pour le jour d'après... un pécule de monnaie sonnante et trébuchante, un jardin, quelques savoir-faire, les moyens de se défendre, un réseau de relations solides... et un coin de campagne semblent plus appropriés ! On peut organiser un peu cela sans pour autant se bunkeriser dans la seule attente du "big one".

Précision : je ne suis pas du tout "survivaliste" !
Mais je ne vois sincèrement pas quoi répondre d'autre.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

25 Mars 2016, 09:33 Message

Précision : J-BAPTISTE n'est pas le commentateur de BV auquel j'ai répondu. Ce dernier, un certain Richard Lebel, possède un compte FB, sur lequel nous avons, à sa demande, prolongé un peu la discussion. C'est n'est guère pratique sur ce système, et les premiers pas sont un peu... un peu... enfin, c'est un fan de Benoist, je crois.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

25 Mars 2016, 10:07 Message

Mais au vu de la crise systémique qui se profile à l'horizon, rien ne tiendra. Ni l'or, marché qui plus est hautement manipulé, ni la "pierre" (si l'on veut pouvoir monnayer pour survivre), ni, ni, ni... Rien ne résistera. Et il faudra du temps avant que la "valeur" coïncide à nouveau avec quelque chose de tant soit peu réel.


Il n'y a hélas aucun moyen de se prémunir contre cette crise systémique à venir. On n'en parle jamais mais toute l'Amérique du Sud a subi ces 30 dernières une série de crises épouvantables qui a ruiné la majorité des gens et ces crises eurent lieu à répétition. Il ne faut pas s'étonner que quiconque faisant un peu d'argent dans un pays d'amérique du sud va le mettre tout de suite à l'abri aux USA.

J'ai une connaissance (une équatorienne) dont le grand-père s'est retrouvé à 75 ans sans un sou obligé de vivre chez son fils alors qu'il avait été un entrepreneur riche toute sa vie. Il avait eu la malchance de placer son argent sur 3 banques qui toutes ont fait faillite.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

29 Mars 2016, 22:10 Message

Qu'il y a toujours moyen de creuser.
Vous ne savez pas ce que c'est que la "monnaie hélicoptère" ?
Il est grand temps de vous renseigner...

La BCE prête à sortir son "monnaie hélicoptère" (Tribune de Genève)

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Re: Chronique d'une crise annoncée

30 Mars 2016, 08:56 Message

Vous ne savez pas ce que c'est que la "monnaie hélicoptère" ?


Je vais me renseigner cher Didier mais je crois que si le régime arrive à supprimer la monnaie en espèce, le cash, alors ...

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Re: Chronique d'une crise annoncée

30 Mars 2016, 09:17 Message

C'est bien pire !
Mais cela peut se combiner...

Et si on larguait de l’argent par avion ? (H16)

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Re: Chronique d'une crise annoncée

20 Avril 2016, 11:38 Message

Dégénérescence du Droit et hyperinflation législative

Par Charles Gave
18 avril, 2016

J’ai eu le plaisir d’être invité à parler devant une association de jeunes juristes libéraux (Cercle Droit et Liberté) la semaine dernière qui ont eu l’air d’être un peu surpris quand je leur ai rappelé que le Libéralisme n’était pas une doctrine économique mais juridique.

A la fin du XVII eme en effet et pendant tout le XVIII eme et le XIX eme, toute une série de penseurs en France, en Angleterre, en Ecosse, en Amérique du Nord se sont essayés à « penser » le Droit pour limiter le pouvoir des souverains ou des puissants dans ce qu’il avait d’arbitraire. En 1689, à l’occasion de la Glorieuse Révolution en Grande-Bretagne fut ainsi décidé que le roi n’aurait plus le droit de lever des impôts si ceux-ci n’étaient pas entérinés par le Parlement Britannique. Montesquieu suivit en préconisant la séparation des pouvoirs, autre façon de limiter l’arbitraire de l’Etat en reconnaissant que la Justice devait être indépendante et du législatif et de l’exécutif. Tant et si bien qu’un système juridique se développa, empêchant les gros de mettre en esclavage les maigres, les maigres de massacrer les gros lors de leurs inévitables jacqueries et l’Etat et son personnel de piller tout le monde en abusant du monopole de la violence légitime dont ils disposent.

