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Le suicide Français

Ce qu'il en est, et la volonté de demeurer dans cet être
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Re: Le suicide Français

18 Janvier 2015, 22:16 Message

C'est pourquoi d'ailleurs il est important de tenir fermement et de rappeler sans relâche quelques positions simples (et non simplistes, pour le coup) : Coran de La Mecque et de Médine, Coran incréé, versets abrogeants, présentation du texte dans un désordre choisi, historicité, Beau Modèle, Taqîya , Hadiths, Oumma, Sira...

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 09:28 Message

Peut-être faudra-t-il un fil consacré à ces événements et à leurs suites politiques.

Pour l'instant, la question de la "fracture" — ou plutôt de la béance avec hostilité foncière d'un seul côté contre l'autre — entre les populations qui occupent le territoire de la France, que ces événements ont fait voir comme jamais (pour ceux qui ont encore des yeux, des oreilles, et l'équipement minimal qui doit s'y rattacher...), cette question faisant partie des thèmes centraux du livre de Zemmour, je pose donc ici cette intervention de Finkielkraut.



***

Sur France Inter à 8 h 30, hier, le chroniqueur de la revue de presse estime que, somme toute, les manifestations musulmanes antichrétiennes n’ont pas causé beaucoup de dégâts : « Quelque dix morts à peine »…

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:14 Message

Les chances que les choses se calment sont minimales. Le monde arabo-musulman a une démographie galopante et sa population est de plus en plus jeune, autrement-dit il dispose de la chair à canon en abondance pour monter au feu.

Un professeur allemand le Dr. Gunnar Heinsohn a écrit un livre célébre sur ce phénomène en allemand "Söhne und Weltmacht. Terror im Aufstieg und Fall der Nationen". ou Fils et Domination mondiale. Le terrorisme et l'ascension et le déclin des nations.Il appelle cette masse de jeunes le Youth bulge

Dr. Gunnar Heinsohn is known most widely for his theory of the Youth Bulge. He argues that an excess in especially young adult male population predictably leads to social unrest, war and terrorism, as the "third and fourth sons" that find no prestigious positions in their existing societies rationalize their impetus to compete by religion or political ideology. Heinsohn claims that most historical periods of social unrest lacking external triggers (such as rapid climatic changes or other catastrophic changes of the environment) and most genocides can be readily explained as a result of a built up youth bulge, including European colonialism, 20th century Fascism, and ongoing conflicts such as that in Darfur, The Palestinian uprisings in 1987-1993 and 2000 to present, and terrorism.


Does religion also play a contributing factor?
Yes. Young people “are often drawn to new ideas and heterodox relations, challenging older forms of authority,” writes Goldstone. But Gavin says “religion can provide an outlet that is constructive and allows youth to build social networks and find a sense of identity.” In the Muslim world, experts say large populations of idle youth are especially prone to virulent strands of Islam as an alternative force for social mobility. Of the twenty-seven largest youth-bulge societies in the world, thirteen are Muslim, according to Heinsohn.

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:20 Message

« Les socialistes… finissent toujours par s’agenouiller devant la force » (Simone Weil)

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:30 Message

Ci-dessous un entretien qui fait mal dans le sens où le Dr. Heinsohn n'est pas trés optimiste ...

Gunnar Heinsohn - Un continent de perdants…

Le Dr. Heinsohn répond à une interview dans un journal danois.

L’interview débute par une présentation des travaux du prof. Heinsohn. Il y définit un concept, l’« excès démographique de la jeunesse ». Cet excès démographique se traduit par une situation où les 15 à 29 ans constituent au moins 30% d’une population donnée. Selon ses études, cette situation peut compromettre la stabilité de la société – et pas seulement s’il s’agit d’une population pauvre, ce serait même plutôt le contraire : une population accablée cherche juste à survivre, mais dans une population en bonne condition, physique et mentale, les jeunes gens « excédentaires » auront tendance à consacrer leur énergie à la recherche de positions sociales valorisantes – trop rares. Ce qui peut engendrer la violence.

Le prof. Heinsohn présente pendant l’interview quelques exemples historiques de troubles au moins partiellement causés, selon lui, par ce phénomène – la révolution bolchevique, la montée du fascisme dans les années 1920, les débuts du mouvement maoïste, et, bien plus loin dans le temps, l’expansion européenne (l’établissement des colonies espagnoles, portugaises, etc.) du XVIème siècle.

À notre époque, le « problème » palestinien actuel présente les caractéristiques de ce phénomène, et il en discute longuement. Je ne m’étendrai pas trop là-dessus, car un article du prof. Heinsohn vient de paraître dans « Le Monde » à ce sujet (« Gaza, les raisons de la violence », 19.6.2007, édition papier du 20.6). Il y conclut que « la démographie galopante » des territoires palestiniens « continuera de produire en grand nombre des jeunes hommes sans perspective d’emploi ni aucune place dans la société, et dont l’unique espoir sera de se battre pour s’assurer l’une et l’autre ». C’est ce qu’il dit également dans l’interview du journal danois. Et c’est l’argent occidental qui soutient cette explosion démographique…

Il s’élève donc ainsi contre l’idée prédominante en Occident selon laquelle on peut contrer la guerre et la violence en résolvant le problème de la faim et de la pauvreté dans le Tiers-Monde. Ses recherches montrent qu’« au contraire, lorsqu’on élimine le problème de la pauvreté matérielle immédiate dans un pays souffrant d’un excès de jeunes, on cause l’escalade de la violence ».

Le journaliste en vient donc à lui poser la question suivante…

UNE CLASSE DE PERDANTS

– Ne serait-ce donc pas une bonne solution que de laisser ces « fils excédentaires » venir en Europe ?

En Europe, tous les pays – sans exception – sont des nations vieillissantes qui ne se reproduisent plus suffisamment [pour remplacer les générations]. Elles se sont donc embarquées dans un processus où elles « mangent » mutuellement leurs jeunes talents. Pourquoi ne recherchent-elles pas ces jeunes talents en Afrique, dont la population a tant augmenté (~100 millions de personnes en 1900, deux milliards estimées en 2050 !) ? Pourquoi pas dans le monde islamique, qui a connu une explosion démographique similaire ? Pourquoi l’Amérique cherche-t-elle les jeunes talents en Allemagne, pourquoi le Danemark recrute-t-il des Polonais ? Parce que les pays du Tiers-monde n’ont pas le niveau d’éducation requis dans les pays développés, qui ne peuvent maintenir leur position que par l’innovation. Pour ce faire, ils ont besoin de jeunes gens qui ont grandi dans une société de haute technologie. Ce n’est pas que les Africains ou les Musulmans soient moins intelligents que les autres, c’est juste qu’ils ne sont pas socialisés d’une façon qui les rende utiles dans nos sociétés.

Au Danemark, nous avons maintenant un grand nombre d’immigrants originaires de pays islamiques, des gens très instruits, de même que leurs descendants, des médecins, des avocats, etc. Mais beaucoup d’entre eux sont tout aussi peu intégrés que les moins instruits. Ils restent tout aussi radicaux et islamistes que s’ils n’avaient pas reçu d’éducation supérieure … ?

Je laisserai l’évaluation des conditions danoises aux Danois. Cependant, on constate la même chose en Angleterre. Nous avons là une population dans la population, à savoir les Pakistanais, qui ont le taux de naissance le plus élevé de tout le pays, et qui sont les plus dépendants des allocations sociales. Dans les pays occidentaux, nous avons partout ce système d’allocations sociales qui est à peine utilisé par la population locale. D’un autre côté, il y a cette population immigrante dont les femmes ne peuvent être compétitives sur le marché du travail local. Pour les Danoises et les Allemandes, les allocations sont trop faibles pour être attractives. Pas pour les immigrants. Ce que l’on voit donc en Angleterre, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, ce sont des femmes issues de l’immigration qui complètent leur éventuel petit salaire par les deniers publics. Ce n’est pas un revenu extraordinaire, mais ça leur suffit. Et cela crée un genre de « carrière » réservé aux femmes, un modèle que leurs filles suivront.
Mais les fils n’ont pas ce choix. Ils ont grandi dans les basses couches de la société, sans les compétences intellectuelles nécessaires pour améliorer leur position. Ce sont ces garçons qui mettent le feu à Paris, ou dans des quartiers de Brême. Certains d’entre eux parviennent jusqu’à l’université et deviennent des leaders pour les autres – pas des pauvres, mais de jeunes hommes de rang social peu élevé, qui croient être opprimés à cause de leur confession musulmane, alors qu’en réalité c’est le système social qui a créé cette classe de perdants.
Par contre, au Canada, où je passe une partie de l’année depuis vingt ans, on trouve une politique complètement différente. Ils disent : notre politique d’immigration se fait sur une base simple. Tout nouveau Canadien, né ici ou venu de l’étranger, doit être plus doué que ceux qui l’ont précédé ; parce que seule l’innovation nous permettra de conserver notre position dans la compétition mondiale. Je veux donc que mon fils soit plus intelligent que moi. Et croyez-le ou non : 98% des immigrants canadiens ont de meilleures qualifications professionnelles que la moyenne des Canadiens. En Allemagne et en France, le chiffre est de 10%. Là où nous jouons la quantité, ils jouent la qualité.
Et pourquoi ? En Allemagne, parce que les gens avaient peur d’être traités de racistes ; et il semblerait que tous les pays européens souffrent de cette peur de faire des choix.

