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La Bataille culturelle

Sur l'envahissement par le culturel de pacotille, contre la possibilité de toute culture authentique
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Re: La Bataille culturelle

21 Septembre 2020, 09:09 Message

Un article plaisant, qui change heureusement de l'habitude.
Souvenirs de latiniste.

Jupiter, maître suprême des terreurs (Bd Voltaire)

« Déclencher la peur dans une population, c’est s’assurer de sa soumission. Nous en savons quelque chose, en ces temps de pandémie où, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, on a pu interdire à des peuples entiers de respirer librement. Orwell lui-même n’y avait pas pensé.

Il existait, dans le vieux rituel romain, une formule d’evocatio par laquelle le général en chef invitait les divinités d’une ville ennemie à "injecter dans ce peuple et dans cette société la peur, l’effroi, l’oubli" : metum formidinem obliuionem (Macrobe, Saturnales III, 97-8). Cette prière exaucée, la ville était prise.

Mais le maître suprême des terreurs s’appelait Jupiter, et Virgile ne craint pas de le nommer. Il nous dit qu’auprès du trône de ce dieu, en plein Olympe (!), se tiennent en permanence deux Furies infernales prêtes à fondre sur les proies désignées par leur maître. "Sur le seuil du terrible roi, elles attendent ses ordres, elles transpercent de crainte les malheureux mortels quand le roi des dieux prépare l’horrible mort, les maladies…" (Aen. XII, 849-51, trad. J. Perret). Pour cette fois, c’est le preux Turnus qui fera les frais de l’ire divine, lui dont le crime est de défendre l’Italie contre l’envahisseur troyen. Paralysé par un effroi incontrôlable, le héros ne pourra rien contre le "pieux" Énée, qui l’égorgera dans un terrible accès de rage, ira terribilis.

C’est donc sur un double défi à l’empereur que Virgile choisit de laisser le lecteur de l’Énéide : d’une part, l’image glaçante de cet Énée à travers lequel Auguste se mirait ; d’autre part, la figure sinistre du maître de l’Olympe dont ce même Auguste se voulait le vicaire sur Terre. Sans doute le poète savait-il que le dénouement de son épopée signifierait le dénouement de sa propre vie. Et, de fait, "Jupiter" attendit à peine que l’Énéide fût terminée pour convoquer son auteur près de lui, à Athènes : une rencontre d’où le Mantouan ne devait pas sortir vivant. Officiellement, il avait succombé à un genre d’insolation, et gare à celui qui oserait jeter le doute sur cette rassurante version.

Aujourd’hui, plus de vingt siècles après les faits, rien n’a changé, le sujet reste tabou dans nos universités. Remettre en cause la doxa, fût-ce avec les meilleurs arguments du monde, ce serait s’exposer à l’accusation de complotisme et mettre en danger sa carrière. Alors, on se tait. La peur, toujours… Et nul domaine n’y échappe.

On ne s’étonnera jamais assez que les plus acharnés traqueurs de "fake news", comme ils disent (en clair, des mensonges), sont justement ceux qui, s’instaurant en gardiens de la pensée unique, s’opposent le plus farouchement à l’éclosion des vérités cachées. Au service de quel Jupiter ?

D’un seul trait de crayon, Virgile a immortalisé les terrifiantes exécutrices des hautes œuvres jupitériennes, "au corps enlacé de serpents tortueux et aux ailes pleines de vent". Heureusement, ce n’est qu’un mythe. »


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Re: La Bataille culturelle

5 Octobre 2020, 16:44 Message

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Re: La Bataille culturelle

5 Octobre 2020, 17:14 Message

Quand on aime un pays, rien de plus normal que de s'intéresser à son passé.

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Re: La Bataille culturelle

7 Octobre 2020, 08:44 Message

“Aujourd'hui le PIR rayonne dans toutes les universités” : Houria Bouteldja quitte le mouvement indigéniste (Valeurs Actuelles)

Un commentaire de lecteur lui suggère de renoncer à toutes ses prébendes, situations octroyées par la République Française, et privilèges afférents, pour retourner au bled en tant qu'indigène algérienne. C'est bien ce qu'elle devrait faire ; ou que nous devrions lui imposer.

« "L’émergence du mouvement décolonial est la plus grande réussite politique, en France, depuis la chute du mur de Berlin et l’apparition du mouvement écologique. Ce que le PIR a apporté dans l’action, la réflexion, la propagande, la théorie, en un mot, dans la stratégie, marque un tournant pour l’essor de tout le mouvement révolutionnaire." Houria Bouteldja semble donc quitter le PIR le devoir accompli, convaincue que le mouvement indigéniste "rayonne dans toutes les universités et les milieux antiraciste occidentaux, notamment grâce au réseau décolonial international (DIN) – où il est cité en exemple et où je suis considérée comme une véritable théoricienne décoloniale". L'activiste franco-algérienne est l'égérie du mouvement décolonial. Elle dénonce un "racisme d'État " , taxe les Français de souche de "sous-chiens" et refuse toute intégration. »

Avec cela, toujours aussi modeste et aimable ; question d'éducation : de ce point de vue, on ne se refait pas, jamais.


***


Une confirmation, qui montre à quel point la situation est "vérolée", en effet :

Indigénisme à l’université : vers un début de résistance ? (Bd Voltaire)

« Si, dans les lycées des fameux " territoires perdus de la République", les professeurs baissent la tête devant certains de leurs élèves, à l’école des rejetons des CSP+, d’autres professeurs n’en mènent pas plus large. Néanmoins, la résistance paraît s’organiser, tel qu’en témoigne cette "riposte à bas bruit qui se met en place" évoquée par L’Opinion, ce mardi 6 septembre.

Morceaux choisis :"Un curieux vocabulaire court les temples du savoir et de la liberté de pensée. On y parle de 'guerre', de 'climat de terreur' et de 'résistance'. Telle université 'tient bon' quand telle autre 'est tombée'. " Une remarque, en apparence anodine d’un professeur parisien, pourtant a priori solidement installé, met la puce à l’oreille : “J’ai confiance dans mes réseaux, mes filières. Sinon, il faut faire très attention… Tout est vérolé, aujourd’hui. L’adversaire ? La mouvance communautariste, décoloniale, indigéniste ou néo-féministe qui traverse tout l’enseignement supérieur."

(...)

Citée par le même quotidien, Monique Canto-Sperber, directrice de l’École normale supérieure de 2005 à 2012, affirme : "C’est un rapport de force. On ne gagne que si on résiste. Mais il faut savoir ce que signifie avoir contre soi cette mouvance très puissante. Cela a un coût social, cela peut détruire votre image. En face, vous avez des gens ultra-sectaires, persuadés d’avoir raison sur tout."

On notera que cette spécialiste de Platon est la seule à parler en son nom, la majeure partie de ses confrères préférant se réfugier dans l’anonymat. C’est dire l’ampleur du désastre et du terrorisme intellectuel régnant en des enceintes pourtant censées être celles du débat intellectuel et de la confrontation des idées. »

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Re: La Bataille culturelle

19 Octobre 2020, 13:16 Message

Onfray bavard et encyclopédiste, comme à l'accoutumée, Charlotte directe et parfois surprenante.


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