Et à la stupéfaction générale, une fois que ce nouvel ordre juridique fut établi, quelques dizaines d’années après commença quelque chose auquel personne, mais vraiment personne ne s’attendait : la croissance économique fit irruption avec l’arrivée de la première révolution industrielle, qui surprise, surprise, se produisit d’abord dans le pays qui avait été le plus loin dans la direction de l’égalité de chacun devant le Droit.

Et donc le Libéralisme est une théorie juridique qui au départ n’avait pas grand-chose à voir avec l’économie et tout à voir avec le Droit.

Cela est tellement vrai que lorsque l’enseignement de l’économie en tant que branche de la logique prit forme, il fut dispensé dans les facultés de Droit et non pas dans les Facultés de Lettres ou dans des écoles soi disant scientifiques ou spécialisées. De très grands esprits ont signalé cette filiation entre la Liberté individuelle fondée sur le Droit de Propriété et la croissance économique et ici je peux citer Bastiat bien sûr mais aussi toute l’école Autrichienne en pensant en particulier à Hayek ou Von Mises.

Plus récemment un homme tout a fait remarquable, Hernando de Soto a écrit un livre admirable « Le mystère du capital, ou pourquoi le capitalisme triomphe t’il en Occident et échoue t’il partout ailleurs » dans lequel il explique que derrière l’émergence de la croissance en Occident il y a la reconnaissance du Droit de Propriété et donc l’indépendance de la Justice vis-à-vis des puissants. Que cet homme n’ait pas eu le prix Nobel d’économie est un vrai scandale.

Et ici, je veux revenir sur mon expérience personnelle.

Lorsque j’étais jeune et qu’un politicien ou un autre s’essayait à prétendre qu’il était temps, grand temps d’abandonner ces billevesées, il se dressait toujours un juriste éminent, en général Professeur agrégé de Droit à Toulouse, Aix, Bordeaux, Paris ou Montpellier pour rappeler que ce principe était intangible et que d’ailleurs, il était inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme. Je me souviens de Marty à Toulouse, de Vedel à Bordeaux et bien sur de Raymond Aron (qui n’était pas Juriste cependant) faisant reculer les politiques tout simplement en invoquant le Droit tant leur prestige était immense.En Grande Bretagne, les Juges et les « Lords Justice of appeal » se mobilisent à chaque fois que cela est nécessaire pour rappeler et défendre les principes essentiels de ce qu’il est convenu d’appeler la « Common Law » c’est-à-dire l’ensemble jurisprudentiel qui définit le Droit Britannique.

Aux USA, cette défense est de la responsabilité de chaque juge, mais in fine, c’est la Cour Suprême qui a la responsabilité de dire si telle ou telle mesure prise par le législatif ou l’exécutif sont conformes ou non, au Droit. Ce qui veut dire en termes simples que chacun comprend que le Droit est supérieur et antérieur à la Loi et qu’avoir une majorité politique n’autorise pas à faire n’importe quoi.

Tant il est vrai que le Droit libère alors que la Loi peut asservir.

Le Droit est éternel, la Loi temporaire.

Et je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet aujourd’hui tant il me semble que le Droit est en recul partout devant les assauts de la Loi. Depuis 1981 en tout cas et la phrase célèbre et abominable du minuscule Laignel à l’assemblée nationale « Vous avez juridiquement tort puisque vous êtes politiquement minoritaires » il existe un mouvement profond pour renverser cette prééminence du Droit sur la Loi et cette tendance va en s’accélérant sans cesse.

Prenons l’exemple de la France pour commencer.

Quand j’étais jeune, le prestige d’un agrégé de Droit enseignant dans l’une ou l’autre des grandes universités Françaises étaient à des années lumières au dessus de celui d’un haut fonctionnaire, fut-il sorti parmi les premiers de l’ENA ou d’une autre grande école. La réforme de l’Université mise en place par Edgar Faure a transformé ce qui était autrefois des seigneurs en vagues instituteurs et leur prestige s’est effondré. Je n’ai pas entendu un seul professeur de Droit s’élever contre l’état d’urgence ou alors, cela n’a pas été repris par la grande presse. Ce rôle fut assumé par le bâtonnier des avocats de Paris, ce qui était bien mais hélas insuffisant pour empêcher cette forfaiture.