LE CINQUIÈME VILLAGE

Ne pourrait-on pas partiellement expliquer cela en disant que les partis de gauche ont importé une réserve d’électeurs ?

En France, on a vu les Africains et les Algériens voter pour Ségolène Royal. À cela, il faut ajouter un autre phénomène, que l’on peut observer entre autres en Allemagne. Ici, certains des Allemands « de souche », comme on commence à les appeler, qui constituent 85% de la population, commencent à émigrer. À peu près 150.000 Allemands quittent le pays chaque année, la plupart à destination du monde anglo-saxon. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont prêts à recevoir 1,5 million d’immigrants instruits par an, et ils font tout ce qu’ils peuvent pour leur faciliter les choses.
Il n’est pas étonnant que de jeunes gens travailleurs et motivés, de France et d’Allemagne, choisissent d’émigrer. Ainsi, ils n’ont pas seulement à subvenir aux besoins de leur propre population vieillissante. Sur 100 jeunes de 20 ans, les 70 Français et Allemands doivent soutenir aussi 30 immigrants de leur âge ainsi que leur progéniture. Cela est la cause de découragement dans la population locale, en particulier en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Alors, ils s’enfuient.
L’Europe vient de mettre au point, en janvier 2007, ses principes quant à l’immigration. Et ils sont très différents de ceux du Canada. Notre premier critère pour laisser des gens s’installer dans l’UE est qu’ils aient ou non été victimes de discrimination. Principe suivant : si la personne a de la famille dans l’UE, son accès est favorisé. Troisième principe : les gens se trouvant déjà illégalement en Europe doivent être régularisés. Et enfin, seulement en quatrième place, on retrouve le principe anglo-saxon voulant que l’immigrant doive pouvoir s’intégrer au marché du travail.
Le but de tout ceci est de renforcer l’Europe face aux Anglo-Saxons en termes de « soft power ».
Je suis très pessimiste face à l’avenir. La situation de l’Europe me rappelle le principe du « Cinquième village » dans les Länders du Brandebourg et de Poméranie Occidentale, qui ont fait l’expérience d’une population déclinante. Quatre villages sont abandonnés, et leur population est rassemblée dans le cinquième village. Mais ça ne fait pas augmenter le taux de natalité du cinquième village. Et après quelque temps, le cinquième village est lui aussi peuplé de vieilles personnes, et il n’y a pas de jeunes gens dans le coin pour pourvoir à leur pension.
Ce qui va se produire pour une quarantaine de nations entre la Bretagne et Vladivostok est similaire. Certaines deviendront des « cinquièmes villages » et retrouveront un nouveau souffle, d’autres imploseront tout simplement. Je prédis que toutes les nations slaves imploseront. Idem pour les trois pays baltes et pour tous les états des Balkans. La question est de savoir si la France et l’Allemagne deviendront des « cinquièmes villages ». Je pense que la Scandinavie en sera un. De même que la péninsule ibérique, l’Irlande et l’Angleterre. Mais je ne suis pas sûr que le reste du continent y parviendra.

LES JEUNES PARTENT

Mais aura-t-on toujours affaire à des nations dans le futur ? Si l’Europe finit par acquérir une majorité musulmane, il n’est pas certain que les Danois, les Allemands, les Français etc. se plient à la charia. Ne verrait-on pas alors les populations indigènes se retrancher dans leurs propres enclaves, d’où ils tenteraient de se défendre, comme on l’a vu dans les Balkans ?

C’est bien entendu une possibilité, mais il faut se demander qui sera là pour rester et se battre ? Quelqu’un comme moi, peut-être, parce que je suis plus ou moins forcé de rester. Mais si j’étais un jeune Allemand de souche de 18 ans, une fois l’école secondaire terminée, je ferais ce que la plupart font déjà. Je voudrais étudier dans le monde anglo-saxon, et j’émigrerais. Je ne voudrais pas rester et me battre. Le monde anglo-saxon a besoin de 50 millions d’immigrants qualifiés dans les 30-40 ans à venir, les jeunes gens qualifiés d’Europe occidentale seront donc incités à s’y installer au lieu de rester et de se battre.
Une possibilité serait de cibler l’immigration chinoise. Si nous avions en Allemagne la même proportion de Chinois qu’au Canada, nous en aurions trois millions. Mais la possibilité de l’immigration chinoise n’a même pas été envisagée en Europe.
La Chine est le pays qui vieillit le plus vite au monde après l’Allemagne, le Japon et la Corée du Sud. Nous considérons d’habitude la Chine comme un géant endormi. Moi j’y vois une source dont les pays occidentaux pourraient tirer le meilleur. Et ils le feront. Pour le moment, les riches Chinois se soucient de transférer leurs avoirs en Suisse, parce qu’avec le peu d’enfants qui y naissent, les gens de 40 ans et plus n’ont aucun espoir de toucher une pension un jour. En Chine, le taux de fertilité a baissé jusqu’à 1,6 enfant par femme. Le pays perd déjà 500.000 de ses meilleurs ressortissants chaque année. Les jeunes ne voient pas d’espoir de se constituer un fond de pension dans leur propre pays. Ils s’installent donc à Taiwan, à Hong Kong, à Singapour, au Canada, etc.
En Allemagne de l’Est, ils viennent juste de décider de démolir 400.000 appartements. Il n’y a personne pour y habiter, et les appartements inoccupés ruinent les banques en faisant baisser les loyers et le prix du logement. En Allemagne de l’Ouest aussi, nous perdons de la population. Nous avons cessé de récupérer les immigrants les plus inadaptés. Pour attirer des jeunes gens compétents, nous pourrions leur offrir une maison. C’est ainsi que le Brandebourg a obtenu les Huguenots français au XVIIème siècle. Mais je doute que cela fonctionne aujourd’hui.

LE RÉARMEMENT DÉMOGRAPHIQUE ?

Serait-il imaginable que les Européens commencent soudainement à se multiplier, pour répondre à l’obligation morale de perpétuer leur peuple et leur culture ? C’est ce qui s’est produit après la conquête du Québec français par les Britanniques. Les prêtres catholiques ont mis la pression sur les familles pour qu’elles soient nombreuses, et cet effort démographique a porté ses fruits… ? Le prof. Heinsohn ne donne guère de chances à une telle stratégie. Cela requerrait des mesures draconiennes, que les Européens n’accepteraient pas. Les promesses financières ne marcheront pas, excepté pour les gens de peu d’éducation et de bas rang social, et cela aggraverait la situation.

Regardez le peuple polonais, dit Heinsohn – qui est né en 1943 dans la ville maintenant connue sous le nom de Gdansk, mais qu’il appelle toujours Danzig. « C’est une nation possédant de fières traditions. La Pologne a sauvé l’Europe des Mongols, des Turcs et des Bolcheviques, et a fini par mettre à bas le communisme. Et pourtant, ils ont un taux de fertilité encore plus bas que les Allemands. Ils en sont à 1,2 enfant par femme. De plus, ces 15 dernières années, ils ont déjà perdu deux millions de leurs meilleurs éléments. Peut-être les émigrants disent-ils à leurs parents qu’ils reviendront, mais ils ne le feront pas. C’est pourquoi je dis que des pays comme la Pologne, le Lituanie et la Lettonie sont condamnés. Ils ne sont pas attractifs pour les migrants. Idem pour la Russie. Qui veut aller vivre en Russie ? Et regardez les membres les plus récents de l’Union Européenne, la Bulgarie et la Roumanie. La Roumanie est le premier pays dans le monde où il y ait plus de retraités que de travailleurs actifs, et on les a laissé entrer. Idem en Bulgarie, dont la population a un taux de croissance négatif record. Les jeunes partent, et la conscience tranquille, parce qu’ils croient que demain, Bruxelles paiera pour leurs parents. L’UE a donc accepté 27 millions de personnes qui voulaient entrer pour s’assurer une pension. Et dans les milieux européens, on se réjouit d’avoir attiré autant de monde, des millions de citoyens de plus que les USA. « Ca nous fortifiera », croient-ils.
Je vois donc peu d’issues. Cependant, je cite dans mon livre l’exemple de la Californie, qui a fait demi-tour dans les années 1990, ce qui signifie que même la population blanche – à l’exception des Latinos, qui ont un taux de fertilité plus élevé – a pu passer de 1,3 à 1,8 enfant par femme. Ce n’est pas encore le taux de remplacement des générations, mais c’est néanmoins un changement notable. Et c’est énorme parce que la Californie est la région la plus avancée du monde. Vers la fin des années 1980, on pronostiquait que le taux de fertilité continuerait de baisser, mais au début des années 1990 de nouvelles études ont montré que les femmes ne voulaient plus se contenter de leur travail, et peu de temps après on a vu le taux de fertilité progresser.
En Europe, on a balayé [cette observation] du revers de la main, en l’expliquant par le fait que les Américains sont « tellement conservateurs », mais ce n’est pas vrai en Californie, qui de bien des façons a été la pionnière de l’Occident. Cependant, je ne vois rien de similaire en Europe. Bien sûr, la France a deux enfants par femme, mais sur cinq nouveaux-nés, deux sont déjà arabes ou africains. En Allemagne, 35% de tous les nouveaux-nés sont déjà d’origine non allemande, et les non-Allemands y commettent près de 90% des crimes violents. Comme je l’ai déjà dit – les mères sont payées pour mettre des enfants au monde, ainsi que leurs filles, et les hommes se mettent à la criminalité.
Ou bien prenez l’exemple tunisien. Une femme tunisienne a 1,7 enfant en moyenne. En France, elle en a bien souvent 6, parce que le gouvernement français la paie pour ça. Bien entendu, l’argent n’a jamais été destiné aux Tunisiennes en particulier, mais les Françaises ne sont pas intéressées par cet argent, tandis que les Tunisiennes ne sont que trop heureuses de le recevoir.

