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Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisation

Sur l'islamisation de la France, et abécédaire de l'islam
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Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisation

5 Septembre 2015, 11:09 Message



Les analyses de Maji Oukacha, sont dans son livre très approfondies et ne laissent aucune illusion sur une possible réforme de l'islam qui se trouve pour ainsi dire décortiqué.

Oukacha, musulman devenu agnostique, popularise son livre à partir de thématiques particulières dont celle ci-dessus de la conversion de Français à l'Islam.


https://www.youtube.com/channel/UCiU8hlLbqdubrjQ7qqXYxEg

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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

6 Septembre 2015, 08:14 Message

Interview de Boualem Sansal dans Le Figaro : voici un homme courageux et je suis surpris que les islamistes n'aient pas réussi à le faire taire !
Maintenant je ne suis pas d'accord avec toutes ses analyses mais il m'a semblé intéressant de mettre en ligne son interview.


Vous écrivez: «La religion peut faire aimer Dieu mais elle fait détester l'homme et haïr l'humanité.» Toutes les religions ont-elles un potentiel totalitaire ou l'islam est-il spécifiquement incompatible avec la démocratie?

Toute religion qui sort de sa vocation de nourrir le dialogue entre l'homme et son créateur et s'aventure dans le champ politique recèle un potentiel totalitaire. Par le passé, l'Église catholique a fait et défait des royaumes, marié les princes et éradiqué des populations entières comme en Amérique du Sud. Dans le cas de la religion catholique, il s'agissait d'une dérive. Contrairement à l'islam qui se situe par essence dans le champ politique. Le prophète Mahomet est un chef d'Etat et un chef de guerre qui a utilisé sa religion à des fins tactiques et politiques. Par ailleurs, les textes eux-mêmes ont une dimension totalitaire puisque la charia (loi islamique), qui se fonde sur les textes sacrés de l'islam que sont le Coran, les hadiths et la Sunna, légifère sur absolument tous les aspects de la vie: les interactions avec les autres, l'héritage, le statut social, celui de la femme, celui des esclaves. Il n'y a rien qui ne soit pas encadré et défini dans le détail y compris la manière dont le croyant doit aller faire pipi! Un robot a plus de degré de liberté qu'un musulman qui appliquerait sa religion radicalement. Malheureusement, l'islam ne laisse théoriquement aucune place à l'interprétation des textes. Au XIIe siècle, il a été décidé que le Coran était la parole incréée de Dieu et qu'aucun humain ne pouvait le discuter. Il s'agissait d'une décision purement politique prise par les califes de l'époque qui voyaient leur légitimité contestée. Le prophète lui-même prônait le débat contradictoire autour des textes. La perte de cette tradition dialectique après le XIIe siècle a coïncidé avec le déclin de civilisation orientale.

Dans Le village de l'Allemand (Gallimard, 2008) vous faites le parallèle entre nazisme et islamisme radical. Quel est le point commun entre ces deux idéologies?

Nazisme et islamisme sont deux totalitarismes fondés sur le culte du chef charismatique, l'idéologie érigée en religion, l'extinction de toute opposition et la militarisation de la société. Historiquement, les frères musulmans, qui sont les premiers théoriciens de l'islamisme, se sont ouvertement inspirés de l'idéologie nazie à travers leur chef de l'époque, le grand mufti de Jérusalem, Haj Mohammad Amin al-Husseini. Celui-ci a noué une alliance avec Hitler et a participé activement à la guerre et à la Shoah en créant notamment des bataillons arabes nazis. Lors de sa rencontre avec le chancelier allemand, le 28 novembre 1941, et dans ses émissions de radio, Hadj Amin al-Husseini affirme que les juifs sont les ennemis communs de l'islam et de l'Allemagne nazie. Depuis cette période, l'extermination des juifs, qui ne figure pas dans le Coran, est devenu un leitmotiv de l'islamisme aggravé par le conflit israélo-palestinien.

http://www.lefigaro.fr/vox/culture/2015/09/04/31006-20150904ARTFIG00401-boualem-sansal-du-totalitarisme-de-big-brother-a-l-islamisme-radical.php

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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

6 Septembre 2015, 08:20 Message

Il me semble important de soutenir un des rares intellectuels musulmans à oser combattre l'islamisme.

