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Pourquoi l'école est foutue

Sur l'école, et ses alternatives
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Re: Pourquoi l'école est foutue

14 Mai 2020, 09:02 Message

Excellent article, en effet. Merci Didier

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Re: Pourquoi l'école est foutue

26 Mai 2020, 17:14 Message

Collector...

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Re: Pourquoi l'école est foutue

26 Mai 2020, 21:24 Message

2020 sera l'année des diplômes reçus dans des pochettes surprises...

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Re: Pourquoi l'école est foutue

26 Mai 2020, 22:18 Message

C'est proprement effarant. Tout ça donne l'impression d'être dans un édifice qui est en train de s'effondrer, sous l'action conjointe de termites furieuses embusquées dans la charpente, d'une tempête formidable qui ébranle les murs et d'un séisme majeur qui secoue les fondations. Ça craque de toute part, les murs se lézardent, le plâtre se détache du plafond et le sol se dérobe sous vos pieds. 2020 annus horribilis.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

30 Mai 2020, 09:37 Message



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Re: Pourquoi l'école est foutue

21 Juin 2020, 11:40 Message

Ce texte (message ci-dessus, merci de l'avoir relayé ici) est à citer intégralement, le voici :

« C'est un paradoxe : grâce à l'hypocrisie incommensurable et aux mensonges d'une institution et d'une administration qui nous prennent pour des clowns alors que ce sont leurs représentants qui le sont, je retrouve un peu de l'énergie qui me fait défaut, traitement contre la dépression oblige.

J'ai appris hier, par une collègue de confiance et qui prenait des nouvelles de ma santé encore chancelante, que ce n'est pas neuf heures (horaire légal), ce n'est pas six heures de langues anciennes que les élèves de Seconde, Première et Terminale devront se partager en 2020-2021, mais quatre heures. Quatre heures pour apprendre deux langues, découvrir deux cultures, deux histoires et des dizaines d'auteurs dans un programme déjà délirant quand on a trois heures par niveau. Quatre heures pour dépasser le petit, tout petit niveau intellectuel et culturel que peuvent avoir les jeunes gens d'aujourd'hui, maltraités par une institution qui prône la bienveillance et décourage ceux qui veulent apprendre.

Quatre heures sur les neuf qui sont prévues dans les instructions officielles pour accomplir le programme, quatre heures alors que le chef d'établissement jure de défendre et de protéger les élèves qui choisissent l'étude du grec et du latin, qui choisissent de se cultiver et qui ont des projets sérieux pour de longues études ou une orientation particulière. Quatre heures alors qu'on m'a assuré que j'aurais six heures, ce qui était déjà une catastrophe après dix ans de combat pour récupérer les neuf heures dues aux élèves, quatre heures pour trois niveaux différents et trois programmes différents.

Je me suis d'abord mise en colère mais devant tant de mépris et de lâcheté, devant cet abandon de toute idée de vrai progrès humain (parce que ce n'est pas la seule option qui va disparaître, mais je parle de ce qui me concerne parce que personne d'autre ne le fera), ce n'est plus la colère qui domine mais une grande lassitude, un dégoût immense et un mépris sans fin pour une institution et des "personnels de direction" qui, non contents de nous maltraiter et de nous harceler, jouent sans vergogne avec l'avenir d'enfants qui ne sont pas les leurs.

Depuis quelque temps, sans doute à cause du harcèlement professionnel que je supporte, à cause de l'usure de la lutte aussi, mais surtout devant l'incapacité du ministère à gérer la crise dite du ou de la covid (?), devant l'irrésolution, les erreurs et errements, les ratages et les mensonges innombrables d'un ministère qui communique plus sur BFMTV, Konbini ou Gala que sur le bulletin officiel de l'Éducation nationale, je me sens de moins en moins concernée par tout ce qui se passe et ce qui peut m'arriver dans une profession qui n'a plus rien à voir avec celle que j'ai choisie il y a quarante ans.