Nous devrions donc faire une discrimination ?

Ca ne marchera pas. C’est trop tard. Si vous commenciez à faire de la discrimination, vous seriez traînés devant toutes les cours de justice existantes. C’est à ça que le monde anglo-saxon a échappé en discriminant à la frontière. Pas sur la base de la race ou de l’ethnie, mais sur la base des qualifications. Ils rejettent les gens qui ne sont pas qualifiés. Mais bien souvent ils les rejettent avec un conseil amical – quand une personne se voit refuser l’entrée à Ottawa ou Canberra, les autorités de l’immigration lui conseillent bien aimablement de tenter sa chance en Allemagne, par exemple. « Parce que le système est différent là-bas. »

Comment voyez-vous la situation politique de l’Europe dans vingt ans ? Pas d’État-providence, pas de démocratie ?

En ce qui concerne le continent européen, Irlande, Angleterre et Scandinavie mises à part, je crois que même les prévisions démographiques pessimistes s’avéreront trop optimistes. Ces prévisions suggèrent que les jeunes resteront en Europe et y élèveront leurs propres enfants, mais cela ne se passera pas ainsi. Une étude datant de 2005 a montré que 52% des allemands âgés de 18 à 32 ans veulent partir. Ils ne le feront peut-être pas, mais ils nourrissent cette idée. Les jeunes vraiment qualifiés partent. Les seuls qui soient vraiment fidèles à la France et à l’Allemagne sont ceux qui vivent du système social. Parce qu’il n’y a pas d’autre endroit pour eux. L’Amérique, le Canada, l’Australie comptent sur l’arrivée de nos jeunes les plus qualifiés, et ils en récupéreront beaucoup. Cela mettra fin à l’innovation et freinera la croissance économique de l’Europe. En Allemagne, nous perdons déjà des milliards et des milliards de rentrées parce que nous manquons de gens qualifiés pour occuper les postes. Nous avons deux millions d’emplois sans titulaires – et six millions de personnes en âge de travailler dépendantes du système social, et les deux ne sont pas complémentaires. Le groupe des gens dépendant de l’état grandit chaque année, il y naît des enfants, mais les places vacantes ne se remplissent pas.
C’est comme deux pays qui seraient fermés l’un à l’autre. L’État-providence ne peut pas perdurer. Nous ne pouvons pas non plus espérer résoudre le problème démographique par l’immigration chinoise, puisque les Chinois ne veulent pas immigrer dans un système où ils auraient à payer non seulement pour les pensions d’une population vieillissante mais aussi pour les allocations de millions d’autres personnes.
Nous devons décréter qu’il n’y a qu’une catégorie de personnes qui peut compter sur l’aide du gouvernement, ce sont les gens mentalement ou physiquement handicapés. Personne d’autre ne devrait espérer de l’aide. Cela semble froid et cynique, mais les bases de nos systèmes sociaux ont été jetées au XIXème siècle, lorsque les familles avaient 10 enfants. Si leur père mourait à la suite d’une chute d’un échafaudage, il fallait bien que quelqu’un s’occupe de la famille. La situation actuelle est très différente.
Si vous allez en Australie, vous ne recevrez pas d’allocations pour vos enfants. Tout au plus bénéficierez-vous d’un petit dégrèvement fiscal. En revanche, un citoyen australien peut garder 80% de ce qu’il gagne en brut.

Comment les choses ont-elles pu tourner aussi mal dans une Europe qui avait cette vision grandiose de paix, de coopération et de progrès, et qui avait une confiance illimitée dans ses capacités ?

Cela a commencé à mal tourner vers 1980. Mais le grand tournant, en Allemagne, n’advint qu’en 1990. C’est lorsque les portes furent ouvertes toutes grandes à une immigration massive, constituée de gens pour ainsi dire sans qualifications. Entre 1990 et 2002, l’Allemagne autorisa l’entrée à 13 millions de personnes. Les choses ont commencé à mal tourner pour la France à la même période. Nous ne pouvons que limiter l’impact de ce fardeau sur notre système social en légiférant. Nous devons décréter que tout enfant né après une certaine date sera totalement pris en charge par ses parents. Ce sera une révolution. Mais on n’en parle même pas ici en Europe.

Fin de l’article : le prof. Heinsohn parle d’une réforme du système d’allocations sociales menée aux USA sous l’administration Clinton, limitant dans le temps l’aide aux mères célibataires, et de leur effet – le type de réforme qui s’est pourtant avérée positive mais qui est actuellement impensable en Europe. Ensuite, il revient, interrogé par le journaliste, sur le Moyen-Orient, sur l’Irak, et sur l’excès démographique de la jeunesse. Sa position tendrait à rester à l’écart de ces conflits, à laisser le « jeu » se dérouler, éventuellement en aidant à distance le camp « le plus sympathique »…
Note: Le prof. Heinsohn avait écrit en mars 2006 dans le Wall Street Journal un article qui traitait déjà de ces thèmes, et qui avait été traduit en français par Objectif-Info.com : “Ce sont les bébés qui gagnent les guerres“.

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:49 Message

Un autre article de Gunnar Heinsohn traduit en francais qui nous laisse peu d'espoir !

Ce sont les bébés qui gagnent les guerres
Wall Street Journal, par Gunnar Heinsohn 6 Mars 2006

Traduction : Objectif-Info.com

On admet habituellement qu’une nation est en train de mourir quand son taux de reproduction chute à 1.5 ou moins. Selon ce critère, 30 pays européens sont en passe de s'éteindre aujourd'hui ou alors ils voient, comme la France, leur culture et leur population métamorphosées par la croissance de minorités ethniques et religieuses.
L'Europe est en train de s’atrophier au moment où la population connaît une croissance explosive dans les pays islamiques, d’Afrique et l’Asie. En 2020, il y aura un milliard d’hommes en âge de combattre (entre 15 et 29 ans) dans le monde dont seulement 65 millions seront Européens. Au même moment, le monde musulman aura 300 millions de personnes de sexe masculin, souvent sans le moindre avenir chez eux.

On ne peut pas faire grand-chose pour inverser le destin démographique de l'Europe. Les 80 millions d’Allemands auraient besoin de 750.000 immigrés qualifiés chaque année jusqu'en 2050 pour compenser la baisse du taux de reproduction qui a commencé en 1975. Même si ce niveau d'immigration peu probable pouvait être atteint d’une façon ou d'une autre (on enregistre aujourd’hui l’entrée de 10.000 immigrés qualifiés par an seulement), l'âge moyen des Allemands passerait quand même de 42 à 52 ans et les Allemands de souche seraient réduits à une minorité dans leur propre pays.

Ce n'est pas la première fois que l'Europe emprunte un chemin périlleux, au bord du gouffre de l'extinction. Dans les années 1400, la peste bubonique et l’entreprise de conquête des armées musulmanes ont ramené la population de l'Europe à 70 à 40 millions. En 1484, le pape Innocent VIII répondit à la crise en décrétant la peine de mort pour les "personnes des deux sexes qui par des sortilèges et des procédés diaboliques, des atrocités et des transgressions affreuses, font périr des enfants encore dans le ventre de leur mère (ou qui) privent les femmes de la conception." Des sages-femmes, qui étaient également expertes en contrôle des naissances et en avortement, furent poursuivies et exécutées.

