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"Demeure"

Sur l'envahissement par le culturel de pacotille, contre la possibilité de toute culture authentique
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"Demeure"

12 Octobre 2018, 10:14 Message

François-Xavier Bellamy vient de publier un essai remarqué, "Demeure : Pour échapper à l'ère du développement perpétuel" (éd. Grasset).

« Notre monde est une très belle occasion d'espérance »
Il ne manque pas de toupet, ce jeune homme brillant, sympathique, et un peu trop gentil...


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Re: "Demeure"

21 Décembre 2018, 09:21 Message

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Présentation de l'éditeur :

« Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l'amour » écrivait récemment Michel Houellebecq. Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d'ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman son double inversé), l'échec des idéaux de leur jeunesse, l'espoir peut-être insensé de retrouver une femme perdue. Ce roman sur les ravages d'un monde sans bonté, sans solidarité, aux mutations devenues incontrôlables, est aussi un roman sur le remords et le regret.

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Re: "Demeure"

13 Janvier 2019, 19:36 Message

J'ai récemment terminé Sérotonine dont j'ai beaucoup apprécié la lecture. Je dois d'abord préciser que je n'avais (et n'ai toujours pas) lu de critiques à son sujet. J'ai eu le livre entre les mains totalement vierge de tout extrait ou de toute "opinion préconçue", sinon celle que j'avais déjà suite aux lectures de ses romans antérieurs.

Je dois dire que plus les romans passent, plus je suis sensible à la perception houellebecquienne du monde.

Certains aspects précis de son écriture ont pourtant toujours le don de m'agacer facilement, et de ce point de vue Houellebecq reste fidèle à lui-même : l'ouvrage n'échappe pas plus que les précédents à sa vision très pornographique du sexe (ce que j'ai toujours trouvé désagréable et superflu)... Mais il n'est pas difficile d'en faire abstraction ici, d'abord parce que ce n'est pas le thème central du roman, et, surtout, l'écrivain touche au cœur de la misère humaine si caractéristique de notre époque.

La fausse platitude du style, qui agace tant certains littéraires, est parfaitement choisie je crois : évidemment elle est l'expression sincère et directe d'une médiocrité lucide, mais pas seulement. On peut aisément lire au-delà, je trouve. Finalement, Houellebecq se cache à peine derrière son écriture.

J'ai beaucoup aimé le suivre dans son petit voyage : on perçoit son amour du pays à travers l'attachement à la terre et aux paysages, aux régions et aux noms de villes et de villages qui nous sont familiers. Façon Houellebecq toujours, bien sûr.

J'ai ri aussi, un peu, nettement moins que pour Soumission toutefois.

J'ajouterai que j'ai eu quelques palpitations, un doute affreux, et même assez peur, lors d'un court passage en particulier : je crois bien que c'est la première fois que Houellebecq nous joue ce tour-là...

Enfin, la dernière page est un coup de massue, et pourra sans doute en surprendre quelques-uns.

Je garde une légère préférence pour Soumission, mais Sérotonine vaut vraiment le détour : pour les habitués de QDLF, lire un roman qui évoque des thèmes régulièrement traités ici afin de ne jamais oublier le réel reste... surprenant.

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Re: "Demeure"

14 Janvier 2019, 09:39 Message

Merci pour cette recension !


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