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Absurde repentance

Sur l'ethnomasochisme, la repentance et le suicide du pays.
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Re: Absurde repentance

12 Novembre 2014, 10:11 Message

Cher Pierre-Henri, il me semble nécessaire de réagir tout d'abord sur la forme de votre contribution. Vous faites le choix de n'intervenir ici que de loin en loin — c'est votre liberté —, mais vous le faites avec des textes très longs, plus ou moins composites comme ici, et peu articulés à un dialogue avec ce lieu ou les gens qui y participent — c'est plus ennuyeux. On pourrait me répondre que je suis mal placé pour ce qui est (parfois) de la longueur ou de l'obscurité à force d'ellipses, mais, bon...

J'avoue n'avoir pas eu le courage de lire attentivement tout votre message ci-dessus, bien que le sujet en soit "sensible", comme on l'a vu. Il y a là de votre part de quoi faire plus d'une réponse dans le cadre d'une discussion sérieuse (et même de plusieurs) ; au lieu de quoi vous donnez l'impression, profitant de la libéralité de l'endroit, de "balancer" de temps à autres votre réflexion, ou vos travaux personnels, sans égard. C'est regrettable.

Au reste je persiste également, et, pour le dire en style soutenu (en paraphrasant X. Martin) : l'obsession judéo-maçonnique, je m'en tape le coquillard.

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Re: Absurde repentance

15 Novembre 2014, 17:00 Message

Mohamed Yahya Ould Ciré : « Esclavage et racisme en Mauritanie »


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Re: Absurde repentance

25 Janvier 2015, 20:02 Message

Situer la prétendue repentance dans le projet étatique de paix universelle

Vers 1517, l'Eglise et le dogme auraient failli, plongeant l'Europe dans la guerre civile. Profitant des guerres de religion, l'Etat détourna à son profit l'espérance du Salut : il substitua au Ciel des idôles changeantes, la Nation, la République, la Science, la Race, la Classe..., et se substitua à l'Eglise pour administrer le Progrès et servir l'office. L'histoire a duré jusqu'en 1944 - 1968. Au delà, certes, elle s'est poursuivie : tiers-mondistes et immigrationnistes recyclent le mythe de la Race et de la Classe, quelques républicains rêvent encore de fabriquer le citoyen, quelques souverainistes croient toujours réussir le coup de bluff que de Gaulle lui-même rata... Mais, entre 1944 et 1968, l'Etat a deviné qu'en sacralisant l'Histoire, il avait replongé l'Europe dans la guerre civile et que, cette fois, il ne pouvait plus accuser l'Eglise. (Encore que.) L'Etat inventa donc deux stratégies.

1/ l'Etat opère une nouvelle mutation de la religion, non plus pour sacraliser l'Histoire dont il serait le messie, mais pour accabler une Histoire qui ne serait pas la sienne. De la sorte, il se lave les mains et culpabilise, non, sidére ses administrés. Il accuse l'Europe, la culture européenne, les peuples européens (cette humanité qui se reproduit comme les bêtes sauvages et acquiert péniblement de la génération précédente le peu de savoir qu'elle transmet à la suivante) de nourrir une Bête immonde. Telle serait leur histoire maudite. Mais, en figeant hors du temps et de l'espace la Bête et sa Victime, en faisant du nazisme une aberration "qui échappe au concept" et se transmet comme la peste (brune), en réduisant les Juifs à la figure hors-sol de l'innocence, l'Etat empêche les coupables de comprendre leur Histoire, d'assumer leur faute, de se repentir et, pardonnés, de sortir rectifiés et mûris de l'Histoire. Enfin, l'Etat (symbolisé par les bombardiers du haut du ciel et par les juges du haut de leur tribunal) se glorifie d'avoir combattu, vaincu, jugé et châtié la Bête et de pouvoir à l'avenir renouveler son oeuvre de justice. Ainsi, donc, les administrés, sidérés par un Mal dont ils ne peuvent se racheter faute de l'avoir vraiment commis et que les victimes ne peuvent pardonner sans perdre leur identité, n'ont plus qu'à remettre leur sort à l'Etat qui sauva du Mal victimes et bourreaux.

2/ L'Etat n'entend plus faire accoucher l'Histoire d'une idôle (la Nation, la Race, la Classe...) qui pourrait lui échapper et se révéler sanguinaire. L'Etat va donc sécréter une société exclusivement fondée sur la peur de la guerre. Pour que la peur de la guerre soit entretenue il faut que l'individu tienne plus que tout à sa vie et que les conditions de la guerre soient maintenues. Le marché total en rapportant tout à l'intérêt égoïste fournit la première condition, l'immigration perpétuelle fournit la seconde.


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Obsession judéo-maçonnique

Une fréquentation superficielle des productions intellectuelles - que ne contredirait peut-être pas une fréquentation approfondie - donne à penser que la franc-maçonnerie est une de ces impasses communicationnelles qui permettent à la communication en générale de fonctionner en système clos, sans que la vérité, dont elle feint de faire son objet, ne menace son empire. La langue est la flammèche qui réduit en cendre toute une forêt, vitupère l'apôtre.

Le demi secret ou le secret tapageur dont s'entourent les franc-maçons se prêtent à l'usage que la communication fait de la franc-maçonnerie : clôturer un ordre auto-référentiel, comme tel irréfutable. Ainsi, le Grand Orient se targue de dicter les lois de la République - non seulement celles de la IIIè mais encore celles de la Vè - et les journaux à grand tirage relaient complaisamment les rodomontades de la Loge. Or les mêmes journaux et, j'imagine, le Grand Orient sont les premiers à accuser d'obsession judéo-maçonnique ceux qui donnent foi à leurs assertions... Ainsi, l'intellocratie exclut la franc-maçonnerie du champ de l'Histoire académique - des générations d'étudiants, si elles ne lisaient la une des magazines, quitteraient les bancs de la Sorbonne sans même soupçonner l'existence de la franc-maçonnerie. Or, dans le cadre d'une incidente, d'une notice biographique, les intellectuels signalent fréquemment l'appartenance de tel ou tel personnage à la franc-maçonnerie pourvu que la mention paraisse anodine. Autrement dit, la réalité qu'il n'est pas inutile d'évoquer au cas par cas devient un mythe infâme du moment qu'elle fait l'objet d'une monographie. Voilà donc une semi-réalité dont les effets sont niés - plus exactement sont tabous - sans que son existence le soit.

