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Pourquoi l'école est foutue

Sur l'école, et ses alternatives
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Re: Pourquoi l'école est foutue

16 Avril 2018, 17:37 Message

Oui, oui, c'est celle qui avait retenu mon attention. C'est un tic : chez nous on commence par s'attaquer à ce qui marche.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

19 Avril 2018, 09:23 Message

Les Meilleurs ouvriers de France sont l’élite de leur profession ? Insupportable pour l’Éducation nationale (Delarue, Bd Voltaire)

« De fait, ce qu’ils dénoncent laisse entrevoir un glissement insidieux vers une dévalorisation certaine de cette récompense. "On nous a bien fait comprendre qu’il fallait rentrer dans les clous de l’Éducation nationale", confie l’un d’eux à BFM, quand une autre explique : "Les organisateurs souhaitent donner le titre de MOF à partir de 10,5 de moyenne aux épreuves, comme à un examen et non un concours. On a vraiment l’impression que cette nouvelle organisation qui défend l’égalité des chances va écorner la reconnaissance que nous avions jusque-là, au niveau national comme international. Les épreuves du concours ont aussi été réduites." »


***


«Niveau catastrophique et bureaucratie : pourquoi j'ai fui l'université française» (Le Figaro)

« Mais ce qui vous brise l'âme, c'est de corriger toutes ces copies des premières années où les fondamentaux de la langue française ne sont clairement pas acquis. Comment étudier Kant quand on ne sait pas accorder les verbes au pluriel ou mettre des points à la fin des phrases? Les communiqués de l'Unef truffés de fautes d'orthographe et de grammaire amusent la Toile mais reflètent la réalité des études supérieures.
Le baccalauréat a été conçu par Napoléon comme le premier grade universitaire précisément pour éviter ces erreurs de parcours. Au cours du XIXe siècle, le nombre de bacheliers se comptait par centaines. La massification de l'enseignement, dont il faut se réjouir, a rendu ce système obsolète. Il serait donc logique de reporter le processus de la sélection sur les universités elles-mêmes, comme partout dans le monde. Ainsi pourrait naître une saine diversité de cursus et d'approches. Rien n'empêcherait certains établissements de maintenir leurs portes ouvertes: il faut des Vincennes, des lieux de contre-culture et de savoir alternatif, mais ils ne peuvent représenter un modèle universel.
La cruauté n'est pas là où l'on croit. La cruauté, c'est de laisser des jeunes retaper indéfiniment leur licence de sociologie, psychologie, philosophie et lettres modernes: moins d'un tiers des étudiants obtiennent leur licence en trois ans, proportion qui tombe sous les 10 % pour les bacheliers issus des filières technologique et professionnelle. La vingtaine bien entamée, ils se retrouvent sur le marché du travail sans diplôme valable. Il y a aujourd'hui un demi-million d'étudiants en sciences humaines (hors droit et économie): quel est leur avenir?

Le conservatisme n'est pas là où l'on croit. L'éducationnaliste américain E.D. Hirsch a montré, dans son livre Cultural Literacy, l'exceptionnel niveau intellectuel (et orthographique!) des textes des Black Panthers. Les vrais révolutionnaires sont des lettrés, charriant avec eux une culture qu'ils rejettent pour mieux la transformer. Il n'y a pas de critique sans rumination. Les révoltés de Mai 68, dont mes parents faisaient partie, lisaient Marcuse et Kerouac. Ceux d'avril 2018 répètent les slogans de mamie-papi et réclament encore plus d'État, sans voir que la contestation prend aujourd'hui d'autres formes, depuis les cryptomonnaies jusqu'aux îles autogérées (seasteading) imaginées par les libertariens.

Enfin, la justice sociale n'est pas non plus là où l'on croit. Aujourd'hui, l'élite fait tout pour éviter à ses rejetons le purgatoire de la fac. Elle les envoie en prépas, à l'étranger ou dans des établissements privés. Ce système à deux vitesses, hypersélectif d'un côté et hyperégalitaire de l'autre, entretient la reproduction sociale et détruit l'idéal méritocratique. Si tout le monde a 10/20 à ses partiels, devinez qui va décrocher le job?

