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Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

Sur la politique du pays, et sur l'actualité
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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

15 Août 2020, 14:30 Message

De l'effondrement — chaque jour plus évident, et total. De l'impossible (et sot) "retour à" ; idem pour la poursuite de notre trajectoire actuelle ; les deux : continuation obstinée de la néantisation totalisante. La reprise ? Il y faut le changement complet de notre rapport au Temps, que les gonds secrets du Monde aient déjà tourné — à notre insu —, comme disait l'autre, un fou de Dieu inversé et renversant.

Réagir c'est toujours avoir un temps de retard, et subir ; conserver, c'est ensevelir plus encore une momie ; subvertir, c'est toujours prolonger l'auto-destruction et alimenter le moulin aux artifices ; nous ne pensons pas encore assez ce qui survient dans toute ses dimensions, dans toute sa dimension : seule une vision perçant le voile épais des mensonges et le kaléidoscope des illusions qu'ils manipulent, seule la capacité à détruire la fantasmagorie langagière qui tient tout, partout, tout le temps, seul un geste créateur, en l'occurrence politique, peut sinon renverser la table sans retour, du moins maintenir la possibilité d'une civilisation. Aucune hors la nôtre, absolument aucune, n'a produit et cette folle et magnifique irruption de l'être humain dans le cours des choses, et cette décadence si particulière et dévastatrice dont nous sommes les spectateurs atterrés (et aussi les acteurs, qu'on le veuille ou non) ; aucune hors de la nôtre ne peut prétendre endosser cette possibilité comme à-venir. Nous ne sommes pas responsables seulement devant notre héritage.

Calme, droit, en avant : devise cavalière ; "en avant" non pas au sens de en avance, mais vers l'horizon qui découvre, en pulvérisant la magie des pacotilles et le baratin des automates, un radicalement nouveau sens de l'histoire.


***

Il faut refonder la Vème République, et par là toute notre histoire française, parachevant l'esquisse gaullienne ; en commençant par changer sa devise. Exemple : Liberté, Équité, Civilité.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

15 Août 2020, 16:17 Message

Didier Bourjon a écrit:
Réagir c'est toujours avoir un temps de retard, et subir ; conserver, c'est ensevelir plus encore une momie ; subvertir, c'est toujours prolonger l'auto-destruction et alimenter le moulin aux artifices ; nous ne pensons pas encore assez ce qui survient dans toute ses dimensions, dans toute sa dimension [...]

Je cherchais des mots qui n'auraient fait que souligner la justesse et la profondeur de ce que nous offre Didier.

Je n'ai trouvé que l'anti-thèse :

Image

[Toujours méfiant avec ce genre de document, je n'exclus pas un montage... Le symbole y est quand même]

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Août 2020, 08:59 Message

"l faut refonder la Vème République, et par là toute notre histoire française, parachevant l'esquisse gaullienne"
Didier, votre texte me hante, j'y reviens et y reviendrai encore souvent et longtemps : il y a largement matière à ruminer. Tout de suite cependant : cette crise est celle de notre civilisation, ses causes en sont lointaines, profondes et ne procèdent sans doute ni d'une intention déterminée ni d'un choix lucide mais ce sont aujourd'hui des acteurs conscients, puissants, avertis et organisés qui en précipitent la marche. Ils détiennent, quasiment au plan mondial tous les leviers de pouvoir, politique, financier, économique, institutionnel, des GAFA à l'OMS en passant par tous les relais de contrôle, internationaux et nationaux, des media à la justice, qui enserrent ce qui peut subsister de démocratie dans nos sociétés. Cette oligarchie mondialiste semble prête à tout pour arriver à ses fins et ne craint pas notamment de mettre à mal l'économie mondiale pour asservir les populations, comme on le voit dans cette affaire de la pandémie COVID 19, surjouée, rejouée, dont elle entend bien ne nous faire sortir que davantage bâillonnés et menottés.
Je ne crois plus que face à ces ennemis, le salut puisse venir d'un seul pays, d'un seul peuple, d'un seul continent même. A ce qui nous écrase si puissamment, si mondialement, ne peut s'opposer qu'une force d'égale ampleur. Dans les débris de l'empire romain effondré sous son propre poids avait jailli une miraculeuse source qui a irrigué les peuples du continent européen.
A cette eau hélas, ces peuples ne s'abreuvent plus depuis longtemps, assurément l'une des causes de leur dépérissement mais ils n'y retourneront pas. Notre attente doit pourtant être de cet ordre, spirituel, et notre champ de bataille largement plus étendu que notre défunte patrie.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Août 2020, 09:25 Message

Notre attente doit pourtant être de cet ordre, spirituel, et notre champ de bataille largement plus étendu que notre défunte patrie.