D'ailleurs, puisque la droite d'honneur est muselée par le pays légal, par l'empire de la communication, pourquoi, plutôt que de gémir dans les catacombes, ne profite-t-elle pas d'avoir été mise au secret, pour tirer parti du secret : pour restaurer, dans le secret des loges, avec les mots de la phénoménologie, l'Eglise que les loges ont détruite avec ceux des Lumières ?

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Des solutions, d'abord

Mes solutions seraient étranges et gâcheraient les analyses qui les précèdent. Est-ce le contenu de mes solutions ou leur présence à l'issue de mes analyses qui est le plus étrange ? Je crains que la seconde hypothèse soit la bonne. Pourtant, que valent, dans un forum politique, les analyses les plus subtiles si elle n'inspirent aucune conclusion ?

Plus encore que l'incapacité de nos contemporains à comprendre ce qui advient, c'est leur incapacité d'imaginer aucune solution aux problèmes qu'ils devinent ou d'imaginer d'autre solution qu'un mal pire que le mal qu'ils devinent - le spectre de la guerre civile - qui explique qu'ils fassent l'autruche, se résignent à faire avec, se contente du "pire des régimes", et, surtout, ne croient plus qu'il fut jadis des hommes d'une autre trempe et qu'il pourrait de nouveau en être ainsi à l'avenir.

Pour convaincre nos contemporains que la médiocrité n'est pas consubstantielle à l'espèce humaine, l'intellectuel ne doit plus compter sur ses lecteurs pour qu'ils déduisent les solutions de ses analyses, il doit s'en charger lui-même, au risque de finir tout nu. Davantage, il doit se tenir aux solutions, car si les solutions contiennent les analyses (comme les axiomes contiennent les déductions), les analyses ne contiennent jamais les solutions.

Subordonner l'Etat à la politique et la politique à la France en instaurant des institutions complémentaires qui ne soient pas la mise en forme politique scellant le triomphe d'un parti sur un autre (les "valeurs républicaines", par exemple, aux dépens de la nation), mais qui soient en concordance avec la nature politique de l'homme ; entreprendre la réémigration tout en refrancisant les Français, en relançant la francophonie politique et économique ; imposer la privatisation de l'islam et l'utiliser comme conservatoire des traditions françaises (inch Allah - ainsi soit-il), voilà des solutions. Ces solutions doivent servir d'axiomes aux analyses des intellectuels et d'espoir aux Français.

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"X a lu Y qui a lu Z qui... donc."

Les intellectuels ont, apparemment, la manie de situer d'abord tout texte qui tombe sous leurs yeux sur l'échiquier idéologique en vue de le comprendre ou pour s'en dispenser. Ce qui suit et précède n'est pas écrit par un intellectuel. Inutile donc qu'ils en cherchent l'abcisse et l'ordonnée.

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De Gaulle ne doit plus être une pièce du piège de la pénitence dans lequel la gauche a fait tomber la droite.

Conséquence d'un calcul politique manqué ou d'une jalousie maladive, de Gaulle s'est retrouvé bien seul : "Je n'aime pas les communistes parce qu'ils sont communistes, je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes, et je n'aime pas les miens parce qu'ils aiment trop l'argent." Ne pas aimer les siens ; étrange, non ? Pour cause, ce ne sont pas les siens qui aiment trop l'argent. Le fond dramatique du paradoxe, la citation le passe sous silence : les siens - la droite d'honneur qui n'aime pas l'argent - sont ceux que de Gaulle aima le moins. Au point de s'en débarrasser, parce qu'il voulut être le seul.
Ayant fait le vide autour de lui, effectivement, il se trouva seul au milieu des affairistes. Pour sûr, aucun d'eux ne lui fit de l'ombre. Il eut sans doute les coudées franches. Mais, quand le vent souffla au printemps 68, le chêne esseulé tomba dans le désert français que les communistes, les socialistes et les affairistes piétinèrent pour que rien ne repousse.

La droite d'honneur a tort de seulement vitupérer son bourreau : elle laisse croire que de Gaulle n'est pas l'un des siens. Il lui faut clamer en toute occasion le contraire : aussi radicales et tragiques furent les conséquences des rivalités machiavéliques et des différents historiques qui opposèrent de Gaulle à sa famille spirituelle, reste l'amour commun du pays réel qui politiquement l'emporte sur tout. En tenant ce discours, la droite d'honneur trouverait un moyen d'enrayer la récupération générale du grand homme par tous ceux qu'il méprisait et de retirer à son profit la légitimité politique qui lui fait cruellement défaut.

L'homme d'honneur devrait s'adresser comme suit aux marchands du Temple. "Cosmopolites de tous poils, cessez d'invoquer la mémoire de De gaulle : il est des nôtres, il vous exècre, laissez-nous en parler. S'il fut notre bourreau, c'est à la suite d'une querelle de famille, dont il fût l'enfant terrible et la calamité. Mais il fut aussi le dernier des nôtres à exercer le pouvoir. Or, il ne semble pas que la France ait gardé un mauvais souvenir de la droite maurassienne au sommet de l'Etat... Elle peut donc se tourner sans crainte vers une famille si injustement décriée par la faute d'une querelle fatale et d'un enfant terrible."

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L'ère post-hitlérienne

Cher Didier Bourjon, c'est incidemment que vous concédez que la mémoire de la Shoah souffre quelques dévoiements. A cela deux observations. La première. Quand A. Besançon décrit ces dévoiements, il n'abandonne rien à quelque contradicteur ; il rend compte d'une vérité sans rien concéder. La seconde. Si l'on entend Ulrich Beck ou Ken Livingstone cités par Finkielkraut, les conséquences de ces dévoiements sont de la première importance. Le premier : "Si nous voulons exhumer la conscience originelle du cosmopolitisme au fondement du projet européen, la mémoire collective de l'Holocauste en constitue l'archive la plus évidente." Le second : "Je suis déterminé à protéger les musulmans de Londres contre de telles restrictions [l'interdition du voile islamique à l'école] qui sont un pas vers une forme d'intolérance religieuse que l'Europe, témoin de l'Holocauste, avait juré de ne pas répéter. [...] Les Français auraient-ils oublié ce qu'il advint en 1940 quand on commença à stigmatiser les Juifs ?"

Le temps qui passe n'émousse pas la mémoire, observe Finkielkraut. Zemmour ajoute : après guerre, sur la lancée des siècles, les nations européennes donnèrent le change ; un de Gaulle put faire croire que le train de l'Histoire avait encore une locomotive jusqu'à ce que 68 livre le verdict de Finkielkraut : "le temps brise la continuité historique et nous introduit, peu à peu, dans l'ère post-hitlérienne". L'ère-post hitlérienne est celle du passé pur : l'histoire depuis ne fait que bégayer, comme écrit Télérama. Notre monde, dirait Gauchet, est la copie du temps originel où la démocratie libérale occidentale découvrit le Mal qu'elle avait terrassé.

