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Nos enfants, ces mut@nts

Sur l'école, et ses alternatives
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Nos enfants, ces mut@nts

3 Décembre 2012, 09:56 Message

Voici un article du Nouvel Observateur sur les dangers du numérique à haute dose pour les enfants.

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20121025.OBS7097/nos-enfants-ces-mut-nts.html

Le début de l'article.

« C'est un bébé de 15 mois qui fait défiler ses vacances corses, hilare, sur le smartphone de sa mère. Un autre, à peine plus âgé, qui se lève à 6h30 chaque matin en réclamant l'iPad, son "plus bon meilleur ami". C'est une élève de CM1 qui interroge sa maîtresse : "A quoi ça sert d'apprendre, madame, tout est sur Wikipédia ?" Un rebelle qui jette son cahier de français au visage de son père : "Et toi alors, tu utilises bien le correcteur d'orthographe !" Une nymphette de primaire qui s'agace de devoir écrire avec un stylo : "Ce serait tellement mieux si on avait droit à l'ordi en classe !" Une fille de profs qui, la nuit, discute sur la Toile à l'aide de son avatar. Et tant d'autres qui ne trouvent plus le sommeil à force de "texter", tweeter, tchater quand les parents sont couchés.

Une révolution à l'échelle de l'humanité

Scènes de l'enfance ordinaire en 2012. Sans qu'on en prenne la mesure, les premiers temps de la vie ont subi en quelques années un bouleversement inouï. "Une révolution à l'échelle de l'humanité, comme le dit le psychiatre Boris Cyrulnik. Plus rien ne sera comme avant. Nous avons devant nous de véritables mutants." Les petits d'hommes, échographiés en 3D avant leur naissance, ouvrent aujourd'hui les yeux dans un univers numérisé. Autour d'eux, partout, des écrans, tablettes, ordinateurs, smartphones, jeux vidéo, dans lesquels ils plongent avec délice, souvent même avant de savoir parler. Dès leur entrée à l'école, ils passeront en moyenne cinq heures quotidiennes avec eux. Au collège, ils auront tous un portable avec lequel ils enverront, dans une novlangue de leur cru, en moyenne 83 SMS par jour : "Takacroir !"...

Comment croire justement que ces fascinants doudous modernes n'aient aucune influence ? Au risque d'apparaître ringard ou passéiste, on ne peut s'empêcher de se demander ce que deviendront ces petites têtes nourries au virtuel ? Et ces ados sous "ecsta-numérique" ? Quel peut être l'impact de ce nouveau monde sur leur développement, leur intelligence, leur façon d'être et de penser ? »

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

3 Décembre 2012, 10:14 Message

Le piège de la pseudo-immédiateté, cette impossibilité radicale néanmoins rendue en apparence disponible en permanence, ce comble du faux et du rien, cet "événementiel" de la circulation des "données" au service des computers, ce piège va se refermant en entraînant à une vitesse toujours plus folle dans son cercle vicieux toutes les vies.
Effrayant.

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

3 Décembre 2012, 11:24 Message

Dans le même ordre d'idées, voici une interview de Liliane Lurçat à propos de l'écriture et de l'ordinateur.


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/28/01016-20090828ARTFIG00008-c-est-en-ecrivant-qu-un-enfant-enregistre-.php

«C'est en écrivant qu'un enfant enregistre»

Propos recueillis par Natacha Polony

INTERVIEW - Pour Liliane Lurçat, spécialiste de la psychologie de l'enfant, l'ordinateur trouble l'apprentissage de l'écriture.


Depuis quarante ans, les travaux de Liliane Lurçat, directrice de recherches honoraire en psychologie de l'enfant au CNRS, s'intéressent au lien entre lecture et écriture et au danger des écrans sur le cerveau des plus jeunes.

LE FIGARO. - Vous êtes très réticente quant à l'introduction des ordinateurs à l'école. Pourquoi ?

Liliane LURÇAT. - Il faut distinguer différentes étapes suivant l'âge des enfants. Mais l'ordinateur trouble l'apprentissage de l'écriture. Celui-ci se fait par le lien entre le geste et le centre du langage dans le cerveau. Il nécessite une posture spécifique pour libérer le tronc, qui entraîne ensuite la main. L'apprentissage du geste se fait à la maternelle. L'écriture en script, par exemple, est à bannir car elle crée une discontinuité qui trouble la perception des mots. Ensuite, à l'école primaire, le geste devient peu à peu porteur à la fois de forme et de sens. Le processus s'achève en début de collège avec l'acquisition de la rapidité. Malheureusement, on a abandonné la pédagogie systématique du geste. On a fabriqué des dysgraphiques, à l'écriture illisible.

