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La résistance

Sur l'immigration de peuplement et ses conséquences
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Re: La résistance

13 Février 2018, 11:32 Message

Oui, j'avais noté...
C'est pas le tout, mais il faudrait traiter cette fameuse question...
Je devrais essayer la voiture.

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Re: La résistance

13 Février 2018, 12:01 Message

Tiens, ça turlupine, ici et là, à ce sujet : Est-il trop tard pour la France ? (Dreuz)

« Comme autrefois en Union soviétique, il y aura une nomenklatura, une strate qui vivra bien, un océan de pauvres graduellement soumis à l’islam, qui vivra mal, et entre les deux une classe moyenne qui tentera de se maintenir la tête hors de l’eau en y parvenant de moins en moins.

Il n’y aura sans doute plus d’alternance politique au sommet du pays. C’est pour que l’alternance disparaisse qu’Emmanuel Macron a été mis en place.

Il y aura une droite qu’on qualifiera avec mépris de “populiste” parce que s’accroche à elle un conglomérat de Français non musulmans qui voudraient échapper au grand remplacement, mais n’y échappent pas, et une gauche qu’on qualifiera avec le même mépris de “populiste” parce que se retrouvent en elle ceux qui pensent encore que la solution est la “lutte finale” promise par Karl Marx il y a cent cinquante ans et par Lénine il y a cent ans. Ni la droite qualifiée de “populiste” ni la gauche qualifiée elle aussi de “populiste” n’accéderont au pouvoir. Leur rôle est de canaliser les colères et de servir de défouloirs. »

Et, pour conclure :

« Suis-je pessimiste ? Je me souviens des paroles d’un ami juif, il y a bien des années. Dans les années 1930 en Europe, les Juifs pessimistes, m’avait-il dit, sont partis ou ont, pour le moins fait preuve d’une intense vigilance et pris leurs précautions. Les Juifs optimistes ont fini à Auschwitz.

Aujourd’hui, bien au delà des Juifs, les Européens pessimistes partent ou, pour le moins prennent leurs précautions, les Européens optimistes s’apprêtent à finir démunis et désarmés dans un cloaque. Les membres de la nomenklatura maintiendront leur tête hors de l’eau, les autres non. Hélas. »

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Re: La résistance

15 Février 2018, 21:20 Message

Notre combat contre Fissenou Sacko qui a tué 4 personnes et qui ne sera jamais jugé (change.org)

Considéré irresponsable, il souffrait au moment des faits d’une pathologie ayant aboli son discernement, en l’occurrence une « psychose chronique schizophrénique » aggravée par la prise de produits stupéfiants. Il ne sera pas jugé - pour l'instant.

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Re: La résistance

16 Février 2018, 08:13 Message

Israël doit être à majorité juive même s'il faut «violer des droits» selon la ministre de la Justice (RT)

« "Il y a lieu de maintenir une majorité juive, même au prix de la violation des droits" : c'est ainsi que la ministre de la Justice israélienne Ayelet Shaked a défendu le 12 février, lors d'une conférence, la proposition de loi qui vise a définir Israël en tant qu' "Etat-nation du peuple juif", dans des propos rapportés par Haaretz.

"Israël est un Etat juif. Ce n'est pas un état composé de différentes nations", a-t-elle ainsi fait valoir, soulignant que l'Etat devait administrer une égalité des droits civils mais pas nationaux. »


On a le droit de changer quelques mots ?

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Re: La résistance

17 Février 2018, 20:08 Message

CSG : Arrêtons le massacre (pétition) (Contribuables et Associés)

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Re: La résistance

5 Mars 2018, 17:16 Message

Je trouve Bernard de La Villardière, courageux ! je ne suis pas sûr qu'il va rester en poste longtemps ?

Bernard de La Villardière : «Une certaine caste médiatique disqualifie toute opinion divergente»
Bernard de la Villardière sur le plateau de «Touche pas à mon poste» le 26 février.
Par Bernard de La Villardière
Publié le 05/03/2018 à 14h50

FIGAROVOX/TRIBUNE - Bernard de La Villardière revient sur le «clash» qui l'a opposé sur C8 aux chroniqueurs de l'émission de Cyril Hanouna. Il regrette l'impossibilité d'aborder certaines questions dans un débat médiatique qui tourne à vide. Il venait pourtant parler de femmes qui se battent pour leurs droits au Sud de la Méditerranée.

Bernard de La Villardière est journaliste à M6 et producteur pour sa société audiovisuelle, Ligne de Front. Il a récemment publié L'homme qui marche (éd. Calmann-Lévy, 2016).

“Il y a des arènes dans lesquelles il ne faut pas consentir à combattre” me disait ma grand-mère bouddhiste. Je tente de respecter cette maxime. J'étais bien conscient, avant de m'installer l'autre jour sur le plateau de l'émission de Cyril Hanouna sur C8 «Touche Pas à Mon Poste» (TPMP), que je violais cette consigne. Cette invitation est en fait un traquenard mûrement préparé. Je sais pourtant que, comme le catoblépas, la société médiatique dévore ses propres membres pour satisfaire son goût du spectacle et nourrir le buzz.

