Afficher le sujet - Liberté, liberté chérie...

Liberté, liberté chérie...

Sur la politique du pays, et sur l'actualité
Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

9 Décembre 2020, 19:39 Message

Nouvelle mouture du projet de loi touchant à l'IEF, les principaux extraits :

CHAPITRE V
DISPOSITIONS RELATIVES À L’ÉDUCATION ET AUX SPORTS

Section 1

Dispositions relatives à l’instruction en famille

Article 21
I. ‒ Le code de l’éducation est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa de l’article L. 131-2 est ainsi rédigé :
« L’instruction obligatoire est donnée dans les établissements ou écoles publics ou
privés. Elle peut également, par dérogation, être dispensée dans la famille sur autorisation
délivrée dans les conditions fixées à l’article L. 131-5. » ;
2° À l’article L. 131-5 :
a) Au premier alinéa, les mots : «, ou bien déclarer au maire et à l'autorité de l'Etat
compétente en matière d'éducation, qu'elles lui feront donner l'instruction dans la famille. Dans
ce cas, il est exigé une déclaration annuelle » sont remplacés par les mots : « ou bien, à condition
d’y avoir été autorisé annuellement par l’autorité de l’Etat compétente en matière d’éducation,
lui donner l’instruction en famille. » ;
b) Au deuxième alinéa, les mots : « ou de choix d’instruction » sont supprimés ;
c) Après le troisième alinéa, sont insérés cinq alinéas ainsi rédigés :
« L’autorisation mentionnée au premier alinéa ne peut être accordée que pour les motifs
suivants, sans que puissent être invoquées les convictions politiques, philosophiques ou
religieuses des personnes qui sont responsables de l’enfant :
« 1° L’état de santé de l’enfant ou son handicap ;
« 2° La pratique d’activités sportives ou artistiques intensives ;
« 3° L’itinérance de la famille en France ou l’éloignement géographique d’un
établissement scolaire ;
« 4° L’existence d’une situation particulière propre à l’enfant, sous réserve que les
personnes qui en sont responsables justifient de leur capacité à assurer l’instruction en famille
dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. » ;
3° Après l’article L. 131-5, il est inséré un article L. 131-5-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 131-5-1. – Lorsqu’elle est obtenue par fraude, l’autorisation mentionnée à
l’article L. 131-5 est retirée sans délai. L’autorité de l’Etat compétente en matière d’éducation
met en demeure les personnes responsables de l’enfant de l’inscrire, dans les quinze jours suivant
la notification du retrait de l’autorisation, dans un établissement d’enseignement scolaire public
ou privé et de faire aussitôt connaître au maire, qui en informe l’autorité compétente de l’Etat en
matière d’éducation, l’école ou l’établissement qu’elles auront choisi. » ;
4° Au premier alinéa de l’article L. 131-11, après le mot : « articles » est insérée la
référence : « L.131-5-1, » ;
5° Au quatrième alinéa de l’article L. 311-1, les mots : « la déclaration annuelle » sont
remplacés par le mot : « l’autorisation ».
II. – Au premier alinéa de l’article L. 552-4 du code de la sécurité sociale, les mots :
« soit d'un certificat de l'autorité compétente de l'Etat attestant que l'enfant est instruit dans sa
famille, soit d'un certificat médical attestant qu'il ne peut fréquenter régulièrement aucun
établissement d'enseignement en raison de son état de santé » sont remplacés par les mots : « soit
de l’autorisation délivrée par l’autorité compétente de l’Etat en application de l’article L. 131-5
du code de l’éducation. »


***

En quelques mots : le bon point c'est qu'ils reculent alors qu'ils ne le voulaient absolument pas et entendaient bien tenir leur position maximaliste. Ils peuvent donc encore reculer, mais ce n'est pas gagné, même s'il reste l'étape parlementaire, et toujours, peut-être, le Conseil Constitutionnel qui pourrait trouver cette mouture encore insuffisante. Le mauvais point : c'est très insuffisant, précisément, et laisse toute la place à l'arbitraire étatique, qu'il soit national, ou académique.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

10 Décembre 2020, 10:07 Message

Le Conseil constitutionnel avait pointé dans le texte de la loi Avia de multiples atteintes à la liberté d’expression, et retoqué largement le tout.

Selon le Figaro, des « règles de coopération aux réseaux sociaux afin de faciliter l’identification des auteurs de propos haineux », outre des obligations de transparence en provenance de feue cette loi serait réintroduits dans la nouvelle loi sur la sécurité. En sus, es mesures issues de la réforme du Digital Service Act, dévoilée à l’échelle européenne le 15 décembre, seront introduites « par anticipation ».

