Afficher le sujet - Le suicide Français

Le suicide Français

Ce qu'il en est, et la volonté de demeurer dans cet être
Avatar de l’utilisateur
Messages: 3762

Re: Le suicide Français

18 Janvier 2015, 21:30 Message

Je trouve que ce M. Raspail, dont je n'ai pas lu une ligne, fait montre, dans cet entretien d'une conscience politique...disons...minimale. Il avait bien vu le nombre mais pas l'islam...

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

18 Janvier 2015, 22:04 Message

En 73, cher Éric, à part ceux qui avaient une connaissance directe du monde "arabo-musulman" (comme on dit maintenant), pour l'essentiel lesdits "pieds-noirs" qu'on n'écoutait pas (hum...), on ne trouvait pas grand-monde en France pour être conscient des dangers de l'islam... Du reste, nos concitoyens sont encore aujourd'hui très loin d'être lucides ! Déculturation (générale et plus encore sur les questions religieuses) et naïveté aussi consternante qu'entretenue font encore des ravages parmi l'essentiel de nos concitoyens ; lorsqu'on dit que désormais 40% d'entre eux estiment que l'islam est un danger pour le pays, ce qui est beaucoup, il serait plus juste de dire qu'ils le devinent plus ou moins, sur la foi de considérations et d'impressions assez simplistes. S'ils étaient parfaitement instruits de ces questions, non seulement ils seraient 80%, mais ils exigeraient sans tarder un changement radical de politique.

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

18 Janvier 2015, 22:13 Message

Raspail a écrit le bouquin dont il parle il y a plus de 40 ans. Dans d'autres livres écrits plus tard il traite du grand remplacement avant même que le mot ait été inventé par Renaud Camus.

Par exemple dans Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée (1993) il présente à mots couverts des ilots musulmans constitués en Etats libres.

A mon humble avis et je l'ai déjà dit à plusieurs reprises la lecture de Jean Raspail est un peu décevante. Pour ceux qui ne veulent prendre aucun risque je leur conseille de lire le livre cité plus haut cad "Sept Cavaliers" et "Septentrion" dont je mets en ligne un extrait ci-après:

Au temps de ma jeunesse, tant de pays, sur divers continents, s'étaient enfoncés de cette façon dans la nuit aveuglante des systèmes régénérateurs, chacun y devenant à la fois dictateur et esclave, double nature de l'homme nouveau. Cela n'avait pas toujours été sans mal. On avait vu des nations vêtues de noir s'amputer, pour aller plus vite, d'un tiers de leur population, membre pourri et sacrifié au sauvetage du corps pur. D'autres pays procédaient différemment, sous des drapeaux et des idéologies d'apparence quelquefois contraire, mais avec une seule méthode éprouvée : autopersuasion par contagion. Tels étaient le poids et la force de l'irradiant cerveau collectif qu'il devenait humainement impossible de penser autrement. Et si certains rechignaient à s'y faire, d'autres se chargeaient de leur arracher le cœur pour leur ouvrir les yeux, choisis, ou plutôt volontaires spontanés, parmi les proches, les parents, les amis, les voisins, les confrères, les collègues, les chefs ou les subordonnés, implacables légions. Il en sortait de partout, jusque dans chaque famille, du fond même des lits conjugaux, du tabernacle des églises ou de la tablée quotidienne des petits bistrots de l'amitié. Plus n'était besoin de prisons, d'asiles de redressement, de camps de régénération ou de stimulation collective. A la fin, chacun se jugeait soi-même selon le code unique sans plus solliciter la vigilance des autres, se déclarait coupable et s'enfermait dans sa propre prison intérieure, le cœur et l'âme transformés en cachot nu et lisse d'où le prison­nier volontaire sortait définitivement métamorphosé. Ainsi avaient péri, de nation en nation, le goût de la singularité, la soif des différences fondamentales et jusqu'à la merveilleuse haine qu'engendraient naguère nos bienfaisantes inégalités divines. Quelles que fussent sa race, sa culture et ses origines, le même type d'homme peuplait désormais les deux tiers de la planète et le plus effrayant, c'est qu'il semblait satisfait !

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

18 Janvier 2015, 22:16 Message

C'est pourquoi d'ailleurs il est important de tenir fermement et de rappeler sans relâche quelques positions simples (et non simplistes, pour le coup) : Coran de La Mecque et de Médine, Coran incréé, versets abrogeants, présentation du texte dans un désordre choisi, historicité, Beau Modèle, Taqîya , Hadiths, Oumma, Sira...

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 09:28 Message

Peut-être faudra-t-il un fil consacré à ces événements et à leurs suites politiques.

Pour l'instant, la question de la "fracture" — ou plutôt de la béance avec hostilité foncière d'un seul côté contre l'autre — entre les populations qui occupent le territoire de la France, que ces événements ont fait voir comme jamais (pour ceux qui ont encore des yeux, des oreilles, et l'équipement minimal qui doit s'y rattacher...), cette question faisant partie des thèmes centraux du livre de Zemmour, je pose donc ici cette intervention de Finkielkraut.



