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Absurde repentance

Sur l'ethnomasochisme, la repentance et le suicide du pays.
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Re: Absurde repentance

10 Janvier 2013, 12:48 Message

Cette lettre est intéressante mais il manque un élément fondamental : ces algériens ont élévé leurs enfants dans la haine de la France et c'est pourquoi aujourd'hui nous nous retrouvons dans une situation délicate avec ces millions de jeunes beurs qui n'aiment pas notre pays !

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Re: Absurde repentance

27 Février 2014, 23:47 Message

Pharisiens !

"Tout est-il joué ? Oui, si la vigilence que le passé impose continue de nous mettre hors d'état de percevoir l'irréductible nouveauté de la réalité présente. Non, si nous mettons enfin nos montres à l'heure, si nous choisissons de faire face et si nous n'abandonnons pas, sans coup férir, l'idée et la pratique de la démocratie au processus qui porte le même nom. Le temps presse." C'est sur ces lignes qu'Alain Finkielkraut conclue "L'identité malheureuse".

A Finkielkraut paraît enfermé dans une contradiction : à la fois, il condamne la « reductio ad hitlerum » qui empêche l'intellocratie de comprendre les enjeux actuels et, dans le même temps, il partage avec elle la même vision historique. Comment peut-il, pour qu'elle observe la réalité d'aujourd'hui, demander à l'intellocratie d'ôter les lunettes que lui-même chausse pour observer la réalité passée ? Si l'Histoire académique empêche la compréhension du présent, pourquoi ne pas conclure qu'elle est fausse et la corriger en conséquence, plutôt que de recommander la schizophrénie : continuer de réciter l'Histoire mythique, mais aborder l'esprit vierge et critique le présent qui n'est jamais que la suite du passé ?

Quel genre d'Histoire pratique Finkielkraut de concert avec ses collègues professeurs ? Pourquoi cette Histoire tourne-t-elle au mythe ? L'Histoire universitaire n'est ni métaphysique ni scientifique. Elle ignore superbement ses déterminations ultimes, l'Histoire de l'Être, et l'évolution dialectique de ses structures. Dès lors, elle se contente d'aligner les faits divisés par discipline (Histoire des idées, Histoire des techniques, Histoire économique...) et sélectionnés par l'idéologie du moment.

Par crainte des « grandes théories », A. Finkielkraut, plutôt que de reprendre le procès métaphysique de la Technique, accuse internet d'enfermer à elle-seule l'humanité dans le présent et de rompre à elle-seule toute filiation, comme si le Grand Remplacement, la dé-civilisation et la dé-culturation ne précédaient pas l'invention d'internet.

A. Finkielkraut, pour toute philosophie de l'Histoire, rappelle à ceux qui insistent sur ses bégaiements que le présent est par définition ce qui ne s'est jamais produit. Il ignore donc le processus génétique de l'Histoire. Ainsi, ce qu'il nomme "le processus d'égalisation démocratique", plutôt que d'être analysé logiquement, structurellement, est traité comme le premier deus ex machina de l'époque.

Par conséquent, faute d'être contenues par la logique et la métaphysique, les forces idéologiques se déchaînent. En face, les faits pèsent bien peu et le bon sens est sidéré. Les principes narratifs les plus élémentaires disparaissent : les faits accolés deviennent les entités absolues de récits mythiques et manichéens. L'antisémitisme, par exemple, est un mal absolu opposé à un bien absolu, le philosémitisme. Que le parti anti-dreyfusard se soit constitué en réaction au parti dreyfusard (P. Boutang), que Barrès puisse être l'auteur en 1917 des « familles spirituelles de la France», que les milieux traditionnellement antisémites se soient, dans les années 1950, enflammés pour l'aventure sioniste, que les victimes des pogroms aient exterminé les koulaks, voilà qui est proprement incompréhensible pour qui l'indigence métaphysique et scientifique de l'Histoire se double de son effondrement "littéraire" et de son effondrement tout court dans d'immenses trous noirs. Certains faits souffrent d'êrtre surexposés, d'autres existent sans exister tels des fantômes. On n'en parle pas, sinon négligemment, honteusement, sans trop y croire.

Constanzo Preve dénonce comme Alain Finkielkraut la rhétorique de l'antifascisme politiquement correct : l'idéologie unique de la "globalisation", c'est-à-dire du Capital absolu, radicalise l'antifascisme, car s'agissant d'une idéologie religieuse et messianique, elle a besoin d'un Mal absolu. Mais, autrement plus conséquent que Finkielkraut, en finir avec l'instrumentalisation de l'Histoire implique d'abord pour Preve d'exhumer les faits systématiquement refoulés et cachés par l'antifascisme politiquement correct.