L'ère post-hitlérienne est celle de l'hébétude. La servitude volontaire de l'opinion publique européenne, toujours prête à reprendre sans réserve ni délai le moindre mot d'ordre en provenance du Pouvoir, est l'aspect le plus frappant de l'ère post-hitlérienne qui, par un retour aux mentalité des sociétés sans Etat, garantit l'obéissance par la dépossession et non par l'imposition. Dans cet univers, expliquer exclut de passer du côté de ce qui est expliqué, expliquer c'est poser dans l'acte de pensée la séparation du principe de ce vous pensez. "Parce qu'il ne se laisse pas saisir par le concept, l'évènement échappe aussi à l'oubli." Le refus de comprendre au sens moderne du terme, par appropriation, par identification, situe la Shoah dans une altérité absolue qui fonde l'ordre politique de la pensée post-hitlérienne par dépossession.

L'ère post-hitlérienne est celle du pure formalisme. La Shoah porterait une accusation absolue de l'intériorité. "Conçue comme l'antithèse de l'Europe qui a enfanté la catastrophe, [l'UE] doit veiller à remplacer l'intériorité par les procédures. Car qui dit "intérieur", dit aussitôt "extérieur". Qui dit "nous", dit "eux". Qui cultive la chaleur du dedans institue par là même un dehors inquiétant et hostile."

Ces trois interprétations de la Shoah dessinent ce que beaucoup appellent la religion civique de la Shoah sans jamais plus d'explication. En effet, on reconnait les trois orientations fondamentales de l'option religieuse. Le mythe discrédite la raison, le passé le présent, l'Autre l'identité, parce que la Shoah est déclarée incompréhensible, insoluble dans l'Histoire et étrangère à l'Europe. Cette extériorité absolue ronge d'elle même l'intériorité rationnelle qui est la cohérence, l'intériorité gnostique qui est connaissance, l'intériorité vivante qui ordonne la volonté à l'esprit, l'intériorité collective qui est la nation

La Shoah n'est pas un crime de l'intériorité, il est un crime de la modernité qui regrette l'intériorité et qui enfermée dans l'objectivité naïve la confond avec l'identité d'une collection. Finkielkraut vient de lire "Crime et utopie : nouvelle enquête sur le nazisme". Cette lecture annonce peut-être que l'ère post-hitlérienne prend fin. Il ne s'agit pas d'oublier : l'oubli parachève le travail létal de l'extériorité. Homo festivus est le produit de l'oubli. Il s'agit d'intérioriser la Shoah : contre les gardiens sourcilleux du culte, lui rendre sa raison (sa place dans la modernité), son histoire (l'enchaînement fatal des faits), son lieu (les nations européennes).

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Intérioriser la Shoah

Qui dit "nous", dit "eux" avertissent les cosmopolites de marché. D'abord, cette opposition n'a rien de suspecte. Elle est une condition du dialogue : pour faire l'expérience du décentrement, encore faut-il avoir un centre. Ensuite, dans le cas qui nous intéresse, l'opposition entre "nous", les Européens, et "eux", les Juifs, est très largement construite après coup. Si l'on sort du pré carré européen, cette opposition s'évanouit. Dans son "Discours sur le colonialisme", Aimé Césaire exprime sans détours, sans besoin de convoquer les Khazars, le jugement de quatre continents : "Ce que le bourgeois humaniste du XXè siècle ne pardonne pas à Hitler n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme : c'est le crime contre l'homme blanc, son humiliation [...]." La sortie récente d'un édile au sujet des Tziganes (dont Hitler, selon lui, n'aurait pas suffisamment réduit le nombre) justifie le cynisme de Césaire. Le géostratège qui enrôle Israël et l'Europe sous la même bannière occidentale ne semble pas davantage croire dans le mythe de l'Altérité. La solidarité d'état renchérit sur cette pente oecuménique : les intellectuels qui entretiennent le souvenir de la Shoah ne manquent jamais de souligner combien l'extermination des Juifs a décimé les milieux intellectuels. L'hommage de l'intelligentsia européenne à sa forte composante juive est toujours l'occasion de rappeler combien les Juifs furent au coeur de la culture européenne. Le théologien remarque que "la religion du désert" au centre duquel s'élèvait un buisson ardent prospéra dans l'Europe forestière médiévale et se dessécha dans les dunes de Médine. Par conséquent, le discours sur la Shoah comporte une première contradiction : ceux qui accusent le fossé entre "nous" et "eux" pour attribuer la faute aux premiers et l'innocence aux seconds sont ceux-là même qui visiblement se sentent très proches de cet "Autre" blanc, instruit, cultivé, tellement européen.

"L'Europe témoin de l'Holocauste"? Toute une imagerie aime représenter le Blanc jouissant au spectacle de la souffrance qu'il cause chez les autres : le colon assis sur la chaise sous laquelle ploient les porteurs noirs. Le Blanc ne connaitrait ni la faim ni le fer dans la chair ni aucun des malheurs dont il aurait accablé le reste de l'humanité. L'amnésie européenne ne porte pas seulement sur le communisme, comme le pense Besançon, elle porte sur l'ensemble des tragédies qui l'ont frappées. Si la Shoah occupe tellement les esprits, c'est qu'elle est interprétée comme une tragédie extérieure à l'Europe, un crime que l'Europe aurait commis contre d'autres ; si le communisme est oublié, c'est qu'il est impossible d'en expulser les victimes dans un ailleurs factice. L'historien qui, dans mille ans, aura peut-être oublié l'enchaînement des évènements, tendra à confondre dans une seule les deux catastrophes, celle qui vida violemment l'Europe centrale et orientale de ses peuplements allemands et germanophones et celle qui, à la même époque, anéantit les populations juives qui bien souvent étaient également germanophones. Peut-être même sera-t-il frappé d'observer d'autres disparitions, presque concommitentes (que vaudra l'espace de quelques décennies dans mille ans ?) : celles des langues et des us régionaux, celles des nations, celle des paysans (aspirés par les villes mais également exterminés en Vendée ou en Ukraine), celle de l'Eglise, celle des Blancs... Ashkénaze, Allemagne, Eglise, paysannerie, langues... Toutes oeuvres détruites qui germèrent dans le secret immémoriale de l'intériorité européenne.