***

Sur France Inter à 8 h 30, hier, le chroniqueur de la revue de presse estime que, somme toute, les manifestations musulmanes antichrétiennes n’ont pas causé beaucoup de dégâts : « Quelque dix morts à peine »…

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:14 Message

Les chances que les choses se calment sont minimales. Le monde arabo-musulman a une démographie galopante et sa population est de plus en plus jeune, autrement-dit il dispose de la chair à canon en abondance pour monter au feu.

Un professeur allemand le Dr. Gunnar Heinsohn a écrit un livre célébre sur ce phénomène en allemand "Söhne und Weltmacht. Terror im Aufstieg und Fall der Nationen". ou Fils et Domination mondiale. Le terrorisme et l'ascension et le déclin des nations.Il appelle cette masse de jeunes le Youth bulge

Dr. Gunnar Heinsohn is known most widely for his theory of the Youth Bulge. He argues that an excess in especially young adult male population predictably leads to social unrest, war and terrorism, as the "third and fourth sons" that find no prestigious positions in their existing societies rationalize their impetus to compete by religion or political ideology. Heinsohn claims that most historical periods of social unrest lacking external triggers (such as rapid climatic changes or other catastrophic changes of the environment) and most genocides can be readily explained as a result of a built up youth bulge, including European colonialism, 20th century Fascism, and ongoing conflicts such as that in Darfur, The Palestinian uprisings in 1987-1993 and 2000 to present, and terrorism.


Does religion also play a contributing factor?
Yes. Young people “are often drawn to new ideas and heterodox relations, challenging older forms of authority,” writes Goldstone. But Gavin says “religion can provide an outlet that is constructive and allows youth to build social networks and find a sense of identity.” In the Muslim world, experts say large populations of idle youth are especially prone to virulent strands of Islam as an alternative force for social mobility. Of the twenty-seven largest youth-bulge societies in the world, thirteen are Muslim, according to Heinsohn.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:20 Message

« Les socialistes… finissent toujours par s’agenouiller devant la force » (Simone Weil)

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:30 Message

Ci-dessous un entretien qui fait mal dans le sens où le Dr. Heinsohn n'est pas trés optimiste ...

Gunnar Heinsohn - Un continent de perdants…

Le Dr. Heinsohn répond à une interview dans un journal danois.

L’interview débute par une présentation des travaux du prof. Heinsohn. Il y définit un concept, l’« excès démographique de la jeunesse ». Cet excès démographique se traduit par une situation où les 15 à 29 ans constituent au moins 30% d’une population donnée. Selon ses études, cette situation peut compromettre la stabilité de la société – et pas seulement s’il s’agit d’une population pauvre, ce serait même plutôt le contraire : une population accablée cherche juste à survivre, mais dans une population en bonne condition, physique et mentale, les jeunes gens « excédentaires » auront tendance à consacrer leur énergie à la recherche de positions sociales valorisantes – trop rares. Ce qui peut engendrer la violence.

Le prof. Heinsohn présente pendant l’interview quelques exemples historiques de troubles au moins partiellement causés, selon lui, par ce phénomène – la révolution bolchevique, la montée du fascisme dans les années 1920, les débuts du mouvement maoïste, et, bien plus loin dans le temps, l’expansion européenne (l’établissement des colonies espagnoles, portugaises, etc.) du XVIème siècle.

À notre époque, le « problème » palestinien actuel présente les caractéristiques de ce phénomène, et il en discute longuement. Je ne m’étendrai pas trop là-dessus, car un article du prof. Heinsohn vient de paraître dans « Le Monde » à ce sujet (« Gaza, les raisons de la violence », 19.6.2007, édition papier du 20.6). Il y conclut que « la démographie galopante » des territoires palestiniens « continuera de produire en grand nombre des jeunes hommes sans perspective d’emploi ni aucune place dans la société, et dont l’unique espoir sera de se battre pour s’assurer l’une et l’autre ». C’est ce qu’il dit également dans l’interview du journal danois. Et c’est l’argent occidental qui soutient cette explosion démographique…

Il s’élève donc ainsi contre l’idée prédominante en Occident selon laquelle on peut contrer la guerre et la violence en résolvant le problème de la faim et de la pauvreté dans le Tiers-Monde. Ses recherches montrent qu’« au contraire, lorsqu’on élimine le problème de la pauvreté matérielle immédiate dans un pays souffrant d’un excès de jeunes, on cause l’escalade de la violence ».

Le journaliste en vient donc à lui poser la question suivante…

UNE CLASSE DE PERDANTS

– Ne serait-ce donc pas une bonne solution que de laisser ces « fils excédentaires » venir en Europe ?

En Europe, tous les pays – sans exception – sont des nations vieillissantes qui ne se reproduisent plus suffisamment [pour remplacer les générations]. Elles se sont donc embarquées dans un processus où elles « mangent » mutuellement leurs jeunes talents. Pourquoi ne recherchent-elles pas ces jeunes talents en Afrique, dont la population a tant augmenté (~100 millions de personnes en 1900, deux milliards estimées en 2050 !) ? Pourquoi pas dans le monde islamique, qui a connu une explosion démographique similaire ? Pourquoi l’Amérique cherche-t-elle les jeunes talents en Allemagne, pourquoi le Danemark recrute-t-il des Polonais ? Parce que les pays du Tiers-monde n’ont pas le niveau d’éducation requis dans les pays développés, qui ne peuvent maintenir leur position que par l’innovation. Pour ce faire, ils ont besoin de jeunes gens qui ont grandi dans une société de haute technologie. Ce n’est pas que les Africains ou les Musulmans soient moins intelligents que les autres, c’est juste qu’ils ne sont pas socialisés d’une façon qui les rende utiles dans nos sociétés.