Les résultats furent immédiats, avec des taux de reproduction aussi élevés qu’à Gaza ou au Niger aujourd'hui. Jusqu’en 1510, le nombre de naissances masculines en Angleterre doubla presque. De 1500 jusqu’à 1914, les femmes avaient en moyenne six enfants en Europe occidentale, deux fois plus qu’au Moyen Age.
L'économie européenne n'a pas pu continuer sur cette voie. Parce que la terre allait au fils aîné, les frères cadets étaient livrés à eux-mêmes, sans ressources. Ils ont rapidement trouvé une issue. Au 16ème siècle, l'Espagne appelait ses jeunes conquistadors "Secundones", les cadets, ceux qui n'héritent pas. Dès le second voyage de Christophe Colomb en 1493, les Européens de sexe masculin excédentaires (qui représentaient environ 10% des hommes en âge de combattre dans le monde à l’époque) ont commencé la conquête du monde. Et malgré des guerres au quatre coins de la planète et 80 millions de vies perdues dans les luttes intestines et les génocides en Europe, la population s’est multipliée par dix pour atteindre 400 millions. La première bombe démographique est une invention européenne. Au cours des siècles qui suivirent, les Européens prirent le contrôle de 90% du globe.

Qui allait prendre le commandement de l’Europe ? Au début des années 1800, la France, la nation alors la plus peuplée d'Europe occidentale depuis 800 ans, a joué sa dernière carte. A l’époque de Waterloo, la France pouvait réunir 5% des hommes en âge de combattre dans le monde. L’alliance de la Grande-Bretagne (10 millions de personnes) et de la Prusse (10 millions aussi) prit l’avantage sur une France de 27 millions d’habitants. A partir de 1861, la population allemande a dépassé celle de la France et peu de temps après l’Allemagne a infligé une défaite à son voisin d’outre Rhin. Au début du 20ème siècle, la part de l'Europe dans la population des hommes en âge de combattre avait cru jusqu’à 35%, dont 10% pour les empires de Berlin et de Vienne. En 1914 ces deux mastodontes ont utilisé leur avantage de population pour exercer la suprématie mondiale. Mais leur tentative de mettre la main sur l’essentiel de la terre d'Eurasie n'a pas pris en compte l’existence d’un nouveau venu sur la scène du monde. Bien que séparés par un océan, les États-Unis disposaient d’un potentiel démographique et industriel à peu près identique.

Le Japon, l'Italie et l'Allemagne furent les dernières grandes puissances qui ont essayé, sans succès, de soustraire des territoires aux autres puissances dominantes. Après 1945, l'Europe a perdu toutes les guerres qu’elle a menées, de l'Indochine, à l’Algérie et à Timor. Des euphémismes comme "l’émancipation des colonies" cachent les véritables causes de cet enchaînement de défaites. Si les Européens avaient continué à se multiplier comme à l’apogée de leur période impérialiste, le monde tremblerait encore devant leurs armées. En 100 ans à peine, les pays musulmans ont reproduit la multiplication par dix que l’Europe a réalisée entre 1500 et 1900. Au cours du dernier siècle, la population musulmane a grimpé en flèche de 140 millions à 1.4 milliard.

Si l'Europe était parvenue à la multiplication par quatre observée aux États-unis (de 75 millions à 300 millions entre 1900 et 2006), les 1.6 milliards d’habitants de son continent auraient fait paraître bien chétives la Chine de 1.3 milliards et l'Inde de 1.1 milliards. Cependant, la part de l'Europe dans la population mondiale des hommes en âge de combattre, qui était de 27% en 1914, est aujourd'hui, avec 9%, inférieure aux 11% de 1500. Ainsi, les nouveaux habits du « pacifisme européen » et du "soft power" sont les cache-sexe de son impuissance.

Avec un taux de reproduction de 2.1 qui assure le remplacement, les États-Unis sont encore défendables. Mais combien de fois l'Amérique peut-elle envoyer ses fils seuls à l’étranger pour empêcher tous les seconds, troisièmes ou quatrièmes enfants de s'engager dans les actes de violence ? Par certains côtés, plus tôt l'Europe s'effondrera mieux ce sera pour les États-unis. Ses chances de défaire le terrorisme global s’amélioreraient du fait de l’afflux, provoqué par la panique, de ce que le Vieux Monde compte de meilleur, de plus éclairé et de plus courageux pour le renforcer économiquement et militairement.

L'alternative au terrorisme des islamistes « secundones » ne sera pas la paix mais la conquête, comme elle l’a été pour leurs prédécesseurs, les « Évangélisateurs » du Pérou, du Mexique et de l’Inde. Le terrorisme n’est que le petit frère de la conquête.

M. Heinsohn est professeur de sociologie à l'université de Brême ; il est fondateur et président du Raphael-Lemkin-Institut.

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 10:57 Message

C'est du catastrophisme éclairé, j'espère... ;)

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 12:24 Message

Il n'est pas aimé et je dirais même détesté en Allemagne où il est de moins en moins invité à la tv car son discours dérange vraiment. Son grand copain est Peter Sloterdijk.

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 12:57 Message

Je ne l'aime pas mais il faut reconnaitre que l'analyse d'Alain de Benoist est juste « un défilé de moutons n’a jamais impressionné les loups »

Sur les évènements que la France vient de vivre, Alain de Benoist a donné, dans Boulevard Voltaire, les intéressantes réflexions que l'on va lire. Alain de Benoist intègre naturellement à sa réflexion l'actualité des jours qui ont suivi.

Près de quatre millions de personnes qui défilent, après les attentats, pour un journal qui vendait péniblement à 30.000 exemplaires, c’est en soi un événement. Grand moment de communion nationale ou psychose collective ?

Les manifestations auraient eu du sens si elles s’étaient bornées à exprimer de façon solennelle le refus du terrorisme par le peuple français. Organisées par le gouvernement et les partis politiques, elles se sont transformées en une immense vague d’identification victimaire symbolisée par le slogan « Je suis Charlie », promu de manière orwellienne nouveau mot d’ordre « républicain ». Dès lors, il ne s’agissait plus tant de condamner des attentats et des assassinats que de s’identifier aux « valeurs » de Charlie Hebdo, c’est-à-dire à la culture du blasphème et de la dérision.

Durant la manifestation et les jours qui ont suivi, dans une France plongée en état d’apesanteur et noyée dans la moraline, on aura tout vu. Les cloches de Notre-Dame de Paris sonnant le glas pour les bouffeurs de curé. L’« union nationale » sans le Front national. La « liberté d’expression » réduite au droit au blasphème et s’arrêtant à Dieudonné. Celle des caricaturistes dépendant de la personne visée (Mahomet en train de sodomiser un porc : tellement drôle ! Christiane Taubira en guenon : intolérable !). Des bataillons de chefs d’État (deux fois le G20 !) chantant les louanges d’un titre dont ils n’avaient jamais entendu parler huit jours plus tôt. Des millions de zombies se ruant dans les kiosques pour acheter, tel le dernier smartphone, un journal qu’ils n’avaient jamais eu la curiosité d’ouvrir depuis vingt ans. Le badge « Je suis Charlie » succédant au ruban pour le SIDA et à la petite main de « Touche pas à mon pote ». Spectacle surréaliste ! Tout le monde il est gentil, tout le monde il est Charlie, dans le grand hospice occidental transformé en bisounurserie. Les rédacteurs de Charlie Hebdo, qui se voulaient tout sauf « consensuels », auraient été les premiers stupéfaits de se voir ainsi canonisés. Quant aux djihadistes, ils ont dû bien rigoler : un défilé de moutons n’a jamais impressionné les loups.

Ces cortèges peuvent-ils être mis sur le même plan que le défilé gaulliste sur les Champs-Élysées en 1968, les marches contre Jean-Marie Le Pen en 2002 ou la déferlante de la Manif pour tous ?

Je ne le crois pas. Pour Valls et Hollande, la manifestation avait au moins six objectifs : marginaliser le Front national et neutraliser l’UMP (qui est évidemment tombée dans le panneau la tête la première) au nom de l’« union sacrée », solidariser les Français autour d’une classe politique gouvernementale discréditée, justifier l’engagement de la France dans une nouvelle guerre d’Irak où elle n’a rien à faire, mettre en place un espace policier européen où l’on sait d’avance que ce ne sont pas seulement les islamistes qui seront surveillés (Manuel Valls affirmant sans rire que les « mesures exceptionnelles » qu’il s’apprête à prendre ne seront pas des mesures d’exception !), faire croire que le terrorisme auquel nous sommes aujourd’hui confrontés a plus à voir avec le Proche-Orient qu’avec l’immigration et la situation des banlieues, enfin persuader l’opinion que, « face au terrorisme », la France, fidèle vassale du califat américain, ne peut qu’être solidaire de pays occidentaux qui n’ont jamais cessé d’encourager l’islamisme, tout en noyant leurs erreurs et leurs crimes derrière le rideau de fumée du « choc des civilisations » (Poutine n’avait bien sûr pas été invité !). Force est de reconnaître que tous ces objectifs ont été atteints.