A qui profite l'amnésie ? Si la chaleureuse intériorité européenne a été détruite de l'intérieure, sans l'assaut de quelque armée formidable (péril jaune, et autres fantasmes), c'est peut-être qu'une extériorité glacée s'y était introduite. L'accusation se renverse : la communauté décriée est la victime d'un mal : l'extériorité indifférente, la Lumière morte de la Modernité. Accusation insupportable à l'Europe des Lumières de l'Extériorité, d'où le déni entêté de la vérité qui pousse à transformer la victime européenne des Lumières blafardes en monstre, en bourreau de l'Autre à l'extérieur (les Jaunes, les Noirs), mais surtout, pour que la frontière soit bien étanche, de l'Autre à l'intérieur (les Juifs). Ainsi, ce n'est plus l'Allemagne (sans même restreindre la responsabilité au parti nazi allemand) qui a commis le génocide, mais "l'Europe qui a enfanté la catastrophe". Le sort très variable des Juifs selon qu'ils ont bénéficié ou non de la protection de leur Etat national ne doit surtout pas être souligné : cela risquerait de réintroduire l'Autre au sein des communautés nationales et de leurs histoires.

"L'UE, antithèse de l'Europe qui a enfanté la catastrophe" ? La condamnation de l'intériorité accompagne l'objectivation de l'intériorité, l'expulsion de la communauté affective dans l'extériorité : elle a projeté la communauté dans l'avenir de l'utopie, elle a confondu la communauté et la collection homogène. L'eugénisme de la "Grande Révolution", celui de la sociale-démocratie suédoise, les rêves exterminationnistes qui remplissent la littérature SF prouvent que la Shoah est un produit de la modernité. L'UE n'est donc pas l'antithèse de l'Europe qui a enfanté la catastrophe. La Shoah est une tentative non pas de restaurer l'intériorité perdue (la communauté politique) mais l'homogénéité, à savoir la seule unité possible dans une société atomisée. Si l'UE prend le contre-pied d'Hitler en exaltant l'hétérogénéité, elle partage son objectivité naïve, bref sa modernité. L'individu faisait horreur à Hitler tant qu'il n'était pas assemblé en collections homogènes. L'UE prend l'individu tel quel pour en faire un consommateur homogène. L'un et l'autre ne connaissent que des individus - il faut le purifier pour l'un, il faut le métisser pour l'autre - et, en son nom, commettent le même type de crimes utopiques : au nom des droits de l'homme et de l'économie, qu'a-t-elle entrepris l'UE sinon un génocide inédit encore plus sophistiqué, encore plus invisible (presque indolore), encore plus inéluctable, encore mieux administré, beaucoup mieux justifié et mieux accepté que le premier ?


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On me reproche le temps mis à répondre. Aussi étrange que cela soit, je ne peux pas faire plus vite. Il est d'ailleurs cocasse de se voir adresser ce reproche quand on n'a soi-même reçu aucune réponse. Le seul qui en promit une n'a pas encore tenu parole. Son enquête est peut-être toujours en cours. Un million sept cent mille morts n'est pas un détail : soit Preve ment et un tel mensonge devrait déclencher une affaire Preve-Branca-Maffesoli-Krisis, soit Preve dit vrai et une telle vérité devrait déclencher une crise de régime. L'indifférence des intellectuels, seuls capables d'en juger, est un mystère.


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Que le régime fasse peur au bourgeois, que la promesse d'un autre régime le rassure

La Vè République a duré le temps d'un Consulat : elle n'a pas survécu au départ du Général. Elle ne le pouvait pas, car un grand homme ne se présente pas au suffrage tous les sept ans. Elle est donc un mauvais régime ; la France est donc toujours à la recherche d'un régime.

Instaurer un autre régime suppose que l'actuel tombe. Un régime ne tombe que s'il a perdu tout crédit. Or le régime en vigueur réussit à faire croire qu'il est indépassable en se présentant comme le pire à l'exclusion de tous les autres. En conséquence, toutes les critiques qui lui sont adressées glissent sur l'humble profil avant d'être absorbées dans le marché unique des idées. Le régime nul mais sans concurrent n'est donc pas près de tomber. Les représentants auto proclamés du pays réel qui annoncent chaque année sa chute imminente se bercent d'illusions.

Il est un autre régime qu'aucune Kolyma ne semble vraiment ébranler : le communisme. A cela une raison suffit : avoir gagné la guerre aux côtés des EU. Néanmoins, aucun crime n'enlève au communisme son crédit parce que le communisme fait miroiter une omelette si belle qu'en regard les oeufs ne valent rien : le rêve (l'omelette) rachète la réalité (les oeufs cassés). Plus insidieux encore, les crimes consentis attestent la grandeur du rêve. En allonger la liste s'avère inutile. Pour jeter la suspicion sur le communisme, il faut mettre à nue la promesse : accuser le fond pervers de la morale communiste - l'institutionnalisation du vol sous couvert de collectivisation, la collectivisation sous couvert de communauté, la délation de tous par tous sous couvert de civisme, le triomphe des grandes gueules sous couvert de démocratie, etc.

Quelle faille le pays légal peut-il bien comporter ? L'actuel régime tire gloire de ne promettre aucune omelette, c'est sa part de réalité. Mais en contrepartie il assure ne commettre aucun crime : la paix dans la médiocrité. J'en conclue qu'il ne sert à rien d'ajouter les critiques aux critiques du nihilisme hyper-démocratique : l'homme hyper-démocratique est prêt à tous les avilissements pour conserver l'assurance de son confort et de ses droits. L'hyperdémocratie n'a pas même besoin de cacher ses crimes car, pour ses fidèles, il est impensable, honteux même, de lui en attribuer. Qu'un Preve évoque (et, d'ailleurs, pourquoi se contente-t-il d'évoquer ?) un million sept cent mille victimes dans des camps français et américains, qu'un Lesquen révèle en passant (pourquoi en passant ?) que dans les années d'après-guerre le bourgeois apprennait dans le Figaro le coût de fonctionnement des camps où des centaines d'enfants internés avec leurs parents collaborateurs mouraient de faim, le scandale gonfle aussitôt non à cause des faits rapportés que personne ne vérifie, mais à cause de ceux qui osent les rapporter... Un matin, une journaliste de France culture voulait qu'un frontiste fasse sienne la formule de Camus, "le grand remplacement". Les mots ont un sens, sifflait-elle, menaçante. De toute évidence, le crime à ses yeux consiste moins à dénoncer le fait, évident, connu de tous, qu'à le nommer, à lui donner son sens, du moins, un sens tragique, bref à briser le grand tabou : le régime le plus médiocre ne peut commettre de crime et ne peut entraîner ses fidèles vers les affres de l'Histoire.