Au Danemark, nous avons maintenant un grand nombre d’immigrants originaires de pays islamiques, des gens très instruits, de même que leurs descendants, des médecins, des avocats, etc. Mais beaucoup d’entre eux sont tout aussi peu intégrés que les moins instruits. Ils restent tout aussi radicaux et islamistes que s’ils n’avaient pas reçu d’éducation supérieure … ?

Je laisserai l’évaluation des conditions danoises aux Danois. Cependant, on constate la même chose en Angleterre. Nous avons là une population dans la population, à savoir les Pakistanais, qui ont le taux de naissance le plus élevé de tout le pays, et qui sont les plus dépendants des allocations sociales. Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront.
Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants.
Par contre, au Canada, où je passe une partie de l’année depuis vingt ans, on trouve une politique complètement différente. Ils disent : notre politique d’immigration se fait sur une base simple. Tout nouveau Canadien, né ici ou venu de l’étranger, doit être plus doué que ceux qui l’ont précédé ; parce que seule l’innovation nous permettra de conserver notre position dans la compétition mondiale. Je veux donc que mon fils soit plus intelligent que moi. Et croyez-le ou non : 98% des immigrants canadiens ont de meilleures qualifications professionnelles que la moyenne des Canadiens. En Allemagne et en France, le chiffre est de 10%. Là où nous jouons la quantité, ils jouent la qualité.
Et pourquoi ? En Allemagne, parce que les gens avaient peur d’être traités de racistes ; et il semblerait que tous les pays européens souffrent de cette peur de faire des choix.

LE CINQUIÈME VILLAGE

Ne pourrait-on pas partiellement expliquer cela en disant que les partis de gauche ont importé une réserve d’électeurs ?

En France, on a vu les Africains et les Algériens voter pour Ségolène Royal. À cela, il faut ajouter un autre phénomène, que l’on peut observer entre autres en Allemagne. Ici, certains des Allemands « de souche », comme on commence à les appeler, qui constituent 85% de la population, commencent à émigrer. À peu près 150.000 Allemands quittent le pays chaque année, la plupart à destination du monde anglo-saxon. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont prêts à recevoir 1,5 million d’immigrants instruits par an, et ils font tout ce qu’ils peuvent pour leur faciliter les choses.
Il n’est pas étonnant que de jeunes gens travailleurs et motivés, de France et d’Allemagne, choisissent d’émigrer. Ainsi, ils n’ont pas seulement à subvenir aux besoins de leur propre population vieillissante. Sur 100 jeunes de 20 ans, les 70 Français et Allemands doivent soutenir aussi 30 immigrants de leur âge ainsi que leur progéniture. Cela est la cause de découragement dans la population locale, en particulier en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Alors, ils s’enfuient.
L’Europe vient de mettre au point, en janvier 2007, ses principes quant à l’immigration. Et ils sont très différents de ceux du Canada. Notre premier critère pour laisser des gens s’installer dans l’UE est qu’ils aient ou non été victimes de discrimination. Principe suivant : si la personne a de la famille dans l’UE, son accès est favorisé. Troisième principe : les gens se trouvant déjà illégalement en Europe doivent être régularisés. Et enfin, seulement en quatrième place, on retrouve le principe anglo-saxon voulant que l’immigrant doive pouvoir s’intégrer au marché du travail.
Le but de tout ceci est de renforcer l’Europe face aux Anglo-Saxons en termes de « soft power ».
Je suis très pessimiste face à l’avenir. La situation de l’Europe me rappelle le principe du « Cinquième village » dans les Länders du Brandebourg et de Poméranie Occidentale, qui ont fait l’expérience d’une population déclinante. Quatre villages sont abandonnés, et leur population est rassemblée dans le cinquième village. Mais ça ne fait pas augmenter le taux de natalité du cinquième village. Et après quelque temps, le cinquième village est lui aussi peuplé de vieilles personnes, et il n’y a pas de jeunes gens dans le coin pour pourvoir à leur pension.
Ce qui va se produire pour une quarantaine de nations entre la Bretagne et Vladivostok est similaire. Certaines deviendront des « cinquièmes villages » et retrouveront un nouveau souffle, d’autres imploseront tout simplement. Je prédis que toutes les nations slaves imploseront. Idem pour les trois pays baltes et pour tous les états des Balkans. La question est de savoir si la France et l’Allemagne deviendront des « cinquièmes villages ». Je pense que la Scandinavie en sera un. De même que la péninsule ibérique, l’Irlande et l’Angleterre. Mais je ne suis pas sûr que le reste du continent y parviendra.

LES JEUNES PARTENT

Mais aura-t-on toujours affaire à des nations dans le futur ? Si l’Europe finit par acquérir une majorité musulmane, il n’est pas certain que les Danois, les Allemands, les Français etc. se plient à la charia. Ne verrait-on pas alors les populations indigènes se retrancher dans leurs propres enclaves, d’où ils tenteraient de se défendre, comme on l’a vu dans les Balkans ?

