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Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

Sur la politique du pays, et sur l'actualité
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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

12 Juin 2017, 14:44 Message

Didier vous avez raison, pour enfoncer un peu plus le clou, la moralité à géométrie variable : le "scandale" Fillon, puis la bénévolence totale envers Sarnez, Ferrand, Bayrou, malgré cette fois-ci l'effort de la presse. En fait les supposés fillonistes qui n'ont pas voté Fillon par souci "moral", n'ont-ils pas masqué leur intention réelle derrière ce prétexte offert par le parquet financier.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

12 Juin 2017, 14:56 Message

Duflot et l'autre pouffe (pardon) E. Cosse ont été éliminées du paysage politique hier. Macron et le macronisme c'est aussi ça pour les Français : le marteau écraseur de cagette et de pouffe (re-pardon). Ils ont frappé un peu lourdement mais à la mesure de leur exaspération. Emporté dans leur jeu de massacre, un grand nombre d'entre eux n'a pas dû voir qu'ils installaient Macron dans le rôle de Mobutu.

Le Pen s'est effondrée dans ces résultats mais le score de Mélenchon à peine moins, et vu que celui-ci partait de plus loin, proportionnellement, il a perdu plus que celle-là. Leurs électeurs ont été "écoeurés" par leur déception de la présidentielle (ceux de la FI par le premier tour, ceux du FN par le second), ce qui explique cet écrasement par abstention dans ces législatives.

Le PS qui arrive quatrième par le nombre des voix, derrière le FN, aura deux fois plus de députés que celui-ci. Et après ça on nous parlera du "vote populaire" que Clinton aurait gagné à la dernière présidentielle américaine...

Un scrutin où moins de la moitié des inscrits s'est rendue aux urnes devrait être invalidé. Ce devrait être une loi.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

12 Juin 2017, 16:50 Message

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 07:42 Message

Guillaume Bernard (l'homme du "mouvement dextrogire").


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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 09:09 Message

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 10:25 Message

Jérôme Jaffré: «Macron profite de la force de la Ve République et d'un dégagisme à la Beppe Grillo»

Par Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro, publié le 12/06/2017

ENTRETIEN - Disparition du PS, déception de La France insoumise, échec du FN et affaiblissement de la droite : le directeur du Centre d'études et de connaissance sur l'opinion publique (Cecop) analyse les résultats des législatives.


LE FIGARO. - L'abstention lors de ce premier tour de l'élection législative est-elle vraiment historique?

Jérôme JAFFRÉ. -Ce taux d'abstention de plus de 51% est un record absolu, toutes Républiques confondues. Il amplifie un phénomène qui ne cesse de s'aggraver depuis l'automaticité de l'organisation des législatives juste après l'élection présidentielle. Les moins de 35 ans et les catégories populaires sont les plus touchés. Et, cette fois-ci, deux phénomènes se combinent. D'abord, un abstentionnisme de lassitude après le vote à l'élection reine. Ensuite, un abstentionnisme de distance, fruit de ceux qui n'ont pas envie de soutenir le président mais qui n'éprouvent pas encore l'envie de se mobiliser contre lui. Un autre «ni-ni»: ni soutien au président ni mouvement d'opposition. Subsistent enfin des questions essentielles qu'il faudra se poser: faut-il organiser les élections législatives en même temps que l'élection présidentielle? Faut-il corriger le mode de scrutin et instiller une dose de proportionnelle? Enfin, la règle qui oblige à dépasser 12, 5% des inscrits avait été établie en 1977. À l'époque l'abstention était de 20 %. À 50 %, cette règle devient d'une brutalité certainement excessive.

Quel sens donner au vote de ce premier tour?

Le vote est évidemment favorable à La République en marche. Avec un petit vent d'espoir qui se lève. Aux législatives de 2012, l'attente d'une amélioration de la situation du pays n'était que de 23 %. Aujourd'hui, selon OpinionWay, elle s'élève à 35 %. Pour nuancer, il faut souligner l'impossibilité de morceler son vote. Un électeur prêt à voter pour En marche!, mais qui ne souhaite pas qu'il ait la majorité absolue, ne peut couper son vote en deux. Dans le choix électoral, le vote se compte, il ne se pèse pas.

Quels sont les nouveaux clivages?