"L'antifascisme autonome et la résistance militaire à l'agresseur méritent estime et admiration, mais il doit être clair que dans le même contexte de la Seconde Guerre mondiale, les puissances victorieuses n'étaient en rien meilleures que les vaincues. Dans la Première Guerre mondiale, où les vainqueurs se répartirent comme des brigands les territoires d'un empire ottoman qui avait ses mérites, soumirent la Russie révolutionnaire à un prétendu "cordon sanitaire" et firent éclater l'aire unifiée de l'Europe centrale, il est clair que ce sont les pires qui l'emportèrent. On ne peut en dire autant de la Seconde, à cause du colonialisme de Mussolini et de l'exterminationnisme de Hitler, mais les vainqueurs considérés en tant qu'Etats et groupes dirigeants, ne valaient pas mieux qu'eux.

La liste des exemples serait longue, et je dois ici la réduire au minimum. Auschwitz est injustifiable, mais l'extermination technologique de la population d'Hiroshima et de Nagasaki l'est tout autant, tout comme l'anéantissement de Dresde, à quelques semaines de la fin de la guerre, dont les auteurs furent récompensés par des médailles, au lieu d'être enfermés dans des prisons spéciales. Treize millions d'Allemands furent déportés par des décisions prises à froid et sans aucune raison stratégique, la guerre étant terminée, à partir de terres allemandes comme la Prusse et la Silésie. Au cours de leur transfert, il y eut plus de deux millions de morts, auxquels s'ajoutèrent un million spet cent mille Allemands qu'après le fin de la guerre, en pleine reprise de la surproduction alimentaire, on laissa mourir de faim dans les camps de concentration français et américains. D'autre part, ce n'est pas de leur propre initiative que les Français et les Anglais durent se défaire de leurs empires coloniaux, mais parce qu'ils en furent chassés par les Indiens, les Indochinois et les Algériens, de même que les très "civils" Hollandais par les Indonésiens (C. Preve, Eloge du communautarime)."

Nous touchons là un problème capital : le mythe qui départage les modérés d'un côté et les extrémistes de l'autre en considération de la bonté présumée des premiers et de la réputation de violence des seconds. Les crimes commis sous les régimes dits fascistes ou communistes sont toujours attribués aux dits régimes. Par contre, les crimes commis sous les régimes dits démocratiques, s'ils ne sont pas tout simplement ignorés, ne sont en tout cas jamais attribués aux dits régimes, à leurs classes dirigeantes, à leurs idiots utiles. Dès lors ces régimes fétiches ne peuvent être ni critiqués ni par suite amendés. C'est donc sans être nullement inquiétés que ces régimes planifient au nom du Bien et au su de tous l'anéantissement de l'Irak, ou encore, crime des crimes, le grand remplacement des peuples européens.

On souligne toujours que les régimes autoritaites oppriment l'opposition. Mais de quelle opposition parle-t-on ? Même sous les régimes autoritaires, il y a des partis : les uns sont plutôt de cet avis, les autres de celui-là. Seuls les opposants au régime lui-même sont muselés brutalement. Il se trouve qu'il en va exactement de même dans nos très libérales démocraties : tant qu'on se contente de jouer bonnet blanc contre blanc bonnet, le régime se montre bienveillant, mais qui le conteste s'expose à ses foudres. Les Communards en savent quelque chose, également les camelots, les victimes de l'Epuration et celles du Général sur le retour. Le traitement que M. Valls réserve aux aimables manifestants du dimanche laisse imaginer de quelle férocité le régime serait capable s'il était véritablement contesté.

A. Finkielkraut feint de croire à la sincérité des repentants professionnels que le souvenir de la Shoah accablerait jour et nuit alors même qu'ils n'auraient pas une goutte de sang juif dans les veines. Seuls des enfants peuvent croire qu'une sainte componction puisse jamais fonder une société. Sous des airs défaits, jamais l'époque n'a été aussi suffisante. Exact contre-pied d'une opinion bien établie, la vérité est que l'Europe ne meurt pas d'un excès de mauvaise conscience mais d'un excès de bonne conscience. Quelle suffisance il faut pour faire de l'Europe un droit de l'Homme, pour exporter la démocratie partout, bombardiers à l'appui, pour croire la République capable de convertir toutes les cultures et tous les peuples au "vivre ensemble", pour se croire indestructible et éternel. Si la contre-colonisation est possible, c'est que les Européens n'ont pas renoncé à leur mission colonisatrice. Ils demeurent les instituteurs de l'Humanité. Ayant transféré dans l'ordre moral la prétention qui les scandalise dans l'ordre politique, voir les "races inférieures" qu'ils visitent à chaque vacances venir à eux, au risque parfois de se noyer, comble d'aise le petit professeur qui sommeille en chacun d'eux.