Mais si l'on introduit l'ordinateur au collège, le problème est-il le même ?

Les enfants d'aujourd'hui, justement parce qu'ils sont victimes d'une carence dans l'apprentissage premier, sont moins aptes à passer à l'ordinateur. En effet, c'est au collège que se révèlent les problèmes de dysgraphie accumulés à l'école primaire. Ce n'est pas parce qu'ils savent jouer avec l'ordinateur qu'ils peuvent le maîtriser. Dans l'apprentissage normal, le dessin, la trajectoire, la rapidité et l'orthographe sont automatisés. Seul le contenu sémantique ne l'est pas. C'est en écrivant qu'un élève enregistre et accède au sens. Si ces automatismes ne sont pas acquis, il ne peut y avoir de maîtrise du sens. Et il ne peut y avoir de mémorisation.

D'où vient cette destruction de la pédagogie de l'écriture ?

J'ai vu aux États-Unis, en 1967, les débuts de l'introduction des claviers à l'école. Il y avait des enfants qui refusaient tout simplement d'apprendre à écrire avec un stylo. D'autres le faisaient, mais allongés par terre, dans des postures impossibles. L'Institut national de la recherche pédagogique a ensuite introduit en France cette idéologie de l'écriture-dessin. Un jour, une institutrice à qui je conseillais d'accompagner le geste des élèves me répondit qu'il était « fasciste de leur tenir la main pour leur donner un modèle ». Tout était dit.
Dernière édition par Philippe Versini le 3 Décembre 2012, 18:35, édité 1 fois.

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

3 Décembre 2012, 11:54 Message

Voici quelques liens pour mieux connaître les idées de cette grande dame : Liliane Lurçat.

http://www.sauv.net/lurcatddeesp.htm

http://www.sauv.net/lurcat3.htm

http://www.sauv.net/lurcat1.htm

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

11 Février 2013, 09:37 Message

Le journal Le Monde publie un article sur les dangers des écrans pour les enfants.

'' L'Académie des sciences a publié, le 17 janvier, un avis intitulé "L'enfant et les écrans". Les recommandations avancées sont si surprenantes, au regard des données d'ensemble de la littérature scientifique et des prises de position récentes de plusieurs institutions sanitaires majeures, que l'on peut s'interroger sur le soin apporté à la rédaction de ce travail.

Lorsque l'Académie américaine de pédiatrie rédige un avis sur l'usage des écrans, elle fait appel à des spécialistes reconnus du domaine. Ici, les membres du groupe de travail ne sont, en grande majorité, nullement experts du sujet traité, ce qui semble assez étonnant au vu des enjeux de santé publique engagés. Par exemple, le premier signataire du texte est, d'après l'Académie des sciences, spécialiste du système immunitaire. C'est ennuyeux parce que la littérature scientifique sur les écrans est imposante et complexe. Confie-on à un spécialiste des écrans la rédaction d'un avis sur les allergènes du jaune d'oeuf ? ''

'' Concernant ce dernier sujet, les influences des images et jeux vidéo violents sur les comportements agressifs sont minimisées avec un aplomb désarmant par les auteurs de l'avis, qui n'y voient "qu'un facteur parmi des centaines d'autres".

Des milliers d'études, de revues de la littérature et de méta-analyses (impliquant jusqu'à 130 000 individus) confirment cette influence, dont l'ampleur est comparable à celle qui associe cancer du poumon et tabagisme.

Au-delà de tous ces éléments, ce texte est inquiétant en ce qu'il porte la marque d'une sidérante démission éducative. Comment peut-on renoncer à l'avance à toute réduction du temps d'usage des écrans ?

Il est heureusement possible à tous les parents d'agir en ce domaine. Le sentiment de cette nécessité n'émergera toutefois que si ces parents sont loyalement et précisément informés. Par sa pauvreté et son parti pris, l'avis de l'Académie est loin de fournir les bases d'une telle information. ''

http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html

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Nouvelles technologies : et si on se déconnectait ?