Le principal clivage qui se dégage de ce premier tour, c'est celui qui sépare un parti neuf des vieux partis, déconsidérés. C'est ce qui s'était passé avec le parti gaulliste au début de la Ve République. Souvenons-nous qu'en 1958, Mitterrand, Mendès France, Edgar Faure, Jacques Duclos ont été battus, et qu'en 1962 l'UNR avait gagné la totalité des circonscriptions de Paris (ce qui pourrait arriver à La République en marche et à ses proches dimanche prochain).

La République en marche devrait obtenir une très large majorité. Est-ce le premier parti de France pour longtemps?

La grande force de La République en marche réside d'abord dans la faiblesse de ses adversaires: ils sont à terre et divisés. Disons-le: 32 % des voix pour le parti présidentiel aux élections législatives, ce n'est pas un score énorme. Depuis 1981, la moyenne est entre 35 et 40. Le parti de Sarkozy avait fait 42 % en 2007. La différence, aujourd'hui, est que les adversaires sont incapables de s'entendre. Emmanuel Macron bénéficie donc de la puissance de la Ve République, avec le scrutin majoritaire qui amplifie les mouvements, et d'un dégagisme à la Beppe Grillo: «Liquidons la vieille classe politique!» Le parti de Macron gagne sur les deux ailes en réussissant l'éradication des socialistes dans leurs terres historiques (Landes, Aude, Seine-Maritime) et en faisant basculer vers lui l'électorat bourgeois (Hauts-de-Seine, Yvelines). À Paris, dans le XVIe arrondissement, Emmanuel Macron faisait 27 % au premier tour, et ses candidats y obtiennent 45 %. Dans le VIIe, Macron avait fait 31 %, contre 44 % dimanche soir. Mais éradiquer les socialistes et rallier l'électorat bourgeois augurent une fragilité. Macron occupera-t-il le terrain du centre gauche ou celui du centre droit? Il sera difficile de tenir longtemps une double occupation: dominer dans les Landes et l'Aude, et en même temps dans le VIIe et le XVIe arrondissement de Paris.

Le PS est-il condamné?

Macron fait subir au PS ce que Mitterrand en son temps avait fait au Parti communiste. Dans cette élection, le PS a subi un double handicap. Il n'était pas le vote de la vraie gauche, il n'était plus un vote utile. Du coup, la sanction est du même tonneau pour les ministres candidats, comme Urvoas à Quimper, et pour les frondeurs, comme Benoît Hamon ou Aurélie Filippetti. Pour les anciennes générations (Guigou, Glavany) et pour la nouvelle (Matthias Fekl, Juliette Méadel, déjà éliminés, ou Najat Vallaud-Belkacem, en situation désespérée). Au soir du second tour, nous pouvons constater que le PS aura dû céder à LREM ses circonscriptions historiques, celles de Mitterrand, Mauroy, Fabius, Rocard, Hollande et Ségolène Royal.

Quid de La France Insoumise?

C'est un résultat en demi-teinte, très loin du score de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle. La démobilisation a joué en sa défaveur, particulièrement parmi les jeunes qui avaient été séduits. Par son refus de toute entente, La France insoumise a contribué à beaucoup d'éliminations de la gauche du second tour. Son objectif avoué est de remplacer le PS. De fait, elle récolte des résultats significatifs dans des terres socialistes comme l'Ariège, la Haute-Garonne ou l'Hérault. Ces performances visibles à la présidentielle se sont confirmées. La bataille de la gauche ne fait que commencer… Mais il est vrai que tout cela dépendra de l'accession ou non de Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée.

Que penser du résultat de la droite?

Le résultat des candidats LR-UDI réussit l'exploit d'être inférieur à celui de François Fillon: 18,8 % contre 20,1 % à la présidentielle. Ce qui prouve que le score du vainqueur de la primaire n'était pas simplement un accident dû aux affaires. La droite est coupée des jeunes générations, des catégories populaires, mais aussi des classes moyennes. Il y a des terres de droite qui basculent du côté d'En marche!: la Haute-Savoie, la Manche, l'Aveyron, qui pourtant n'ont pas la même sociologie que la région parisienne aisée que nous avons évoquée. Pour LR, le second tour sera très difficile. Il est peu probable que la gauche vienne à son secours. Certes, les électeurs de gauche ne veulent pas d'une assemblée monochrome, mais ils se sentent trop loin des Républicains pour venir à leur secours.