La liberté, notre liberté voit se réduire tous les jours son espace vital.
Qui aura enfin l'audace de fédérer autour des thèmes cardinaux de la liberté, la souveraineté, l'équité, la civilité — en un mot : la défense du pays ? De lancer la charge héroïque ? Outre que ce serait vital, ce serait la meilleure idée possible pour prendre le temps que nous traversons non pas à revers, simplement et inutilement à contre-pied, mais en allant chercher au fond de sa déréliction ce qui permettrait de le révolutionner. L'insurrection doit être d'abord personnelle, et culturelle ; encore faut-il la re-susciter, et catalyser.

Messages: 923

Re: Liberté, liberté chérie...

12 Décembre 2020, 10:54 Message

https://twitter.com/Bastamag/status/1337452025483841536

Face aux atteintes à la liberté d’informer, et l’instauration d’une surveillance de masse, des mobilisations sont prévues demain, samedi 12 décembre, dans toute la France. Voici la carte des rassemblements prévus.

Messages: 923

Re: Liberté, liberté chérie...

12 Décembre 2020, 11:02 Message

Pour préserver nos églises des descentes de police :

Image

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

15 Décembre 2020, 09:37 Message

Bill Gates le sait ! (Lettre Patriote)

« De temps en temps – de plus en plus souvent, en vérité – le guide médical de l’humanité, Bill Gates, nous donne des conseils de santé et nous fait profiter de ses visions d’avenir.

Ces derniers jours, par exemple, il a prédit que les prochains 4 à 6 mois seront les plus critiques. Comment il le sait ? Mais nous n’allons pas, tout de même, avoir l’outrecuidance de lui poser la question, comme si nous doutions de son savoir en matière de microbiologie et d’épidémiologie. Il est Bill Gates et le sait. Que cela nous suffise !

Il a annoncé aussi que le monde ne reviendra pas à la normale avant 2022. Bien entendu, il faudrait savoir quelle est sa conception de la normalité, mais, là non plus, nous ne nous permettrons pas de lui poser la question.

Enfin, il avertit que, dans la période qui vient, les petites affaires sont condamnées à disparaître. Est-ce que cela le trouble ? Il y a fort à parier que non.

D’autant plus que, du moins en ce qui concerne la France, sa pensée est parfaitement synchronisée avec celle des bureaucrates de Bruxelles, qui ont décrété l’autre jour qu’il y a trop de petites entreprises en France. C’est peut-être pour cette raison que le pouvoir s’est mis à les euthanasier avec un tel empressement. Il faut toujours être bien avec les grands de ce monde. Et puis, un monde débarrassé de ses artisans, de ses petites industries, de ses petits commerces est un monde beaucoup plus facile à centraliser, à étatiser, à tenir sous contrôle. »

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

16 Décembre 2020, 10:41 Message

Avec Gérald Darmanin, tous fichés ? (Bd Voltaire)

« L’efficacité d’une police dépend en partie des renseignements dont elle dispose. Toutes les polices du monde tiennent donc des fichiers où elles notent scrupuleusement les renseignements qui pourraient être utiles, dans le futur, sur chaque quidam auquel elles daigneraient porter un intérêt. Il y a des fichiers de police qui n’attirent pas de critiques démesurées. Que le policier ou le gendarme qui vous contrôle sur la route puisse vérifier, d’une part, l’authenticité de votre permis de conduire et, d’autre part, que la plaque minéralogique de votre véhicule correspond bien à la carte grise présentée en parfaite conformité avec le fichier des immatriculations, ça n’empêche personne de dormir. Il y a aussi des renseignements plus sensibles, et par conséquent des fichiers plus intrusifs.

Le ministère de l’Intérieur a publié, le 4 décembre dernier, une série de trois décrets[1] modifiant le Code de la sécurité intérieure pour étendre et détailler le périmètre d’usage de trois fichiers sensibles. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ratisse large. Ainsi, ce n’est plus seulement les activités publiques qui seront fichées, mais aussi les opinions politiques et syndicales, les appartenances religieuses, les opinions philosophiques, les pseudonymes des comptes sur les réseaux sociaux, les pratiques sportives, les affiliations au sein de groupes de fait ou de personnes morales… Enfin, le secret médical devient très théorique pour une personne qui présenteraient des troubles psychiatriques ou psychologiques : ils y seront renseignés. Une restriction disparaît : la précédente version interdisait d’user des photographies stockées (y compris celles de votre mur Facebook) pour une reconnaissance faciale, et cela ne sera plus le cas.