C’est bien entendu une possibilité, mais il faut se demander qui sera là pour rester et se battre ? Quelqu’un comme moi, peut-être, parce que je suis plus ou moins forcé de rester. Mais si j’étais un jeune Allemand de souche de 18 ans, une fois l’école secondaire terminée, je ferais ce que la plupart font déjà. Je voudrais étudier dans le monde anglo-saxon, et j’émigrerais. Je ne voudrais pas rester et me battre. Le monde anglo-saxon a besoin de 50 millions d’immigrants qualifiés dans les 30-40 ans à venir, les jeunes gens qualifiés d’Europe occidentale seront donc incités à s’y installer au lieu de rester et de se battre.
Une possibilité serait de cibler l’immigration chinoise. Si nous avions en Allemagne la même proportion de Chinois qu’au Canada, nous en aurions trois millions. Mais la possibilité de l’immigration chinoise n’a même pas été envisagée en Europe.
La Chine est le pays qui vieillit le plus vite au monde après l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud. Nous considérons d’habitude la Chine comme un géant endormi. Moi j’y vois une source dont les pays occidentaux pourraient tirer le meilleur. Et ils le feront. Pour le moment, les riches Chinois se soucient de transférer leurs avoirs en Suisse, parce qu’avec le peu d’enfants qui y naissent, les gens de 40 ans et plus n’ont aucun espoir de toucher une pension un jour. En Chine, le taux de fertilité a baissé jusqu’à 1,6 enfant par femme. Le pays perd déjà 500.000 de ses meilleurs ressortissants chaque année. Les jeunes ne voient pas d’espoir de se constituer un fond de pension dans leur propre pays. Ils s’installent donc à Taiwan, à Hong Kong, à Singapour, au Canada, etc.
En Allemagne de l’Est, ils viennent juste de décider de démolir 400.000 appartements. Il n’y a personne pour y habiter, et les appartements inoccupés ruinent les banques en faisant baisser les loyers et le prix du logement. En Allemagne de l’Ouest aussi, nous perdons de la population. Nous avons cessé de récupérer les immigrants les plus inadaptés. Pour attirer des jeunes gens compétents, nous pourrions leur offrir une maison. C’est ainsi que le Brandebourg a obtenu les Huguenots français au XVIIème siècle. Mais je doute que cela fonctionne aujourd’hui.

LE RÉARMEMENT DÉMOGRAPHIQUE ?

Serait-il imaginable que les Européens commencent soudainement à se multiplier, pour répondre à l’obligation morale de perpétuer leur peuple et leur culture ? C’est ce qui s’est produit après la conquête du Québec français par les Britanniques. Les prêtres catholiques ont mis la pression sur les familles pour qu’elles soient nombreuses, et cet effort démographique a porté ses fruits… ? Le prof. Heinsohn ne donne guère de chances à une telle stratégie. Cela requerrait des mesures draconiennes, que les Européens n’accepteraient pas. Les promesses financières ne marcheront pas, excepté pour les gens de peu d’éducation et de bas rang social, et cela aggraverait la situation.

Regardez le peuple polonais, dit Heinsohn – qui est né en 1943 dans la ville maintenant connue sous le nom de Gdansk, mais qu’il appelle toujours Danzig. « C’est une nation possédant de fières traditions. La Pologne a sauvé l’Europe des Mongols, des Turcs et des Bolcheviques, et a fini par mettre à bas le communisme. Et pourtant, ils ont un taux de fertilité encore plus bas que les Allemands. Ils en sont à 1,2 enfant par femme. De plus, ces 15 dernières années, ils ont déjà perdu deux millions de leurs meilleurs éléments. Peut-être les émigrants disent-ils à leurs parents qu’ils reviendront, mais ils ne le feront pas. C’est pourquoi je dis que des pays comme la Pologne, le Lituanie et la Lettonie sont condamnés. Ils ne sont pas attractifs pour les migrants. Idem pour la Russie. Qui veut aller vivre en Russie ? Et regardez les membres les plus récents de l’Union Européenne, la Bulgarie et la Roumanie. La Roumanie est le premier pays dans le monde où il y ait plus de retraités que de travailleurs actifs, et on les a laissé entrer. Idem en Bulgarie, dont la population a un taux de croissance négatif record. Les jeunes partent, et la conscience tranquille, parce qu’ils croient que demain, Bruxelles paiera pour leurs parents. L’UE a donc accepté 27 millions de personnes qui voulaient entrer pour s’assurer une pension. Et dans les milieux européens, on se réjouit d’avoir attiré autant de monde, des millions de citoyens de plus que les USA. « Ca nous fortifiera », croient-ils.
Je vois donc peu d’issues. Cependant, je cite dans mon livre l’exemple de la Californie, qui a fait demi-tour dans les années 1990, ce qui signifie que même la population blanche – à l’exception des Latinos, qui ont un taux de fertilité plus élevé – a pu passer de 1,3 à 1,8 enfant par femme. Ce n’est pas encore le taux de remplacement des générations, mais c’est néanmoins un changement notable. Et c’est énorme parce que la Californie est la région la plus avancée du monde. Vers la fin des années 1980, on pronostiquait que le taux de fertilité continuerait de baisser, mais au début des années 1990 de nouvelles études ont montré que les femmes ne voulaient plus se contenter de leur travail, et peu de temps après on a vu le taux de fertilité progresser.
En Europe, on a balayé [cette observation] du revers de la main, en l’expliquant par le fait que les Américains sont « tellement conservateurs », mais ce n’est pas vrai en Californie, qui de bien des façons a été la pionnière de l’Occident. Cependant, je ne vois rien de similaire en Europe. Bien sûr, la France a deux enfants par femme, mais sur cinq nouveaux-nés, deux sont déjà arabes ou africains. En Allemagne, 35% de tous les nouveaux-nés sont déjà d’origine non allemande, et les non-Allemands y commettent près de 90% des crimes violents. Comme je l’ai déjà dit – les mères sont payées pour mettre des enfants au monde, ainsi que leurs filles, et les hommes se mettent à la criminalité.
Ou bien prenez l’exemple tunisien. Une femme tunisienne a 1,7 enfant en moyenne. En France, elle en a bien souvent 6, parce que le gouvernement français la paie pour ça. Bien entendu, l’argent n’a jamais été destiné aux Tunisiennes en particulier, mais les Françaises ne sont pas intéressées par cet argent, tandis que les Tunisiennes ne sont que trop heureuses de le recevoir.