Mais je suis ce soir-là en service commandé afin de promouvoir un film sur les forces françaises en Guyane. Produit par ma société, Ligne de Front, il est diffusé juste après TPMP. Je pense donc que je vais être bien traité par le grand Mamamouchi du PAF. Je tombe de haut. En quelques minutes, des chroniqueurs presque unanimes vont offrir un florilège des méthodes de diabolisation et d'instrumentalisation qui permettent à une certaine caste de disqualifier toute opinion différente de la leur. Je déclare que de mon point de vue, le hijab est une régression. On m'accuse de vouloir l'interdire, ce qui n'est pas mon propos. J'évoque la situation des femmes de l'autre côté de la Méditerranée et en Iran. J'évoque les écrivains Boualem Sansal et Salman Rushdie ainsi que les Algériens et les Tunisiens qui nous lancent chaque jour des appels à la vigilance face à la montée du fondamentalisme musulman en Europe. On me soupçonne alors de vouloir faire diversion et on me somme de revenir en France. Les images n'étant jamais tout à fait innocentes, on a bien pris soin de mettre dans le public une jeune fille voilée. Pendant que j'exprime mes réserves sur le hijab, c'est elle que l'on filme. L'affaire est entendue: je suis au mieux un homme dépourvu d'élégance, au pire un salaud.

Pendant ce temps, ailleurs et notamment au sud de la Méditerranée, des hommes et des femmes se battent pour que les sociétés musulmanes progressent vers l'égalité entre les sexes.

Ma naïveté est heureusement contrebalancée par ma petite expérience de la comédie télévisuelle. Face aux attaques, je m'attache à répondre par des faits. Je parle fort pour tenter de couvrir les bruits de la meute et les huées d'un public aux ordres d'un chauffeur de salle. Je ne me laisse pas déstabiliser par la manœuvre consistant à me faire passer pour un macho refusant d'écouter une femme.

Je ne suis évidemment pas le premier à faire les frais de ces shows où la vacuité intellectuelle le dispute au conformisme sous prétexte de compassion et d'ouverture d'esprit. Pendant ce temps, ailleurs et notamment au sud de la Méditerranée, des hommes et des femmes se battent pour que les sociétés musulmanes retrouvent le sens de l'altérité et progressent vers l'égalité entre les sexes.

Je ne regarde jamais le talk-show de Monsieur Hanouna. J'ai ainsi découvert l'autre jour que sa petite bande avait demandé ma tête à la direction de M6 au motif que j'étais atteint d' «islamophobie», cette maladie imaginaire mise au point dans les officines de la propagande islamiste. “M6 doit-elle virer Bernard de La Villardière?” Les porte-flingues de Monsieur Hanouna en avaient doctement devisé il y a quelques semaines. La réponse est évidemment induite dans la question.

J'ai reçu un grand nombre de messages de soutien émanant de mes confrères après mon passage chez TPMP. Les réseaux sociaux ont été largement en ma faveur, déplorant cette tentative de lynchage et cette manière de confisquer le débat. Le buzz a d'ailleurs été si négatif pour l'image de l'émission que C8 a supprimé le replay. J'y vois le signe rassurant que l'opinion publique ne s'en laisse plus compter. Elle découvre que l'islamisme avance par la technique du grignotage, en détournant nos valeurs de tolérance et d'ouverture pour mettre en place sa société idéale ; une société fermée qui installe un apartheid entre les hommes et les femmes, entre l'islam et les autres communautés, qu'elles soient religieuses ou athées.

Faut-il ne laisser au jeune public de TPMP que le choix entre le fondamentalisme et l'empire du vide ?

Les Français - et notamment les Français musulmans - sont de moins en moins dupes de ces manipulations. Celles-ci reçoivent hélas le soutien constant de Monsieur Hanouna et de sa camarilla. Ils adoptent une posture qui les place dans le camp de la bienveillance. Du moins le croient-ils. Si leur sottise teintée de vulgarité ne mérite que des haussements d'épaules, leur ignorance fait assurément des dégâts. Faut-il ne laisser au jeune public de TPMP que le choix entre le fondamentalisme et l'empire du vide? Je ne suis pas de ceux qui ont regretté le Canal Plus des années 1990-2015. L'esprit de dérision et le parti-pris idéologique chassaient tout sens de la nuance, faisant le lit de ce que l'on a appelé le “politiquement correct”. Mais doit-on se satisfaire des risques d'une autre hégémonie? Celle de la bêtise triomphante et de l'esprit de soumission?

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Re: La résistance

12 Mars 2018, 13:58 Message

Extrait du livre de Pierre Manent, La Loi naturelle et les droits de l'homme , PUF, en librairie le 14 mars.

L'État moderne entend régler un monde humain qui se croit ou se veut sans loi ni règle. À cette entreprise sans espoir sinon sans conséquence, nous avons donné l'apparence avantageuse d'une heureuse redéfinition de la loi, celle-ci consistant désormais non à fixer les meilleures règles ou le meilleur régime, mais à protéger, garantir et promouvoir les droits constitutifs de la liberté naturelle. La loi désormais se propose de donner aux sociétaires les seuls commandements qui leur sont nécessaires pour mener une vie sans loi. Tout ce qui irait au-delà, qui aurait un contenu positif, qui viserait un bien défini, une forme de vie jugée bonne, violerait en quelque façon les droits humains, nous ramenant dans le monde ancien du commandement et de l'obéissance.

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Re: La résistance

13 Mars 2018, 09:24 Message

Enfin...


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Re: La résistance

28 Mars 2018, 07:54 Message

Un appel de cent intellectuels contre le séparatisme islamiste, publié dans Le Figaro.
Ils dénoncent «un nouveau totalitarisme» qui «menace la liberté en général».

Nous sommes des citoyens d'opinions différentes et très souvent opposées qui se sont trouvés d'accord pour exprimer, en dehors de toute actualité, leur inquiétude face à la montée de l'islamisme. Ce ne sont pas nos affinités qui nous réunissent, mais le sentiment qu'un danger menace la liberté en général et pas seulement la liberté de penser. Ce qui nous réunit aujourd'hui est plus fondamental que ce qui ne manquera pas de nous séparer demain.