Monsieur le ministre de l’Intérieur souhaite que ses services sachent tout de nous dès lors que nous présentons un intérêt pour la sécurité publique. Cette sécurité publique pourrait aller jusqu’à l’atteinte aux institutions de la République. Diantre ! Un Jean-Luc Mélenchon et un Arnaud Montebourg qui souhaitent porter en terre la Ve République tout entière pourraient gagner un ticket d’entrée dans ces fichiers… et y voisiner avec toute l’Action française !

Quelques réflexions.

Il est assez vraisemblable que si de tels décrets paraissent, c’est que ces données étaient déjà collectées et stockées en catimini et qu’il convient de légitimer a posteriori une vieille pratique.

L’un de ces fichiers sert aux habilitations. Sachez-le, détenteurs légaux des secrets de l’État, vos comptes sur Twitter et vos adresses mail privées, malgré leurs pseudonymes réputés incassables, seront liés à vous.

De graves contestations agitent la rue sur une loi de sécurité globale bien mal préparée et perçue comme liberticide. La publication de ces textes en cette période est-elle une tentative de passer sous le radar pendant que l’attention est focalisée ailleurs ?

Bien sûr, la lutte contre le terrorisme est invoquée pour justifier des extensions de ces fichiers. Mais ne serait-ce pas un paquet cadeau destiné à calmer les indignations de ceux qui contesteraient le bien-fondé de traitements de données aussi intrusifs ?

La lucidité commande d’alimenter presque chaque jour un faisceau d’indices concordants qui confortent dans la conviction que ce pouvoir a des tentations totalitaires et qu’il travaille à l’avènement d’une société autoritaire où le contrôle du citoyen est systématique. Sacrifier les libertés publiques contre un incrément de sécurité est le marché de dupes proposé par l’État : il n’a ni l’intention ni les moyens d’honorer sa part d’engagement. Big brother is watching you!, mais vous pouvez croire que c’est pour votre bien et que ça sera efficace. »

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

16 Décembre 2020, 16:46 Message

Bernard Rineau et Hubert Veauvy, avocats : « Le gouvernement veut faire rentrer chaque enfant de gré ou de force dans la grande matrice républicaine » [Interview] (Breizh Info)

Très bonne interview ; mais jamais personne pour dire que l'école, aujourd'hui c'est la désinstruction complète, la fabrique du crétin, plus une propagande digne des meilleurs partis totalitaires ; que le niveau est plus qu'effondré : on tengeante le zéro absolu, tant et si bien que c'est une mission de salut public que de reprendre en charge l'instruction dans le cadre familial ; tandis que la propagande est sidérante et omniprésente, le formatage des esprits sans relâche, tant et si bien que c'est une mission de salubrité publique que de l'épargner à nos enfants.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

17 Décembre 2020, 08:57 Message


Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

17 Décembre 2020, 10:05 Message

En appoint : Le Great Reset, ou la société de la surveillance permanente (Courrier stratèges)

« Il existe ici deux réponses possibles.

Soit Schwab et Malleret sont effectivement des seconds couteaux de la pensée contemporaine, des personnalités médiocres que l’esprit de cour a popularisées dans les élites mondiales. Mais en réalité ils ne comprennent pas ce qu’ils font et portent un projet de techniciens sans compréhension claire des enjeux philosophiques qui gouvernent l’avenir. Après tout, les élites qu’ils fréquentent ne sont pas non plus toutes marquées du sceau d’une intelligence démocratique supérieure, et certains patrons, certains hauts fonctionnaires, certains décideurs publics ne comprennent pas toujours de quoi l’avenir peut être fait.

Soit Schwab et Malleret sont sciemment convertis à l’idéologie totalitaire et considèrent que la privation de liberté est la condition indispensable pour maintenir vivant un capitalisme globalisé, un système de connivence où décideurs publics et privés unissent leurs forces pour garder le contrôle des sociétés et préserver leurs sources de profit dans un monde changeant. Là encore, il n’est pas exclu que beaucoup, parmi les élites qui fréquentent le Forum de Davos, tiennent la démocratie en piètre estime et, qu’au vu de la victoire de Donald Trump, du Brexit et du mouvement des Gilets Jaunes, ils ne soient enclins à dévoiler leur volonté de puissance sur les corps sociaux.