Quant aux avocats, ils plaident de moins en moins en fonction de principes juridiques quasiment éternels et sont obligés de faire référence à des textes qui viennent d’être votés par le pouvoir législatif et dont le nombre est tel qu’ils sont forcés de passer les trois quarts de leur temps à se tenir au courant des nouvelles lois ou règlements, ce qui empêche bien sur toute référence au Droit.L’archétype de ces dérives se retrouve dans le code du Travail, qui fait plus de trois mille pages auxquelles s’ajoutent par semaine en moyenne une dizaine de pages supplémentaires. J’aimerais rappeler ici qu’il n’y a pas de Code du Travail en Suisse ou à Hong-Kong, que le Droit des contrats s’y applique et que c’est à chaque juge de décider de la solution au cas par cas en fonction du Droit existant. Peut- être cela n’a-t-il aucun rapport, mais il n’y a pour ainsi dire aucun chômage ni en Suisse ni à Hong-Kong.

Comme me le disait un de mes amis, homme d’affaires Américain : « la France est un pays merveilleux. Deux adultes consentants peuvent tout faire l’un avec l’autre, sauf bien sur travailler l’un pour l’autre.

Mais ce n’est pas tout. Comme chacun peut le voir la prééminence de la Loi favorise l’Etat, et donc défavorise l’individu. Je constate avec une grande amertume que, de plus en plus, le personnel de l’Etat poursuit des individus en s’appuyant soi-disant sur des lois tout en sachant pertinemment qu’ils ont tort.

Je m’explique.

Le Code fiscal par exemple est tellement compliqué qu’il laisse la possibilité à des agents de l’administration de poursuivre des contribuables alors même qu’ils savent qu’en cas de jugement ils seront déboutés. Mais ces personnes savent fort bien que pour se défendre, le contribuable devra engager des dépenses fort importantes et y consacrer une partie exagérée de son temps alors qu’il a sans doute mieux à faire ailleurs. Et donc l’administration fiscale proposera une « transaction »au contribuable, en lui expliquant mezzo voce que cela lui coutera moins cher de payer que de s’engager dans une procédure longue et couteuse. On reconnait la technique de la Mafia qui propose au commerçant de « protéger » son magasin contre une légère contribution, faute de quoi il risquerait de bruler. On m’a signalé aussi l’existence de véritables vendetta personnelles menées par des agents publics contre tel ou tel sans que jamais la hiérarchie n’intervienne…

Mais que fait la Justice me dira le lecteur, dont après tout le rôle est de dire le Droit en fonction des Lois et règlements en vigueur ?

La réponse est toute simple : le pouvoir politique ne fournit aucune ressource financière supplémentaire à la Justice pour tenir compte de cette inflation législative et réglementaire, ce qui fait que chaque affaire attend des années avant d’être jugée. Voila qui renforce de façon extraordinaire le pouvoir de l’administration et des gens bien en cours dont les dossiers seront les premiers ou les derniers traités, selon ce qu’ils choisissent.

Et ce n’est pas un syndrome simplement Français.

Passons aux USA.

Le premier amendement de la Constitution Américaine prévoit que « le Congrès des USA ne fera pas de Lois pour empêcher la Liberté d’expression », ce qui est fort clair. Or cette Loi commence à être tournée en se servant d’une autre Loi, celle sur la diffamation. Un esprit libre que j’aime bien, Mark Steyn, a écrit il y a quelques années, un article expliquant que l’un des papes de l’écologie locale aux USA était un faussaire et qu’il avait maquillé ses travaux soi-disant scientifiques pour prouver ce qu’il avançait, ce qui était vrai et tout le monde le sait. Cet homme le poursuit pour diffamation et il est soutenu par toutes les grandes organisations écologiques qui payent la note.De l’autre coté, un homme seul qui en est déjà à plusieurs millions de dollars de frais pour se défendre. Où est la liberté d’expression dans cette affaire ? Et faut-il être richissime pour dire ce que l’on pense ?

Que faire ? Je ne sais pas trop tant le coup est bien monté.