3 Mars 2013, 07:48 Message

Une mére de famille publie un livre sur une expérience salutaire. Voici l'introduction et la conclusion de l'article publié dans le Figaro.

http://www.lefigaro.fr/livres/2013/02/27/03005-20130227ARTFIG00639-nouvelles-technologies-et-si-on-se-deconnectait.php


'' Ordinateurs, smartphones, consoles de jeux : une mère de famille américaine a tout mis au placard pendant six mois. Une expérience passionnante qu'elle raconte dans Pause.

Quel parent d'adolescent, exaspéré et inquiet de voir son enfant immergé dans son ordinateur envoyer des salves de SMS à longueur de journée, n'a-t-il pas rêvé de le débrancher de ces appareils numériques? Susan Maushart, mère de famille divorcée, docteur en sociologie des médias de l'université de New York, l'a fait. Et pourtant, elle-même était accro à son smartphone. Mais un jour, en relisant Walden, de Thoreau, elle a décidé de dire stop. Elle annonça à ses enfants, Anni, 18 ans, Bill, 15 ans, Sussy, 14 ans, qu'ils allaient faire pendant six mois une merveilleuse expérience, un grand voyage dans la vraie vie… en vidant leur maison de tous ses écrans, c'est-à-dire: quatre ordinateurs, quatre téléphones portables, une console de jeux, quelques iPod et deux télévisions. ''....

'' Les bénéfices du sevrage furent multiples: l'un reprit avec passion l'étude de son instrument de musique, l'autre dont la chambre était un bac à linge sale géant retrouva le sens de l'ordre, la troisième se mit à cuisiner et à écrire un roman. La vie de famille s'en trouva également bouleversée: «Nous sommes plus proches les uns des autres», affirma l'aînée de la fratrie. Par exemple, ils ne fuyaient plus les repas pour retourner dans leur bulle multimédia mais s'attardaient à table pour discuter.

Enfin, ils se mirent à fréquenter leurs amis pour de vrai, ce qui n'est pas anodin: des études montrent en effet que les neurones dédiés aux rapports humains des individus qui ont grandi avec les nouvelles technologies sont souvent sous-développés, si bien qu'ils ont des carences dans certaines aptitudes sociales telles que l'écoute empathique.''

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

28 Avril 2013, 19:29 Message

Un article du Figaro sur l'abandon de l'écriture cursive.

De moins en moins d'élèves américains maîtrisent la calligraphie classique, abandonnée au profit des claviers d'ordinateur et des lettres d'imprimerie.

Il arrivera un jour où on ne saura plus écrire. Et ce jour est peut-être là, aux États-Unis tout du moins. Monica, 16 ans, élève d'un lycée de Californie, estime déjà qu'écrire en attaché ne sert à rien. Les devoirs d'école doivent obligatoirement être tapés à l'ordinateur, et pour les messages personnels, il y a les e-mails, souligne la jeune fille. Alors, quand elle prend - rarement - la plume, Monica utilise des lettres d'imprimerie. «Personne ne nous a jamais forcés à utiliser l'écriture cursive, donc c'était pénible de mémoriser les lettres», raconte l'adolescente qui a même des difficultés à déchiffrer ce que ses parents rédigent.

Pas moins de 45 États américains sont sur le point de lui donner raison. Ils doivent adopter des orientations de programmes scolaires communes pour 2014 en mathématiques et en anglais. Les belles boucles de la calligraphie ne sont plus requises, contrairement à la maîtrise du clavier, à la sortie de l'école élémentaire. Si plusieurs États, dont la Californie, la Géorgie et le Massachusetts, ont ajouté l'écriture cursive à leurs programmes, la plupart des autres, comme l'Indiana, l'Illinois et Hawaï ont laissé le choix aux districts scolaires.

http://www.lefigaro.fr/international/2012/11/28/01003-20121128ARTFIG00462-en-californie-l-ecriture-cursive-appartient-au-passe.php

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

29 Avril 2013, 18:32 Message

Un article de Christian Authier dans l'Opinion indépendante sur le rapport de l'Académie des sciences.

Ecrans : laissez venir à moi les petits enfants…

Un récent rapport de l’Académie des sciences s’est penché sur l’influence des écrans sur les petits enfants.