Pour jeter la suspicion sur l'hyperdémocratie, il faut dénoncer sa promesse : la médiocrité ne préserve pas des malheurs de l'Histoire, au contraire. Pour ébranler l'hyperdémocratie, il faut que le régime commence à inquiéter le bourgeois. Il faut écrire le livre noir du régime pour ne plus toujours attribuer les crimes à la gauche quand on est de droite, à la droite quand on est de gauche, au libéralisme ou au socialisme, voire à l'imagination complotiste des obsédés du judéo-maçonnisme... Mais cela ne servirait à rien et même ne se produirait pas, tant que le régime ne souffrirait d'aucun concurrent. Si jamais le bourgeois prenait peur, comment ne ferait-il pas l'autruche si personne ne promettait un régime meilleur, un bon régime, dans lequel placer quelque espérance ?

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Re: Absurde repentance

26 Janvier 2015, 11:02 Message

Je ne "concède" rien, moins encore "incidemment".
Relisez.
Au reste, j'en reviens encore et encore à la même réflexion : vous menez, à l'évidence, une réflexion toute personnelle, à certains égards originale, à certains égards intéressante, mais vous ne dialoguez pas (ou alors très occasionnellement, d'une phrase prétexte). Or, ici, c'est un forum... Il me semble, si je puis me permettre, qu'un blog conviendrait mieux à votre expression, où l'on peut fort bien réagir à ce qu'on lit ici ou ailleurs. Du reste, ce serait un bon moyen de départager l'expression pleine de votre cheminement, de vos pensées, et la discussion par ailleurs ; vous pourriez peut-être dès lors intervenir mieux sur ce site, ou sur d'autres.

Au reste, vous avez toujours, deci delà, des obscurités — qui s'expliquent sans doute par des contorsions qui ne vous sont pas naturelles, en vue d'éviter ce que vous pensez ne pas pouvoir dire, tout en le disant. C'est ennuyeux. Ou alors, auriez-vous l'esprit brillant, instruit, fin, mais faux, comme l'on dit ? C'est qu'on en a déjà vu de tels... Sur "l'obsession judéo-maçonnique", cela va plutôt bien (autre message) ; sur la Shoah, cela me semble curieusement alambiqué, un mélange de choses justes et de bizarreries assez contraires à l'histoire. Sans compter un certain tropisme de "mise sur le même plan" de différents phénomènes, qui est tout à fait fautive (intellectuellement).

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Re: Absurde repentance

18 Mai 2015, 12:45 Message

« "Le jour où les navettes voleront toutes seules et que les plectres joueront d’eux-mêmes, il n’y aura plus besoin d’esclaves". Aristote par cet aphorisme implacable croyait avoir définitivement rangé la servitude dans la catégorie de la nature. Il n’imaginait pas que le machinisme puisse un jour permettre de supprimer cette inéluctable nécessité : l’esclave était un outil parleur indispensable pour faire fonctionner une société policée. Cette justification économico-sociale reposant sur la guerre et la traite permettait de conforter le bon sens populaire selon lequel "le jour où les poules auront des dents... ", tout serait possible.

Plus tard cependant Karl Marx et ses émules mirent un grain de sable dans ce mécanisme rationaliste en décrétant que les sociétés antiques qui ne disposaient que du moulin à bras avaient inventé l’esclave, que les sociétés médiévales munies du moulin à eau avaient créé le serf et que finalement la machine à vapeur avait suscité le prolétaire. L’esclave, cet objet indispensable, aurait donc fui sa condition d’homme-machine remplacé par le moteur qu’Aristote n’arrivait pas à imaginer. Or les totalitarismes du xxe siècle ont amplement démontré qu’il était possible de faire descendre l’homme dans des conditions sociales pires que celle de l’esclave antique, du serf médiéval et du prolétaire industriel, celle des camps de concentration.

La mise en servitude de l’homme est donc une constante de l’Histoire. Ni la raison raisonnante ni la technique automatique n’ont pu en venir à bout. Pour que la loi de nécessité ait fini par être brisée, il doit y avoir d’autres causes que celles du progrès rationnel et scientifique. Didier Bondue les a cherchées dans la période prétendue obscure de la fin de l’Antiquité et des débuts du Moyen Âge. Il a mis en exergue deux événements qui bouleversent et renversent le statut des asservis de type antique : la fixation au sol des colons en 378 par l’empereur romain Valentinien Ier et la première apparition en 918 du terme sclavus dont on connaît l’étonnante fortune, puisqu’il fait disparaître de notre langue le mot latin servus qui a donné serf. Sur cette longue durée de plus de six siècles, dans l’espace de la chrétienté européenne les asservis de type antique ont fini par disparaître. La cause ? Allez, forçons le trait, car il s’agit d’une cause formelle, aurait dit Aristote, mais une cause qui fut monnayée en d’innombrables variations : "Il n’y a plus ni esclave ni homme libre". Cette phrase de saint Paul répétée au moins à trois reprises dans ses lettres a fini par faire comprendre ce que déjà les stoïciens avaient affirmé, à savoir que les esclaves sont des hommes. Donc l’égalité et la liberté entre tous les hommes pouvaient devenir une réalité sociale. Le lecteur pourra comprendre ainsi comment Didier Bondue, par un dépouillement exhaustif des documents, qu’ils soient conciliaires, notariés, etc., démontre qu’après une phase de crispation romaine, celle dite des invasions durant laquelle sont jetés pêle-mêle de nombreux libres dans cette catégorie, la situation des asservis s’améliore lentement. Progressivement des exigences minimales font leur chemin. L’affranchissement romain, puis chrétien, est déjà une manière de reconnaître que l’esclave est un homme en puissance. À plus forte raison quand, dans certains cas, le témoignage en justice d’un asservi est accepté. Le statut juridique finit par l’emporter sur la réalité de l’avilissement économique. La liberté devient un avantage attirant surtout lorsque l’Église l’impose pour le mariage et le sacerdoce. Impossible alors de vendre séparément au marché deux époux. Impossible de communier de la main d’un esclave. Impossible aussi de plus en plus ’acheter ou de vendre des prisonniers de guerre lorsque l’Église les rachète ou que la traite se réduit en un ruineux commerce de transit . Un changement décisif se produit à l’époque carolingienne lorsque Charlemagne interdit la vente d’esclaves en dehors de l’Empire, qu’ils soient chrétiens ou païens. Et la pensée des lettrés de la génération de son fils Louis le Pieux va dans le même sens lorsque Claude, évêque de Turin, n’hésite pas à écrire en 822, toujours en partant de saint Paul, que l’esclavage est incompatible avec le christianisme. Ainsi s’explique qu’au cours du Xe siècle l’asservissement de type antique finisse par disparaître, sans aucune interdiction formelle, littéralement asphyxié. Et ceci sans aucune révolte servile pendant six siècles, au contraire de celles des Bagaudes en Armorique en 435-437 ou des noirs Zendj dans le bas-Irak en 863-894.