Évidemment, la grande lâcheté d'un grand nombre de mes collègues n'est pas pour rien dans ce dégoût et ce mépris rampant, mais je continue, un peu malgré moi, à leur trouver des raisons d'être apeurés par la condition qui leur est faite dans les établissements, à défaut de justifications. Bien sûr, l'âge et la difficile adaptation à un monde qui n'a plus rien à voir avec celui dont je rêvais et celui que j'ai connu sont aussi des raisons de cette indifférence commençante. Mais ce sont surtout l'impéritie, le manque de réflexion et l'inhumanité qui règnent partout depuis un moment, en résumé la nullité de tous ceux qui se croient de grands décideurs et de grands spécialistes qui m'aide à ce détachement indispensable.

Je vieillis. »

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Re: Pourquoi l'école est foutue

22 Juin 2020, 09:01 Message

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Bonne question.

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Re: Pourquoi l'école est foutue

23 Juin 2020, 08:15 Message

Rien à redire.


« Dominer l’orthographe, tout le monde le sait, est devenu quasiment mission impossible pour nos jeunes aujourd’hui. Et pas seulement dans les lycées dits « défavorisés ». Pourtant, en tant que professeur de français dans le secondaire, je sais que maîtriser cette compétence n’est certainement pas un point de détail technique, une curiosité d’un autre âge qui serait dépassée par les outils et savoir-faire numériques, ou pire un instrument de domination bourgeoise, comme le prétendaient les hérauts d’après 68 et du socialisme des années Mitterrand ; bien au contraire, c’est avoir la satisfaction d’entrer dans une identité qui nous est propre, française en l’occurrence, s’ouvrir les portes d’une culture étendue et quasi universelle, et par devers aussi, bien sûr, accéder aux postes de pouvoir.

Mais qu’on ne réduise pas mon propos : sans orthographe, on peut tout à fait accéder à des postes importants, intéressants, à des postes à responsabilité même… en faisant cependant supporter cette infirmité à des sous-traitants, des employés, à des logiciels type « correcteur orthographique » qui pourront vous venir en aide.. mais attention, seulement d’un petit point du vue technique. Qu’en sera-t-il de la syntaxe qui accompagne cette orthographe corrigée ? De la qualité du vocabulaire employé pour exprimer des idées compréhensibles par tous ? De l’agencement des arguments au service d’une vision claire ? Peu de choses en fait.

Quel gâchis avouons-le, quelle perte d’énergie, d’argent, de créativité finalement car le fait de ne pas embrasser la totalité du sujet sur lequel on travaille, de le morceler par manque de vue synthétique, n’est pas à proprement parler une compétence recherchée dans quelque milieu que ce soit, fût-ce l’entreprise la plus basique… Et au-delà, qu’en sera-t-il de la lecture et de la compréhension des autres, des anciens, et finalement du monde dans son ensemble. Là commence la barbarie : quand la règle collective n’est plus appliquée et que chacun fait ce qu’il veut de celle-ci.

Un exemple criant de vérité ? Un parent désirait me rencontrer au sujet de son fils en classe de 3ème qui éprouvait des difficultés (pour le moins !) en français. L’entretien se déroule assez bien car ce monsieur convient que son fils ne travaille pas énormément. Cependant, juste avant de partir, il me dit : « Au fait, vous avez mis 11 en dictée à mon fils, et j’avoue que nous ne comprenons pas parce que vous comptez faux quand il n’y a pas de barre au « t ». Je lui rappelle alors la règle évidente selon laquelle un « t » digne de ce nom possède une barre, comme tout ceux de sa génération et des anciennes… Alors il me répond, complètement décomplexé et sûr de lui : « Mais vous ne comprenez pas, c’est comme ça que mon fils fait ses « t » … ». Tout était dit dans cette parole d’une prétention inconsciente abyssale… Ce monsieur représente un échantillon parfait des parents d’aujourd’hui et des enfants qui sont et seront… Il faudra bientôt leur demander pardon d’avoir osé faire respecter une règle édictée par des gens qui ont tout de même donné une grande partie de leur vie à la défense et à l’enrichissement de la langue française, langue adoptée par toute une collectivité nationale…

Le pire n’est peut-être pas là… le pire c’est que je ressentais d’abord une forme de désespoir à voir que mon institution m’obligeait à accepter ce genre de violence faite à toute une nation, mais aussi une certaine colère parce que je savais qu’au fond, ce gamin, en un temps pas si éloigné que cela, aurait évidemment eu bien en dessous de la moyenne à cette dictée. Il n’aurait même jamais pu accéder à ce niveau scolaire… Et finalement la honte… celle de fabriquer, malgré tout, un assujetti social, un dominé… Et je savais que pendant ce temps, d’autres, des "happy fews", dans des écoles spéciales, dans des milieux bien sous tous rapports, apprenaient à maîtriser cet instrument, voguant ainsi allègrement vers des sphères à jamais inaccessibles pour lui. »