Mais à mon avis, on pourrait commencer par doubler le nombre des juges en embauchant des avocats ayant prêté serment, en prenant par exemple les crédits sur le ministère de la Culture et faire passer une loi exigeant que toute mesure entrainant une augmentation des dépenses de l’Etat ou une nouvelle réglementation du système productif devra être soumise à Referendum (comme en Suisse).

Peut-être pourrait t’on aussi envisager de ne voter aux législatives que pour des candidats qui s’engageraient à passer tout leur temps à abroger des lois anciennes et qui ne servent à rien dans le meilleur des cas, à la place d’en voter des nouvelles ?

Peut être faudrait il privatiser tout ou partie des conflits surtout s’il y a d’un coté la puissance publique et de l’autre des citoyens ?

Peut être faudrait il que les juges soient élus ?

Peut-être faudrait-il donner aux citoyens la possibilité de porter plainte nommément contre un agent de la puissance publique pour « harcèlement » ?

Voila qui ne couterait pas grand-chose.

On peut toujours rêver …..

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Re: Chronique d'une crise annoncée

20 Avril 2016, 22:16 Message

Elisabeth Lévy : «Nous assistons à l'écroulement de l'empire européen»

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016 ... ropeen.php

Par Alexandre Devecchio Publié le 09/04/2016

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - A l'occasion de la parution du dernier numéro de la revue Causeur, Elisabeth Lévy a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. Elle y décrypte les raisons profondes de la déliquescence de l'union européenne sur fond de terrorisme et de crise des migrants.

Elisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Dans son numéro d'avril, Terrorisme, immigration, Frontière, l'Europe désarmée, le magazine revient sur les attentats de Bruxelles et la crise des migrants.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO @AlexDevecchio1

Votre dernier numéro s'intitule, Terrorisme, immigration, Frontière, l'Europe désarmée. Comment en est-on arrivé là?

Oups, vaste question, si on considère que nous observons aujourd'hui l'aboutissement de politiques - ou plutôt de non-politiques - menées depuis trente ans. Au niveau des élites, c'est une conjugaison de lâcheté, d'aveuglement idéologique, de calculs et de bons sentiments qui a abouti à ce désastre: une immigration incontrôlée dont plus personne ne peut dire qu'elle est une chance pour la France, l'échec de l'intégration pour une grande partie des enfants de cette immigration, le refus de voir la montée d'un islam intolérant et séparatiste en même temps que celle d'un sentiment anti-français. Sans oublier la responsabilité du Front national de Jean-Marie Le Pen qui a donné une coloration raciste à toute critique sur ce sujet.

Et qu'est-ce l'Europe a à voir dans tout ça?

Il se trouve qu'on a cru se débarrasser des servitudes de la souveraineté en confiant les clés à l'étage supérieur, c'est-à-dire à Bruxelles. Or, l'immigrationnisme est au cœur du rêve européiste. Comme l'a magnifiquement montré Alain Finkielkraut, l'Europe ne veut exister qu'en cessant d'exister pour accueillir. Et comment résister à la séduction des mots «ouverture», «accueil», «hospitalité»?

Résultat, la politique migratoire est décidée par l'Allemagne seule - dans un jeu de poker menteur avec la Turquie. Sur le plan de la sécurité, c'est un fiasco. Nous avons démantelé les frontières nationales et les frontières européennes ne sont pas défendues. On nous dit que la coopération anti-terroriste est, elle, efficace. Outre que ses résultats visibles ne sont pas évidents, elle relève encore de la coopération entre Etats, pas de l'usine à gaz européenne.

Nous avons aussi cru que le monde post-national serait un monde soft, cool, où on changerait d'identité comme de chaussures, mais les identités des autres se sont révélées moins cools que la nôtre, toujours prête à expier ses crimes réels ou supposés.

Mais tout cela, les peuples l'ont accepté!

Oui, sauf quand ils l'ont refusé et que ça n'a rien changé… Cependant, il serait trop facile, en effet, d'oublier notre responsabilité collective. Nous avons cru bénéficier des bienfaits de la mondialisation - l'i phone au prix du travail chinois -, sans en payer le prix. Nous avons aussi cru que le monde post-national serait un monde soft, cool, où on changerait d'identité comme de chaussures, mais les identités des autres se sont révélées moins cools que la nôtre, toujours prête à expier ses crimes réels ou supposés. Ravis de notre grande salle de gym, comme le disait Peter Sloterdijk, nous n'avons pas voulu voir que le choc des cultures se déroulait dans nos territoires perdus. Et par-dessus tout, nous avons cessé de chérir et de transmettre notre culture et notre histoire, l'une et l'autre entachées peur leur ethnocentrisme supposé. Bref, je dirais que sur bien des plans, nous avons préféré des maîtres riches et lointains à la liberté. Et nous nous retrouvons avec des adjudants tatillons et radins qui se mêlent de tout, nous imposent des règles absurdes pour nous nourrir ou nous habiller et nous obligent à garder l'arme au pied face au danger!