Cette analyse très fouillée de Didier Bondue met donc en relief une nouveauté absolue : le pouvoir révolutionnaire indirect de la spiritualité chrétienne sur une société esclavagiste. Encore faut-il souligner que la zone concernée va de l’Elbe à L’Èbre et de la Manche au détroit de Messine. Cette petite chrétienté occidentale est cernée de tous côtés par une pratique intensive de la chasse à l’homme, que ce soit au nord avec les pirates vikings ou bien au sud avec les corsaires musulmans. Il arrive même que des Normands débarquent dans leur port de Dublin en 861 des noirs razziés en Mauritanie. Que ce soit par les fleuves russes ou par l’Atlantique la petite Europe chrétienne, se libérant de la servitude, est quasiment encerclée par des terres d’asservissement. Certes le servage, sous-produit résiduel de la situation précédente, a perpétué des mentalités retardatrices, mais les phénomènes religieux, paganisme ou islam, ont maintenu le recours à l’outil parleur. Il fallut attendre encore mille ans pour que les propos de Claude de Turin finissent par être repris par Condorcet pour être appliqués au monde entier. Mais ceci est une autre histoire. Pourtant les horreurs de ce fléau avaient déjà été dénoncées par une saga chrétienne irlandaise : "Nombreux furent les nobles femmes et les humbles servantes, les jeunes bien éduqués et les guerriers courageux qu’ils déportèrent en esclaves soumis par delà l’immense mer verte. Hélas beaucoup avaient les yeux brillants remplis de larmes, abattus de chagrin et de désespoir devant la séparation d’un père et de son fils, d’une mère et de sa fille, d’un frère avec un frère, d’une parentèle avec sa race et sa tribu". Tant il est vrai que le chaud langage du cœur met du temps à l’emporter sur la froide raison et que la liberté a pour pire ennemi l’intérêt. »

De Servus à Sclavus, Préface, Michel Rouche

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Re: Absurde repentance

18 Mai 2015, 18:33 Message

Je ne voudrais pas jouer au pète-sec mais il est dommage que vous ne donniez pas les références complétes de ce bouquin cher Didier.

La fin de l'esclavage antique (371-918)
De servus à sclavus
Didier Bondue
Préface de Michel Rouche,

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Re: Absurde repentance

10 Octobre 2015, 18:08 Message

Ecole primaire : l'enseignement de l'histoire de l'esclavage ajouté in extremis (Libération)

« "Les gens ont une propension à partir en vrille… A voir des intentions politiques là où il n’y en a pas", soupire Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes (CSP). »

Ben voyons... On tiens vraiment à nous prendre pour des quiches !

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Re: Absurde repentance

10 Octobre 2015, 21:44 Message

Et encore :

Enseignement de l'Afrique à l'école, un oubli coupable (Libération)

« Ce ne sont pas seulement les enfants d’origine africaine, nombreux dans nos classes, qui méritent de connaître les aspects les plus brillants du passé de leurs ancêtres, mais tous les élèves si on veut leur éviter l’étroitesse de vues, les préjugés et les retombées d’un racisme hélas toujours vivace. »

Ah, je croyais que l'Afrique n'avait jusque-là pas vraiment réussi à "rentrer dans l'histoire"...

Et ceci : « Les responsables de la rédaction de ces programmes doivent reprendre leurs esprits, ne pas se laisser intimider par des préjugés d’un autre âge ». D'un autre âge ? Celui de la pensée magique, sans doute ? C'est pourtant celle qui prévaut de nos jour, et cela ne s'arrangera pas si l'on continue à ce train dans le délirium tremens.

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Re: Absurde repentance

7 Janvier 2016, 08:27 Message

Podemos, le parti espagnol d’extrême gauche, voudrait que l’Espagne demande pardon aux musulmans pour la prise de Grenade il y a 524 ans.
Posted: 06 Jan 2016 01:20 PM PST

(NDF.fr)

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Re: Absurde repentance

3 Novembre 2016, 09:48 Message

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Re: Absurde repentance

8 Décembre 2016, 10:32 Message

Ce n'est pas un gag.

Les pharmacies suédoises sont-elles racistes? (Sputnik)

« Eva Fernvall, chef du service relations publiques du réseau suédois des pharmacies d'État Apoteket, a dû présenter des excuses publiques de la part des pharmacies sur Sveriges Radio pour ne pas avoir proposé de pansements qui arrangeraient les "nouveaux Suédois".

"Nous avons honte de ne pas avoir pensé à ça nous-mêmes", a-t-elle déploré et a promis qu'Apoteket essayera de trouver un fournisseur de pansements foncés le plus rapidement possible. »

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Re: Absurde repentance

16 Mars 2017, 09:14 Message

Une « Fondation pour la mémoire de l’esclavage » dans l’hôtel de la Marine ! (Bd Voltaire)

« Comment et où cette idée a-t-elle germé ? Devinez…

Elle a germé dans la tête de M. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, chargé par François Hollande d’un comité de pilotage pour « l’activation de cette mémoire ». Et M. Zinsou a piloté, puis rendu son verdict à Bernard Cazeneuve, notre propret Premier ministre chargé des espaces verts et des cimetières jusqu’au 7 mai prochain.

Ambitieux, le projet de M. Zinsou stipule que cette fondation "devra établir un pont entre l’Europe, l’Amérique, les Antilles et l’Afrique, diffusera la connaissance de l’esclavage, de la traite et du combat des abolitionnistes, et réfléchira à l’édification d’un mémorial aux esclaves (avec les noms des affranchis de 1848) et d’un lieu muséographique à Paris (l’ancien Musée national des arts et traditions populaires ou le Jardin d’agronomie tropicale sont suggérés)" .
Et pour le financement ? Pas de problème ! On lui donnera "une assise interministérielle élargie et susceptible d’avoir une surface financière plus étendue grâce à des financements privés". Comme l’Institut du monde arabe, sans doute… Un monde arabe qui a beaucoup fait pour réduire les populations africaines en esclavage, mais chut !