René Chosplurart, par Lettre Patriote

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Re: Pourquoi l'école est foutue

23 Juin 2020, 21:14 Message

C’est au moins le troisième article particulièrement pertinent sur ce sujet si crucial, disposant de multiples ramifications attenantes à tant de problèmes touchant notre société, plus largement tout le monde occidental.

En imaginant mettre en oeuvre un plan holistique dès demain, il faudra au minimum une génération avant de constater un basculement probant…

Si les problématiques des sempiternels articles sur le sujet tournent souvent strictement autour de l’École, cette dernière est pourtant loin de représenter la seule dimension sur laquelle se pencher. Il s’agit d’embrasser l’éducation de l’Homme dans son ensemble, la fameuse paideia de nos illustres ancêtres…Mais à la vitesse où vont les choses, trouverons-nous encore demain des êtres capables d’enseigner ? Ou plus modestement même, de penser ? Car le programme nécessite de remettre en question à peu près tous nos paradigmes ; notamment la nature et le rôle souhaités dans notre société : du divertissement, de l’autorité, de la culture et du politique.
"Où le secret commence, commence aussi le pouvoir réel" H. Arendt, Le système totalitaire

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Re: Pourquoi l'école est foutue

24 Juin 2020, 08:13 Message

Jonathan a écrit:En imaginant mettre en oeuvre un plan holistique dès demain, il faudra au minimum une génération avant de constater un basculement probant…


A dire le moins !

Jonathan a écrit:Car le programme nécessite de remettre en question à peu près tous nos paradigmes ; notamment la nature et le rôle souhaités dans notre société : du divertissement, de l’autorité, de la culture et du politique.


Oui ! En un mot : de la culture, de la cultura animi...


***

« ...le lycée a indiqué que le choix avait été réalisé par les élèves et les personnels, au cours d’un vote entre fin mars et début avril.

La mairie de Thionville et le recteur de l’Académie de Nancy ont validé le choix. »


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Re: Pourquoi l'école est foutue

26 Juin 2020, 13:44 Message


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Re: Pourquoi l'école est foutue

29 Juin 2020, 08:38 Message

« Dans un article de France Inter du 26 juin 2020, des collègues dénonçaient un bac au rabais après avoir constaté avec indignation que le proviseur avait falsifié certaines moyennes… Un énième scandale qui fait toujours recette dans les médias friands de ce type de “nouvelles”, surtout à cette époque de l’année… Ça change du Coronavirus…

De Brighelli et sa “Fabrique du crétin” à René Chiche et sa “Désinstruction nationale”, en passant par tous les récits d’expériences traumatisantes au sein du navire Éducation Nationale, on ne compte plus les rescapés de ce Titanic ne cessant de montrer l’étendue des dégâts, réclamant désespérément des canots de sauvetage tout en écopant avec rage… parfois après avoir passé long temps, sans rien dire, sur les confortables ponts supérieurs…

C’est humain que voulez-vous, trop humain… La preuve, j’en suis, moi, de l’Éducation Nationale et je fais souvent tout autant et sans vergogne dans le désabusé et le scandalisé… Mais alors, si tant de gens constatent la catastrophe, si les dysfonctionnements de cette Institution sont si clairement mis à nu, si structurellement rien ne va plus chez elle, comment expliquer ces épiphénomènes, comment expliquer la survie même de ce cadavre ?

Pas facile de répondre en trois points à cela… Chiche ?