Le nouveau totalitarisme islamiste cherche à gagner du terrain par tous les moyens et à passer pour une victime de l'intolérance. On a pu observer cette stratégie lorsque le syndicat d'enseignants SUD Éducation 93 proposait il y a quelques semaines un stage de formation comportant des ateliers de réflexion sur le «racisme d'État» interdits aux «Blanc.he.s». Certains animateurs étaient membres ou sympathisants du Collectif contre l'islamophobie en France et du Parti des indigènes de la République. Les exemples de ce genre se sont multipliés dernièrement. Nous avons ainsi appris que la meilleure façon de combattre le racisme serait de séparer les «races». Si cette idée nous heurte, c'est que nous sommes républicains.

Nous entendons aussi dire que, puisque les religions sont bafouées en France par une laïcité «instrumentalisée», il faut donner à celle qui est minoritaire, c'est-à-dire à l'islam, une place spéciale pour qu'elle cesse d'être humiliée. La même idée se poursuit: il paraît qu'en se couvrant d'un voile les femmes se protégeraient des hommes et que se mettre à part leur permettrait de s'affranchir.

Le point commun de ces proclamations est de penser que la seule façon de défendre les «dominés» (ce n'est pas notre vocabulaire mais celui de SUD Éducation 93), serait de les mettre à l'écart des autres et de leur accorder des privilèges.

Il n'y a pas longtemps, l'apartheid régnait en Afrique du Sud. Reposant sur la ségrégation des Noirs, il voulait se disculper en créant des bantoustans où une autonomie factice leur était concédée. Un tel système a heureusement disparu.

Et voici qu'aujourd'hui, c'est un apartheid d'un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l'envers grâce à laquelle les «dominés» préserveraient leur dignité en se mettant à l'abri des «dominants».

Mais alors, cela veut dire qu'une femme qui ôte le voile et sort dans la rue deviendrait une proie normale? Cela veut dire qu'une «race» qui côtoie les autres serait humiliée? Cela veut dire qu'une religion qui accepte de n'être qu'une parmi d'autres perdrait la face?

Et les Français musulmans, ou de culture musulmane sans être croyants, qui aiment la démocratie et veulent vivre avec tout le monde, l'islamisme a-t-il prévu de les mettre à part, eux aussi? Et les femmes qui refusent d'être enfermées, qui décidera pour elles? Et les autres, ceux qui ne méritent apparemment pas d'être protégés: sous clé dans le camp des «dominants»?

Tout cela va à l'encontre de ce qui a été fait en France pour garantir la paix civile. Depuis longtemps, l'unité du pays a été fondée sur l'indifférence à l'égard des particularismes pouvant être cause de conflit. Ce qu'on appelle l'universalisme républicain ne consiste pas à nier les sexes, les races ou les religions, mais à définir l'espace civique indépendamment d'eux pour que personne n'en soit exclu. Et comment ne pas voir que la laïcité protège aussi les religions minoritaires? La mettre en péril nous expose au retour des guerres de religion.

À quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière? Doit-il seulement permettre aux soi-disant «dominés» de sauvegarder leur pureté en vivant entre eux? N'a-t-il pas surtout pour but d'affirmer la sécession avec la communauté nationale, ses lois et ses mœurs? N'est-il pas l'expression de la haine la plus caractérisée à l'égard de notre pays et de la démocratie?

Que chacun vive dans la loi de sa communauté ou de sa caste et dans le mépris de celle des autres, que chacun ne soit jugé que par les siens, cela est contraire à l'esprit de la République. Celle-ci a été fondée sur le refus de droits privés s'appliquant à des catégories spécifiques et exclusives, sur l'abolition des privilèges. Les mêmes lois pour chacun de nous, voilà ce que nous garantit au contraire la République. C'est ce qu'on appelle tout simplement la Justice.

Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l'arme de la conquête politique et culturelle de l'islamisme. L'islamisme veut être à part car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L'islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L'islamisme se sent humilié lorsqu'il ne domine pas.

Il n'est pas question d'accepter cela. Nous voulons vivre dans un monde complet où les deux sexes se regardent sans se sentir insultés par la présence de l'autre. Nous voulons vivre dans un monde complet où les femmes ne sont pas jugées inférieures par nature. Nous voulons vivre dans un monde complet où les gens peuvent se côtoyer sans se craindre. Nous voulons vivre dans un monde complet où aucune religion ne fait la loi.



Waleed al-Husseini, écrivain
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Re: La résistance

28 Mars 2018, 07:56 Message

Cet appel arrive un peu tard mais mieux vaut tard que jamais...

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Re: La résistance

28 Mars 2018, 09:30 Message

Oui, il est bien tard. Le moribond se soulève encore un peu, un spasme, sans doute.
Quand au remède de cheval urgentissimement vital, on attendra encore. Sans doute longtemps, alors que minuit est bien passé.

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Re: La résistance

30 Mars 2018, 17:23 Message

Enfin... une esquisse d'ébauche de début de résistance élémentaire ; et c'est pas gagné.



Au moins ça donne une idée de la situation réelle, quotidienne, partout.

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Re: La résistance

4 Avril 2018, 08:14 Message

Une interview d'Alain Finkielkraut publié dans Le Figaro.

Alain Finkielkraut : «Islamisme, le règne du déni touche peut-être à sa fin»


EXCLUSIF - Dans ces événements tragiques, il décèle deux lueurs d'espoir : le fait qu'avec Arnaud Beltrame la France ait trouvé un contre-modèle à la barbarie et que l'on ouvre enfin les yeux sur « le nouvel antisémitisme ».