Une troisième voie peut être un mélange des deux : le Great Reset est théorisé par des ingénieurs sans vision pour qui le primat de la technique dégonfle (enfin!) la baudruche de la décision démocratique et de l’Etat de droit.

Nous laissons chaque lecteur se forger sa propre opinion sur le sujet, mais il faut bien garder à l’esprit, dans tous les cas, que le Great Reset fait peser une menace directe sur la démocratie libérale et sur la liberté individuelle, au nom du progrès technique. L’obsession de la surveillance en est le maître mot, comme dans le pire de nos cauchemars. »


***


Image


Tweeter qui annonce que le 20 janvier il supprimera le compte du Donald...


***

Image

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

19 Décembre 2020, 19:24 Message

Il faudra s'en rappeler.



***

Image

Avatar de l’utilisateur
Messages: 3938

Re: Liberté, liberté chérie...

19 Décembre 2020, 20:30 Message

Vert, vert, vert... un petit livre vert... Cela me rappelle quelque chose cet appel à la soumission.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

21 Décembre 2020, 22:54 Message

Image

Image

Image

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

24 Décembre 2020, 17:50 Message

Image


C'est ici, et c'est pour notre bien.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

5 Janvier 2021, 11:04 Message

Image

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23869

Re: Liberté, liberté chérie...

Aujourd’hui, 18:27 Message

Chantal Delsol: «La liberté d’éduquer, victime expiatoire de notre incapacité à combattre l’islamisme» (Le Figaro) - merci à l'ami Eric.

« TRIBUNE - Au nom de la lutte contre le «séparatisme», le gouvernement prévoit une quasi-interdiction de l’école à la maison. Or cette liberté était garantie par la loi depuis 1882. Un républicanisme sectaire tourne le dos à l’esprit libéral qui caractérisait les lois scolaires depuis Jules Ferry, s’inquiète la philosophe.
Par Chantal Delsol
Publié le 15/01/2021 à 20:04, Mis à jour le 15/01/2021 à 20:19

