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Déforestation française

Sur l'écologie humaine, et la surpopulation adverse.
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Déforestation française

28 Septembre 2018, 08:41 Message

Un article argumenté, dont le titre a attiré mon attention car il m'étonnait (comme tout quidam, j'avais en tête que la surface des forêts françaises croissait) ; et un article qui est une parfaite illustration, vu par le "petit" bout de la lorgnette, de ce que sont les ravages et la folie de "l'efficacité" économico-technique conçue pour elle-même, se voulant elle-même "éternellement", soit : indéfiniment. Le piège de la "volonté" comme "volonté de volonté", du "vouloir" comme cœur nucléaire du devenir.

France : une déforestation très discrète aux conséquences désastreuses ! (Bd Voltaire)

« Les forêts de résineux, très rentables car les arbres grandissent vite, prennent le dessus inexorablement au détriment des forêts de feuillus. Parmi ces résineux, il en est un qui a particulièrement la cote, il s’agit du douglas, importé du Canada. Cet arbre pousse rapidement et est exploité comme bois de construction, par exemple. Inconvénient qui n’est pas anodin, là où est planté le douglas, rien d’autre ne pousse et, pire, tout est éliminé : les acariens, les microbes, le mycélium, les vers, tout disparaît à cause de l’acidité. Après deux plantations de douglas, la terre est vidée de toute sa substance et inutilisable, à moins d’y mettre des quantités d’intrants. Le douglas n’offre d’intérêt ni pour la faune ni pour la flore. Les cours d’eau du plateau de Millevache (PNR) sont acidifiés et offrent aux poissons très peu d’alimentation, donc ceux-ci restent de petite taille. Autrefois région connue pour les champignons, ils disparaissent petit à petit et c’est une économie qui s’éteint au profit d’une autre plus destructrice. Cette forêt que j’appelle « forêt industrielle » est en expansion. Deux dangers menacent ces monocultures : les maladies, comme sur les oliviers en Italie, ou une tempête, comme en 2000, qui avait ravagé les forêts vosgiennes principalement composées de résineux. Nous n’avons pas retenu les leçons de cet épisode désastreux.

Les forêts de feuillus ou mixtes composées de chênes, de hêtres, de bouleaux et de résineux (hors douglas) sont des endroits formidables pour toute une faune et une flore diversifiée. Elles leurs offrent quantité de gîtes, de lieux de nidification, d’alimentation dont les glands et les faines de hêtre et permet la présence d’une biodiversité de qualité. Sangliers, blaireaux, renards, mustélidés, cervidés, oiseaux, insectes y trouvent des conditions de vie idéales. Le travail d’enfouissement fait par les blaireaux, les sangliers, les écureuils, les geais et bien d’autres permet la régénération de ces forêts, sans l’intervention de l’homme. Suffisamment nombreuses, elles fixent les populations d’animaux et les dissuadent de se rapprocher des cultures et des jardins. Les sols des forêts de feuillus sont un filtre extraordinaire pour les eaux de pluie. Avec leur disparition, ces filtres naturels sont remplacés par des stations de filtrage onéreuses aux frais du contribuable. Ces forêts de feuillus sont rasées à blanc les unes après les autres pour être remplacées soit par des douglas soit par des prairies, ce qui n’est pas idéal. »

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