Le philosophe évoque la figure héroïque d'Arnaud Beltrame et le sort tragique de Mireille Knoll. Il se félicite du discours prononcé par Emmanuel Macron aux Invalides et espère que cette «nouvelle clairvoyance» orientera favorablement le gouvernement sur la laïcité et la politique migratoire. Il regrette profondément la «profanation» du silence du deuil lors de la marche blanche en mémoire de Mireille Knoll et considère que les représentants et les sympathisants du FN et de La France insoumise avaient leur place dans ce cortège. «Il ne revient pas aux Juifs de briser l'union républicaine contre la barbarie qui les vise», explique-t-il.

LE FIGARO.- Vous avez confié avoir trouvé des aspects de sainteté dans l'acte d'Arnaud Beltrame. Pourquoi ce terme? Celui de héros n'est pas, selon vous, suffisant?

Alain FINKIELKRAUT. - L'acte d'Arnaud Beltrame est héroïque mais si j'ose dire pas seulement. Dans l'espoir de neutraliser le terroriste, il a proposé de se substituer à une otage, ce qui témoigne d'une rare bravoure et d'une exceptionnelle abnégation. Pousser le désintéressement jusqu'à faire le choix ou prendre le risque de mourir pour l'autre, c'est très exactement, nous dit Levinas, la définition de la sainteté. Il y a quelque chose de commun entre ce lieutenant-colonel de gendarmerie français et le prêtre polonais Maximilien Kolbe qui dans le camp d'Auschwitz a pris la place d'un père de famille désigné avec neuf autres détenus pour être enfermé et tué par la faim en représailles à une évasion.

Service, sacrifice, uniforme, hiérarchie, amour de la patrie, inquiétude spirituelle: Arnaud Beltrame ne croyait-il pas en tout ce que la déconstruction culturelle et morale a remis en question?

Comme l'avaient annoncé Henry James et Tocqueville, la démocratie est sortie de son lit. Du principe de l'égale dignité des personnes, on a conclu naturellement que nulle hiérarchie n'était légitime, que rien n'était supérieur à rien, que toutes les pratiques se valaient, qu'aucun choix de vie n'était préférable à un autre. L'acte d'Arnaud Beltrame redonne momentanément le sens de la hauteur. La confusion nihiliste s'estompe et l'opposition apparaît flagrante entre son sacrifice et celui des djihadistes qui font don de leur vie pour tuer en devenant eux-mêmes une arme de destruction, le plus possible d'apostats ou d'infidèles. Il y a martyr et martyr.

Les attaques de Carcassonne et de Trèbes nous ont sidérés, mais pour la première fois dans l'histoire déjà fournie du terrorisme islamiste en France, l'admiration l'emporte sur l'effroi. Alors que personne n'a retenu le nom du tueur, celui du sauveur s'est inscrit dans la mémoire nationale. Ce n'est pas la fin de la guerre mais c'est déjà une victoire.

Le président de la République dans son discours d'hommage a pointé l'ennemi, «l'islamisme souterrain» comme aucun ne l'avait fait avant lui. Vous reprochiez à Emmanuel Macron d'être naïf sur ce sujet. Êtes-vous rassuré?

«Si le communautarisme notamment religieux a prospéré, c'est bien sur les ruines de nos politiques économiques et sociales. La société statutaire sans perspective de mobilité a créé le désespoir social», disait naguère Emmanuel Macron. Aujourd'hui, il appelle l'ennemi par son nom et il ne transfère pas sur notre société la responsabilité de sa violence. Il semble donc revenu de l'illusion économique qui lui tenait lieu de réalisme. Espérons que cette nouvelle clairvoyance orientera son discours sur la laïcité et inspirera la politique migratoire du gouvernement.

La notion d'État de droit s'impose de plus en plus comme le facteur d'une forme d'impuissance face au terrorisme. La période dans laquelle nous sommes nous oblige-t-elle à revoir notre philosophie du droit, c'est-à-dire à faire primer dans certains cas la sécurité sur nos libertés publiques?

Nous le savons depuis Hobbes, le droit à la sûreté est le premier des droits de l'homme. Quand on est attaqué, il faut savoir se défendre et je ne vois toujours pas ce qu'a de liberticide l'application de la déchéance de nationalité aux titulaires de double passeport qui projettent de tuer des Français pour les punir d'être français.

La mort de Mireille Knoll a provoqué une émotion profonde dans tout le pays. Vous étiez à la marche blanche mercredi 28 mars. Quelles leçons pouvez-vous en tirer?

Soixante-dix ans après avoir échappé à la rafle du Vél' d'Hiv', Mireille Knoll a été assassinée à coups de couteau dans son appartement parisien. Le nouvel antisémitisme prend le relais de l'ancien et fini le travail. Des Juifs d'Île-de-France déménagent massivement parce qu'ils ne sont plus en sécurité. Né quatre ans après la Seconde Guerre mondiale, je n'aurais jamais pensé pouvoir vivre ça. Je croyais les Juifs définitivement protégés par le souvenir d'Auschwitz. J'étais sûr comme Bernanos qu'Hitler avait déshonoré pour toujours l'antisémitisme. Il me faut en rabattre.