Je souscris à votre belle analyse, cher Alain, qui prolonge celle de Didier.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Août 2020, 11:31 Message

La puissance s'auto-organise en ordre. Elle n'a nul besoin d'une "tête pensante". L'ordre de la puissance est acéphale : plus la puissance se rapproche de la toute-puissance, plus l'ordre qui émane d'elle ("l'entente apparente" des acteurs de la puissance) s'ingénie à s'auto-parfaire, à se clore sur nous.

Mais, la mort étant individuelle (les nations, les civilisations meurent individuellement, une à une) elle fait surgir la possibilité que la rennaissance (reconquista et tout ce qui s'y assimile) le soit elle aussi.

Cette impossibilité qui advient, la mort, permet d'espérer : son fait nous dit que l'impossible redressement, renaissance, reprise, etc., n'en recèle pas moins qu'elle la vertu d'advenir, d'accéder au réel. Il n'y a pas lieu de désespérer qu'advienne jamais l'impossible dès lors que la mort, le trépas, la survenue impensable de la fin, nous apporte tous les jours la démonstration du contraire.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Août 2020, 13:06 Message

" La puissance s'auto-organise en ordre. Elle n'a nul besoin d'une "tête pensante". L'ordre de la puissance est acéphale. "
Acéphale? Polycéphale plutôt. Telle l'hydre et avec la faculté de repousse itou. Soros, Davos, elles existent bien ces cervelles où se concocte notre destin, ces conclaves, ces échanges, ces accords qui donnent le cap? Mais peut-être cela n'a-t-il pas de réelle importance puisqu'il ne servirait à rien de tenter de décapiter la bête, entreprise surhumaine et inutile de fait, tant que les foules asservies seront ce qu'elles sont, qui permet au monstre de régner.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Août 2020, 18:25 Message

Deux axiomes: 1. toute mort est individuelle (ma mère se meurt tandis que je ne meurs point); 2. tout réseau est acéphale (la puissance d'un réseau est dans son acéphalité).

Dès lors, ceci : la résurrection individuelle est une impossibilité mais cette impossibilité ne dépasse pas, dans son degré, celle de la mort individuelle, scandaleusement impensable et pourtant commune et quotidienne; la recherche d'une tête pensante, à Davos ou ailleurs, est une perte de temps: la puissance acéphale des réseaux, quand ceux-ci sont véritablement puissants (quand, par leur seule existence, ils anéantissent la possibilité même de toute parole autre que la leur, l'anéantissant dans sa conception autant que dans son expression), cette puissance acéphale rend toute recherche d'une tête pensante unique, et donc mortelle, vaine et illusoire.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Août 2020, 18:28 Message

Il en ressort ce terrible paradoxe : tout combat contre la puissance acéphale est vain, mais toute résurrection, comme toute mort, est une impossibilité possible.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

16 Août 2020, 20:00 Message

Cher Francis, je suis toujours ébloui lorsque vous voltigez dans les cintres. N'ayant ni votre talent ni votre audace je ne vous y suivrai pas. Des gradins d'où je vous admire je vous lance simplement cette question : en sommes nous donc réduits à attendre le miracle, l'espérer, le désirer, le vouloir?

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

17 Août 2020, 08:36 Message

Les hommes font l'histoire mais ne savent pas l'histoire qu'ils font disait Marx, et c'est aujourd'hui plus vrai que jamais. Le développement faramineux (et esclavagisant) de la complexité technique du monde humain, pour l'essentiel au plan quantitatif et de la multiplication des interactions, va de pair avec sa totalisation croissante sous l'égide d'une logique de l'idée, de la logique d'une idée. Qu'on peut résumer d'un mot : profit (prononcer à l'anglaise), d'une méthode : le marché, et d'un moyen : le "progrès".