Le FN a-t-il marqué des points?

Pour le FN, c'est un échec grave, en partie caché par la bonne performance de Marine Le Pen. Ce score de 13,2 % est en effet inférieur à celui de 2012 (13,6%). Or, depuis 2015, le FN engrangeait les bons résultats et se proclamait même le premier parti de France! Les scores sont souvent décevants, même dans les circonscriptions les plus favorables. Dans la 12e circonscription du Pas-de-Calais, théoriquement la meilleure de France, Bruno Bilde fait 35 %, contre 42 % au premier tour de la présidentielle. Dans la 7e du Pas-de-Calais, Philippe Olivier fait 24 %, soit 12 points de moins. Florian Philippot, dans la 6e circonscription de Moselle, subit un échec, même s'il arrive en tête avec 23,8 %, car il est 10 points en dessous de la présidentielle et sans grande chance de gagner. Cependant, le grand enjeu politique à suivre au second tour sera de savoir s'il y a jonction ou non entre les électeurs LR et FN pour limiter l'hégémonie du parti présidentiel. Deux départements, les Alpes-Maritimes et le Var, retiennent le plus l'attention, car c'est tantôt un candidat LR, tantôt un candidat FN qui sera au second tour. Éric Ciotti, par exemple, a grand besoin à Nice des voix FN pour sauver son siège. Selon que cette jonction s'opère ou se refuse, les relations futures entre les deux camps pourraient s'en trouver modifiées.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 13:46 Message

Le PS est-il mort ? C'est une très bonne question et je vous remercie de me l'avoir posée. Le PS présentait un seul candidat dans le Var, c'était dans la première circonscription, où cette élection comptait quinze candidats. La candidate du PS, Mme Viviane Driquez, est arrivée dernière. Je vous prie d'admirer le score historique qu'elle a réalisé (ci-dessous). Mme Driquez n'a pas même voté pour elle. Voilà ce qu'aura été la force des convictions dans ce parti... Et dire que c'est cette maudite engeance qui pendant cinq ans a gouverné seule le pays, en se piquant de vouloir lui faire subir une "évolution sociétale" irréversible, à coup de cars de CRS contre ceux qui avaient le malheur de la critiquer...

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 14:27 Message

!!!

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 15:14 Message

Après plus amples investigations, cette candidate PS n'apparaît pas dans les derniers résultats ; elle a dû retirer sa candidature, ou l'investiture a pu lui être refusée avant le scrutin. Les deux candidates PS qui dans le Var se sont réellement présentées ont recueilli respectivement 2,39% et 1,90% des voix dans les deux circonscriptions. C'est moins que le parti des amis des animaux.

Par certains côtés, le macronisme me met en joie.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 18:18 Message

Voir ici : Var Matin 23/05


J’ai donc décidé de retirer ma candidature sur la première circonscription de Toulon et d’apporter mon soutien à Elisabeth Chantrieux la candidate d’En marche! et à son suppléant Valentin Gies.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 18:47 Message

Donc quand Zemmour dit à la télé que si le Parti socialiste a disparu c'est parce qu'il est devenu En Marche! l'histoire de cette candidature PS dans le Var, devenue fantôme après le désistement de l'intéressée en faveur de la candidate EM, lui donne pleinement raison. Dont acte.

Comme parti fourre-tout, non-parti en fait, plus culte à une figure totémique que parti, EM réalise un cas d'école.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 18:55 Message

Le cas était trop beau...

Bien entendu que le PS est mort et enterré, atomisé, explosé, en faillite sur le plan financier et non seulement politique ; et avec lui, notons-le malgré l'illusion Mélenchon, toute la gauche socialo-crypto communiste. C'est qu'il a été remplacé, lui aussi, comme va l'être ce qui reste de l'UMP, le voile de tromperie qui faisait vivre ces deux partis désormais antédiluviens ayant été brusquement déchiré par Super-Micron. Il ne reste plus de place pour personne, d'où le désarroi de toutes les autres formation et "lignes" politiques : la ligne unique du parti unique en provenance de la pensée unique ne se cache plus, elle s'assume en toute clarté (et bientôt brutalité), directement, sans réplique possible, et tout le reste qui faisait semblant de louvoyer avec elle est désormais sans objet, tout comme le sont ceux qui n'ont pas su trouve l'angle d'attaque ainsi que les modalités qui seuls auraient permis de la combattre, peut-être victorieusement. A quelque chose malheur peut être bon : la sidération de ceux qui ne voyaient d'autre perspective que de poursuivre indéfiniment un jeu usé jusqu'à la corde en ressassant des vieilleries idéologiques à bout de souffle en sont pour leur frais ; aucune "recomposition n'y pourra mais ; si nous n'inventons pas la réponse idoine au cours actuel des choses, si nous ne savons pas ouvrir l'avenir, nous n'avons plus qu'à regarder notre tombe se creuser toute seule.