Nous devrions donc faire une discrimination ?

Ca ne marchera pas. C’est trop tard. Si vous commenciez à faire de la discrimination, vous seriez traînés devant toutes les cours de justice existantes. C’est à ça que le monde anglo-saxon a échappé en discriminant à la frontière. Pas sur la base de la race ou de l’ethnie, mais sur la base des qualifications. Ils rejettent les gens qui ne sont pas qualifiés. Mais bien souvent ils les rejettent avec un conseil amical – quand une personne se voit refuser l’entrée à Ottawa ou Canberra, les autorités de l’immigration lui conseillent bien aimablement de tenter sa chance en Allemagne, par exemple. « Parce que le système est différent là-bas. »

Comment voyez-vous la situation politique de l’Europe dans vingt ans ? Pas d’État-providence, pas de démocratie ?

En ce qui concerne le continent européen, Irlande, Angleterre et Scandinavie mises à part, je crois que même les prévisions démographiques pessimistes s’avéreront trop optimistes. Ces prévisions suggèrent que les jeunes resteront en Europe et y élèveront leurs propres enfants, mais cela ne se passera pas ainsi. Une étude datant de 2005 a montré que 52% des allemands âgés de 18 à 32 ans veulent partir. Ils ne le feront peut-être pas, mais ils nourrissent cette idée. Les jeunes vraiment qualifiés partent. Les seuls qui soient vraiment fidèles à la France et à l’Allemagne sont ceux qui vivent du système social. Parce qu’il n’y a pas d’autre endroit pour eux. L’Amérique, le Canada, l’Australie comptent sur l’arrivée de nos jeunes les plus qualifiés, et ils en récupéreront beaucoup. Cela mettra fin à l’innovation et freinera la croissance économique de l’Europe. En Allemagne, nous perdons déjà des milliards et des milliards de rentrées parce que nous manquons de gens qualifiés pour occuper les postes. Nous avons deux millions d’emplois sans titulaires – et six millions de personnes en âge de travailler dépendantes du système social, et les deux ne sont pas complémentaires. Le groupe des gens dépendant de l’état grandit chaque année, il y naît des enfants, mais les places vacantes ne se remplissent pas.
C’est comme deux pays qui seraient fermés l’un à l’autre. L’État-providence ne peut pas perdurer. Nous ne pouvons pas non plus espérer résoudre le problème démographique par l’immigration chinoise, puisque les Chinois ne veulent pas immigrer dans un système où ils auraient à payer non seulement pour les pensions d’une population vieillissante mais aussi pour les allocations de millions d’autres personnes.
Nous devons décréter qu’il n’y a qu’une catégorie de personnes qui peut compter sur l’aide du gouvernement, ce sont les gens mentalement ou physiquement handicapés. Personne d’autre ne devrait espérer de l’aide. Cela semble froid et cynique, mais les bases de nos systèmes sociaux ont été jetées au XIXème siècle, lorsque les familles avaient 10 enfants. Si leur père mourait à la suite d’une chute d’un échafaudage, il fallait bien que quelqu’un s’occupe de la famille. La situation actuelle est très différente.
Si vous allez en Australie, vous ne recevrez pas d’allocations pour vos enfants. Tout au plus bénéficierez-vous d’un petit dégrèvement fiscal. En revanche, un citoyen australien peut garder 80% de ce qu’il gagne en brut.

Comment les choses ont-elles pu tourner aussi mal dans une Europe qui avait cette vision grandiose de paix, de coopération et de progrès, et qui avait une confiance illimitée dans ses capacités ?