J’ai eu le tort, dans un entretien précédent, de parler de réactions spontanées. Celles auxquelles ont eu droit les journalistes de Charlie Hebdo – mais non le malheureux otage français Hervé Gourdel décapité en Algérie trois mois plus tôt – ont en réalité été mises en forme par les injonctions sociales et médiatiques, la grande fabrique postmoderne des affects et des émotions. Il faudrait un livre entier pour analyser dans le détail ce coup de maître qui a permis, en l’espace de quelques heures, de récupérer la colère populaire au bénéfice d’une adhésion « républicaine » à l’idéologie dominante et d’une « union nationale » avant tout destinée à redresser la courbe de popularité du chef de l’État. La classe politique gouvernementale apparaît ainsi comme la principale bénéficiaire de la légitime émotion soulevée par les attentats. •

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Re: Le suicide Français

20 Janvier 2015, 13:54 Message

Non, vraiment, Benoist ne passe pas pour ce qui me concerne ; vous omettez le sous-titre de son interview : « Les islamophobes sont les idiots utiles de l’islamisme radical » !!!

Le commentaire que j'ai laissé sur cette page :

« Employer les mots forgés par l'adversaire (islamophobie) c'est être déjà vaincu, et soit faire preuve de naïveté coupable, soit jouer une partition traîtresse. Nos "intellectuels" de droite ont la même passion que ceux de "gauche" : le renversement des choses, sans doute pour se distinguer et paraître "penser". Avec cela, dans le cas présent : passion du ressassement sur fond de méli-mélo culturel. Benoist dépassé par Malek Boutih ? Décidément, quel cirque...

Les djihadistes sont le bras armé de la Soumission, ils viennent de le prouver avec éclat, l'éclat sombre de la barbarie archaïsante qu'engendre le mahométanisme. Il sont l'une des facettes des entreprises du dernier — et peut-être ultime — totalitarisme politique "concentré". Et pas la plus dangereuse : l'arme démographique est autrement mortifère. Les rôles sont bien répartis, le scénario déjà connu (il faudrait replonger un peu dans les livres d'histoire...).

La ligne de front, aux multiples facettes, c'est celle d'une guerre globale menée contre notre civilisation. Il serait temps de se réveiller et de ne pas se tromper d'ennemi, car l'ennemi, lui, nous a clairement désigné, et n'en démordra pas. »

De quoi jeter un jour précis sur bien des prétendues lucidité "distanciées" au sujet des événements récents, tout spécialement celle-ci, cousue de fil blanc.

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Re: Le suicide Français

4 Février 2015, 08:47 Message

Ce matin un très beau papier de Renaud Camus sur Bd Voltaire. A lire.

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Re: Le suicide Français

4 Février 2015, 10:03 Message

En effet, très beau texte. Le combat et la langue de cet écrivain sont admirables autant que peut être, parfois, agaçant, le personnage.

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Re: Le suicide Français

7 Mars 2015, 10:09 Message

Entretien avec Bercoff sur BV:

« Je pense que nous devons tous agir, sans forcément se contenter des élections. Il y a d’autres formes d’action que peuvent avoir les citoyens à l’heure d’Internet. À chacun de s’en servir. Le soulèvement peut venir d’en bas, comme je l’ai raconté dans ma série de politique-fiction publiée l’été dernier dans Valeurs actuelles. Cela peut être soudain, et prendre de court les princes qui nous gouvernent. »

« Vous soulevez également le « problème identitaire » de notre pays…

Évidemment, la question identitaire est fondamentale. Mais il est déjà tard pour le résoudre. Nous allons au devant de quelque chose de grave. Né au Liban, j’ai vu ce que les dynamiques démographiques peuvent produire. Je ne dis pas qu’en France on est dans le même cas, mais on y va tout droit à long terme. Oui, j’ai peur d’une libanisation de la France ! Nous ne sommes plus du tout dans un problème de droite ou de gauche : c’est dépassé. Je crois au volontarisme lucide. Il n’est plus question de tergiverser : mettons tous les problèmes sur la table, et débattons librement, avec tout le monde ! Ensuite, prenons des mesures musclées. Il faut définir la France que nous voulons, il faut définir ce qu’est notre pays, ce que nous sommes en tant que Français. Qu’est-ce qu’être Français à notre époque ? Si on met l’identité de côté, on court au désastre. Mais je ne serai peut-être plus là pour le voir… »

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Re: Le suicide Français

7 Mars 2015, 19:57 Message

Un des extraits les plus terribles du livre de Zemmour tiré du sous-chapitre Un destin de Mezzogiorno

On voulut croire que l’augmentation des échanges dans la zone euro était le signe de maturité de la monnaie unique, alors qu’elle signifiait que l’industrie allemande était en train d’avaler ses rivales française et italienne. En 2000, un tiers des voitures étaient fabriquées en Allemagne. Dix ans plus tard, on atteignait 49 %. Quinze ans après la mise en place de l’euro, la production industrielle italienne avait chuté de 21 %, l’espagnole de 15 %, la française de 12 %, l’anglaise (sans l’euro) de 5 %. Durant la même période, la production allemande avait progressé de… 34 % !

Tout le texte ci-après
http://dany.business-access.eu/ERIC%20ZEMMOUR%20-%20LE%20SUICIDE%20FRANCAIS/index_split_107.html

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Re: Le suicide Français

7 Mars 2015, 20:04 Message

Pour ceux qui n'ont pas acheté le livre la conclusion du Suicide Francais

Et depuis…

De Gaulle a échoué. Quarante ans après sa mort, son chef-d’œuvre est en ruine. Il avait rétabli la souveraineté de la France, en la fondant sur la souveraineté du peuple. Depuis 1992, la France a abandonné sa souveraineté nationale au profit d’un monstre bureaucratique bruxellois, dont on peine à saisir les bienfaits. Depuis 2007, pour complaire à cet « Empire sans impérialisme », sa classe politique quasi unanime a expédié la souveraineté populaire dans les poubelles de l’Histoire, en déchiquetant la tunique sans couture du référendum que le général de Gaulle avait instauré pour imposer la volonté du peuple à tous « les notables et notoires » qui avaient l’habitude séculaire de la confisquer.

Le peuple a compris la leçon. Le peuple boude. Le peuple ne vote plus. Le peuple s’est de lui-même mis en dissidence, en réserve de la République.

De Gaulle avait aussi cru régler une question vieille de cent cinquante-neuf ans en remettant la tête du roi guillotiné en 1793 sur les épaules du président de la République. Il avait donné corps à la fulgurante formule de Péguy : « La République une et indivisible, c’est notre Royaume de France. » Il avait séparé le président de la République, « en charge de l’essentiel », et le Premier ministre, afin de donner réalité à la distinction subtile de l’inspirateur des Cahiers de la Quinzaine, entre mystique et politique. Mais cette distinction s’est révélée, au fil du temps et de ses successeurs, de plus en plus inopérante, comme si les présidents de la République, surtout depuis l’instauration du quinquennat, ne pouvaient plus être autre chose que des premiers ministres ; comme si la société, lessivée par quarante ans d’égalitarisme et d’individualisme, ne pouvait plus produire une race d’hommes qui pût habiter le type du « père de la nation ». Les Français vivent toujours dans « le reflet du prince », comme disait Anatole France, mais personne ne l’incarne plus.

Nous vivons dans une ère carnavalesque. Nicolas Sarkozy fut un Bonaparte de carnaval ; François Hollande est un Mitterrand de carnaval et Manuel Valls, un Clemenceau de carnaval. La Ve République est devenue la République radicale en pire. En ce temps-là, les Clemenceau, Jaurès, Waldeck-Rousseau, Poincaré, Briand etc. avaient encore de la tenue, de l’allure, du caractère, mais les institutions les entravaient et les étouffaient. Aujourd’hui, seules les institutions, comme le corset des femmes d’antan, maintiennent droit nos molles éminences. Chirac dissimulait sous un physique de hussard une prudence matoise de notable rad-soc. Sarkozy masquait par une agitation tourbillonnante et un autoritarisme nombriliste une crainte irraisonnée de la rue et une sensibilité d’adolescent. Hollande cache derrière un humour potache un cynisme d’airain et une main de velours qui tremble dans son gant de fer.

La plupart de nos élites ont renoncé. Nos élites politiques ont abandonné la souveraineté et l’indépendance nationale au nom de leur grand projet européen. Nos élites économiques trahissent les intérêts de la France au nom de la mondialisation et de la nécessaire internationalisation. Plus de la moitié des entreprises du CAC 40 appartient à des fonds étrangers. La France industrielle n’appartient plus à la France. Le CAC 40 n’a plus accueilli de nouvelles entreprises depuis vingt ans. Les patrons quittent l’Hexagone, suivent ou précèdent leurs enfants qui font leurs études à Londres, New York, Montréal, Los Angeles, installent les sièges sociaux de leurs sociétés en Angleterre, aux Pays-Bas, en Amérique, à Singapour ou à Shanghai, comme si leur croissance future ne dépendait que des pays émergents, comme si leur croissance passée ne devait rien au cher et vieux pays.

Nos élites médiatiques justifient et exaltent ce grand renoncement, admonestent et traquent les rares rebelles, et déversent un flot continu de « moraline » culpabilisante sur l’esprit public.