Comme dirait l'autre, il reste toutefois un espoir : le Réel est notre meilleur allié... et l'adversaire est à découvert.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

13 Juin 2017, 22:20 Message

la ligne unique du parti unique en provenance de la pensée unique ne se cache plus, elle s'assume en toute clarté (et bientôt brutalité), directement, sans réplique possible, et tout le reste qui faisait semblant de louvoyer avec elle est désormais sans objet,


Évidemment et la France rejoint avec la victoire de REM l'Allemagne qui a depuis très longtemps un parti unique constitué de la Linke (la Gauche) les Verts, le SPD (PS allemand), le FDP (parti libéral), la CDU (les chrétiens-démocrates) et la CSU (chrétiens démocrates bavarois).

Ces six partis se coalisent et gouvernent ensemble [aux deux niveaux cad fédéral (Bund) et régional (Land)] au gré des résultats fantaisistes des scrutins.

La grande patronne de cette cohabitation versatile est depuis 2005 la chancelière Merkel.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

15 Juin 2017, 09:06 Message

Bonjour

Deux candidats malheureux du FN appellent à voter pour la FI , , je ne sais ce que vous en pensez , mais c'est ce genre de choses plutôt que d'autres qui peuvent m'inciter à m'éloigner du FN .
D'autant que ce n'est pas deux députés de plus ou de moins en faveur de Macron qui vont changer maintenant la donne .
------------------
Ce que je craignais au sujet de la Constitution...Et c'est pour ça que voter au premier tour me semblait indispensable , mais n'en parlons plus .

Lys a écrit:...//...
Je me dis aussi qu'avec tout ceci Monsieur Macron risque d'avoir les 3/5 des sièges et que si le Sénat va dans son sens et bien il pourra changer la Constitution à son gré . Bref comme d'habitude je ne suis pas optimiste .
...//...
.


Sénat : des socialistes préparent leur mue vers En Marche

Une trentaine de sénateurs, une majorité de socialistes et quelques centristes, se préparent à annoncer la constitution d'un groupe destiné à soutenir Emmanuel Macron au Sénat. Le socialiste François Patriat est à la manœuvre.

Le chef de file des sénateurs socialistes, Didier Guillaume, confirme que l'information circule dans les couloirs et qu'il en discute avec ses collègues :

"Ils disent qu'ils veulent voter tous les textes. Moi je leur réponds que le rôle d'un parlementaire, c'est peut-être de tout voter, mais c'est surtout de tout amender !"

Les sénateurs comptent sur la nouvelle Assemblée nationale pour accélérer la recomposition au Sénat. La trentaine de sénateurs compte beaucoup sur les parlementaires du groupe UDI pour venir renforcer les troupes.

Emmanuel Macron aura ainsi une majorité surement constitutionnelle (les deux tiers des parlementaires) lui permettant de réviser à sa guise la Constitution...

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

15 Juin 2017, 13:53 Message

On semble bien se diriger vers ce qu'on appelle en France "les pleins pouvoirs constituants" (comme ceux qui ont été votés à Pétain le 10 juillet 1940). Mazette !

Remarquez que si Macron dispose de ces pleins pouvoirs, ç'aura été par le truchement du ralliement des socialistes sur sa personne, toujours comme en 40 -- une vieille tradition chez les parlementaires socialistes.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Juin 2017, 10:00 Message

Macron osera-t-il pousser la transgression jusque-là (où il faudrait la pousser) ? (Bd Voltaire)

« Or, dans cette perspective, pour éviter à sa majorité toute fraîche l’échec qu’amènerait une déception, M. Macron n’a pas d’autre choix que d’aller vers une transgression majeure, historique : la récupération des valeurs identitaires. Au-delà de l’incantation. Et jusque dans une politique assumée et précise d’arrêt de l’islamisation de la France.