Une seule chose me console: lors de la manifestation en mémoire d'Ilan Halimi, kidnappé, torturé et sauvagement assassiné par «le gang des barbares», nous étions entre Juifs, les autres Français n'étaient pas au rendez-vous car les assassins n'avaient pas le bon profil identitaire, ils ne correspondaient pas au portrait-robot de la bête immonde et l'on craignait par-dessus tout de stigmatiser à travers eux la jeunesse en déshérence des «quartiers sensibles». Pour Mireille Knoll, les Juifs n'étaient plus seuls, le règne du déni touche peut-être à sa fin.

La venue de membres du FN et de La France insoumise a perturbé la manifestation…


Le président du Crif a eu la très mauvaise idée d'interdire la manifestation aux représentants du Front national et de La France insoumise. Quand j'ai vu des jeunes gens survoltés profaner le silence du deuil en vociférant des insultes à leur endroit, j'ai éprouvé un sentiment de colère et de honte. Que voulons-nous? Que les militants et les sympathisants du Front national défilent dans les rues en criant «Mort aux Juifs» ou que Jean-Luc Mélenchon dénonce le caractère sioniste de ce rassemblement? Je combats les idées du Front national et je n'oublierais jamais les propos indignes de Mélenchon sur les prétendues accointances de Manuel Valls avec l'extrême droite israélienne, mais le député de La France insoumise a rendu dans l'Hémicycle un très bel hommage à Arnaud Beltrame et il ne revient pas aux Juifs de briser l'union républicaine contre la barbarie qui les vise.

Diriez-vous qu'une forme d'antiracisme féconde l'antisémitisme qu'il voulait combattre?


La parenthèse raciste de l'antisémitisme se referme. Les antisémites du XXIe siècle se veulent antiracistes. Du fait de l'occupation par Israël de la Cisjordanie, ce n'est plus l'étoile jaune qu'ils clouent imaginairement sur l'objet de leur détestation, c'est la croix gammée. «Sionistes = nazis», disent-ils. Ils parlent la même langue que leurs accusateurs et sont donc imperméables à la mauvaise conscience.

Vous avez signé le texte des cent intellectuels contre le séparatisme islamiste, texte publié par Le Figaro. Diriez-vous que le tueur de Trèbes est l'enfant de ce séparatisme?


Le tueur habitait Ozanam, un quartier de Carcassonne, refait à neuf où les journalistes ne peuvent pas pénétrer et où les policiers venus perquisitionner ont été accueillis par des insultes et des jets de pierre. L'arbre des attentats ne doit pas dissimuler la forêt des Molenbeek qui se multiplient sur le territoire national. Élisabeth Badinter a raison: «Une seconde société s'impose insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme voire la sécession.» On ne peut plus fermer les yeux sur cette fracture française.

Cette semaine dramatique a aussi montré une forme de sursaut. A-t-on assisté selon vous à un réveil français?


Sursaut et réveil sont les mots qui ont été prononcés sur les chaînes d'information continue le mercredi 28 mars au soir. Le lendemain sur les mêmes chaînes, il n'était question que de la bataille autour du testament de Johnny Hallyday. La passion du potin a repris ses droits comme si de rien n'était. Tout va très bien la marquise.

http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/03/31003-20180403ARTFIG00251-alain-finkielkraut-islamisme-le-regne-du-deni-touche-peut-etre-a-sa-fin.php

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Re: La résistance

4 Avril 2018, 11:12 Message

Du bon Finkie.
Mais.
Je l'ai vu hier ou avant-hier, je ne sais plus, interviewé sur ces sujets par l'inénarrable Ruth Elkrief sur BFMTV, cette caricature 24/24 7/7 de "JT" servile, cette officine permanente du mensonge spectaculaire et idéologique.
Il a été aussi juste que prudent pour dire assez clairement que l'antisémitisme qui gangrène la France aujourd'hui n'est pas celui, archi résiduel, lamentablement stupide, de "l'extrême-droite", mais bien le fait des populations musulmanes follement importées sans mesure depuis des décennies, au point de faire courir le plus grand danger à notre société.
Mais.
Ruth s'est aussitôt empressée d'apporter la précision canonique : sans doute, mais c'est le fait d'une petite minorité et cela n'implique en rien la grande majorité des musulmans de "en" [NDLR] France, majorité qui en est en vérité la "première victime". Et Finkie de s'empresser à son tour d'enfourcher ce cheval, rajoutant une couche à cet argumentaire éculé et falsificateur.

Or.
Or, ce qu'il faut dire, c'est ce que raconte un Aldo Sterone, entre autres, à savoir que dans presque toutes les familles musulmanes, par "culture" islamique, tradition donc, et du fait de "l'éducation" qui en découle, directe ou ambiante, on ne cesse d'injurier juifs et mécréants de la façon la plus banale voire automatique "sans plus y penser", mais tout en y pensant tout de même, qu'on ne cesse de leur promettre le sort le plus funeste et vil*, que, fatalement, leurs enfants baignent dans ce jus permanent, qu'il faudrait dire aggravé par cet orgueil et ce mépris aussi extrêmes que ridicules, infondés (ailleurs que dans leur complexe, notamment historique, et leur ressentiment) et finalement déplorables pour toute relation sociale telle que les entend notre civilité, orgueil et mépris qui caractérisent l'éducation musulmane en général : le musulman, zélote de la vraie religion contre toutes ses déformations et les abominations amenées notamment par les juifs et chrétiens, haïssant ce monde dominé par le Sheitan et désireux de rétablir sa pureté par la lutte la plus féroce, se croit et se veut supérieur à toute l'engeance humaine qui n'est pas absorbée par "l'Oumma", se pense, lui et les siens, le sel d'Allah.

Or, là, il faut bien dire que la notion de "majorité" et de "minorité" évoquée plus haut au sein de cette population s'inverse. Tout spécialement dans les milieux "populaires", selon le terme imposé de nos jours. Facts, facts, facts.