Leur objectif commun est d’arrimer la France à un ensemble occidental qui se liguera face à la nouvelle menace venue de l’Est, en particulier de la Chine. Le traité de libre-échange transatlantique a pour but, aux dires mêmes des négociateurs américains, d’édifier « une OTAN commerciale ». Cet accord soumettrait l’économie européenne aux normes sanitaires, techniques, environnementales, juridiques, culturelles des États-Unis ; il sonnerait le glas définitif d’une Europe cohérente et indépendante.

Les élites françaises ont renoncé à dominer l’Europe, et le reste du continent refuse désormais toute hégémonie, même culturelle ou idéologique de la « Grande Nation » défunte. Mais cette conjonction de refus entraîne le projet européen à sa perte. Comme si la mort de l’Europe française entraînait toute l’Europe dans sa chute. C’est ce qu’avait bien vu l’historien Pierre Gaxotte : « L’Europe a existé. Elle est derrière nous. C’était une communauté de civilisation et cette civilisation était française. »

Les Français ont longtemps cru (au cours des années 1960, ils avaient encore raison) que l’Europe serait la France en grand. Ils commencent à comprendre, amers, que l’Europe sera l’Allemagne en grand. Le fameux slogan européiste, « Plus fort ensemble », a désormais le fumet cruel d’une antiphrase : l’Europe est devenue un vaste champ de bataille économique, de concurrence, de compétition, de rivalité. La conjonction historique de la réunification allemande, de l’élargissement de l’Union et de la monnaie unique a permis à l’Allemagne de transformer tout le continent en une vaste plate-forme au service de son modèle mercantiliste. L’industrie allemande intègre des composants venus de toute l’Europe (et si nécessaire du reste du monde) avant d’y ajouter son savoir-faire si renommé. Cette « industrie de bazar », efficace et organisée, en a fait la première puissance exportatrice du monde. Comme l’avaient prédit de nombreux économistes, la monnaie unique renforce la polarisation industrielle autour d’un cœur rhénan et d’une périphérie au destin tragique de Mezzogiorno. La France se situe pour l’essentiel dans cette périphérie. La monnaie unique avait été conçue par François Mitterrand pour soustraire aux Allemands réunifiés leur « bombe atomique » : le mark. Les Allemands utilisèrent la corde qui devait les ligoter pour étrangler les industries françaises et italiennes qui ne pouvaient plus s’arracher à leur étreinte mortelle par des dévaluations compétitives. La supériorité allemande est telle que la France ne pourra plus échapper à sa vassalisation. Un siècle après le début de la Première Guerre mondiale, nous entérinons le plan des dirigeants allemands conçu par Guillaume II qui prévoyait déjà l’unification continentale autour de l’hégémon germanique. Pour échapper à ce destin funeste, la France devrait se débarrasser de l’euro, et pousser ses dernières entreprises nationales à nouer des alliances extra-européennes, pour prendre à revers la puissance germanique, et retisser la trame de son capitalisme d’État qui a fait, qu’on le veuille ou non, les rares périodes de l’Histoire où le pays connut un réel dynamisme économique : le second Empire et les Trente Glorieuses. Le succès ne serait pas assuré, les risques immenses, la tâche énorme ; mais nos élites politiques et économiques la refusent par principe. Pour la plupart, elles ne croient plus en la capacité de la France d’assumer son destin de nation souveraine. La diabolisation du nazisme a rendu paradoxalement douce et tolérable la domination d’une Allemagne démocratique.

On nous somme chaque matin de nous soumettre à la sacro-sainte « réforme ». Cet exorde modernisateur n’est pas toujours illégitime ni infondé ; mais il bute sur un obstacle majeur : quoi que disent « sachants » et « experts », le peuple n’a plus confiance. En brisant les tables de la souveraineté, nos gouvernants ont aboli leur pacte millénaire avec le peuple français. La politique est devenue un cadavre qui, tels les chevaliers du Tasse, marche encore alors qu’elle est morte. Les dirigeants anglais, eux, parlent de « modernisation ». Le mot réforme résonne curieusement dans les esprits français, où il évoque le souvenir du schisme protestant, des guerres de Religion, de « Paris vaut bien une messe », et de la victoire finale de la « Contre-Réforme ». En nous appelant à la « réforme », nos « bons maîtres » ne se contentent pas d’améliorer notre compétitivité économique, ou d’instaurer un dialogue social plus fructueux, ils nous rééduquent, nous convertissent. Nos dirigeants sont devenus des prêtres. Ils ne gouvernent plus, ils prêchent. « Il y a une répartition des rôles. La gauche nous surveille de près, comme il convient pour un peuple qu’elle estime dangereusement porté au racisme et à la xénophobie. La droite nous menace sans cesse des réformes décisives qui nous mettront enfin au travail, puisque apparemment nous sommes de grands paresseux. Finalement, droite ou gauche, ils sont moins nos représentants et gouvernants que les gardiens de notre vertu 1. »

Ils brandissent la « contrainte extérieure » comme une épée dans nos reins ; et l’Europe comme un graal qui se gagne par d’innombrables sacrifices. Ils se lamentent : la France est irréformable ; elle préfère la Révolution aux réformes, et sinon, elle coupe la tête au roi ! Depuis quarante ans, la litanie des « réformes » a déjà euthanasié les paysans, les petits commerçants et les ouvriers. Au profit des groupes agroalimentaires, des grandes surfaces, des banquiers, des patrons du CAC 40, des ouvriers chinois et des dirigeants de Volkswagen. Ceux qui ont survécu à l’hécatombe ne veulent pas mourir. Cette hantise les rend méchants et hargneux. Les taxis, les pharmaciens, les cheminots, les notaires, les employés se battent comme les poilus à Verdun. Nos élites, qui viennent pour la plupart de la haute fonction publique, et ont bénéficié des avantages du système mandarinal à la française, veulent imposer le modèle anglo-saxon du « struggle for life » à toute la population, sauf à eux-mêmes. C’est protestantisme égalitaire pour la piétaille, mais pompe vaticane pour les cardinaux. Pourquoi les intérêts catégoriels des chauffeurs de taxis seraient-ils illégitimes et les intérêts catégoriels des patrons de banques intouchables ?

Parlons chaque matin de réforme, il en restera toujours quelque chose. Au moins, le peuple, culpabilisé, saura qu’il est dans l’erreur ; se tiendra à carreau.

Mais quelle vérité, quelle réforme, quel modèle ? Modèle allemand, anglais, américain, japonais, suédois, danois, finlandais ? Nos élites piochent au hasard, sans craindre les contradictions. Un jour, on nous dit qu’il faut devenir compétitifs comme les Allemands, mais les Allemands ferment leurs grands magasins dès le samedi après-midi. Un autre jour, on nous dit qu’il faut exporter comme les Japonais, mais les Japonais n’ont pas de grande surface, beaucoup de paysans et pas d’immigrés. On nous dit qu’on instaurera la flexi-sécurité à la danoise, la finance à l’anglaise, le référendum à la suisse, la pénalisation des clients des prostituées à la suédoise, la réduction des déficits à la canadienne, la baisse des impôts à l’italienne, le sauvetage de notre industrie automobile à l’américaine, et même sans le dire, la baisse des salaires à l’espagnole. Mais nos modèles eux-mêmes changent de modèle. On prétend supprimer le SMIC quand les Allemands l’instaurent, on développe la discrimination positive au moment où les Américains l’abolissent ; on rêve de grandes régions quand les Espagnols s’en mordent les doigts.

Nous ne sommes pas irréformables ; nous sommes incohérents. Trop de modèles tuent le modèle. Et trop de remèdes tuent le malade. C’est le but inavoué. N’importe quoi plutôt que le modèle français, d’un côté l’État qui dirige, et la liberté individuelle comme moteur. Notre modèle colberto-bonaparto-gaullien serait dépassé, désuet, obsolète, ringard. Tyrannique et liberticide. Et pour tout dire moralement abject.

Est-ce à dire qu’il ne faudrait rien changer ? Non, bien sûr ; mais ce n’est pas le propos de ce livre, on l’aura bien compris. Avant de réformer, il faut s’entendre sur le diagnostic. Or, sur ce point, depuis quarante ans, gauche et droite jouent à se mentir. À nous mentir. Sans doute parce que gauche et droite ont également renoncé. La France fait une fin, comme les viveurs dans Balzac épousaient une riche héritière sur le tard. La France s’aligne. La France se couche.

La droite trahit la France au nom de la mondialisation ; la gauche trahit la France au nom de la République. La droite a abandonné l’État au nom du libéralisme ; la gauche a abandonné la nation au nom de l’universalisme. La droite a trahi le peuple au nom du CAC 40 ; la gauche a trahi le peuple au nom des minorités. La droite a trahi le peuple au nom de la liberté ; cette liberté mal comprise qui opprime le faible et renforce le fort ; cette liberté dévoyée qui contraint la laïcité à se parer de l’épithète « positive » pour se rendre acceptable aux yeux de tous les lobbies communautaires. La gauche a trahi le peuple au nom de l’égalité. L’égalité entre les parents et les enfants qui tue l’éducation ; entre les professeurs et les élèves qui tue l’école ; l’égalité entre Français et étrangers qui tue la nation.

