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Du libéralisme

Sur l'économie, la finance et le travail à l'époque du virtuel et de la décroissance à venir.
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Du libéralisme

30 Juin 2016, 11:30 Message

Un extrait d'un entretien (à venir) sur le libéralisme : des "libéraux"


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Re: Du libéralisme

30 Juin 2016, 20:41 Message

On comprend très bien l'analyse. En ce qui me concerne je fais la critique suivante ; Je ne crois pas que le discours idéologique et l'errance philosophique soient ainsi qu'on peut l'entendre (j'ignore Didier si c'est votre réel propos) soient la source du ou des problèmes. Il me semble que la production idéologique est un moyen au service d'une volonté, comme le ciment aide à construire une maison et n'est rien sans le projet de la maison. Il me semble que l'idéologie naît comme un produit quasi naturel de la volonté qui l'anime (et non l'inverse qui pourrait laisser supposer qu'il s'agit d'une erreur ou d'un discours mû par une faiblesse intellectuelle à critiquer). Ce qui importe c'est de montrer le projet qui nécessite une telle idéologie pour avancer.

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Re: Du libéralisme

30 Juin 2016, 22:15 Message

Merci de votre réaction, chère Jeanne. Je vous suis entièrement sur ce qu'est la "production idéologique", comme vous dites ; la réponse à votre question se trouve dans cet entretien, mais dans une partie non encore publiée (la réponse à une troisième question, qui est : « De qui le libéralisme est-il "l'idiot utile" ? »). Et la position, théorique et politique, que l'on peut déduire de ces analyses viendra dans une suite encore à réaliser.

Pour l'instant, comme l'ensemble de cette première étape est déjà assez longue, je me suis dit qu'il pouvait être intéressant d'en publier séparément des parties qui sont assez autonomes, un peu en mode feuilleton (mais dans le désordre), pour dévoiler progressivement l'ensemble. Je vais continuer de le faire pour quelques autres sections de ce genre, cela devrait aider à la manœuvre, puis je publierai l'ensemble. Il faut dire aussi que je suis un peu coincé, car le tout début de l'entretien nécessite un travail sur le son en raison d'un vent trop fort et de réglages pas encore très au point, alors que mon ingéson est peu disponible en ce moment...

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Re: Du libéralisme

2 Juillet 2016, 08:15 Message

Un nouvel extrait de l'entretien sur le libéralisme : comment caractériser le libéralisme ?


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Re: Du libéralisme

2 Juillet 2016, 21:48 Message

Nouvel extrait de l'entretien sur le libéralisme : de qui le libéralisme est-il l'idiot utile ?


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Re: Du libéralisme

4 Juillet 2016, 13:39 Message

Nouvel extrait de l'entretien sur le libéralisme : le libéralisme comme philosophie politique




***

Annexe : cet article, un petit bijou dans le genre, on croirait presque une caricature ; pourtant il n'en est rien. Il faudrait tout citer.

Il est temps que les élites se soulèvent contre les masses (Slate)

Le passage qui m'a le plus étonné :
« Dans une majorité de pays, les partis d'extrême droite et nativistes arrivent en tête des sondages. »

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Re: Du libéralisme

4 Juillet 2016, 14:09 Message

Il est temps que les élites se soulèvent contre les masses


On peut s'étonner que la démocratie (ou le systéme républicain) avec ait pu durer presque deux siècles sans soulever d'objections ou de remises en question.

On peut donc en déduire que les élites ont pu jusqu'à présent faire ce qu'elles voulaient à la barbe du peuple qu'elles roulaient tranquillement dans la farine.

Aujourd'hui le peuple (la population comme le dit Gauck) commence à se rebiffer et menace de renverser la table et nos élites, sans la moindre vergogne, voudraient par conséquent introduire une sorte "d'aristocratie" ou une oligarchie éclairée et le disent et l'écrivent en toute bonne conscience.

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Re: Du libéralisme

5 Juillet 2016, 13:19 Message

Paradoxe modernant : "tout est politique"… quand c'est l'économie qui s'est entièrement annexé le politique, sous l'emprise du rationalisme technique et de l'utilitarisme marchand.

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Re: Du libéralisme

5 Juillet 2016, 13:39 Message

L'économisme, maladie sénile du capitalisme?

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Re: Du libéralisme

6 Juillet 2016, 11:49 Message

Un dernier extrait avant publication complète de la première partie (c'est le tout début de l'entretien ; à noter que le détour par les suites du Brexit a été abrégé) : êtes-vous un libéral ?



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Re: Du libéralisme

7 Juillet 2016, 13:57 Message

La première section complète (en trois parties) est désormais publiée sur le fil "Les Vidéos QDLF" en même temps que sur celui-ci.

***

Du libéralisme, une analyse
Première séquence : suivra une séquence sur les suites à en tirer.

Première partie :
Êtes-vous un libéral ?
Comment caractériser le libéralisme ?
Premiers problèmes



Deuxième partie :
De qui le libéralisme est-il l'idiot utile ?
De certaines catégories baroques de libéraux et de leurs impasses politiques



Troisième partie :
Le libéralisme comme philosophie politique, et conclusion provisoire


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Re: Du libéralisme

10 Juillet 2016, 08:08 Message

Du libéralisme, suite.
Une synthèse provisoire, en forme de point d'étape et de transition.