Le magistère de la 17è chambre correctionnelle ne s'exerçant pas encore sur l'Histoire entière, lui mettre sous les yeux les faits historiques qui lui rabatteraient quelque peu le caquet soignerait plus sûrement l'âme malade de l'Europe que les diagnostics imparables.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 09:38 Message

Ce texte est absolument scandaleux et indigne de paraitre sur ce site. Je n'ai pas le temps pour le moment de le réfuter mais je le ferai dès que possible.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 10:00 Message

Ce matin Védrine, le modéré, fut ignoble dans sa défense du boycott par l'Europe d'entreprises d'Israël situées dans les "colonies". Un serpent crachant son venin sirupeux.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 11:55 Message

Mais toute l'élite politique francaise, surtout le Quai d'Orsay, déteste Israel. Il suffit de lire le livre de David Pryce-Jones "Un siècle de trahison : la diplomatie francaise et les juifs: 1894-2007" pour le comprendre.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 12:08 Message

Je souscris à l’avis de Rogemi. Sans doute n’ai-je pas tous les éléments pour comprendre ce texte mais, à la simple lecture, il me semble contradictoire jusqu’à en paraître lui-même quelque peu absurde.
Auschwitz est injustifiable, mais l'extermination technologique de la population d'Hiroshima et de Nagasaki l'est tout autant, tout comme l'anéantissement de Dresde, à quelques semaines de la fin de la guerre, dont les auteurs furent récompensés par des médailles, au lieu d'être enfermés dans des prisons spéciales.
???

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 12:14 Message

Je suis très ennuyé par votre dernier texte, cher Pierre-Henri : il comporte des remarques que je crois justes, mais il tourne curieusement par rapport à vos précédentes contributions, notamment au vu des illustrations et citations que vous faites, qui manifestent un mélangisme auquel vous ne nous aviez pas habitué : quid ?

Seriez-vous atteint par l'ancien antijudaïsme chrétien, et votre royalisme, que je croyais original et tempéré, serait-il somme toute très (trop) classique ? Qu'il y ait ambiguïté à discuter dans les positions de Finkielkraut, soit — ces derniers temps, en effet, il prête le flanc à une telle critique ; que la question de la Technique soit autrement pertinente que celle du "processus " indéfini de "démocratisation", qu'elle induit, certainement ; qu'il faille repenser l'Histoire et reconsidérer (en historien) son récit "officiel" au regard de sa trajectoire actuelle, certainement — mais pas ainsi que vous le faites soudainement : un mouvement d'humeur, un coming-out, une réaction mal maîtrisée ? On ne vous connaissait pas polémiste aveuglé...

J'aimerais que vous nous éclairiez, et que, s'il était possible, un véritable débat puisse s'établir autour de votre contribution, inhabituelle, afin de tirer cela au clair.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 12:59 Message

Constanzo Preve fut de son vivant un grand ami d'Alain de Benoist, le maitre de la confusion philosophique, et comme lui une sorte de gauchiste, pour ne pas dire un crypto-marxiste.

Comment oser mettre sur le même plan les crimes nazis et les bombardements de Dresde !

Je rappelle à ce cher Pierre-Henri que les allemands (Clausewitz) ont inventé le concept de GUERRE TOTALE qu'ils ont d'ailleurs appliqué avec enthousiasme en 14-18 et en 39-45.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 13:06 Message

Treize millions d'Allemands furent déportés par des décisions prises à froid et sans aucune raison stratégique, la guerre étant terminée, à partir de terres allemandes comme la Prusse et la Silésie. Au cours de leur transfert, il y eut plus de deux millions de morts, auxquels s'ajoutèrent un million spet cent mille Allemands qu'après le fin de la guerre, en pleine reprise de la surproduction alimentaire, on laissa mourir de faim dans les camps de concentration français et américains. D'autre part, ce n'est pas de leur propre initiative que les Français et les Anglais durent se défaire de leurs empires coloniaux, mais parce qu'ils en furent chassés par les Indiens, les Indochinois et les Algériens, de même que les très "civils" Hollandais par les Indonésiens (C. Preve, Eloge du communautarime)."