Mai 68 aura été à la République gaullienne ce que 1789 fut à la monarchie capétienne : le grand dissolvant. Les mots qu’utilisait Ernest Renan pour le tremblement de terre de 1789 valent encore pour 1968 : « La France était une grande société d’actionnaires formée par un spéculateur de premier ordre, la maison capétienne. Les actionnaires ont cru pouvoir se passer de chefs, et puis continuer seuls les affaires. Cela ira bien, tant que les affaires seront bonnes ; mais les affaires devenant mauvaises, il y aura des demandes de liquidation. » Mais si 1789 avait été une révolution du peuple contre le monarque et les aristocraties nobiliaires et cléricales, Mai 68 fut une révolution de la société contre le peuple.

Le peuple se rebelle, mais peut-être trop tard. Il lutte contre l’ultime destruction de sa civilisation, gréco-romaine et judéo-chrétienne, mais ses armes sont des épées de bois. Il se rue aux expositions sur les impressionnistes, et reste indifférent aux beautés cachées d’un art contemporain qui ne séduit que le snobisme des milliardaires. Il n’écoute que des reprises aseptisées des « tubes » des années 1960 et 1970. Il érige Les Tontons flingueurs en « film culte », et chante les louanges de Louis de Funès, dont la franchouillardise spasmodique se voit désormais rehaussée, aux yeux des critiques de gauche qui le méprisaient de son vivant, par ses origines espagnoles. Il dédaigne la plupart des films français, alourdis par un politiquement correct de plomb, mais fait un triomphe aux rares audacieux qui exaltent les valeurs aristocratiques d’hier (Les Visiteurs), le Paris d’hier (Amélie Poulain), l’école d’hier (Les Choristes), la classe ouvrière d’hier (Les Ch’tis), la solidarité d’hier (Intouchables) et l’intégration d’hier (Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?). À chaque fois, la presse de gauche crie au scandale, à la ringardise, à la xénophobie, au racisme, à la France rance ; mais prêche dans le désert. À chaque fois, les salles sont remplies par des spectateurs enthousiastes qui viennent voir sur pellicule une France qui n’existe plus, la France d’avant.

Dans les années 1970, les films qui avaient un grand succès populaire dénonçaient, déconstruisaient, et détruisaient l’ordre établi ; ceux qui remplissent les salles quarante ans plus tard ont la nostalgie de cet ordre établi qui n’existe plus. Les œuvres des années 1970 étaient d’ailleurs d’une qualité bien supérieure à leurs lointaines rivales. Comme s’il fallait plus de talent pour détruire que pour se souvenir. Comme si le monde d’hier – avec ses rigidités et ses contraintes, son patriarcat et ses tabous – produisait une énergie et une vitalité, une créativité que le monde d’aujourd’hui, celui de l’extrême liberté individuelle et du divertissement, de l’indifférenciation féminisée, ne forge plus. Comme si la liberté débridée des années 1970 avait tourné au catéchisme étriqué des années 2000. Il y a quarante ans, un ordre ancien, patriarcal, paysan et catholique n’était plus, tandis que le nouvel ordre, urbain, matriarcal, antiraciste, n’était pas encore. Profitant de l’intervalle, s’ébroua une révolte jubilatoire et iconoclaste, mais qui devint en quelques décennies un pouvoir pesant, suspicieux, moralisateur, totalitaire. Le jeune rebelle de L’Éducation sentimentale a vieilli en Monsieur Homais, cynique, pontifiant et vindicatif.

Dès qu’il en a l’occasion, le peuple prend la rue quitte à subir le mépris d’airain d’une gauche qui n’a pas compris les nouvelles conditions de l’éternelle lutte des classes – « bonnets rouges » bretons coupables de mêler dans une même protestation ouvriers et petits patrons, victimes communes du nouvel ordre mondial, ou manifestants contre le « mariage pour tous », coupables d’« homophobie » parce qu’ils défendent avec une véhémence le plus souvent tranquille la famille traditionnelle. Au cinéma, dans les expositions ou dans la rue, c’est un même mouvement authentiquement réactionnaire qui secoue le peuple français.

Le triangle infernal forgé dans la foulée de Mai 68 entre État, peuple et société, branle de toutes parts. L’État est affaibli, impuissant à protéger le peuple, mais encore capable de le punir pour ses prétendues transgressions. Le peuple est remonté contre la postmodernité et se soude autour du slogan diabolisé « C’était mieux avant », mais n’a pas de projection politique majoritaire. La société règne encore. Elle est composée de toutes ces associations humanitaristes, ces lobbies antiracistes, gays, féministes, communautaristes, qui vivent de subventions publiques distribuées par un État aboulique et clientéliste, tous ces médias bien-pensants, tous ces technocrates, intellocrates, médiacrates, sociologues, démographes, économistes, qui prétendent encore faire l’opinion à coups de leçons de morale et de statistiques arrangées, élaborent au sein d’innombrables commissions pédagogiques les programmes scolaires, rédigent les rapports sur la meilleure façon de « faire de l’en commun pour faire France » (sic). Pour eux, la cohérence culturelle qu’avait su conserver notre peuple, en dépit d’une importante immigration depuis le XIXe siècle, est suspecte ; l’exigence de l’assimilation, xénophobe ; l’attachement à notre histoire, nos grands hommes, notre roman national, la preuve de notre arrogance raciste. Tout doit être détruit, piétiné, saccagé. Le multiculturalisme américain doit nous servir de nouveau modèle, même s’il vient de l’esclavage et a longtemps flirté avec l’apartheid de fait.

La société a vaincu : elle a asservi l’État en le ligotant, et désintégré le peuple en le privant de sa mémoire nationale par la déculturation, tout en brisant son unité par l’immigration. Elle règne sur un chaos. On connaît la phrase célèbre de l’historien Marc Bloch : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’Histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. » Que dirait aujourd’hui l’auteur accablé de L’Étrange Défaite de ces millions de Français, jeunes en particulier, qui par ignorance ou rejet, ne vibrent ni pour l’un, ni pour l’autre événement ?

Nous conjuguons un mai 1940 économique, et une guerre de Religion en gestation, le tout parsemé de frondes récurrentes contre un État brocardé, méprisé, vilipendé, mais dont on garde au fond du cœur une douloureuse nostalgie pour sa grandeur passée. Notre Histoire hante même ceux qui ne la connaissent plus. Le royaume des Francs est né, à la chute de l’Empire romain, de l’alliance des conquérants germains et des élites gallo-romaines, qui se solidarisèrent ensuite contre les hordes venues de l’est, du sud (Arabes) et du nord (Vikings). C’est dans ce combat homérique qui faillit les engloutir, que les populations « franques » prirent conscience de leur spécificité chrétienne et romaine. Toute l’Europe connut alors le même acte de naissance mouvementé. C’est par ailleurs dans le feu rougeoyant des guerres de Religion du XVIe siècle que nos élites intellectuelles et politiques forgèrent les principes de la souveraineté, afin d’imposer la loi pacificatrice de l’État à des dogmes religieux qui ensanglantaient le pays ; notre Léviathan se para des fastes de la monarchie absolue avec la dynastie des Bourbons ; la France imposa ce modèle à toute l’Europe avec le traité de Westphalie de 1648. C’est cet héritage millénaire que nous avons bazardé en quarante ans. Nous avons aboli les frontières ; nous avons renoncé à notre souveraineté ; nos élites politiques ont interdit à l’Europe de se référer à « ses racines chrétiennes ». Cette triple apostasie a détruit le pacte millénaire de la France avec son Histoire ; ce dépouillement volontaire, ce suicide prémédité ramènent les orages que nous avions jadis détournés, grandes invasions et guerres de Religion.

L’avenir de notre cher Hexagone se situe entre un vaste parc d’attractions touristiques et des forteresses islamiques, entre Disneyland et le Kosovo. L’État n’est plus qu’une coquille vide qui n’a conservé que ses pires travers gaulliens (l’arrogance des élites), sans en avoir la remarquable efficacité. Il faudrait la poigne d’un Colbert ou d’un Pompidou pour que notre industrie perdue renaisse de ses cendres. Il faudrait un implacable Richelieu combattant sans relâche « l’État dans l’État » et les « partis de l’étranger » pour abattre les La Rochelle islamiques qui s’édifient sur tout le territoire ; mais nous cédons devant l’ennemi intérieur que nous laissons prospérer, et nous pactisons avec les puissances étrangères qui les alimentent de leurs subsides et de leur propagande religieuse – les princes arabes du Golfe ont remplacé le duc de Buckingham, et nous les recevons les bras ouverts et le regard brillant, comme des Anne d’Autriche énamourées.