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Re: Du libéralisme

11 Juillet 2016, 21:26 Message

Entendu cet après-midi sur France-Culture (l'été, il arrive que cette station soit encore écoutable, au moins en voiture, notamment du fait de nombreuses rediffusions anciennes), une discussion en direct des "rencontres de Pétrarque", avec Finkie, Debray, Birnbaum (Le Monde en a souvent pris pour son grade, en mode feutré, certes, mais tout de même), et d'autres personnes.

C'était plus ou moins intéressant, mais une chose a retenu mon attention : Finkie a évoqué un texte déjà cité ici, il y a sans doute assez longtemps, et qui mérite le détour. Il s'agit d'un texte de Leszek KOLAKOWSKI, intitulé « Comment être "conservateur-libéral-socialiste" ? »

Pour ceux qui ne le connaitrait pas, ou qui l'aurait oublié, le voici :

« Credo

"Avancez vers l’arrière s’il vous plaît !" Telle est la traduction approximative d’une injonction que j’entendis un jour dans un tramway de Varsovie. Je propose d’en faire le mot d’ordre d’une puissante Internationale qui n existera jamais.

Un conservateur croit fermement :

1) Que dans la vie des hommes, il n’y jamais eu et il n’y aura jamais d’améliorations qui ne soient payées de détériorations et de maux ; aussi, lorsqu’on envisage un projet de réforme tendant vers un mieux, il faut en déterminer le prix. En d’autres termes, il y a compatibilité entre des maux innombrables (ce qui signifie que nous pouvons les subir de front et simultanément), alors que des biens nombreux se limitent ou s’annulent mutuellement : par conséquent nous n’en jouirons jamais pleinement en même temps. Une société sans égalité ni liberté d’aucune sorte peut parfaitement exister, mais non pas un ordre social ou régnerait une égalité et une liberté absolues. De la même règle procède la compatibilité entre la planification et le principe d’autonomie, la sécurité et le progrès technique. Autrement dit, il n’y a pas, en histoire, de happy end.

2) Que nous ne savons pas si diverses formes traditionnelles de vie sociale ― comme les rituels, la famille, la nation, les communautés religieuses ― sont nécessaires pour rendre la vie en société tolérable ou même possible. Cependant, il n’y a pas de raisons de croire que, en détruisant ces formes ou en dénonçant leur caractère irrationnel, nous augmentons nos chances de bonheur, de paix, de sécurité ou de liberté. Nous ne pouvons pas savoir de façon certaine ce qui se passerait si, par exemple, la famille monogamique était supprimée, ou bien si la coutume consacrée par le temps qui nous fait enterrer les morts était remplacée par un recyclage rationnel des cadavres à des fins industrielles. Nous serions bien avisés, pourtant, d’en attendre le pire.

3) Que l’idée fixe de la Philosophie de Lumières ― à savoir que l’envie, la vanité, la cupidité et l’instinct d’agression ont toujours pour causes des institutions sociales défectueuses, et disparaîtront lorsque ces institutions auront été réformées ― n’est pas seulement tout à fait invraisemblable et contraire à l’expérience, mais extrêmement dangereuse. Comment toutes ces institutions ont-elles pu voir le jour si elles étaient tellement contraires à la nature profonde de l’homme ? Nourrir l’espoir que l’on pourra institutionnaliser la fraternité, l’amour, l’altruisme, c’est préparer à coup sûr l’avènement du despotisme.

Un libéral croit fermement :

1) Que l’idée ancienne selon laquelle la finalité de l’État est la sécurité garde toute sa valeur. Elle garde sa valeur même si l’on étend la notion de sécurité jusqu’à inclure non seulement la protection des personnes et des biens par la Loi, mais aussi tout un dispositif d’assurances garantissant qu’un homme ne peut pas mourir de faim s’il se trouve privé de travail, que les pauvres ne peuvent pas être condamnés à périr faute de soins médicaux, et que les enfants ont accès à l’éducation gratuite. Ces obligations font également partie de la sécurité. Celle-ci, néanmoins, ne devrait jamais être confondue avec la liberté. L’État ne garantit pas la liberté par une action positive ou en réglementant divers domaines de l’existence, mais en ne faisant rien. En réalité, la sécurité ne peut se déve1opper qu’aux dépens de la liberté. En toute hypothèse, faire le bonheur des gens n’est pas la tâche de l’État.

2) Que les communautés humaines sont menacées non seulement de stagnation, mais encore de régression, lorsqu’elles se trouvent organisées de telle manière qu’il n’y a plus place pour l’initiative individuelle et la faculté de création. Le suicide collectif de l’humanité est concevable, mais une fourmilière humaine permanente ne l’est pas, pour la simple raison que nous ne sommes pas des fourmis.