Vous liez immigration, salafisation et terrorisme. Sans vouloir jouer les «rienàvoiriste», cela ressemble à un raccourci …

Il faut s'empresser de préciser que le lien entre migrants et terroristes n'est pas individuel, même si quelques futurs meurtriers - qui passeraient de toute façon - se glissent dans le flux. C'est une affaire de cercles concentriques. Le djihadisme se nourrit du salafisme qui se nourrit d'un certain islam en ascension en Europe, qui se nourrit d'une immigration massive et subie que nous n'avons pas su intégrer, préférant adopter subrepticement un multiculturalisme qui consiste à ne demander aucun effort d'adaptation aux arrivants.

Feu mon ami Philippe Cohen définissait l'idéologie sans-frontiériste par cette boutade : la Bundesbank plus les sans-papiers aujourd'hui on dirait la BCE plus les migrants.

Au-delà de l'échec de l'Europe, les attentats de Bruxelles marquent donc celui du multiculturalisme?

Ceux qui ont attendu les attentats de Bruxelles pour admettre que le multiculturalisme a échoué ne l'admettront jamais. En réalité, il ne marche même pas dans les pays où il est la règle, comme l'ont reconnu aussi bien Angela Merkel que David Cameron. La preuve de cet échec, ce ne sont pas les attentats, c'est l'installation, dans les sociétés européennes, d'un islam rigoriste, intolérant, coercitif pour les membres du groupe et séparatiste par rapport au reste de la société. En France, l'idée que toutes les cultures doivent avoir en quelque sorte voix égale dans l'espace public, qui est à la base du multiculturalisme, nous a amenés à fermer les yeux sur de nombreuses transgressions à la laïcité ou aux valeurs communes en général. Nous avons installé des groupes, parmi lesquels une partie des musulmans de France dans le ressentiment victimaire et la conviction qu'on leur devait réparation. Et nous ne leur avons jamais demandé de «changer de généalogie» pour devenir français, comme le dit joliment Malika Sorel. Tous les Français d'origine, de culture ou de confession musulmane qu'on voit aujourd'hui défendre la laïcité et dire leur amour de la France n'ont pas été nourris au multiculturalisme mais à l'amour du modèle républicain.

Vous écrivez, «il est significatif que ce soit la crise migratoire, et non pas les tensions monétaires et financières, qui ait eu la peau de l'unité européenne. Une fois de plus, les questions identitaires sont bien plus existentielles que les problèmes économiques.». La libre-circulation des capitaux et des marchandises va de pair avec celle des personnes et votre ami Finkielkraut évoque justement l'alliance de Mediapart et du Medef. Les questions économiques et identitaires ne sont-elles pas au contraire liées?

Feu mon ami Philippe Cohen définissait l'idéologie sans-frontiériste par cette boutade: la Bundesbank plus les sans-papiers - aujourd'hui on dirait la BCE plus les migrants. Donc, vous avez raison, il y a bien un lien entre les deux, de même qu'il est clair que le chômage aggrave la crise de l'intégration. Cependant, l'ascension sociale n'immunise pas contre la sécession culturelle. Plus largement, je crois en effet que les questions identitaires sont existentielles: nous pouvons vivre avec plus ou moins d'impôts, de fluidité sur le marché du travail et même de chômage. Mais nous ne pouvons pas vivre sans roman national.

Il y a aujourd'hui un renouveau du souverainisme dans lequel se retrouvent beaucoup de jeunes talentueux de droite et de gauche. Et ce n'est pas un hasard si on y croise beaucoup de Français de souche récente.