Cela a commencé à mal tourner vers 1980. Mais le grand tournant, en Allemagne, n’advint qu’en 1990. C’est lorsque les portes furent ouvertes toutes grandes à une immigration massive, constituée de gens pour ainsi dire sans qualifications. Entre 1990 et 2002, l’Allemagne autorisa l’entrée à 13 millions de personnes. Les choses ont commencé à mal tourner pour la France à la même période. Nous ne pouvons que limiter l’impact de ce fardeau sur notre système social en légiférant. Nous devons décréter que tout enfant né après une certaine date sera totalement pris en charge par ses parents. Ce sera une révolution. Mais on n’en parle même pas ici en Europe.

Fin de l’article : le prof. Heinsohn parle d’une réforme du système d’allocations sociales menée aux USA sous l’administration Clinton, limitant dans le temps l’aide aux mères célibataires, et de leur effet – le type de réforme qui s’est pourtant avérée positive mais qui est actuellement impensable en Europe. Ensuite, il revient, interrogé par le journaliste, sur le Moyen-Orient, sur l’Irak, et sur l’excès démographique de la jeunesse. Sa position tendrait à rester à l’écart de ces conflits, à laisser le « jeu » se dérouler, éventuellement en aidant à distance le camp « le plus sympathique »…
Note: Le prof. Heinsohn avait écrit en mars 2006 dans le Wall Street Journal un article qui traitait déjà de ces thèmes, et qui avait été traduit en français par Objectif-Info.com : “Ce sont les bébés qui gagnent les guerres“.

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:49 Message

Un autre article de Gunnar Heinsohn traduit en francais qui nous laisse peu d'espoir !

Ce sont les bébés qui gagnent les guerres
Wall Street Journal, par Gunnar Heinsohn 6 Mars 2006

Traduction : Objectif-Info.com

On admet habituellement qu’une nation est en train de mourir quand son taux de reproduction chute à 1.5 ou moins. Selon ce critère, 30 pays européens sont en passe de s'éteindre aujourd'hui ou alors ils voient, comme la France, leur culture et leur population métamorphosées par la croissance de minorités ethniques et religieuses.
L'Europe est en train de s’atrophier au moment où la population connaît une croissance explosive dans les pays islamiques, d’Afrique et l’Asie. En 2020, il y aura un milliard d’hommes en âge de combattre (entre 15 et 29 ans) dans le monde dont seulement 65 millions seront Européens. Au même moment, le monde musulman aura 300 millions de personnes de sexe masculin, souvent sans le moindre avenir chez eux.

On ne peut pas faire grand-chose pour inverser le destin démographique de l'Europe. Les 80 millions d’Allemands auraient besoin de 750.000 immigrés qualifiés chaque année jusqu'en 2050 pour compenser la baisse du taux de reproduction qui a commencé en 1975. Même si ce niveau d'immigration peu probable pouvait être atteint d’une façon ou d'une autre (on enregistre aujourd’hui l’entrée de 10.000 immigrés qualifiés par an seulement), l'âge moyen des Allemands passerait quand même de 42 à 52 ans et les Allemands de souche seraient réduits à une minorité dans leur propre pays.

Ce n'est pas la première fois que l'Europe emprunte un chemin périlleux, au bord du gouffre de l'extinction. Dans les années 1400, la peste bubonique et l’entreprise de conquête des armées musulmanes ont ramené la population de l'Europe à 70 à 40 millions. En 1484, le pape Innocent VIII répondit à la crise en décrétant la peine de mort pour les "personnes des deux sexes qui par des sortilèges et des procédés diaboliques, des atrocités et des transgressions affreuses, font périr des enfants encore dans le ventre de leur mère (ou qui) privent les femmes de la conception." Des sages-femmes, qui étaient également expertes en contrôle des naissances et en avortement, furent poursuivies et exécutées.

Les résultats furent immédiats, avec des taux de reproduction aussi élevés qu’à Gaza ou au Niger aujourd'hui. Jusqu’en 1510, le nombre de naissances masculines en Angleterre doubla presque. De 1500 jusqu’à 1914, les femmes avaient en moyenne six enfants en Europe occidentale, deux fois plus qu’au Moyen Age.
L'économie européenne n'a pas pu continuer sur cette voie. Parce que la terre allait au fils aîné, les frères cadets étaient livrés à eux-mêmes, sans ressources. Ils ont rapidement trouvé une issue. Au 16ème siècle, l'Espagne appelait ses jeunes conquistadors "Secundones", les cadets, ceux qui n'héritent pas. Dès le second voyage de Christophe Colomb en 1493, les Européens de sexe masculin excédentaires (qui représentaient environ 10% des hommes en âge de combattre dans le monde à l’époque) ont commencé la conquête du monde. Et malgré des guerres au quatre coins de la planète et 80 millions de vies perdues dans les luttes intestines et les génocides en Europe, la population s’est multipliée par dix pour atteindre 400 millions. La première bombe démographique est une invention européenne. Au cours des siècles qui suivirent, les Européens prirent le contrôle de 90% du globe.