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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

22 Septembre 2015, 09:59 Message

Ouchaka ferait aussi un bon comique...


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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

28 Octobre 2015, 21:53 Message

Voici un article qui devrait intéresser les lecteurs de ce forum.

Pourquoi veut-on faire de nous des arabes que nous ne sommes pas ? (Blog Salem Ben Amar)

Si un français de souche s'amusait à dire le dixième de ce que contient cet article : il serait envoyé directement en enfer...


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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

6 Novembre 2016, 18:04 Message

Une analyse de l'évolution du débat idéolgique Par Eugénie Bastié
Publié le 04/11/2016 dans le Figaro

UN AN APRÈS LES ATTENTATS DE PARIS (1/6) - Le débat sur l'interprétation des causes du djihadisme en France fait rage entre ceux qui y voient une révolte générationnelle et nihiliste et les tenants de la thèse culturaliste, qui font de l'islam la racine du mal. Premier épisode de notre série d'enquêtes et de reportages que nous publierons jusqu'au samedi 12 novembre.
La dernière cause la plus meurtrière dans le monde, c'est la guerre et le terrorisme», affirme doctement le philosophe Michel Serres devant un parterre de gens venus l'écouter à l'Opéra Bastille le 19 septembre 2016, lors du festival du journal Le Monde. Et d'énoncer une série de statistiques sur les morts sur la route et le cancer du poumon, qui tuent bien davantage que les djihadistes. «Les fabricants de cigarettes sont un million de fois plus dangereux que Daech», poursuit le Pangloss des temps nouveaux, suscitant une standing ovation du public.
Dix mois plus tôt, quelques jours après la macabre soirée du 13 novembre, François Hollande était, lui aussi, applaudi debout devant le Congrès réuni à Versailles. Embouchant sans complexes le clairon du patriotisme, il évoquait la déchéance de nationalité pour les terroristes. Des drapeaux tricolores surgissaient des fenêtres. L'historien Pierre Nora saluait dans Le Figaro le «retour en grâce des symboles nationaux». On relisait Soumission de Michel Houellebecq et Le Suicide françaisd'Éric Zemmour comme des livres prophétiques, là ou naguère leurs auteurs étaient qualifiés de sinistres Cassandre. On disait «Je suis terrasse» pour défendre un monde, un mode de vie, des mœurs. On pouvait croire alors à un virage intellectuel, à la victoire sans appel du «parti du sursaut» sur le «parti de l'Autre», selon la formule d'Alain Finkielkraut. «Le 13 novembre constitue très clairement une rupture. Tout à coup, il n'était plus possible de fermer les yeux», analyse la journaliste Natacha Polony. «Les aveugles sont devenus borgnes», tempère Elisabeth Lévy.