Chantal Delsol. FC
C’est au nom de la lutte contre le «séparatisme» que le président Macron a d’abord annoncé la fin de la scolarisation à domicile, pour finalement la permettre à de nouvelles conditions, drastiques. Son discours inquiet traduit la difficulté de faire face à l’islamisme, et la nécessité de mesures radicales. Il est à craindre que la liberté parentale d’éduquer ne soit la victime expiatoire de l’incapacité de la laïcité républicaine
à combattre une religion conquérante.
Un avis délibéré par l’assemblée générale du Conseil d’État dans sa séance, du 3 décembre 2020, rappelle que la loi de 1882 garantit le droit
pour les parents de choisir le type d’éducation et d’instruction à donner
à leurs enfants, y compris en choisissant des méthodes autres
que celles du système scolaire public, et y compris par l’instruction au sein de la famille.
Le droit laissé et garanti aux parents de décider de l’éducation de leurs enfants représente le droit primordial et cardinal qui nous garde de toute dérive vers l’autoritarisme. La première chose que font les totalitarismes, c’est d’enlever les enfants aux parents pour les faire éduquer par l’État. En protégeant les droits des parents, les régimes libres risquent la liberté (c’est un risque) et honorent la diversité qui lui répond. La diversité est belle: voilà ce que signifie la démocratie.
Nombre de pays ont choisi le multiculturalisme : chacun fait ce qu’il veut et honni soit qui mal y pense. Cela n’a pas été notre cas. Nous avons choisi l’unité et le regroupement de tous sous la culture française
Nos gouvernements successifs se trouvent, en plein territoire français, devant un adversaire de taille: des communautés salafistes qui, fortes de notre complaisance coupable, élèvent leurs enfants avec, trop souvent, certificats de virginité et mariages forcés. Devant cette situation qui est celle de tout l’Occident, nombre de pays ont choisi le multiculturalisme: chacun fait ce qu’il veut et honni soit qui mal y pense. Cela n’a pas été notre cas. Nous avons choisi l’unité et le regroupement de tous sous la culture française. Plus facile à dire qu’à réaliser. Il n’est certes pas question pour nous, comme au Québec, de mettre en place des accommodements raisonnables. Pourtant, la laïcité, croyance en creux, ne servira jamais de rempart à une religion, surtout quand elle est vivante et triomphante, ce qui est le cas de l’islam. Il faut donc que ladite laïcité devienne une idéologie, et se mette à sermonner, à trier le bon grain et l’ivraie, et à écarter les hérétiques.
Naturellement, les premiers visés dans cette affaire d’école à la maison, sontles écoles clandestines musulmanes,où des contrôles ont trouvé des fillettes de 4 ans vêtues de hijab… Dans une interview à France Culturele lundi 14 décembre, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer,le précise: cette réforme a pour but de traquer le salafisme, et la réforme a été amendée pour éviter les «dommages collatéraux», entendez: la liberté de tous ceux qui n’ont rien à voir avec l’extrémisme, mais exercent leurs simples libertés démocratiques. Comme il arrive souvent, une démocratie aux prises avec son adversaire autocratique tombe dans le piège du mimétisme: il te faut ressembler au diable, pour pouvoir le combattre.
Querelle idéologique
Le salafisme n’est pas seul en cause. Cette réforme s’inscrit dans une querelle idéologique plus vaste. Le républicanisme français d’aujourd’hui a adopté sans discussion l’idéologie libérale-libertaire désormais exigée dans l’Union européenne. Ainsi, les grands principes des droits de l’homme, partagés par tous dans nos pays, comme la dignité humaine, sont chargés d’un contenu nouveau: respecter la dignité de l’enfant, ce serait l’aider à oublier qu’il est un garçon ou une fille, et à changer de sexe s’il en exprime l’envie. Ce serait aussi lui épargner les notes et les comparaisons, interdire les punitions et les redoublements qui le complexent, bref abolir l’exigence. Devant toutes ces interprétations nouvelles des droits de l’homme et des droits de l’enfant, un certain nombre de familles choisissent les écoles privées hors contrat ou l’école à la maison. Et leurs différences d’opinion sont définies comme des dérives sectaires.
Ainsi, le salafisme représente dans cette affaire à la fois une vraie raison qui ne se dit pas, et une aubaine pour confondre des adversaires moins avouables. Le gouvernement ne serait pas mécontent de mettre tout le monde au pas, car dans un monde devenu si dangereux, seule une idéologie intransigeante permettrait d’échapper à la déliquescence multiculturelle. Le républicanisme, qui était au départ un idéal d’unité très nécessaire dans un pays démocratique, est en train de devenir une idéologie d’État. De jour en jour, on le voit s’entêter, se durcir, et se radicaliser.
Il ne s’agit pas d’autoriser une famille à instruire par elle-même seulement parce que l’enfant serait handicapé ou parce que l’école serait trop éloignée, mais aussi parce que la famille a choisi un autre type d’instruction et d’éducation que celui de l’État
La réforme ne prévoit d’autoriser l’école à la maison que pour des raisons d’éloignement, d’emploi du temps ou de santé, autrement dit pour des raisons pratiques ou biologiques. Pourtant la tradition républicaine française, celle de la loi de 1882, réaffirmée tout récemment (en 2017) par le Conseil d’État, est tout autre: le «principe de la liberté de l’enseignement, qui figure au nombre des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, implique la possibilité de créer des établissements d’enseignement, y compris hors de tout contrat conclu avec l’État, tout comme le droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes éducatives alternatives à celles proposées par le système scolaire public, y compris l’instruction au sein de la famille.»
Autrement dit, il ne s’agit pas d’autoriser une famille à instruire
par elle-même seulement parce que l’enfant serait handicapé ou parce que l’école serait trop éloignée, mais aussi parce que la famille a choisi un autre type d’instruction et d’éducation que celui de l’État. C’est exactement ce que signifie le «caractère propre» concédé aux établissements d’enseignement sous contrat. Où l’on voit la complète métamorphose de la République depuis un siècle et demi, et où l’on voit que la réforme sur l’école à la maison menace directement «l’esprit propre» des établissements. La République ne se méfie pas seulement des enfants de parents qui recourent aux certificats de virginité et aux mariages forcés, enfants que l’État par sa mission propre a le devoir de protéger. Elle se méfie aussi des parents qui pensent à l’encontre du pouvoir, du conformisme de rigueur et de ce qu’il faut dire. Dans cet état d’esprit, chaque famille devient une secte: un groupe fermé, détenteur de ses propres lois, dont il faut se méfier parce qu’émanent de lui des volontés d’attenter aux apanages et aux exclusivités du gouvernement. On mesure combien la République de 1882 était débonnaire et libérale au bon sens du terme. Celle de 2020, affolée devant sa propre impuissance, est devenue sectaire. »

Précédente

Retourner vers Politique & Nouvelles