Qui allait prendre le commandement de l’Europe ? Au début des années 1800, la France, la nation alors la plus peuplée d'Europe occidentale depuis 800 ans, a joué sa dernière carte. A l’époque de Waterloo, la France pouvait réunir 5% des hommes en âge de combattre dans le monde. L’alliance de la Grande-Bretagne (10 millions de personnes) et de la Prusse (10 millions aussi) prit l’avantage sur une France de 27 millions d’habitants. A partir de 1861, la population allemande a dépassé celle de la France et peu de temps après l’Allemagne a infligé une défaite à son voisin d’outre Rhin. Au début du 20ème siècle, la part de l'Europe dans la population des hommes en âge de combattre avait cru jusqu’à 35%, dont 10% pour les empires de Berlin et de Vienne. En 1914 ces deux mastodontes ont utilisé leur avantage de population pour exercer la suprématie mondiale. Mais leur tentative de mettre la main sur l’essentiel de la terre d'Eurasie n'a pas pris en compte l’existence d’un nouveau venu sur la scène du monde. Bien que séparés par un océan, les États-Unis disposaient d’un potentiel démographique et industriel à peu près identique.

Le Japon, l'Italie et l'Allemagne furent les dernières grandes puissances qui ont essayé, sans succès, de soustraire des territoires aux autres puissances dominantes. Après 1945, l'Europe a perdu toutes les guerres qu’elle a menées, de l'Indochine, à l’Algérie et à Timor. Des euphémismes comme "l’émancipation des colonies" cachent les véritables causes de cet enchaînement de défaites. Si les Européens avaient continué à se multiplier comme à l’apogée de leur période impérialiste, le monde tremblerait encore devant leurs armées. En 100 ans à peine, les pays musulmans ont reproduit la multiplication par dix que l’Europe a réalisée entre 1500 et 1900. Au cours du dernier siècle, la population musulmane a grimpé en flèche de 140 millions à 1.4 milliard.

Si l'Europe était parvenue à la multiplication par quatre observée aux États-unis (de 75 millions à 300 millions entre 1900 et 2006), les 1.6 milliards d’habitants de son continent auraient fait paraître bien chétives la Chine de 1.3 milliards et l'Inde de 1.1 milliards. Cependant, la part de l'Europe dans la population mondiale des hommes en âge de combattre, qui était de 27% en 1914, est aujourd'hui, avec 9%, inférieure aux 11% de 1500. Ainsi, les nouveaux habits du « pacifisme européen » et du "soft power" sont les cache-sexe de son impuissance.

Avec un taux de reproduction de 2.1 qui assure le remplacement, les États-Unis sont encore défendables. Mais combien de fois l'Amérique peut-elle envoyer ses fils seuls à l’étranger pour empêcher tous les seconds, troisièmes ou quatrièmes enfants de s'engager dans les actes de violence ? Par certains côtés, plus tôt l'Europe s'effondrera mieux ce sera pour les États-unis. Ses chances de défaire le terrorisme global s’amélioreraient du fait de l’afflux, provoqué par la panique, de ce que le Vieux Monde compte de meilleur, de plus éclairé et de plus courageux pour le renforcer économiquement et militairement.

L'alternative au terrorisme des islamistes « secundones » ne sera pas la paix mais la conquête, comme elle l’a été pour leurs prédécesseurs, les « Évangélisateurs » du Pérou, du Mexique et de l’Inde. Le terrorisme n’est que le petit frère de la conquête.

M. Heinsohn est professeur de sociologie à l'université de Brême ; il est fondateur et président du Raphael-Lemkin-Institut.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:57 Message

C'est du catastrophisme éclairé, j'espère... ;)

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 12:24 Message

Il n'est pas aimé et je dirais même détesté en Allemagne où il est de moins en moins invité à la tv car son discours dérange vraiment. Son grand copain est Peter Sloterdijk.

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 12:57 Message

Je ne l'aime pas mais il faut reconnaitre que l'analyse d'Alain de Benoist est juste « un défilé de moutons n’a jamais impressionné les loups »

Sur les évènements que la France vient de vivre, Alain de Benoist a donné, dans Boulevard Voltaire, les intéressantes réflexions que l'on va lire. Alain de Benoist intègre naturellement à sa réflexion l'actualité des jours qui ont suivi.

Près de quatre millions de personnes qui défilent, après les attentats, pour un journal qui vendait péniblement à 30.000 exemplaires, c’est en soi un événement. Grand moment de communion nationale ou psychose collective ?

Les manifestations auraient eu du sens si elles s’étaient bornées à exprimer de façon solennelle le refus du terrorisme par le peuple français. Organisées par le gouvernement et les partis politiques, elles se sont transformées en une immense vague d’identification victimaire symbolisée par le slogan « Je suis Charlie », promu de manière orwellienne nouveau mot d’ordre « républicain ». Dès lors, il ne s’agissait plus tant de condamner des attentats et des assassinats que de s’identifier aux « valeurs » de Charlie Hebdo, c’est-à-dire à la culture du blasphème et de la dérision.

