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La résistance

Sur l'immigration de peuplement et ses conséquences
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Re: Les collabos

8 Janvier 2018, 22:03 Message

Déclaration de Renaud Camus très bonne. Sera-ce un nouveau départ ?




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Re: La résistance

9 Janvier 2018, 09:39 Message

Le cadre, le moment, la déclaration sont bienvenus, mais je ne vois rien de "nouveau". On connait l'obstination étroitement têtue du bonhomme, qui a ses avantages — bien réels et en l'occurrence limite admirable —, mais aussi ses très graves défauts, surtout lorsqu'il faut faire preuve d'une extrême souplesse (intellectuelle, pas de l'échine...), et que l'heure est au dépassement. La dimension européenne de la chose peut se justifier, et pas uniquement en terme "d'efficacité", elle s'inscrit dans le prolongement d'un "idéal" ; mais ce dernier, qui se prévaut essentiellement de la culture, fait déborder celle-ci largement de son lit — travers modernant par excellence — et, pire, reste prise dans la contradiction d'une Europe peu ou prou politiquement unifiée, bref : sent son giscardisme à plein nez. On ne sait que trop ce qui en découle.

Enfin, l'éloquence, le ton, le regard, l'expression n'y sont pas, pour un tel appel — finalement assez politicien.

P.S. Ni droite ni gauche ? Cela n'a aucun sens, décidément. La gauche est foncièrement humanistoïde, modernante en diable, passionnément horizontaliste, gnostique, négatrice du réel, séduite par le premier sophisme venu, etc. La droite ne vaut pas mieux, elle est même pire : vénale. Si nous voulons "en sortir par l'histoire" (bonne punchline !), alors...

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Re: La résistance

9 Janvier 2018, 10:20 Message

La nouveauté c'est que Renaud Camus semble sortir du domaine théorique et se placer sur un plan pratique défini. En ce qui concerne la gauche il s'adresse aux individus potentiellement résistants et non à une organisation, c'est très différent. Renaud Camus précise bien que l'heure pour lui n'est plus aux partis. Je remarque la saisissante cohérence de la perspective sans savoir si la concrétisation se fera. Mais je ne vois pas d'erreur dans la démarche. Comme on dit "qui ne tente rien n'a rien". Quant à sa psychologie personnelle rien n'indique que l'Histoire n'est changée que par les hommes parfaitement pondérés et stables. La question est : la cristallisation s'opérera-t-elle ?

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Re: La résistance

10 Janvier 2018, 09:13 Message

Chère Jeanne, je ne crois pas qu’il y aura la moindre cristallisation. Non par pessimisme facile ou par je ne sais quelle esprit de division, deux choses que je dénonce sans cesse. Mais par simple lucidité, une lucidité qui ne demande guère d’effort.

Voyons un peu pourquoi.
Dire que les partis sont « finis » ou qu’ils ne sont plus la solution est aujourd’hui un poncif qui traîne partout, surtout depuis l’explosion façon puzzle provoquée par la torpille à sous-munitions Macron ; autant dire qu’il convient de s’en écarter urgemment. Je rappelle ici sommairement ce que j’ai déjà indiqué depuis beau temps : les partis existeront toujours, d’une façon ou d’une autre, ils sont indispensables au fonctionnement du système, la place qui leur est réservée sera toujours occupée, il ne manquera jamais de Solère, Dusopt and co… ou de Wauquiez, Le Foll, etc. Ce qui a « seulement » disparu corps et bien c’est la politique, et c’est une toute autre affaire, d’une gravité extrême. Il faut tout reconstruire, de « la base » au sommet. Une démarche « bottom-top » est, par temps de déréliction presque achevée et de suicide quasi accompli, la seule possibilité de parvenir à une reconquête de cette dimension d’abord, du « pouvoir » ensuite — pardon, je voulais dire : ressusciter une verticalité à partir de l’horizontalité, en subvertissant la subversion de celle-ci en effondrement. Cf. ce que j’ai déjà dit du phénomène Macron :
«Vous noterez que "En Marche !" est le dévoiement parfaitement organisé, avec beaucoup de moyens, ainsi que la réalisation en mode spectaculaire (bref : le détournement) du seul moyen de refonder une perspective politique : un réseau collaboratif, partant de l'horizontalité moderne et de ses modalités (techniques ou pas) en vue de reconstruire une verticalité à travers une élaboration politique renouvelée et une recomposition radicale ; une structure de résistance et de reprise ; radicale : à la racine, reposant les questions de fond, à nouveaux frais. »

Un CNR, E ou pas, relève encore d’une démarche « théorique », volontariste, personnelle, structurante par le haut, etc. Bref un succédané de parti en raison de leur éparpillement et de leur déliquescence idéologique (au point de ne même plus savoir où ils habitent), ce que confirme du reste le discours, également très convenu, sur « la droite et la gauche ». Si ces dernières n’ont plus d’importance, pourquoi encore en parler ?

Et puis, ce « E » qui ferait la différence, qui serait la prise en compte des conditions du temps présent : dire que c’est un ultime avatar de giscardisme, le prolongement sans fin du piège de Giscard et de sa fausse évidence (la part relative des pays européens dans le concert mondial), ce n’est pas polémique. Le CNR fait partie de l’histoire franco-française, il n’a pas d’équivalent dans les autres pays européens ; si au moins on avait parlé d’une « coordination » des résistances dans les principaux pays européens (au passage : le groupe informel mais réellement politique dit « de Visegrad », au niveau étatique, relève un peu de cela), cela aurait évité cet écueil. La différence est subtile, mais cruciale. Parler d’un CNRE c’est tomber encore une fois dans les travers universalistes, dont on ne voit que trop tous les jours les ravages sans fin. De plus, le couplage identitaire-européen (influencé par l’obstiné groupe « Génération identitaire » et tout ce qui tourne autour) est une sottise oxymoresque, tout comme l’est le concept fumeux de « libéral-conservatisme » (cf. autres développements faits à ce sujet ici) ; à l’oxymore s’ajoute qui pis est le mélange des plans, le mélange, devrais-je plutôt dire aujourd’hui, des genres — dont on voit où il nous mène par ailleurs (l'accumulation de ce genre de considération, trois fois dans ce message, indique bien une même direction vers quoi tout converge, direction qu'il faut changer du tout au tout)…

Bref, sans même parler de l’inadéquation de l’incarnation à ce qu’elle propose (on évitera de préciser plus qu’on ne l’a déjà fait ce que montre cette vidéo), sans considérer non plus l’omerta ou la répression policière et judiciaire qui s’ensuivrait du plus petit début de succès de cette initiative, sans parler encore de ceci : que nos contemporains regardent ailleurs, et sont parfaitement sourds à ce genre de références ainsi assénées, on voit mal comment tout cela pourrait prendre. On voit bien en revanche tout ce qui cloche, et, hélas encore une fois en creux, ce qu’il faudrait inventer en lieu et place.

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Re: La résistance

10 Janvier 2018, 09:48 Message

Vous dites les choses très précisément et très clairement, cher Didier. Voilà un texte majeur, à côté duquel le babillage que j'entends parait bien anecdotique. Un texte à lire, à relire, à faire sien. Un texte qui ne laisse qu'une place très minime et très aléatoire à une éventuelle reprise. Malheureusement c'est la seule qui vaille. Excusez moi de ne pouvoir développer.

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