La fin du «rien-à-voirisme»?
Auteur d'un livre sur le déni par la gauche du fait religieux, le directeur du Mondedes livres, Jean Birnbaum, le reconnaît: «Le 13 novembre change tout, on comprend soudain l'urgence absolue de répondre à la question: “Qu'est-ce qu'ils ont dans la tête?”»
Derrière les discours martiaux et les «Nous sommes en guerre», c'est en effet une véritable interrogation sur les ressorts de la «radicalisation» qui se met en œuvre, que n'avaient tristement pas provoqué ni les crimes de Merah ni le massacre deCharlie Hebdo. Pour Birnbaum, le 13 novembre sonne la fin de ce qu'il appelle le «rien-à-voirisme», ce discours prégnant à gauche consistant à disculper l'islam de toute implication dans les meurtres terroristes. Terminées les sorties sur «l'enfance misérable des frères Kouachi» ou «ces monstres produits de notre société» (Edwy Plenel). On n'entendait plus Tariq Ramadan expliquer que le bourreau était un «pauvre garçon, la victime d'un ordre social qui l'avait déjà condamné», comme il l'avait écrit au sujet de Merah. Ou Emmanuel Todd qui, après Charlie, s'exclamait: «Ce qui m'inquiète n'est pas tant la poignée de déséquilibrés mentaux qui se réclament de l'islam pour commettre des crimes que les raisons pour lesquelles, en janvier dernier, une société est devenue totalement hystérique.» La gauche progressiste a été tétanisée par les rafales de kalachnikov de ce vendredi noir: «Les événements de janvier nous somment, ceux de novembre nous assomment», concède alors l'historien Patrick Boucheron dans Le Monde.
«Je crains qu'il ne s'agisse que d'un moment intense et bref où l'on se serre les coudes et où l'on communie dans l'illusion lyrique d'une unité enfin retrouvée», prédisait Pierre Nora. Bien vu. La victoire du «parti du sursaut» sera de courte durée et, très vite, le «parti de l'Autre» reprendra sa vigueur.«La gauche est fascinée par l'islam comme elle l'était par les dictateurs du XXe siècle», dit alors Michel Onfray dansLe Figaro Magazine . Songeait-il à Alain Badiou? La conférence donnée par l'icône de la gauche radicale, quelques semaines après le 13 novembre, est en effet un chef-d'œuvre «rien-à-voiriste» intitulé «Notre mal vient de plus loin». Pour le philosophe français le plus traduit du moment, il convient de «se souvenir que de tels meurtres de masse effrayants arrivaient et arrivent tous les jours ailleurs», puis de rappeler que «la religion a toujours pu être un prétexte, une couverture rhétorique manipulables et manipulés par les bandes fascistes», fascistes eux-mêmes manipulés par «le capitalisme mondialisé». Ce discours tiers-mondiste et relativiste va reprendre une vitalité idéologique avec la réponse sécuritaire donnée aux événements: «Après un moment de sidération, le “parti de l'Autre” a retrouvé des couleurs et des forces avec le projet de déchéance de nationalité et l'état d'urgence», analyse Alain Finkielkraut. Un regain qui culminera en mars avec l'émergence de Nuit debout, venue quelque part «laver» la place de la République, à Paris, de l'hypocrisie «charliste» dénoncée par Emmanuel Todd et du regain nationaliste qui a succédé au 13 novembre. Les policiers, jadis applaudis, sont bombardés de cocktails Molotov. Les drapeaux français cèdent le pas aux slogans antifas et aux drapeaux palestiniens.

Radicalité de l'islam ou islamisation de la radicalité?
On pouvait croire, enfin, que le 13 novembre allait donner raison aux tenants de la thèse culturaliste, qui fait du terrorisme le versant spectaculaire d'un choc des civilisations entre un islamisme conquérant et une Europe affaiblie. Mais en réalité, ce fut l'explication nihiliste, qui fait des djihadistes des désaxés en quête de sens, qui s'imposa. Plutôt que de parler d'islam radical, il convenait désormais de parler d'«islamisation de la radicalité», selon la formule de l'islamologue Olivier Roy, devenu un slogan rassurant pour les réseaux sociaux. «Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste», écrivait ce dernier dans Le Monde dix jours après le 13 novembre. Ajoutant: «L'écrasement de Daech ne changera rien à cette révolte», fondée selon lui sur «le déclassement» et un culte de la violence propre à la modernité. Pertinente puisqu'elle s'appuie sur le constat d'un vrai manque de repères d'une jeunesse en soif d'absolu, la thèse nihiliste a pour défaut de dériver souvent en psychopathologisation du djihadisme. Comme en témoigne l'apparition systématique du mot «déséquilibré» pour désigner les auteurs d'actes terroristes. À tel point qu'on s'interrogera même, pendant plusieurs jours, sur la nature «terroriste» de l'attaque de Nice.
S'ensuit une controverse avec l'universitaire Gilles Kepel qui démontera le concept de «radicalisation» dans Libération, un «mot-écran» dissimulant, selon lui, la réalité d'une idéologie mondiale. Plus proche de la thèse culturaliste, Kepel insiste sur «l'hégémonie du discours salafiste» et la lente maturation d'un djihadisme français dans les banlieues françaises. Pour l'auteur deTerreur dans l'Hexagone, il s'agit bien d'une «stratégie, qui vise à fomenter en Europe, ventre mou de l'Occident aux yeux des idéologues de Daech, une guerre de tous contre tous destinée à faire imploser le Vieux Continent».
Pour Jean Birnbaum, il y a un peu de vrai chez Kepel et chez Roy. Dans Un silence religieux, le journaliste essaie de prendre au sérieux les revendications religieuses des djihadistes, ce qui lui vaudra d'être accusé par Bernard-Henri Lévy dans Le Pointde justifier «le nihilisme des salopards de Daech». «Prêter aux djihadistes un idéal, c'est leur faire un cadeau», estime BHL. Avec une grande maladresse, le premier ministre Manuel Valls résume cet état d'esprit en une phrase lapidaire: «Expliquer le djihadisme, c'est déjà vouloir un peu l'excuser», provoquant la fureur des universitaires.