Si le rapport, L’Enfant et les écrans, a été présenté dans de nombreux médias (Le Monde, Libération…) comme plutôt favorable au maniement des consoles de jeux, ordinateurs, télévisions et autres tablettes numériques ; sa lecture offre un diagnostic bien plus nuancé. Ainsi, les rédacteurs du rapport estiment qu’avant 2 ans, les écrans n’ont aucun effet positif et que les DVD commercialisés pour les enfants de moins de 3 ans sont néfastes : prise de poids, retard de langage, déficit de concentration et d'attention... De 2 à 3 ans, l'exposition passive et prolongée à la télévision sans présence humaine interactive et éducative est déconseillée tandis qu’avant 6 ans la possession d'une console ou d'une tablette personnelle présente plus d'inconvénients que d'avantages».

Influences délétères

Toujours selon l’Académie des sciences, après 12 ans, un usage trop exclusif d'Internet peut créer une pensée «zapping», trop rapide, superficielle, appauvrissant la mémoire et les capacités de synthèse personnelle et d'intériorité. L’un des auteurs du rapport, le psychiatre Serge Tisseron, préconise un temps global d’écran donné à l’enfant (une demi heure par jour à 4 ans) tout en prônant un usage accompagné. Bien que mesuré donc sur l’exposition des enfants aux écrans, ce rapport a été critiqué notamment pour sa relative bienveillance envers les tablettes tactiles : «Elles peuvent contribuer, dans un contexte relationnel, […] à l’éveil précoce des bébés au monde des écrans. C’est le format le plus proche de leur intelligence.» Le support n’ayant que trois ans, il s’agit là plus d’un a priori positif que d’une observation scientifique. C’est précisément cette absence d’approche scientifique qui a valu à l’Académie des sciences les critiques de spécialistes rappelant que des milliers de recherches ont signalé des influences délétères importantes de la télévision, d'Internet ou des jeux vidéo sur le développement intellectuel, la sociabilité et la santé, bien au-delà des premiers âges de la vie et pour des consommations largement inférieures à deux heures quotidiennes.

De son côté, Psychologies Magazine a publié récemment l’appel à la vigilance de cinquante experts «face à l’utilisation abusive des écrans». Rappelons qu’aux Etats-Unis (seuls chiffres globaux précis) les 8-18 ans consacrent plus de 7 h 30 par jour à l'usage, essentiellement récréatif, d'un écran ou d'un autre. En France, sur une tranche d'âge comparable, on est autour de 4 h 30 pour le seul couple télévision-Internet.

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

29 Avril 2013, 18:34 Message

Toujours Christian Authier.


Quand des écoles chassent les ordinateurs…

Les employés des sociétés high-tech de la Silicon Valley paient très cher pour envoyer leurs enfants dans une école Waldorf dépourvue d’ordinateurs…

Ils sont cadres à eBay, Hewlet-Packard, Apple ou Yahoo, mais ils paient cher (13 à 18 000 € par an) pour offrir à leurs progénitures une éducation déconnectée. En effet, au cœur de la Silicon Valley, Mecque de l’informatique, la Waldorf School of the Peninsula bannit ordinateurs, iPad et télé jusqu’au lycée, au profit d’activités avec les professeurs.

Cet établissement est l’une des 160 écoles aux Etats-Unis ayant adopté la méthode Steiner-Waldorf, du nom du philosophe autrichien Rudolf Steiner, né au XIXe siècle, selon lequel l’éducation doit se faire notamment à travers les activités artistiques et manuelles. Ici, on apprend avec des stylos, du papier, des tableaux noirs, des pupitres en bois et des encyclopédies. La directrice de l’école, Lucy Valentine Wurtz, explique : «Nous considérons que les enfants ont besoin de cuisiner ou de jouer avec des matériaux plutôt que d’être placés devant des ordinateurs pendant des heures. Nous privilégions aussi l’interaction avec le professeur, afin de développer le dialogue et les facultés de réaction. A ce que je sache, il n’y a encore aucun élément tangible qui montre qu’on reçoit une meilleure éducation avec des dizaines d’ordinateurs ou d’iPad dans les classes.» Aucune opposition de principe à la technologie cependant : «Nous considérons qu’il y a un âge avant d’être exposés aux écrans. Nous n’avons pas d’ordinateurs à l’école élémentaire et au collège. Mais au lycée, les étudiants sont encouragés à les utiliser à la maison pour faire leurs devoirs», précise-t-elle.