Il est difficile de ne pas éprouver de sympathie pour un jeune qui lève le poing. Je me permets simplement de lui faire remarquer que ce poing, il est aujourd'hui en train de se l'envoyer dans la figure. »

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Re: Pourquoi l'école est foutue

19 Avril 2018, 09:29 Message

Oui, j'avais lu cela. Édifiant.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

20 Avril 2018, 12:49 Message

Voilà, voilà...



Pas d'inquiétude, ce n'est qu'un bac blanc...

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Re: Pourquoi l'école est foutue

20 Avril 2018, 13:02 Message

Vous me connaissez, j'aimerais être sûr qu'il ne s'agit pas d'un montage gag !... Sinon, c'est à mourir de rire. Toutes mes condoléances aux enseignants.
Dernière édition par Eric Veron le 20 Avril 2018, 14:31, édité 1 fois.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

20 Avril 2018, 14:28 Message

J'ai déjà vu ce genre de vidéos il y a un an ou deux. D'après ce que j'ai compris, ce sont des comédiens qui jouent les saynètes. C'est une parodie, mais les répliques ont réellement été entendues par les professeurs (lors d'oraux, ou en classe.)

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Re: Pourquoi l'école est foutue

20 Avril 2018, 14:32 Message

Voilà, comme cela, cela me va.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

27 Avril 2018, 15:25 Message

La SGEN-CFDT grince des dents :

"Les circulaires qui concernent la lecture et la grammaire préconisent des pratiques ayant fait la preuve de leur inefficacité : «veiller à circuler dans les rangs…», «assigner à chaque séance un objectif d’apprentissage précis», dictée quotidienne, alterner les temps individuels et collectifs… Ce ne sont là que quelques exemples de cette remise en cause de la capacité des enseignants à mettre en place des pédagogies adaptées à chaque élève."

https://www.sgen-cfdt.fr/actu/peut-on-concilier-confiance-et-circulaires-injonctives/

Le SNUIpp (quel sigle en passant !) s'indigne aussi : https://www.francetvinfo.fr/societe/education/exces-d-orgueil-mepris-les-recommandations-aux-enseignants-de-jean-michel-blanquer-passent-difficilement-aupres-du-snuipp_2724183.html

M. Blanquer aurait le malheur de vouloir revenir aux fondamentaux...

Beaucoup d'agitation dans les cercles de l’Éducation Nationale semble-t-il.

Certains professeurs sérieux s'en félicitent. Ils se réjouissent de voir s'affoler les pédagogols de service. Par exemple, ce commentaire, lu sur un forum :

"Pour tout vous dire, j'ai un peu pitié d'eux... C'est de l'ordre de la reconversion professionnelle pour eux de devoir travailler et faire travailler... La remise à niveau va être compliquée pour pas mal d'entre eux en terme d'enseignement des notions de langue et de gestion de classe en particulier. Progressions à construire, autorité à imposer... Leurs vacances doivent être gâchées...
Les pauvres..."

Mais ces professeurs ne sont pas dupes : ils savent qu'on ne se remet pas si facilement d'un désastre vieux de quarante ans. Et bien entendu il ne faut pas non plus compter sur l'administration française pour un changement rapide...

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Re: Pourquoi l'école est foutue

29 Avril 2018, 22:51 Message

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Re: Pourquoi l'école est foutue

4 Mai 2018, 08:53 Message

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Faire semblant de... et faire croire que... sont les deux mamelles de la Désinstruction Nationale. En cela, elle n'est jamais que la fine pointe de l'activisme modernant, en parfaite osmose avec l'industrie de la propagande, qu'elle sert avec le dernier zèle, histoire d'être tout de même un peu utile à quelque chose.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

21 Mai 2018, 08:33 Message

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Ben quoi ? Faut vivre avec son temps, non ?