L'égide n'est pas encore le moteur ; une puissance, mot à entendre au sens grec ancien*, est ici à l’œuvre. Le réseau dont parle Francis est bien son vecteur, ses têtes de réseau sa sorte de conscience opérationnelle, qui n'ont qu'un rôle de coordination et aucunement de direction : elles n'ont pas plus de marge politique que nous, ne sont pas moins les jouets de ce qui advient que nous-mêmes. Une telle puissance n'a en effet pas besoin de "tête pensante", au singulier ou pluriel — tout au plus de baratineurs —, pas plus que d'un généralissime pour s'exercer. Tout au contraire, de telles têtes seraient son ennemi le plus intime, son Adversaire. Elle n'est acéphale que pour qui ne la pense pas ; plus elle est manifeste, moins on la pense ; et pour la penser il ne faut pas s'y opposer, mais la dépasser.

Autrement (déjà) dit : cela dépend et ne dépend pas de nous. Je n'y reviens pas.

Un petit mot sur la curieuse formulation de Francis. Sum moribundus : je suis mortel, vivant la mort, mourant la vie ; pour détrôner le fallacieux cogito. Notre seule certitude : la mort ; au reste : le Jour ni l'Heure. C'est cela, pour le dire "à l'endroit", la possibilité de l'impossibilité (d'être) qui seule nous renvoie radicalement à notre non moins radicale finitude, et in fine à celle de "l'être" ; et qui, par là, nous reconvoque à proprement exister. Le plan de "l'être-'pour'-la-mort" et celui de "l'être-avec" s'articulent, c'est toute la question, que ne résume pas le "On".

Nous ne sommes pas réduits à espérer un miracle. Nous sommes dans la nasse, nous agiter ne peut qu'en resserrer les rêts, ne rien faire est zombiesque autant que coupable ; quant à "agir" : « Nous ne pensons pas encore de façon assez décisive encore l'essence de l'agir » (Dr H, premières phrases de la Lettre sur l'humanisme)

* Les écrits de Clémence Ramnoux ont été (enfin) récemment réédités en deux volumes (éditions Encre marine). J'en recommande la lecture.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

17 Août 2020, 09:58 Message

On peut télécharger Lettre sur l'humanisme

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

18 Août 2020, 08:48 Message

Retour au marigot, au mieux de sa forme :

Bayrou à la tête du “haut-commissariat au Plan” en septembre (la presse).

Chantage et trahison sont les deux mamelles de ce ce pauvre type, aussi prétentieux qu'inopérant, qui n'est qu'une victoire sur le bégaiement. En vue de 2022, et pour se conserver une majorité, Macron lui refile un hochet dont le bénéficiaire va s'ingénier à faire quelque chose de désastreux, quand il pourrait être nécessaire. Seule Ségolène ferait pire que lui, à ce poste ou un autre, sans doute. C'est dire.

De même que l'actuel gouvernement, dans le droit fil du précédent, n'a qu'une boussole dans son action "sanitaire" : la trouille des procès, sous influence médiatico-lobbyiste, de même Macron n'envisage sa survie politique qu'en terme de neutralisation de tout potentiel concurrent, quelque soit sa provenance. Le vide lui est consubstantiel.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

19 Août 2020, 09:45 Message

A priori, le titre de l'article donne envie de fuir.
Le contenu fait néanmoins un point assez lucide.

Zemmour candidat contre Macron ? (Bd Voltaire)

« Éric Zemmour, dans sa longue entrevue avec les journalistes de Valeurs actuelles (n° 4367/4368, août 2020), a dit ne "pas [en] être encore à rédiger un programme présidentiel". Mais il a accepté néanmoins de « jouer à ce jeu-là » avec les journalistes qui le questionnaient. Venant de cette personnalité rompue aux finesses des échanges du journalisme politique, au beau milieu du champ de mines médiatico-judiciaire, ce "pas encore" ne dit-il pas ce qu’il veut dire : "Le jour viendra peut-être", voire carrément "Un jour viendra" ?