3) Qu’il est hautement improbable qu’une société dans laquelle toute forme de compétitivité a été anéantie puisse conserver les stimulants nécessaires à la faculté de création et au progrès. Davantage d’égalité n’est pas une fin en soi, mais uniquement un moyen. En d’autres termes, la lutte pour davantage d’égalité n’a pas de sens si elle se traduit simplement par l’abaissement des privilégiés, et non pas par l’élévation des défavorisés. Légalité parfaite est un idéal qui se retourne contre lui-même.

Un socialiste croit fermement :

1) Que les sociétés où la recherche du profit est le seul facteur de régulation du système de production sont menacées de catastrophes aussi pénibles ― et peut-être même davantage ― que les sociétés où le stimulant du profit a été entièrement rayé du nombre des forces régulatrices de la production. Il existe de bonnes raisons de restreindre la liberté des activités économiques dans un souci de sécurité, et d’empêcher que l’argent produise automatiquement davantage d’argent. Mais les restrictions apportées à la liberté devraient être appelées par leur nom, et non pas présentées comme une forme supérieure de liberté.

2) Qu’il est absurde et hypocrite de conclure qu’une société parfaite et exempte de conflits étant impossible, l’inégalité sous quelque forme qu’elle existe est inévitable, et toutes les façons de réaliser un profit sont justifiées. Ce pessimisme anthropologique typiquement conservateur qui a conduit à l’étonnante conviction qu’un impôt progressif sur le revenu est abominable et inhumain, est tout aussi suspect que l’optimisme historique qui a servi de base à l’Archipel du Goulag.

3) Que la tendance à soumettre l’économie à d’importants contrôles sociaux devrait être encouragée, même au prix d’une extension de la bureaucratie. De tels contrôles, cependant, doivent s’exercer dans le respect des règles de la démocratie représentative. Ainsi, il est essentiel de prévoir des mécanismes contrebalançant la menace que fait peser sur la liberté le développement de ces contrôles eux-mêmes.

Pour autant que je puisse en juger, ces idées directrices ne se contredisent nullement. On peut donc être un conservateur-socialiste-libéral, ce qui revient à dire que ces trois qualificatifs représentent désormais des options qui ne s’excluent pas mutuellement.

Quant à la grande et puissante Internationale que je mentionnais au début, elle n’existera jamais parce qu’elle ne peut promettre aux gens qu’ils seront heureux. »

Leszek KOLAKOWSKI, Commentaire, n°4, hiver 1978-1979. »

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Re: Du libéralisme

12 Juillet 2016, 01:44 Message

Quel excellent texte !

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Re: Du libéralisme

12 Juillet 2016, 09:01 Message

Oui, excellent à plus d'un titre, et dont je m'aperçois qu'il est en large phase avec mon petit topo en cours...

Pour rire : Discorde entre actionnaires chinois et locaux à l’aéroport de Toulouse (BFMTV)

« Problème: tous ne s’accordent pas sur le sort à réserver à la trésorerie accumulée depuis des années. Les actionnaires chinois souhaitent mettre la main sur une partie de la réserve financière de 67 millions d’euros constituée. Ils proposent de redistribuer 17,5 millions d’euros de ces réserves dont 9 millions d’euros lui reviendraient. Au départ, ils réclamaient même la redistribution de 40 millions d’euros, soit environ 60% des fonds en réserve. Le montant de 20 millions d’euros a également été évoqué.
Une "histoire collective"

Mais les actionnaires locaux ne l’entendent pas ainsi. Dès le mois de mai, ils s’inquiétaient de la conduite de la coentreprise chinoise. Dans un courrier adressé à l’ancienne secrétaire d'État aux transports et ex-dirigeante de la SNCF Anne-Marie Idrac, aujourd’hui présidente du conseil de surveillance de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (SATB), ils soulignent que "ces réserves permettent de donner à la SATB les garanties de son développement et de son autonomie". La gestion de l’aéroport avait jusque-là bonne réputation. Depuis plusieurs années, 50% du résultat net annuel était traditionnellement mis en réserve.

"La redistribution d’une partie de la réserve de la SATB, à hauteur de 20 millions d’euros, ne nous paraît pas opportune du point de vue économique. Par ailleurs, cette réserve est le fruit de l’effort de chacun des partenaires publics historiques de la SATB. Sa redistribution, un an après la nouvelle gouvernance mise en place, ne s’inscrit pas dans cette histoire collective", »

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Re: Du libéralisme

1 Novembre 2016, 18:43 Message

Le patron d'Airbus veut un marché du travail plus souple pour aider les réfugiés [url=demeurelafrance.fr/forum/viewtopic.php?f=20&t=1755&p=18633#p18633](Tribune de Genève)[/url]

" Dans une tribune parue ce lundi 26 octobre dans la presse allemande, Tom Enders, le patron d'Airbus, propose un assouplissement du marché du travail permettant de créer plus d'emplois - moins rémunérés - pour venir en aide aux réfugiés. "

Dire qu'on nous prend pour des cruches est vraiment trop peu dire...

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Re: Du libéralisme

8 Janvier 2017, 23:05 Message

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Re: Du libéralisme

12 Mars 2017, 19:41 Message

Pour la première fois, le G20 ne compte pas condamner le protectionnisme (Insolentiae)

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"Une première qui semble être liée à l’élection de Donald Trump"

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