Voilà ce qu'il fallait dire, ce qu'il faut considérer (et dénoncer) tout premièrement si l'on veut avoir la plus petite chance de comprendre ce qui se trame.

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* et dans les prières/sourates répétées à l'envi...

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Re: La résistance

4 Avril 2018, 18:42 Message

Kandel, foyer des angoisses identitaires allemandes (vu par Le Monde)

« Pour ces "mamans allemandes", comme elles se définissent, c’est une évidence : "Comme femmes, nous sommes en danger. Regardez comment l’islam nous considère. Si on n’agit pas aujourd’hui, ce qui s’est passé à Kandel va se passer partout ailleurs", assurent-elles. Lectrices de Soumission, le roman de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015) qu’elles qualifient de « livre prophétique sur l’islamisation », elles estiment que "désormais, ce n’est pas seulement notre mode de vie, mais notre vie tout court qui est menacée". Pour elles, les agressions sexuelles de la Saint-Sylvestre 2015 à Cologne ont été un tournant. "Le pire, dans cette affaire, c’est le silence des médias et des politiques qui ont mis des jours à réagir et à regarder la vérité, à savoir que les agresseurs étaient pour la plupart des musulmans. Il s’est passé la même chose à Kandel." »

« Dès le 2 janvier, cinq jours après la mort de Mia, une manifestation a lieu à Kandel. Elle réunit 400 personnes. Le principal organisateur est Marco Kurz, un militant d’extrême droite très actif sur les réseaux sociaux et qui rêve d’organiser une "marche sur Berlin" de 500 000 citoyens en colère contre Angela Merkel. Des militants appartenant à des groupuscules identitaires ou néonazis sont également présents.

D’autres rassemblements sont organisés. Ils attirent chaque fois plus de monde : le 28 janvier, environ 1 000 personnes sont présentes ; le 3 mars, elles sont plus de 4 000. "Au fil des semaines, la mobilisation a fait tache d’huile. Grâce à une mobilisation extrêmement efficace sur Facebook, mais aussi sur d’autres plates-formes, comme VKontakte, un réseau social russe très prisé par l’extrême droite..." »

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Re: La résistance

9 Avril 2018, 10:23 Message

Drôme : Plus de 100 personnes pour reprendre la maison squattée de Crest (Le Dauphiné Libéré)

Chose minuscule, mais par temps de démission généralisée...

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Re: La résistance

21 Avril 2018, 08:25 Message

Immigration en Europe : le cri d'alarme de Douglas Murray, le Zemmour britannique
Douglas Murray.



Par Alexandre Devecchio
Mis à jour le 20/04/2018 à 11h23 | Publié le 20/04/2018 à 07h15

ENTRETIEN EXCLUSIF - Dans son dernier essai, L'Étrange suicide de l'Europe, qui est resté près de vingt semaines dans le top 10 des meilleures ventes du Sunday Times, il décrit les conséquences mortifères de l'immigration incontrôlée dans une Europe en voie de désintégration. À l'occasion de la parution de l'édition française de son best-seller, Douglas Murray nous a accordé un entretien exclusif.

Votre livre L'Etrange suicide de l'Europe a été un énorme succès mondial. Comment l'expliquez-vous?

Selon moi, les gens voient partout les mêmes choses et s'inquiètent des mêmes phénomènes. Pourtant, leurs préoccupations et leurs questions les plus légitimes sont systématiquement réprimées. Mais, chaque fois que quelqu'un expose (en l'étayant de preuves solides) ce qu'un grand nombre de personnes pensent, ses propos finissent toujours par résonner.

Vous avez été surpris par la façon dont les politiques ont reçu votre livre. En aparté, ils n'ont pas hésité à accepter vos conclusions.

Depuis toujours, il y a la réalité et ce qui peut être politiquement exprimable. J'ai parlé avec des fonctionnaires français, comme avec beaucoup d'autres sur tout le continent, et ce sont ceux qui m'ont dit en privé les choses les plus accablantes sur l'immigration, l'intégration et la sécurité. Ils connaissent les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Pourtant, en public, ils disent autre chose. Pourquoi? Parce que, pour relever le défi auquel nous sommes tous confrontés, il faudra admettre que plusieurs générations de décideurs politiques à travers l'Europe ont commis des erreurs historiques ou ont été totalement incompétentes.

«La plupart des ­Européens souhaitent sans ambiguïté que les migrations de masse s'arrêtent ou diminuent beaucoup.»

Le plus simple, pour les politiques, est toujours de remettre cette question à plus tard, de mettre un terme à la discussion et de persécuter les gens parce qu'ils ont dit la vérité. Mais ce n'est pas une bonne stratégie à long terme. Le statu quo pourra tenir encore un cycle électoral ou deux. Mais pas plus.

Vous avez exprimé des préoccupations au sujet des associations antiracistes. Peut-on parler de dérive de l'antiracisme?