Que vous inspire le nouveau «non» néerlandais à un accord d'association avec l'Ukraine …

C'est un vote de défiance qui s'adresse sans doute moins à l'Ukraine qu'à l'Europe elle-même et à tout ce qu'elle propose. Personne ne veut la voir grossir encore alors qu'on ne peut plus cacher que l'hydre à 27 têtes née de l'élargissement est rendue impotente par son obésité. D'après le sondage que nous publions, un Français sur trois choisirait de quitter le bateau européen si on leur posait la question. Et il y aurait une majorité pour en finir avec les accords de Schengen, c'est-à-dire pour revenir aux frontières nationales.

Vous annoncez la chute de l'Europe comme la chute de l'empire romain. Ne sous-estimez-vous pas la résistance des eurocrates?


D'abord, Rome ne s'est pas défaite en un jour. Nous ne croyons pas que l'Union européenne va s'auto-dissoudre solennellement, ni même qu'elle va disparaître. Dans tous les cas on sauvera les apparences, comme on le fait aujourd'hui en psalmodiant la ritournelle du couple franco-allemand alors qu'il va à vau l'eau comme le montre Luc Rosenzweig dans Causeur. Il n'y a pas de couple mais un seul patron: l'Union fonctionne comme un Empire, avec un centre qui impose son agenda et ses intérêts à ses provinces. La révolte des vassaux a déjà commencé à l'Est sur la question migratoire. Elle couve ouvertement à l'Ouest avec l'accord arraché par David Cameron comme prix de son opposition au Brexit.

Vous annoncez aussi le retour de l'Etat-nation. Là encore, n'allez-vous pas vite en besogne? Et si tel était le cas, existe-t-il un risque d'un mouvement de balancier brutal? Après la négation des identités nationales, faut-il craindre le retour du refoulé nationaliste?

La plupart des gens ne tiennent pas à ce qu'on renverse la table, ils veulent d'une part être protégés, d'autre part avoir le sentiment de peser sur leur destin collectif - ce qui suppose d'en avoir un. Or, à l'évidence, nous n'avons pas cet horizon commun avec tous les pays de l'UE, sinon sous la forme d'une adhésion aux valeurs libérales qui nous rapproche aussi bien des Américains. C'est pourquoi nous avons besoin de savoir que les commandes nationales répondent de nouveau. Comme le montre le reportage de Daoud Boughezala, il y a aujourd'hui un renouveau du souverainisme dans lequel se retrouvent beaucoup de jeunes talentueux de droite et de gauche. Et ce n'est pas un hasard si on y croise beaucoup de Français de souche récente. C'est précisément si les Etats ne prennent pas en charge l'aspiration des peuples à retrouver leurs marques comme nations qu'il y aura un retour du refoulé nationaliste.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

22 Avril 2016, 09:21 Message

Est-ce qu'on pourra faire marche arrière ?

Image

Vous remarquerez que c'est ce qui arrive aux peuples que l'islam a conquis ...

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Re: Chronique d'une crise annoncée

22 Avril 2016, 09:35 Message

Franz Fanon n'était pas mal non plus, sur ce thème. Cf. la très chère Fanny, dont le livre attend qu'on le soutienne mieux, et plus.

La question n'est pas : "pourra-t-on faire marche arrière ?", car la réponse est qu'il faut assumer pleinement toute notre existence — en tout état de cause.

Plus prosaïquement, pardon d'y céder : ici (y compris dans la partie privée du forum...), ou ailleurs, il y a mille façons de pouvoir traduire en engagement cette détermination (tous les sens du terme). Ce n'est pas le fond, mais bien l'engagement qui, aujourd'hui, "manque le plus"...

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Re: Chronique d'une crise annoncée

25 Avril 2016, 13:10 Message

Me Thierry Bouclier : « Avec la flat tax, toutes les niches fiscales sont appelées à disparaître »


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Re: Chronique d'une crise annoncée

25 Avril 2016, 13:39 Message

Je suis pour la flat tax et une augmentation importante de l'impôt sur les successions, celui-ci, peut-être aussi selon les modalités d'une flat tax.

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Re: Chronique d'une crise annoncée

25 Avril 2016, 19:53 Message

Chère Jeanne, je vous salue. Pourriez-vous m'expliquer pourquoi vous êtes pour une augmentation importante de l'impôt sur les successions ? En attendant le plaisir de vous lire.

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