Cynisme génial

Apparent paradoxe : les trois quarts des parents d’élèves travaillent dans des firmes high-tech et sont surconnectés. L’un d’eux Thierry Klein, président de Speechi (société de logiciels de formation en ligne), analyse sur son blog le phénomène : «Il y a bien sûr la conviction, étayée maintenant par de nombreuses études, que la technologie n'améliore pas, ou pas beaucoup, le niveau des élèves. Mais le facteur clé [...] est la conviction qu'ont les parents que [la technologie] divertit les élèves, les détourne du savoir. Les concepteurs des machines que sont Google, l'iPad ou encore eBay sont parfaitement conscients du phénomène d'addiction qu'ils créent et veulent en préserver leurs enfants. C'est d'un cynisme génial.»

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

5 Janvier 2014, 01:48 Message

Voici une conférence d'un médecin sur les dangers du numérique pour les enfants...


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Re: Nos enfants, ces mut@nts

5 Janvier 2014, 09:43 Message

L'individu est certes "brut de fonderie" (et un peu bateleur, un peu démago), mais ce qu'il dit est terriblement vrai. Un peu de bon sens devrait suffire, pas besoin de toutes ces études, si ce n'est pour contrer celles, commerciales, qui enchantent spectaculairement ce cancer, cette came. Mais hélas, le bon sens est aujourd'hui la chose la moins partagée du monde, à l'évidence.

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

27 Novembre 2014, 11:38 Message

Quarante-cinq états américains ont abandonné l'écriture manuelle à l'école primaire et dans quelques années, nos pédagogistes viendront nous expliquer que l'écriture cursive doit être mise au musée...

Un entretien du Figaro à ce propos.

Le linguiste Alain Bentolila s'élève contre la fin de l'écriture manuelle

« Aux États-Unis, une majorité d'enfants n'apprend plus à écrire que sur un clavier. Ce sera bientôt le cas en Finlande. Une très mauvaise évolution pour le spécialiste de l'apprentissage de la lecture
La fin de l'apprentissage de l'écriture manuelle est annoncée en Finlande. La maîtrise de la saisie sur clavier est plus importante, a récemment jugé un haut responsable de son système éducatif. La réforme devrait être appliquée à la rentrée 2016. Un virage déjà pris par 45 États américains qui ont exclu l'écriture cursive, dite aussi «en attaché», du socle commun des connaissances. Spécialiste de l'apprentissage de la lecture et du langage chez l'enfant, professeur à l'université Paris Descartes, le linguiste Alain Bentolila s'élève contre de telles réformes.

LE FIGARO. - En Finlande, les écoliers ne vont bientôt plus apprendre à écrire à la main mais utiliseront un clavier. Qu'en pensez-vous?

Alain BENTOLILA. - C'est une très mauvaise décision. Non pas que je sois un nostalgique de la calligraphie. Cependant, quand on écrit à la main, on fait un acte singulier. Le fait de tracer sereinement des lettres et des mots permet à mon esprit de les porter. Ce qui n'est pas le cas avec des machines ou des tablettes.

Le pragmatisme ne doit-il pas l'emporter? L'écriture sur ordinateur permet aux enfants d'être lisibles, de rendre des textes plus propres, voire d'utiliser le correcteur orthographique…

Ce sont de faux arguments auxquels il faut opposer l'effort, la gratification, la conscience de l'autre que seule permet l'écriture graphique.

Vous avez l'appui des neuroscientifiques qui sont plutôt favorables au maintien de l'écriture cursive. Elle permet, selon eux, de mieux mémoriser, elle développe la motricité fine chez l'enfant.

Bien sûr. La mémoire se construit grâce à l'écriture manuelle et non avec un écran. »

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Re: Nos enfants, ces mut@nts

27 Novembre 2014, 11:55 Message

Bien sûr. La mémoire se construit grâce à l'écriture manuelle et non avec un écran

Hélas trop vrai mais cela fait maintenant quelques années que dans les universités américaines les étudiants ne prennent plus de notes à la main mais tapent immédiatement sur leur ordinateur portable les développements des professeurs.

Quand dans un amphithéatre plusieurs centaines d'étudiantes et d'étudiants ne regardant plus en direction du professeur mais les yeux rivés sur leur clavier saisissent d'un seul homme les propos du conférencier on en reste médusé.


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