D’abord, tout bêtement, parce que c’est une cible facile comme les prêtres ou les grévistes ; or on a encore besoin de ces Frankensteins comme autant de victimes expiatoires : quoi de plus vendeur en effet qu’un prêtre pédophile ou un gréviste “preneur d’otages” ? L’école, entre hyperbole et euphémisation, ça fait parler, vendre du papier, enfin du pixel…

Ensuite, parce qu’elle est un champ d’expérimentation in vivo pour L’OCDE qui œuvre depuis toujours à la baisse de la qualité de l’enseignement tout en rêvant de la livrer ainsi toute crue aux lois du marché 1 Il s’agirait de faire de cette Grande Assimilatrice et de cette Grande Transmetteuse de savoirs et de valeurs une version française de la “Public School” anglaise où les classes populaires auraient un accès direct au “Team management”, à la “Social Democracy”, au “Do it yourself”, bref à l’esclavage moderne… D’où le succès des concepts pourtant vidés de toute substance du “vivre ensemble” de la “socialisation” et de “l’autonomie de l’élève”… En réalité, les enseignants sont devenus des prestataires de service pour les clients “élèves”, des sous-traitants au service des parents et des hiérarchies. Ils seront de plus en plus appelés à préparer directement à la vie professionnelle et au nivellement par le bas pour obtenir de bons techniciens, de bons producteurs et de bons consommateurs… Voilà en gros le projet… Beaucoup de grandes entreprises lorgnent d’ailleurs en ce moment sur ce marché d’environ 7 milliards d’euros, jusqu’alors propriété d’Etat, et pourraient proposer des formations techniques directement en lien avec leurs besoins locaux ou internationaux. Les candidats sont légions…

Enfin parce que l’École, en tant que miroir grossissant de notre société, suit malgré elle les commandements du Progressisme et du Libéralisme libertaire (c’est-à-dire un individualisme hédoniste en lien avec la société marchande d’après 70). Or cette société tient à former des gens de faible structure politique et intellectuelle, inconscients des enjeux réels qui la traversent, incapables de puiser dans le réservoir insondable de la culture, bref solitaires et désarmés. Des gens qui veulent une démocratie d’opinion où leur petite liberté de consommateur saura tout à fait “respecter les différences” et s’accommoder des bouleversements sociétaux du moment qu’on ne les prive pas de leurs “droits”. L’illusion d’être partie prenante des décisions les plus fondamentales par le vote fera le reste… Catastrophique sur le long terme bien sûr, mais ils ne s’en rendront jamais compte…

Vous le voyez bien : Condorcet et son rêve d’accès au savoir pour tous (certes formant d’abord les révolutionnaires de demain), l’école Républicaine méritocratique, hussards noirs et blouses grises à la Jules Ferry (certes formant avant tout les futurs soldats en vue de la revanche contre les Boches), la rigueur et l’ascenseur social du début du siècle dernier : tout cela est bel et bien mort… Même l’école chrétienne d’Ancien Régime christianisant les gueux était plus honnête et plus saine dans sa démarche.

Alors les notes falsifiées… épiphénomène vous dis-je… Place aux compétences, à la bienveillance pour plus de “justice sociale” et de “respect” dans une école de l’Égalité… Illusion et mensonge de mots vidés de leur sens : la Bienveillance, si elle n’est pas liée, comme une Sainte Trinité, à la Fermeté et à la Justice, ne vaut rien… Mais le bac ne vaut plus rien… Vous ne le saviez pas ? Vraiment ? Tout le monde le dit pourtant…

Pour l’anecdote, je suis entré en conflit sévère avec mon chef de centre lors des corrections du Bac en 2015… On me demandait de remonter éhontément les notes des élèves… Je ne sais pas, un reste de dignité et d’espoir… J’avais alors, dans un accès de rage, écrit un article intitulé : « le bac 2020, un espoir pour les mongoliens » (titre qui en lui-même aujourd’hui me vaudrait une attaque en règle de diverses associations…) Pour mieux correspondre au ton de notre époque, il faudrait plutôt titrer : « Le Bac 2020, un espoir pour les publics à besoins spécifiques et notamment atteints de trisomie 21 ». Mais je pense qu’au nom de l’égalitarisme républicain, il faut aller encore plus loin… En effet, on a tendance à oublier les chaises, qui toute l’année, avec une assiduité et un esprit d’équipe exemplaires, un sens aigu de la tolérance, reçoivent des milliers de fessiers plus ou moins avachis sur leur siège… Il faut donc, pour 2025, penser à les récompenser et leur donner le bac… Avec mention s’il vous plaît… » (par Lettre Patriote)

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Re: Pourquoi l'école est foutue

2 Juillet 2020, 08:51 Message

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Re: Pourquoi l'école est foutue

7 Juillet 2020, 10:49 Message

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