L’idéologie de la mondialisation, antiraciste et multiculturaliste, sera au XXIe siècle ce que le nationalisme fut au XIXe siècle et le totalitarisme au XXe siècle, un progressisme messianique fauteur de guerres ; on aura transféré la guerre entre nations à la guerre à l’intérieur des nations. Ce sera l’alliance du « doux commerce » et de la guerre civile.

C’est l’ensemble de l’Occident qui subit ce gigantesque déménagement du monde, entre perte des repères, des identités et des certitudes. Mais la France souffre davantage que les autres. Elle avait pris l’habitude depuis le XVIIe siècle et, plus encore, depuis la Révolution française, d’imposer ses idées, ses foucades mêmes, sa vision du monde et sa langue, à un univers pâmé devant tant de merveilles. Non seulement elle n’y parvient plus, mais elle se voit contrainte d’ingurgiter des valeurs et des mœurs aux antipodes de ce qu’elle a édifié au fil des siècles. Marcel Gauchet a bien résumé notre malheur : « Notre héritage fait de nous des inadaptés par rapport à un monde qui dévalorise ce que nous sommes portés spontanément à valoriser, et qui porte au premier plan ce que nous regardions de haut. »

La France se meurt, la France est morte.
Nos élites politiques, économiques, administratives, médiatiques, intellectuelles, artistiques crachent sur sa tombe et piétinent son cadavre fumant. Elles en tirent gratification sociale et financière. Toutes observent, goguenardes et faussement affectées, la France qu’on abat ; et écrivent d’un air las et dédaigneux, « les dernières pages de l’Histoire de France ».

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Re: Le suicide Français

8 Mars 2015, 14:33 Message

Allez, je cède à la tentation... Puisque c'est aujourd'hui "la journée des droits des femmes", ce fil me semblant tout indiqué :

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Re: Le suicide Français

9 Mars 2015, 08:45 Message

Pour ceux qui auraient eu la flemme de lire le texte [Un destin de Mezzogiorno] ci-dessus quelques chiffres qui sont dévastateurs:

La France a subi une double peine germano-chinoise. Son industrie bas de gamme a été ravagée par la concurrence chinoise ; ses automobiles (voitures de moyenne gamme) se sont révélées trop chères avec un euro fort tiré vers le haut par la santé époustouflante de l’Allemagne. Au sein du marché européen, les déficits s’accumulaient ; face à la puissante industrie germanique, son homologue française, qui avait laissé filer les coûts salariaux et refusait de baisser le niveau des dividendes versés aux actionnaires pour investir, ne pouvait plus compter sur une dévaluation de la monnaie nationale pour sauver sa peau. La part de marché des exportations de la France dans la zone euro passa de 17 % en 1999 à 12,8 % en 2013. Selon une étude de la direction générale du Trésor, la France avait perdu 2 millions d’emplois industriels entre 1980 et 2007. Et le phénomène s’accélérait sur la période 2000-2007, avec les délocalisations vers les pays émergents : 63 % des destructions d’emplois s’expliquaient par la seule concurrence étrangère. Le rythme des suppressions d’emplois au cours de cette période se révélait deux fois plus intense que pendant les années 1980-2000.

Nos déficits extérieurs avec la Chine et l’Allemagne constituaient le cœur de notre déficit commercial abyssal. En 2013, le déficit avec la Chine de 21,6 milliards d’euros représentait 40 % du déficit commercial total de la France. Celui avec l’Allemagne s’établissait à 16,45 milliards. Année après année, ceux-ci furent une fois encore financés par l’État – et sa dette ! – qui soutenait la consommation par des transferts sociaux s’élevant jusqu’au tiers des revenus des ménages.

L’industrie française revenait à son point de départ d’avant de Gaulle et Pompidou. Les grands groupes, forgés sous le magistère colbertiste des deux premiers présidents de la Ve République, avaient disparu, ou avaient été avalés, ou n’avaient survécu que par la grâce de délocalisations massives. Ils étaient morts ou de moins en moins français. La géographie industrielle redessinée par la politique d’aménagement du territoire des années 1960-1970 était ruinée (mis à part l’aviation à Toulouse) par la désindustrialisation. Entre 2000 et 2013, la France vit le poids mondial de ses exportations divisé par deux. L’industrie française retournait à son niveau de la fin du XIXe siècle, quand ce grand pays agricole ne comptait guère dans la compétition industrielle mondiale.

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Re: Le suicide Français

9 Mars 2015, 10:31 Message

Alain Michel, l’historien qui a inspiré Zemmour, révèle: « Vichy doit être montré contre le mal absolu » (Dreuz)

Très intéressante interview.

Conclusion :

« - Dans ton livre "Vichy et la Shoah" dont la réédition sort cette semaine, tu vas jusqu’à déclarer que Vichy, proportionnellement aux autres pays européens, a déporté moins de juifs, que Vichy aurait même été une bonne chose pour les juifs, que Laval n’était pas antisémite mais xénophobe, et que ce n’est pas par antisémitisme mais parce qu’ils ne sont pas français qu’il envoie les juifs étrangers vers la mort.

Je maintiens mon approche.

D’abord Laval n’a pas envoyé, en tout cas au début, les juifs vers la mort, il les a envoyé vers un programme de rapatriement des juifs à l’est. Les allemands l’avait présenté comme une réinstallation des juifs. Vichy n’est pas conscient, dans les premiers temps, que c’est la mort. Je pense qu’à partir de fin août, début septembre, Laval se doute de ça, et c’est pour ça, on le voit, qu’il freine les choses.

Il n’y aura aucun train de déportation au mois d’octobre parce que Laval a fait pression et que Himmler a donné son feu vert en disant que les bonnes relations avec le gouvernement français passent avant l’application de la solution finale. Ce qui est quand même quelque chose d’assez exceptionnel.

Bien-sûr qu’il y a eu complicité, mais cette complicité, son but, était d’essayer de protéger les juifs citoyens français. De ce point de vue, le gouvernement de Vichy a été logique avec lui même puisqu’il est resté en France, il a administré la France pour protéger les citoyens français, et a considéré que les juifs français, même étant citoyens de seconde catégorie, parce qu’il y a quand même un antisémitisme français, même étant des citoyens de seconde catégorie, devaient être protégés.

C’est confirmé, c’est très intéressant, par le sort des juifs d’Algérie et du Maroc.

En France, il y a des juifs d’Algérie ou du Maroc qui ne sont pas français, notamment parce que le décrêt Crémieux a été supprimé en Algérie, et donc ils sont seulement des protégés français, or ils vont être protégés au même titre que les juifs français. On voit très bien que ce Vichy a essayé d’assumer, avec les moyens qu’il a pu, son rôle de gouvernement qui doit d’abord protéger ses citoyens avant les étrangers.

Alors peut être que, dans notre civilisation aujourd’hui, la mondialisation etc…, ça sonne mal. Mais si on se remet dans le contexte de l’époque, c’est tout à fait normal. Chaque pays est avant tout concerné par ses propres citoyens et c’est ce que la France de Vichy a fait par rapport aux juifs français, et ça a eu des conséquences, même pour un certain nombres de juifs étrangers, qui, à cause de ça et indirectement, entre autre aussi grâce aux organismes de resistance juifs, ont été eux aussi protégés.

-Alain Michel, je veux résumer notre entretien, notre conversation en une idée forte. Mon ressenti est qu’il y a chez toi une dualité entre l’historien Alain Michel qui recherche la vérité et il y a le juif sioniste qui a fait son alyah il y a 30 ans, qui est Rabbin, qui est fortement concerné par le sujet et cette dualité.

Ce qu’a découvert l’historien fait souffrir l’autre Alain Michel, et tu as fais taire la souffrance pour faire primer la réalité historique. Je ne suis pas certain que cette dualité, cette lutte interne entre la morale de la vérité historique et la morale de la dimension émotionnelle et humaine, je ne suis pas sûr que cette dualité ait été mise en avant.


L’honnêteté de l’historien doit être protégée, et en même temps, je l’écris à la dernière page de mon livre, je déteste tous ces gens. Je n’ai aucun amour ni pour Laval ni pour le gouvernement de Vichy. Mais je suis bien obligé de montrer à la fois leur mauvais coté et leur bon coté

Je pense que c’est une très bonne conclusion. Effectivement c’est quelque chose que je ressens profondément, mais André Neer disait que la spécificité du juif, c’est d’être en permanence écartelé entre des idées opposées, entre des valeurs qui se contredisent, et que c’est l’essence même de la prophétie.

Je ne me prends pas pour un prophète, je me prends pour quelqu’un comme tous les juifs qui sont influencés par la prophétie. Je pense que nous devons être capable d’assumer nos contradictions, mais assumer nos contradictions passe par l’honnêteté. L’honnêteté de l’historien doit être protégée, et en même temps je l’écris à la dernière page de mon livre, je déteste tous ces gens. Je n’ai aucun amour ni pour Laval ni pour le gouvernement de Vichy. Mais je suis bien obligé de montrer à la fois leur mauvais coté et leur bon coté. »

Fort intéressant aussi les passages sur les rapports avec les médias (la honte attendue), Klarsfeld, etc.

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