À la clé de ce grand projet : "Coordination des sites et musées dédiés à la mémoire de l’esclavage : finalisation de l’inventaire des collections en priorité, réalisation d’un guide national, création d’un portail numérique de l’ensemble des initiatives des institutions et “entreprises de mémoire”, soutien à la création culturelle, signalétique nationale. " Et, surtout, l’édification d’un "Mémorial des noms", la ville de Paris s’activant à la recherche des sites possibles. »

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Re: Absurde repentance

16 Mars 2017, 10:30 Message

Cher Mr. Henri,
Vous écriviez le 25 janvier 2015:
Le seul qui en promit une n'a pas encore tenu parole. Son enquête est peut-être toujours en cours. Un million sept cent mille morts n'est pas un détail : soit Preve ment et un tel mensonge devrait déclencher une affaire Preve-Branca-Maffesoli-Krisis, soit Preve dit vrai et une telle vérité devrait déclencher une crise de régime. L'indifférence des intellectuels, seuls capables d'en juger, est un mystère.


Vous avez raison mais je dois avouer que je vous avais complétement oublié. Les raisons de cet oubli n'ont pas à être abordées sur ce forum mais croyez-moi elles sont tout à fait légitimes.

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Re: Absurde repentance

13 Août 2017, 21:20 Message

« Négationnisme d’Etat », par Jean-Gérard Lapacherie
07 Août 2017

A la fin du mois de juin 1940, Georges Bernanos, alors réfugié au Brésil, a publié dans le quotidien Correio da Manha de Rio de Janeiro un article intitulé « La Capitulation de la France », dont voici un extrait :

« Mon pays n’est déjà plus libre. Nous ne prétendons nullement excuser les fautes passées, mais les crimes d’aujourd’hui ou de demain, s’il s’en commet, ne devront pas être portés au compte de notre peuple, voilà ce que je veux dire. Une moitié de la France est occupée par l’ennemi, les voix qui nous viendront de là seront toujours les voix de l’ennemi, l’ennemi n’y laissera parler que ses complices ».

Bernanos conclut à l’innocence des vaincus. Cette juste conclusion est complètement oubliée depuis près d’un demi-siècle. C’est même la conclusion inverse qu’imposent les hommes politiques et les fonctionnaires chargés d’écrire l’histoire, dès qu’ils ont décidé de réviser le sens de la tragédie de 1940.

Pourtant, les Français qui, à compter du 17 juin 1940, ont dit NON au péril de leur vie et au mépris de leur tranquillité ou de leur carrière n’ont cessé de répéter que Vichy n’était pas la France. Ainsi, le 24 mai 1941, à l’occasion de l’Empire Day britannique, Albert Guérin, qui présidait le Comité des Français Libres d’Argentine, a écrit dans un texte que publie le Buenos Aires Herald :

« Seule parmi les combattants de la Liberté, elle [la Grande-Bretagne] est restée debout. Seule, elle se bat pour tous. Se haussant jusqu’à elle, les gouvernements des peuples terrassés lui font une garde d’honneur. Ils sont tous là : ceux de Tchécoslovaquie, de Pologne, de Belgique, de Hollande, de Norvège, de Grèce. Ils sont tous là. Oui, tous sauf un […] Tous, sauf le gouvernement du pays des hommes de la Marseillaise, de la Marne et de Verdun ! Oui, tous sauf Vichy ! Mais Vichy n’est pas la France ! C’est cela, une fois de plus, amis britanniques, larmes eux yeux, que je suis venu vous crier Vichy n’est pas la France ! Jamais la France n’aurait déserté le combat, trahi ses amis, ses alliés. Vichy n’est pas la France ! La France est celle qui prend les armes à vos côtés et que Vichy condamne à mort […] ».

C’est ce message qui sera repris deux mois et demi plus tard dans la page 1 « Vichy n’est pas la France » du Bulletin Radio-Presse du Comité De Gaulle d’Argentine (2 août 1941). Vichy no fue Francia (Vichy n’était pas la France) est le titre que l’historienne Carmen Pelosi a donné à un ouvrage richement documenté qu’elle a publié sur les relations entre la France et l’Argentine de 1939 à 1946 (Buenos Aires, Nuevohacer, 2003). Les fonctionnaires de l’histoire et les hommes politiques devraient lire cet ouvrage, mais il semble que cet effort soit hors de leur portée.

Le 12 septembre 1942, est publié en première page, dans le Bulletin d’Information de la France Libre de Montevideo, un article intitulé « Chasse à l’homme ». Il est signé d’Albert Guérin. C’est une des rares protestations publiques écrites contre les persécutions raciales et les rafles de juifs :

« Ils ont osé ! Ils ont osé violer sur la terre de France le droit d’asile ! Ils ont osé violer les droits des juifs égaux aux droits des chrétiens, aux droits des athées, aux droits de l’Homme ! Ils ont osé ça chez nous ! Dans la Patrie qui proclama la Liberté dans la Fraternité, ils ont osé ! Et Pétain Laval ont laissé faire ça ! Est-il encore un Français digne de ce nom, digne de notre histoire qui puisse considérer ces hommes comme les maîtres de notre pays ? Est-il encore un Français qui consente à obéir à ces prisonniers ou à ces criminels ? Le Boche casqué, botté, sanglé se livre à la chasse chez nous. A la chasse à l’homme. Il a lâché ses meutes de chiens sur les juifs français, les empêchant de fuir de la zone occupée, tandis qu’à Paris – à Paris ! capitale d’humanité – il a fait la battue, la battue à l’homme désarmé, comme en Forêt Noire, il faisait la battue au sanglier ou au cerf. 20 000 juifs poursuivis furent parqués au Vélodrome d’Hiver. Dans notre Vel d’Hiv où le peuple aux jours heureux de la Liberté se réunissait pour demander plus de justice, plus d’humanité. Il y avait là pêle-mêle des juifs ayant combattu pour la France, des dénaturalisés de Vichy, des étrangers, des hommes séparés de leurs gosses, de leurs femmes ; ils furent entassés dans des wagons à bestiaux et le 14 juillet (le 14 juillet, oh sadisme) dirigés en Pologne pour, esclaves, y travailler au triomphe d’Hitler […] ».

Question insolente : en septembre 1942, que disaient ou que faisaient ceux qui, après la guerre, ont été présentés sans vergogne comme les grandes consciences de la France ? Mitterrand, Sartre, Beauvoir, etc. ?