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Re: Pourquoi l'école est foutue

24 Mai 2018, 08:48 Message

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Re: Pourquoi l'école est foutue

24 Mai 2018, 10:46 Message

Outre la difficulté d'accorder le masculin et le féminin, il semblerait qu'il y en ait une autre entre le singulier et le pluriel. Vous me direz, nous ne sommes plus à cela près. Et puis, cette directrice est une affreuse raciste genrée, probablement d’extrême droite ! Non madame , son professeur ne reste pas son professeur de français : c'est une professeure désormais, non mais.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

24 Mai 2018, 22:33 Message

Interlude.


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Re: Pourquoi l'école est foutue

29 Mai 2018, 12:40 Message

Les idéologues du genre, pourtant minoritaires dans l’Education nationale, ont la mainmise totale (Salon beige)

« De plus, la « lutte contre les stéréotypes » qui est prônée revient à apprendre aux enfants qu’il n’y a finalement aucune norme, « je fais ce que je veux ». C’est anti-éducatif. L’école n’est pas là pour abandonner l’enfant à tous les possibles, comme s’il n’appartenait à aucune histoire, comme si les adultes n’avaient rien à lui transmettre, comme si la culture n’avait aucun sens et nous privait de notre liberté.

Plus encore, nier les différences entre garçons et filles, en postulant qu’elles sont construites, accroîtra les inégalités réelles entre eux, au détriment des garçons pour ce qui est de l’apprentissage, et de tous pour ce qui est de leur dignité de personne, non réductible à un corps utilisable.

Enfin, les études de genre mettent en danger non seulement le développement psychique des enfants, mais également l’intégrité physique des adolescents les plus vulnérables, par un accroissement des pensées suicidaires.

Il est urgent que le gouvernement mette fin à la diffusion des études de genre sur les réseaux officiels de ressources CANOPE et EDUSCOL de l'Education nationale. »

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Re: Pourquoi l'école est foutue

30 Mai 2018, 15:25 Message

Les droits sont bafoué.e.s.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

1 Juin 2018, 10:42 Message

(ou "Les Kollabos et le Kapos") :

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Re: Pourquoi l'école est foutue

15 Juin 2018, 09:02 Message

Médine à la fac, ou la banlocalisation de l’université française (Bd Voltaire)

Rien à redire, c'est très bien !

« C’est ainsi qu’à Sciences Po l’on est coutumier de "master classes" animées par des rappeurs (tels que Youssoupha, Disiz la Peste ou La Rumeur), que Normale Sup’ propose à ses étudiants un séminaire intitulé "La Plume & le Bitume" centré sur l’étude littéraire des textes de rap, que Paris VIII a mis en place un master "Industries musicales" comportant un module sur l’étude du rap ; l’on en passe, et pas forcément des meilleures…

Et c’est sans compter sur les divers colloques et conférences organisés autour de la sous-culture "hip-hop" où sont évoqués, dans un mélange des genres parfois ambigu, des questions n’ayant que peu à voir avec la "musique" et directement liées à l’identité, au racisme des "non-racisés", etc. Dès lors, par exemple, en mars 2017, s’est tenue dans l’enceinte de l’université de Paris I-Sorbonne une conférence dénommée "Les femmes non-blanches dans le paysage culturel français".

Sous prétexte de "discrimination positive", l’Éducation nationale a "tiers-mondisé" l’université en l’ouvrant à des influences underground qui, non seulement ne confèrent aucune plus-value à l’intelligence des futures élites du pays, mais, pis, contribuent dramatiquement à la dévalorisation des formations et des diplômes, sinon à l’abêtissement des masses apprenantes.

Bref, l’université et les "grands écoles" sont, tout à la fois, bankable et "banlokable". Le marché y fait d’autant plus sa loi qu’à travers un public formellement étudiant, c’est exclusivement son essence consumériste qu’il arraisonne, son temps de cerveau disponible ayant été consciencieusement préparé par des années de décervelage scolaire primaire et secondaire. »

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