Ce qui m'inquiète, c'est que les «antiracistes» sont le plus souvent des racistes. C'est le même phénomène pour les soi-disant «antifascistes», qui sont presque toujours profondément fascistes. Il y a des moments où l'antifascisme et l'antiracisme sont nécessaires. Mais, ces derniers temps, les groupes qui se qualifient ainsi sont coupables de ce que le philosophe politique Kenneth Minogue a appelé «syndrome de saint George à la retraite». Après avoir tué un dragon, ils errent autour de la terre à la recherche d'autres dragons à tuer, jusqu'à ce qu'ils finissent, délirant, par donner des coups d'épée dans l'air. La plupart des Européens souhaitent sans ambiguïté que les migrations de masse s'arrêtent ou diminuent beaucoup. Pourtant, tous les groupes «antiracistes» disent que ce point de vue est raciste. C'est une erreur historique. Si l'on abuse de mots comme «raciste» et «nazi», la probabilité est très forte que ces mots ne soient plus d'aucune utilité le jour où l'on pourrait en avoir réellement besoin. La question que je pose aux «antiracistes» est celle-ci: un citoyen français ou britannique qui voit son quartier et sa société changer radicalement peut-il ressentir de la tristesse à ce sujet ou exprimer une opposition sans être qualifié de raciste? Si la réponse est «non», alors nous sommes vraiment très mal partis.

Cette dérive a-t-elle abouti au scandale de Telford, ces milliers de viols collectifs commis par des gangs pakistanais?


Telford est seulement le dernier cas. Des gangs de violeurs ont été découverts à Rotherham, Rochdale, dans l'Oxfordshire et plusieurs autres endroits au Royaume-Uni. Ce sont presque toujours des groupes d'hommes pakistanais (rejoints parfois par des Nord-Africains) qui ciblent des jeunes filles blanches vulnérables, souvent mineures, en tout cas extérieures à leur communauté. Mille cinq cents jeunes filles ont été violées dans une seule ville anglaise. Il y a des causes locales, tribales et religieuses spécifiques, liées en partie à la «culture de la honte» pakistanaise. La Grande-Bretagne a gardé le silence à ce sujet pendant des années. Pour une part à cause de cette sorte de politesse lâche qui existe partout, mais qui est particulièrement répandue chez nous. Mais aussi parce que ces horreurs ont toutes les caractéristiques d'un odieux crime raciste, et que personne ne voulait que cela se sache. Une classe entière de fonctionnaires locaux, de policiers et de politiciens a échoué.

«Dans certains quartiers du centre de Paris et de Londres, tout peut sembler fonctionner. Mais, si l'on va juste un peu plus loin, à Saint-Denis ou à Tower Hamlets, c'est objectivement un désastre.»

Jeremy Corbyn, le chef de l'opposition, a parfois été accusé d'être complaisant envers l'islamisme et l'antisémitisme…

Oubliez le mot «parfois» : «toujours» est celui que vous recherchez. Mr Corbyn voudrait nous faire croire que, ayant passé sa vie à patauger dans les égouts, il n'a jamais remarqué la puanteur. Je n'y crois pas. Que l'homme qui a passé sa vie à absoudre les islamistes ait toujours couvert les pires antisémites… ce doit être une pure coïncidence. Non, Mr Corbyn constitue un vrai problème. Le fait que, en 2018, nous ayons un Parti travailliste taraudé par l'antisémitisme devrait être une source de profonde honte nationale.

Selon vous, la montée de l'islamisme est la conséquence de la faillite des politiques migratoires européennes. La majorité des immigrants ne réussissent-ils pas à s'intégrer? C'est ce que tendrait à prouver l'élection de Sadiq Khan comme maire de Londres…

Je suis fier que Londres puisse élire quelqu'un comme Sadiq Khan. Il n'est pas un maire particulièrement compétent, mais il aide à démontrer que la discrimination mise en avant par les communautés musulmanes est un mensonge raconté par de mauvais acteurs. En ce qui concerne l'intégration au sens large, cela dépend de l'endroit où vous regardez. Dans certains quartiers du centre de Paris et de Londres, tout peut sembler fonctionner. Mais, si l'on va juste un peu plus loin, à Saint-Denis ou à Tower Hamlets, c'est objectivement un désastre.

La vague d'attentats qui a frappé l'Angleterre en 2017 n'a-t-elle pas sonné le réveil de la classe politique?

J'ai abandonné cet espoir. Après les attentats du London Bridge, l'année dernière, Theresa May a dit «trop, c'est trop», mais cela ne voulait rien dire. Qu'a-t-elle fait depuis? Ils se contentent tous de vagues dispositifs bureaucratiques pour résoudre un problème bien plus profond. Sur la base de critères purement juridiques, au moins l'un des attaquants du London Bridge n'aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. Le kamikaze du Manchester Arena n'aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. Le jeune homme qui a déposé une bombe dans le métro de Londres en septembre dernier n'aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. On aurait pu penser que ces questions auraient fait partie des sujets à traiter. Mais non. Une autre attaque se produit et les politiciens disent: «Les entreprises de technologie doivent faire plus pour détecter les contenus extrémistes en ligne.» Il s'agit là d'une question importante, à coup sûr, mais cela signifie qu'il y a des aspects du problème terroriste qui peuvent être abordés et des questions beaucoup plus vastes auxquelles il ne faut même pas faire allusion.

«Nous avons glissé vers une conception étrange, où nous supposons que le reste du monde restera le reste du monde, mais où l'Europe deviendra les Nations unies»

Nos sociétés ont toujours eu des problèmes de sécurité. Mais le terrorisme islamiste est un problème importé, et importé sous la responsabilité directe de nos politiciens.

Vous écrivez que l'opinion publique a très bien compris que «ce qui se cache derrière le terrorisme est une menace encore plus grande». Qu'entendez-vous par là?

La question centrale à laquelle nous devons penser est la suivante: à qui s'adresse l'Europe? Est-ce une maison potentielle pour le monde entier? Ou simplement pour celui qui y fait sa vie? Si oui, où est la maison des peuples d'Europe? Nous avons glissé vers une conception étrange, où nous supposons que le reste du monde restera le reste du monde, mais où l'Europe deviendra les Nations unies. Cette manière de penser préside aux décisions de nos responsables, contre les souhaits constamment exprimés par les peuples européens. A long terme, je pense que ce changement total, cette fragmentation, cette ghettoïsation de notre continent constituent une menace existentielle bien plus grande que le terrorisme.