Durant la manifestation et les jours qui ont suivi, dans une France plongée en état d’apesanteur et noyée dans la moraline, on aura tout vu. Les cloches de Notre-Dame de Paris sonnant le glas pour les bouffeurs de curé. L’« union nationale » sans le Front national. La « liberté d’expression » réduite au droit au blasphème et s’arrêtant à Dieudonné. Celle des caricaturistes dépendant de la personne visée (Mahomet en train de sodomiser un porc : tellement drôle ! Christiane Taubira en guenon : intolérable !). Des bataillons de chefs d’État (deux fois le G20 !) chantant les louanges d’un titre dont ils n’avaient jamais entendu parler huit jours plus tôt. Des millions de zombies se ruant dans les kiosques pour acheter, tel le dernier smartphone, un journal qu’ils n’avaient jamais eu la curiosité d’ouvrir depuis vingt ans. Le badge « Je suis Charlie » succédant au ruban pour le SIDA et à la petite main de « Touche pas à mon pote ». Spectacle surréaliste ! Tout le monde il est gentil, tout le monde il est Charlie, dans le grand hospice occidental transformé en bisounurserie. Les rédacteurs de Charlie Hebdo, qui se voulaient tout sauf « consensuels », auraient été les premiers stupéfaits de se voir ainsi canonisés. Quant aux djihadistes, ils ont dû bien rigoler : un défilé de moutons n’a jamais impressionné les loups.

Ces cortèges peuvent-ils être mis sur le même plan que le défilé gaulliste sur les Champs-Élysées en 1968, les marches contre Jean-Marie Le Pen en 2002 ou la déferlante de la Manif pour tous ?

Je ne le crois pas. Pour Valls et Hollande, la manifestation avait au moins six objectifs : marginaliser le Front national et neutraliser l’UMP (qui est évidemment tombée dans le panneau la tête la première) au nom de l’« union sacrée », solidariser les Français autour d’une classe politique gouvernementale discréditée, justifier l’engagement de la France dans une nouvelle guerre d’Irak où elle n’a rien à faire, mettre en place un espace policier européen où l’on sait d’avance que ce ne sont pas seulement les islamistes qui seront surveillés (Manuel Valls affirmant sans rire que les « mesures exceptionnelles » qu’il s’apprête à prendre ne seront pas des mesures d’exception !), faire croire que le terrorisme auquel nous sommes aujourd’hui confrontés a plus à voir avec le Proche-Orient qu’avec l’immigration et la situation des banlieues, enfin persuader l’opinion que, « face au terrorisme », la France, fidèle vassale du califat américain, ne peut qu’être solidaire de pays occidentaux qui n’ont jamais cessé d’encourager l’islamisme, tout en noyant leurs erreurs et leurs crimes derrière le rideau de fumée du « choc des civilisations » (Poutine n’avait bien sûr pas été invité !). Force est de reconnaître que tous ces objectifs ont été atteints.

J’ai eu le tort, dans un entretien précédent, de parler de réactions spontanées. Celles auxquelles ont eu droit les journalistes de Charlie Hebdo – mais non le malheureux otage français Hervé Gourdel décapité en Algérie trois mois plus tôt – ont en réalité été mises en forme par les injonctions sociales et médiatiques, la grande fabrique postmoderne des affects et des émotions. Il faudrait un livre entier pour analyser dans le détail ce coup de maître qui a permis, en l’espace de quelques heures, de récupérer la colère populaire au bénéfice d’une adhésion « républicaine » à l’idéologie dominante et d’une « union nationale » avant tout destinée à redresser la courbe de popularité du chef de l’État. La classe politique gouvernementale apparaît ainsi comme la principale bénéficiaire de la légitime émotion soulevée par les attentats. •

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 13:54 Message

Non, vraiment, Benoist ne passe pas pour ce qui me concerne ; vous omettez le sous-titre de son interview : « Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radical » !!!

Le commentaire que j'ai laissé sur cette page :

« Employer les mots forgés par l'adversaire (islamophobie) c'est être déjà vaincu, et soit faire preuve de naïveté coupable, soit jouer une partition traîtresse. Nos "intellectuels" de droite ont la même passion que ceux de "gauche" : le renversement des choses, sans doute pour se distinguer et paraître "penser". Avec cela, dans le cas présent : passion du ressassement sur fond de méli-mélo culturel. Benoist dépassé par Malek Boutih ? Décidément, quel cirque...

Les djihadistes sont le bras armé de la Soumission, ils viennent de le prouver avec éclat, l'éclat sombre de la barbarie archaïsante qu'engendre le mahométanisme. Il sont l'une des facettes des entreprises du dernier — et peut-être ultime — totalitarisme politique "concentré". Et pas la plus dangereuse : l'arme démographique est autrement mortifère. Les rôles sont bien répartis, le scénario déjà connu (il faudrait replonger un peu dans les livres d'histoire...).

La ligne de front, aux multiples facettes, c'est celle d'une guerre globale menée contre notre civilisation. Il serait temps de se réveiller et de ne pas se tromper d'ennemi, car l'ennemi, lui, nous a clairement désigné, et n'en démordra pas. »

De quoi jeter un jour précis sur bien des prétendues lucidité "distanciées" au sujet des événements récents, tout spécialement celle-ci, cousue de fil blanc.

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

4 Février 2015, 08:47 Message

Ce matin un très beau papier de Renaud Camus sur Bd Voltaire. A lire.

Avatar de l’utilisateur
Messages: 3762

Re: Le suicide Français

4 Février 2015, 10:03 Message

En effet, très beau texte. Le combat et la langue de cet écrivain sont admirables autant que peut être, parfois, agaçant, le personnage.

PrécédenteSuivante

Retourner vers Être français et le demeurer