Il a pour cela des atouts considérables : son état de grâce ; un parti et une majorité de nouveaux, d’anonymes, sans barons ni rivaux, malléables à son gré ; une ligne et un positionnement de départ suffisamment flous ouvrant tout le champ des possibles, y compris celui-là. Et, surtout, une foule de marcheurs qui n’auraient jamais accepté cette politique initiée par un homme de droite ou le Front national, mais qui la plébisciteront pourvu qu’elle vienne de lui, surtout en cas de nouveaux attentats islamistes. Faites le test dans vos familles, vous verrez. Il opérerait alors le dernier siphonnage : après celui de la gauche, de la droite, il se rallierait l’électorat populaire et patriote du Front national. Il n’y aura, dimanche soir, qu’une poignée de députés pour le représenter. Mais M. Macron sait bien que les valeurs et les inquiétudes de cet électorat, elles, sont toujours là, aussi solides que les raisons qui les fondent, et ses millions de voix aussi. Un contributeur avisé de Boulevard Voltaire rappelait, hier, une phrase de son discours du Louvre qui montrait que le nouveau Président était conscient de cette réalité et qui ouvrait la perspective d’une telle transgression.

Alors, en marche ? Oui, mais en marche jusque-là. Sinon, les choses se gâteront. Et M. Macron finira comme MM. Sarkozy et Hollande.

Il a, paraît-il, une ambition plus haute. »

Qui sait jusqu'où Narcisse peut aller ?
On doute toutefois que cela aille au-delà de "l'incantation", c'est-à-dire, en l'espèce, de la com'. Du reste, telle est la question que désormais tout le petit monde médicatico-politique se pose : y aura-t-il un au-delà de la com', en dehors de deux-trois réformes gestionnaires dans un contexte budgétaire héritier du hollandisme, de deux-trois coups idéologiques, et de deux-trois bricolages sans grands effets ?

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

17 Juin 2017, 11:00 Message

Le Nécronomacron

par Slobodan Despot

17-06-2017

Une théologie du néant à la manière de Lovecraft
«Malheur à la cité dont le prince est un enfant.» (Ecclésiaste 10:16)
«Je suis la femme d’Emmanuel Macron et non sa mère ou sa grand-mère. L’amour n’a pas d’âge.» (Tweet de Brigitte Trogneux-Macron, le 30.4.2017, 18h46)

Je connais Les Macrons depuis la nuit des temps. Leurs métamorphoses ne me trompent pas. Je suis plus vieux que si j’avais mille ans, car j’en ai trois fois autant, l’âge de cette civilisation. Eux sont éternellement jeunes, ils le font savoir et on les croit.

L’obscène imposture! Moi seul vois clair dans leur jeu. Son jeu. Derrière ses tulkous, ses réplicants et ses incubes il est un. Ses pluralités, ses ouvertures, ses multitudes et ses étendards ne sont que les filaments de lumière sans pesanteur qui annoncent le trou noir, l’unique aboutissement de tout.

Il n’est qu’un oxymore en rotation, une contradiction absolue. Ce gouffre n’a aucue profondeur. Cette fraîcheur n’a pas d’âge. Malgré mes cicatrices et mes difformités, je suis encore trop jeune pour lui faire barrage. Je n’ai que le pouvoir de le suivre et de l’irriter. Je le reconnais dans ses mues et ses saisons, infailliblement. A quoi? A je ne sais quoi. Je plaisante: je le sais. A son regard tout à la fois naïf et cynique, enfantin et roué, aigu et désespérément stupide. Le regard dit-on, est le miroir de l’âme. Quand l’âme n’y est pas, il se compose et du même coup se trahit. L'ennemi est habile à donner le change. «Il est vrai pourtant — a observé un de mes éclaireurs —, qu’il ne peut s’empêcher de laisser échapper quelque sottise, qui est comme sa signature.»

Ses yeux sont frémissants et inquiets comme l’agent infiltré qui craint de perdre sa fausse moustache. Ses gestes sont surfaits, ses joies froides et ses colères infantiles. Ses pensées sont grégaires comme un banc de poissons. Il joue sa survie à coller au courant.

Vous ne le reconnaissez toujours pas?