Vous adoptez un ton particulièrement véhément au sujet de la Suède, pourtant souvent citée en exemple. Pourquoi?


Parce que, en dehors de l'Allemagne, aucun pays en Europe n'a accepté autant de migrants ces dernières années que la Suède. Et personne n'a autant de problèmes. Il n'y a rien à faire pour les Suédois. Plus personne n'a une classe politique aussi ridiculement timide, autocensurée et volontairement aveugle. J'ai fait le tour des banlieues et j'ai vu des quartiers désormais envahis par les crimes, les gangs, les viols et les attaques à la grenade. Presque tous les journalistes sont là pour suivre la ligne du parti et régurgiter les mêmes mensonges. Ils semblent penser que leur travail est de maintenir les mauvaises nouvelles le plus loin possible du public. Donc, comme en Allemagne, le public doit apprendre à lire les nouvelles selon un dispositif de décodage interne, comme on le faisait sous le communisme. Ainsi, lorsqu'un viol est signalé, par exemple, si le nom de l'agresseur n'est pas mentionné, tout le monde sait qu'il s'agit d'un migrant.

Plus largement, vous expliquez la mort de l'Europe par une certaine forme de haine de soi…


Nous n'avons pas eu un beau XXe siècle en Europe, et n'importe qui aurait besoin de temps pour s'en remettre. Personnellement, je suis pour une autocritique robuste, mais je descends du bus quand il est conduit par des gens qui veulent s'anéantir. J'aime l'Europe, et je pense que nous sommes - tout bien considéré - très chanceux. Nous avons produit une culture exceptionnelle et des droits que le monde n'a jamais connus. On me demande parfois si je suis patriote. Selon moi, c'est une mauvaise question. Je ne pense pas aux choses en ces termes. Ce que je ressens, c'est de la gratitude. Je suis reconnaissant pour ce dont nous avons hérité et je sens que je dois le conserver et essayer de le transmettre. Pourtant, des gouvernements aux universités et au-delà, nous sommes dirigés par des gens qui ne veulent pas transmettre ce qui est bon, mais le remplacer.

Certains pensent que la renaissance de l'Europe passera nécessairement par un renouveau du christianisme. Mais l'Eglise est très favorable à l'accueil des migrants…

Il est certain que nous ne pourrons pas conserver ce que nous avons en nous querellant sur nos racines. Et prétendre que le christianisme n'est pas au cœur de ce qui fait de nous l'Europe, c'est faire preuve d'une terrible ignorance. Mais vous avez raison - le comportement de l'Eglise (et pas seulement l'Eglise de Rome, mais aussi les Eglises protestantes d'Europe du Nord) pendant toute cette crise a été très problématique. Certains (en particulier les Eglises protestantes) ont globalement remplacé la croyance en Dieu par la croyance en un activisme social d'extrême gauche. Le Pape a une position qui est insoutenable. Pourtant, je comprends pourquoi il le dit. Et peut-être qu'il remplit l'un des rôles de l'Eglise en le disant. Mais il doit être contredit par les responsables politiques et d'autres, qui doivent dire très clairement: «Nous souhaitons sauver le monde entier. Mais le fait est que nous ne pouvons pas. Et, si nous continuons, non seulement nous ne sauverons jamais Mogadiscio, mais nous pourrions commencer à lui ressembler.»

Diriez-vous que les «populismes» vont aggraver la situation ou, au contraire, qu'ils font partie de la solution?


Les courants politiques dominants continueront à souffrir jusqu'à ce qu'ils s'attaquent enfin aux préoccupations légitimes des peuples européens. Si la classe politique ne répond pas aux préoccupations des peuples, les extrémistes finiront par l'emporter. Comment un citoyen européen peut-il exprimer ses inquiétudes quant à la direction que prend sa société? Quelle que soit sa manière, et surtout s'il n'a pas un doctorat, on le traitera de raciste et de xénophobe. Et, s'il vote pour le «mauvais» parti, il sera rejeté comme «populiste». Pourtant, le vrai problème est clair: plusieurs générations de dirigeants politiques ont fondamentalement modifié nos sociétés sans le consentement et même contre le souhait des peuples. N'est-il pas temps de commencer à y faire face et à y remédier plutôt que d'inventer de nouvelles façons d'insulter le peuple?

Que révèle la troisième victoire consécutive d'Orbán?

Beaucoup de gens critiquent Viktor Orbán. Pourtant, la question est très simple: qui avait raison en 2015? Orbán ou Merkel? Cette dernière a été punie par son électorat et a maintenant l'AfD comme principal parti d'opposition. Le refus d'Orbán de souscrire à l'effondrement des frontières européennes et à la suspension de toutes les règles migratoires était, entre autres, le reflet des souhaits de l'immense majorité du peuple hongrois. C'est une arrogance extraordinaire que les politiciens et les commentateurs à travers l'Europe se permettent de réprimander Orbán, lui qui fait la volonté de son peuple. J'ai vu il y a quelques semaines une photo de lui en train de lire l'édition hongroise de mon livre. On m'a dit que cela pourrait dissuader votre Président de lire l'édition française. J'espère que non!

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Re: La résistance

21 Avril 2018, 09:14 Message

Très bon entretien, merci beaucoup. Il est agréable d'avoir droit à une personne qui pose de bonnes questions, cela amène naturellement à de bonnes réponses.

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