Le diagnostic sur l’état de la France par Zemmour est connu, rodé, solide et si évident que tous ceux qui se sont essayés à le contester se sont plus ou moins effondrés, voire ridiculisés. Même si le personnage irrite certains, si la formulation est raide, ce qu’il dit est désormais partagé par une majorité de Français, y compris ceux qui sont issus de l’immigration et se sont assimilés, conformément au contrat social de toute immigration.

Zemmour dit que la France doit revenir à sa situation culturelle, politique, économique et sociale des années 60. Mais il pourrait ainsi offrir son flanc à une critique (superficielle) arguée de passéisme. Pourtant, avant 1968, la France connaissait et respectait ses valeurs de vie (y compris familiales, et sociales avec le projet de participation) ; elle était puissante et très prospère économiquement, indépendante politiquement, souveraine militairement, respectueuse de sa culture et respectée pour cela, et elle portait des idéaux de démocratie dans le monde entier. Depuis ce pic de puissance et de rayonnement, elle a subi une décadence continue, à large spectre, avec, parmi les conséquences, une paupérisation dramatique des classes moyennes, un effondrement des piliers du service public et des prérogatives régaliennes. Car ce recul pathétique de l’intellection globale ne peut entraîner que des conséquences négatives. Les Français soit ne raisonnent plus soit raisonnent faux…

La potion Zemmour est un remède de cheval ! Peut-être pensera-t-on qu’il a tort de l’exposer à sa rude façon, sans fioritures, mais au moins cela est-il très clair même si on frise parfois l’utopie : suppression du regroupement familial, non-entrée sur le territoire national de l’époux étranger, renchérissement des études des étudiants étrangers, suspension du droit d’asile, suppression du droit du sol, fin des allocations pour les étrangers, suppression de la double nationalité pour les non-Européens (c’est, d’ailleurs, le cas dans beaucoup de pays, notamment du tiers-monde), expulsion des délinquants étrangers, extension des cas de déchéance de nationalité, fermeture des mosquées salafistes et radicales, suppression du droit d’ester en justice pour les associations étrangères, rétablissement de la loi sur les prénoms français.

Même s’il ne le dit pas, on suppose que Zemmour fera de la reconstruction du système judiciaire discrédité une de ses priorités, de même que le rétablissement d’une instruction publique au niveau de ce qu’elle fut.

En revanche, de grands sujets demeurent effleurés ou même ignorés : "Une véritable politique industrielle", certes, mais le "comment" est bien plus complexe. Quant à l’OMC, la Bourse, la finance, l’euro, il n’en est pas question. Éric Zemmour est-il capable de fédérer des talents pour remplir les case vides ? Est-il en mesure de créer un tel mouvement d’opinion qu’il balaiera les politiciens de métier ? D’effacer ou de faire renoncer Marine Le Pen ? De s’allier avec, ou de dépasser, Michel Onfray ? De fédérer la droite volontariste ? De battre Macron au second tour ? À ce jour, cela semble impossible. Mais si, comme on peut le redouter avec quelques raisons, la France post-confinée ou reconfinée s’effondre économiquement et socialement comme cela ne lui est jamais arrivé (sauf pendant la guerre de 39-45), une éruption de gilets jaunes poussés à l’émeute par la misère, bien plus violente que la première, peut tout rendre possible : le pire et le meilleur. »

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

19 Août 2020, 10:44 Message

Bel exemple de la jouissance du jeu politique.
Zemmour dit que la France doit revenir à sa situation culturelle, politique, économique et sociale des années 60.
Voir le post fondamental de Didier (15 août 13 :30 )
D’ailleurs, Zemmour n’est pas sot et n’a jamais dit cela.
Si Zemmour se déclarait candidat, il me décevrait bien.
Zemmour ne sera pas candidat. S’il l’était, il serait battu à plates coutures.

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Re: Marigot, théâtre d'ombres, & politicailleries

20 Août 2020, 08:12 Message

Je crois que l'auteur de l'article extrapole beaucoup trop : Zemmour pourrait bien participer à la rédaction d'un programme présidentiel, tout au plus. Ce qui est intéressant dans ce résumé, c'est l'angle mort qui s'y trouve relevé : quid de l'OMC, l'économie, la finance, bref : du "libéralisme" ? Mais nous l'avons déjà dit ici, et plus essentiellement.

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