La guerre civile intellectuelle
Un an après le massacre de novembre, entre une gauche universitaire jugée de plus en plus sectaire et des figures intellectuelles médiatiques coagulées sans distinction sous l'étiquette «réactionnaire», il n'y a plus de dialogue possible. «Que chacun dise franchement ce qu'il a à dire, la vérité naîtra de ces sincérités convergentes», souhaitait Marc Bloch au début de L'Étrange Défaite. «Cette éthique de la vérité que défendait Bloch tend à disparaître, constate Jean Birnbaum. Certains surjouent un climat de préguerre civile où la priorité n'est plus de faire triompher la vérité mais de nouer les bonnes alliances pour terroriser l'ennemi principal. Résultat: un peu partout, on recommence à taire certaines choses de peur de “faire le jeu” de telle ou telle force malfaisante.» Jacques Julliard évoque, lui, une «violence rentrée». «Chacun des camps désespère de l'autre, ils n'échangent plus d'arguments nouveaux», regrette l'éditorialiste.
«Le débat se réduit souvent à des altercations mécaniques entre les restes épuisés du “politiquement correct” et les nouveaux matamores», déplore l'universitaire Pierre Manent. Si Finkielkraut se fait traiter de fasciste pour son Identité malheureuse, lui est mis dans le camp des «collabos» pour sa proposition de compromis exprimée dans Situation de la France. Roy et Kepel, autrefois amis, s'échangent publiquement des noms d'oiseau. Autre indice de ce refus du dialogue entre camps opposés, la lettre ouverte envoyée par Badiou à Finkielkraut dansLe Nouvel Obs, en avril 2016, pour justifier son refus de se rendre à l'émission «Répliques» de ce dernier. «Vous vous êtes irrésistiblement tourné vers le Mal de notre époque», écrit le philosophe marxiste, qui avait accepté jadis de débattre avec lui dans un livre, L'Explication. Le moindre «dérapage» finit au tribunal. «Moi, petit-fils de déporté, suis traité de nazi dansL'Obs. Zemmour est poursuivi pour avoir dit qu'il respectait l'ennemi, mais Serres est applaudi pour nier l'existence de l'ennemi. On marche sur la tête», commente Alain Finkielkraut, qualifiant le climat d'«invivable».

Fin septembre, l'auteur de L'Identité malheureuse débattait avec l'historien Patrick Boucheron sur le thème «Quelle responsabilité pour les intellectuels?». Très vite, le dialogue s'échauffe, vire à l'invective. Une fracture infranchissable apparaît. Tandis que, pour Finkielkraut, le rôle de l'intellectuel est de «dire la vérité», pour Boucheron, sa tâche en des temps difficiles est de «ne pas mettre d'huile sur le feu», de «calmer le débat pour que des voix plus autorisées que d'autres sur des sujets techniques puissent avoir un impact». Et l'historien de critiquer la supposée omniprésence médiatique du philosophe. «Le débat intellectuel est impossible, car vous passez votre temps à me disqualifier. Pour vous, je suis un bateleur de foire, un homme de tréteaux», s'emporte Alain Finkielkraut, menaçant de quitter la salle.
«Le climat intellectuel me fait penser à Sartre méprisant Aron», commente Julliard. Auteur d'une thèse sur l'affrontement de ces deux auteurs majeurs du XXe siècle, Jean-François Sirinelli y voyait la bataille «entre le Bien et le Vrai». Dans la France post-13 novembre, il semble qu'on soit revenu au schéma des intellectuels face au communisme, l'antiracisme pavlovien tenant désormais le rôle du marxisme doctrinaire. Entre ceux qui «ne veulent pas désespérer Molenbeek» et ceux qui, selon la formule de Péguy, «veulent voir ce que l'on voit», la guerre civile est déjà là.