Je l’ai croisé partout. Il était ce mignon de Socrate qui s’abreuva de ses paroles avant de me les rapporter quand j’étais juge d’Athènes. Il se prélassait grimé dans le Satyricon quand je gardais les palais de la débauche. Ce frileux a toujours vécu adossé aux foyers du pouvoir. Brantôme et Saint-Simon l’ont croisé dans les antichambres sans même le savoir. Il était gandin quand je revenais des campagnes de l’Empereur, les orteils gelés et le crâne fendu. Il est apparu à Balzac comme journaliste, à Daumier comme avoué. Partout où soufflait un vent de mode, il montait en selle et se laissait propulser. Un être de chair eût été trop lourd.

La modernité est son heure de gloire. Quand la morale se confond avec la vertu et le verbe avec l’action, il triomphe. Il nage dans les nombres et les quantités, il calibre, élague et normalise. L’imprévu l’irrite, la diversité le déroute, la bravoure l’épouvante, la gratuité le détruit. La sagesse à ses yeux se résume à rester sage. Il se garde de la folie humaine comme le vampire se calfeutre contre la lumière du jour. Il a aplati les arts, castré la pensée, transformé le destin en pronostic. Il a envahi les académies et aussitôt les temples de la science sont devenus les tombeaux de l’évidence. Et aussitôt les esprits les plus instruits sont devenus ses plus grosses dupes.

Le voici donc qui s’avance à découvert. Seuls les poètes et les écrivains s’alarment de son passage. Il est le diable en complet veston de Gogol, l’Européen moyen en qui Léontiev voyait l’idéal et l’outil de la destruction universelle. Il est l’inspirateur de toutes les philosophies du nivellement et de la trivialité. De Stuart Mill à Proudhon, de Cabet à Marx, le dix-neuvième siècle ne chante que sa médiocrité et la prolonge à travers les âges.

Le voici donc à mes côtés, de plus en plus proche, de plus en plus nombreux. Il est mon collègue de HEC rêvant de sa première Jag, mon partenaire de squash, mon coloc équipé chez Roset et B&O, épris d’intérieurs blancs et de plantes vertes. Il est le gendre idéal dont rêvait ma mère, l’analyste financier qui rafle en un jour mes laborieux honoraires de six mois. Il aime tout le monde et ne veut blesser personne, mais son regard de bande dessinée continue de le trahir. Il rédige son moindre speech, affine son anglais d’aéroport, lit ce que chacun doit avoir lu mais porte ce que la personne ne peut se payer. Il a trouvé sa fêlure dans un amour interdit, mais là encore, le texte n’est pas de lui:

Réveille-toi Maggie, je crois que j’ai quelque chose à te dire

Septembre est presque fini et je devrais tout de même reprendre l’école...

Je sais que je t’ai amusée, mais je me sens abusé...

Le soleil du matin quand il frappe ton visage révèle ton âge...

Tu m’as enlevé de chez moi juste pour ne plus être seule

Tu as volé mon cœur et c’est cela qui blesse vraiment.

Non, Maggie May n’est pas Brigitte et Macron n’est pas Rod Stewart. Le Macron n’est personne. Le Macron® est un produit synthétique et breveté comme le Nylon, le Teflon ou le Dacron. Le Macron est le tissu même de la société sans hommes.

Publié dans Eléments n° 166.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

19 Juin 2017, 17:47 Message

Les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur pour le second tour des législatives :

La République en Marche (LREM) arrive en tête avec 308 sièges (43,06 % des suffrages exprimés). Son allié du Modem gagne 42 sièges (6,06 % des exprimés).

À droite, Les Républicains (LR) obtiennent 113 sièges (22,23 % des suffrages exprimés), l’UDI 18 (3,04 %) et les divers droite 6 (1,68 %).

À gauche, le Parti socialiste (PS) sauve 29 députés (5,68 %) et le Parti radical de gauche 3 (0,36 %).

La France Insoumise (LFI) a 17 députés (4,86 % des suffrages au second tour) et le Parti communiste français (PCF) 10 (1,20 %).

Le Front national obtient huit députés (8,75 %), l’extrême-droite 1 (0,10 %) et Debout la France 1 (0,10 %).

Les écologistes décrochent 1 député (0,10 %).

Les partis régionalistes rassemblent 5 députés (0,76 %).

Le taux d’abstention s’est établi à 57,36 % et la participation à 42,64 %.

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