A la fin de l’année 1942, tout était dit sur les crimes commis en France, sur les coupables de ces crimes, sur les complices des criminels, sur ceux qui les avaient approuvés et sur ceux qui s’étaient tus…

La révision a commencé à la mort du général De Gaulle et pendant les années 1970, quand les derniers Français libres ont été écartés de la vie politique, intellectuelle et culturelle, au profit des descendants de ceux qui faisaient carrière à Vichy ou des nostalgiques honteux de l’Etat français. Elle a consisté à faire porter sur la France (le pays, la nation, l’entité nommée France) et sur les citoyens de ce pays la responsabilité de crimes commis par une puissance étrangère aidée par des gouvernants de rencontre que le peuple n’a pas choisis. Au lieu que quelques milliers d’individus répondent de ce qu’ils ont fait et décidé, c’est 66 millions de citoyens qui doivent en répondre. Ils sont innocents, les voilà coupables, non pas coupables de quelque chose, coupables transitivement en sorte, mais coupables intransitivement, coupables par essence ou par nature, métaphysiquement coupables, coupables d’exister ou de continuer à exister, alors qu’ils devraient être enfouis dans les poubelles de l’histoire. L’accusation et la révision qui permet cette accusation récurrente sont la pire des saloperies qui soit infligée à un peuple.

Dans les années 1990, le révisionnisme s’est mué peu à peu en négationnisme et même en négationnisme d’Etat, lequel a consisté à enfouir dans les poubelles de l’histoire la France Libre, les Français qui ont dit NON, ceux qui sont morts pour laver l’honneur de la France et pour restaurer les libertés publiques, les écrivains comme Bernanos, Romains, Caillois, Supervielle, Ocampo, Asturias, Vercors, etc. qui ont essayé de rendre sa liberté à la littérature que les occupants avaient encagée…

Les diffuseurs de ce négationnisme sont à la tête de l’Etat. Chirac en 1995, Hollande hier, aujourd’hui Macron. Le 16 juillet 2017, on a entendu deux discours antinomiques lors de la commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv. Le Premier Ministre israélien, qui n’est pas connu pour son amour de la France, a remercié publiquement les Français qui avaient aidé de nombreux juifs à fuir la zone occupée et les avaient sauvés d’une mort horrible, le chef de l’Etat Français, lui, a fait porter ces mêmes crimes sur la seule France et sur les seuls Français, comme si Vichy était la France. Aux oubliettes De Gaulle, Guérin, Bernanos, Caillois, Michelet, la 2e DB, Leclerc, De Lattre, Juin, l’Armée d’Afrique, Bir Hakeim…

Le négationnisme a pour conséquence d’effacer la responsabilité de la puissance d’occupation. Elle imposait sa volonté aux vaincus, voilà les vaincus hissés au niveau des vainqueurs : ce sont les seuls vainqueurs. L’Allemagne peut fêter l’événement en faisant s’entrechoquer les chopes de bière. La voilà déchargée de la responsabilité d’une partie des crimes qu’elle a commis. Il est vrai que la raison du plus fort est toujours la meilleure : c’est ce que prouvait un poète du XVIIe siècle. La superpuissance ouvre ou ferme les robinets des crédits, emprunts, aides, allocations, etc. dont la France en faillite a besoin, ne serait-ce que pour payer les fonctionnaires… Alors, on se couche, on se prosterne, on nie : ce n’est pas vous, ni vos parents, ce sont les Français…

La responsabilité de Vichy aussi est effacée. Tous les crimes commis en France par les Allemands entre 1940 et 1945, avec ou sans la complicité du régime de Vichy, sont portés au seul débit de la France, qui n’en peut mais, et des Français qui n’étaient pas nés en 1945. Entre 1940 et 1944, les notables de Vichy considéraient qu’ils étaient la France et même qu’ils étaient les seuls à être la France. 70 ans plus tard, les fonctionnaires de l’histoire et des chefs de l’Etat leur donnent raison : Vichy est tout et tout est Vichy, le colonel Motor n’étant qu’un imposteur. Il est vrai que l’heure est à Bono, Rihanna, Bern, Arditi, l’abruti qui nique sa mère, etc., devenus les maîtres penseurs de l’Etat français.

Les négationnistes poursuivent tout autre but que la vérité. Ce qui, selon les sociologues bourdivins, caractérise la France depuis un siècle ou deux, c’est la stabilité des élites. Elles se reproduisent et sont relativement étanches. Autrement dit, les élites d’aujourd’hui, celles des media, de la politique, des affaires, de la haute fonction publique, de l’université, etc. sont les mêmes que celles d’hier ; ou, dit en termes plus clairs, les élites actuelles descendent en ligne directe de celles qui ont mené la France à l’abîme de 1940 à 1944. Ceux qui accusent la France et les Français de crimes contre l’humanité sont les petits-enfants de ceux qui les ont commis ou qui les ont autorisés. On comprend la hâte de ces élites qui, parvenues aux affaires, De Gaulle mort et les derniers combattants de la France Libre près de mourir, s’empressent d’effacer ces taches au front de leur famille et d’en souiller les Français et la France :

« Ce n’est pas nous, ni notre famille, disent ces notoires, montrant du doigt le peuple, les laissés pour compte, les sans-dents, les humiliés et les offensés, c’est vous ; c’est vos enfants ! »

Les mains et la conscience lavées, ils peuvent passer aux affaires sérieuses : argent, pouvoir, sinécures, désinformation, manipulation de symboles. En faisant porter sur la France et les Français la responsabilité de leurs turpitudes ou celles de leurs parents, ils se guindent tout au sommet de la hiérarchie, non pas des races, comme le faisaient leurs grands-parents, mais des morales.

Jean-Gérard Lapacherie

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Re: Absurde repentance

14 Août 2017, 12:22 Message

Merci à Rogemi pour cet article de notre ami Lapacherie. Ce texte "définitif" doit être diffusé largement. Peut-on savoir de quel site il est extrait?

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Re: Absurde repentance

18 Septembre 2017, 17:28 Message

Le président du Cran invite à « débaptiser les collèges et lycées Colbert » (Dreuz)

« Pour l’auteur, louer la qualité du ministre de Louis XIV qui a redressé l’économie du royaume en oubliant que Jean-Baptiste Colbert a aussi légiféré, "en posant les fondements du Code noir", pour permettre le développement de l’esclavage est un argument bancal. C’est comme, développe-t-il, comme de saluer Pétain vainqueur de Verdun en oubliant celui de l’Etat français et de la collaboration avec le régime nazi. »

À quand un CRAB (Conseil Représentatif des Associations Blanches) ?

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