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/04/01016-20161104ARTFIG00345-comment-les-attaques-islamistes-ont-fracture-la-vie-intellectuelle.php

(Il s'agit du premier article d'une série de six.)

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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

19 Décembre 2016, 11:11 Message

Une perspective intéressante au-delà de l'appel à la guerre de l'occident contre l'Islam. Il s'agirait selon ce Tunisien de développer un nationalisme maghrébin opposé à l'islam colonisateur et aux pays arabes source et propagateurs de l'Islam et fondé sur le fait que les maghrébins ne sont pas des arabes. Cette lutte pour éradiquer l'islam dans le Maghreb comporterait un retour aux constituants culturels et sociaux pré-islamiques, et l'adoption des religions de l'occident : le catholicisme, la religion juive ou l'athéisme. La société des pays maghrébins, serait une forme de société à l'occidentale, en rappelant que la domination romaine fait partie de de l'identité préislamique.


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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

30 Septembre 2017, 10:07 Message

Annie Laurent nous donne un avertissement basé sur l'islamisation du Proche-Orient...

https://www.lesalonbeige.fr/annie-laurent-lislam-prospere-toujours-sur-la-faiblesse-des-autres/

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Re: Critiques et analyses fortes de l'islam, de l'islamisati

6 Avril 2018, 18:34 Message

Un extrait de l'interview de Sylvain Tesson dans Le Figaro.

En cela, la France me fait penser aux grimpeurs qui s'approchent toujours au plus près du précipice. Comme l'écrit Jankélévitch: «L'homme brûle de faire ce qu'il redoute de plus.»

Voyez-vous une manifestation contemporaine de ce syndrome?

Faut-il en parler?

Oui.


Eh bien, je dirais: notre tolérance à accepter les discours et les actes de groupes revendiquant notre destruction.

Vous voulez parler des islamistes?

Oui. Je suis frappé par l'état de surprise apparemment sincère de ceux qui ont semblé découvrir le concept de terreur islamiste avec le Bataclan ou Charlie Hebdoalors qu'il date de l'hégire! Souvenons-nous des ravages et des razzias en Provence ou dans le Sud-Ouest au Moyen Age!

Au fond, ces attentats n'ont fait que réveiller la mémoire de gens qui dormaient et n'avaient pas lu le Coran. Ou n'avaient pas voyagé: quand je traversais à 20 ans l'Asie centrale à vélo, je voyais ces manifestations de haine et de violence terrifiantes au Pakistan et en Afghanistan. J'étais alors revenu avec l'espoir que jamais cette proposition sociologique, politique, psychique, administrative et religieuse ne puisse s'exprimer en France. Or, non seulement elle s'exprime, mais elle a déjà remporté des victoires.

Par exemple sur le plan sémantique, où l'on utilise le terme de «radicaux» pour parler des djihadistes alors que le vrai terme devrait être celui d'«orthodoxes» car ils ne font que respecter ce qui est écrit dans le Coran, qui n'est certes pas un livre de développement personnel visant à amener les populations vers la compassion universelle, et dont des «extrémistes» dévoieraient le message…

Pour rester dans la sémantique, comment, au pays de Voltaire, Ravachol etCharlie Hebdo, en est-on arrivé à mesurer ses propos pour critiquer une religion au motif que cela relèverait du racisme? L'islam ne résume aucune race, aucun peuple, aucun pays. Il existe des musulmans ouïgours - donc chinois -, kirghizes, soudanais, maghrébins… Pas plus que critiquer Nietzsche fait de vous un germanophobe ou la pensée aristotélicienne un hellénophobe, dénoncer l'islam ne fait de vous un raciste.


Vous ne croyez pas du tout à l'existence d'un islam modéré?

L'islam modéré est du même registre que les banques populaires ou la musique militaire: c'est un oxymore.


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