Cette citation est vraiment discutable ! Les russes et les américains ont tout fait pour détruire les colonies des européens afin de nous remplacer...Et nous n'avons pas défendu avec force et convictions nos intérêts.
En voyant l'état actuel de l'Afrique, on est en droit de se poser la question si c'était la bonne solution pour les africains eux-mêmes.
D'autre part, je suis étonné par la donnée du chiffre de un million sept cent mille Allemands morts de faim dans des camps français et américains : je veux bien croire qu'ils n'ont pas été bien traités mais l'auteur nous accuse de génocide !

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 13:55 Message

Rogemi a écrit:Alain de Benoist, le maitre de la confusion philosophique, et comme lui une sorte de gauchiste
je n'aurais pas pensé à le qualifier de la sorte, mais tout compte fait, c'est très "raccord", cher Rogemi ! Mais j'ai déjà dit ma détestation de ce personnage et de tout ce qu'il a emmené dans son sillage. Il est indéniable que lui et les siens refont surface actuellement, et que séparer le bon grain de l'ivraie, de tous les côtés, écraser le moins de vérité possible, faire effort de lucidité et de juste visée est aujourd'hui risqué et difficile comme jamais : le "débat public" est piégé.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 14:57 Message

"Comment oser mettre sur le même plan les crimes nazis et les bombardements de Dresde !"
Qu'est-ce qui l'interdit? Et Hiroshima et Nagasaki ? Et l'invasion de la Pologne par Staline? et Katyn? Il est temps d'en finir avec la vision manichéenne de la deuxième guerre mondiale. Nous payons depuis des décennies cette simplification outrancière au nom de laquelle (pour faire court) on a imposé aux opinions publiques européennes un corset d'interdits et de tabous qui ont annihilé leur capacité à se défendre contre l'invasion qui va les submerger. (Qui ose aujourd'hui vouloir défendre l'intégrité et l'identité nationale est vite cloué au banc d'infamie et accusé de vouloir ressusciter les "nauséabondes" idées qui auraient précipité le monde dans la guerre.)
Les crimes nazis ont été jugés. Jusqu'ici nul n'a jugé les crimes de vainqueurs. En sont-ils pour autant effacés?

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 15:22 Message

Les crimes nazis ont été jugés. Jusqu'ici nul n'a jugé les crimes de vainqueurs. En sont-ils pour autant effacés?

En lisant de telles allégations on reste pantois. Le Droit c'est l'exercice de la force et depuis quand celui qui détient la force serait-il contraint de se juger lui-même ?

On atteint en ce moment le degré zéro de la pensée ...
Dernière édition par Rogemi le 28 Février 2014, 15:48, édité 1 fois.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 15:29 Message

Il n'est peut-être pas indispensable de signaler un désaccord frontal trop brutalement...
Disons, s'agissant de Dresde ou des faits (sans doute à vérifier quant aux chiffres) avancés par Pierre-Henri : vae victis...

Il n'en reste pas moins que la simplification manichéenne et notoirement orientée de notre histoire (depuis 1789, en ce qui concerne la France*...) est un problème très actuel, aux conséquences mortifères. Et que le jeu politique des uns et des autres à partir de cette fabulation est extrêmement dangereux, attention au boomerang !

* je suis en train de lire "L'Ancien régime et la Révolution" de Tocqueville : c'est très surprenant, et riche en réflexion pour aujourd'hui.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 15:30 Message

Vous mélangez tout ! Hiroshima et Nagasaki ont été bombardées pour faire capituler le Japon et afin d'éviter un prolongement de la guerre qui aurait été très coûteux en vies humaines pour les deux camps.
Maintenant il est légitime de se poser la question de savoir si on aurait pas pu s'y prendre différemment : par exemple bombarder une seule ville moins peuplée.

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Re: Absurde repentance

28 Février 2014, 15:39 Message

Je crains que cette discussion ne témoigne surtout de l'exaspération dans laquelle nous sommes tous, à force de subir mensonges imposés, falsifications perverses, propagande éhontée sur fond de déculturation radicale, et manipulations que plus grand monde ne semble du reste tout à fait maîtriser ; avec le caractère délétère des imbroglios dans lesquels tout cela nous emmène, au point que tout s'énerve et que chacun perd le sens de la mesure. Il faudrait résister d'abord à cela.

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