Afficher le sujet - Liberté, liberté chérie...

Liberté, liberté chérie...

Sur la politique du pays, et sur l'actualité
Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

4 Octobre 2020, 10:19 Message

La pétition est proche des 64 000 signatures, c'est un premier résultat ; continuons à la soutenir.

Messages: 828

Re: Liberté, liberté chérie...

4 Octobre 2020, 10:43 Message

Relevé aussi ceci dans les propos de Mgr Athanasius Schneider:

"Je me trompe peut-être, mais je soupçonne que cette situation COVID a été créée en partie non seulement pour mettre en place une nouvelle dictature et un nouveau contrôle de la population, mais aussi, d'une certaine manière, pour légaliser l'avortement au niveau mondial – le meurtre des bébés à naître – de sorte que la planète entière collabore demain au processus de meurtre des bébés par le biais du vaccin qui utilisera des parties de bébés avortés. Le vaccin sera alors imposé et obligatoire, de sorte que vous ne pourrez pas travailler, voyager, aller à l'école sans lui, obligeant ainsi toute la population à recevoir le vaccin, mais le seul vaccin accepté sera celui fabriqué avec des cellules de bébés avortés. Peut-être n'accepteront-ils pas les autres vaccins et mentiront-ils en disant que ceux-ci ne sont pas efficaces, que le seul vaccin efficace sera celui fabriqué à partir de bébés avortés.
Je n'affirme pas aujourd’hui que cela va se produire, mais c'est ce que je soupçonne : il me semble réaliste que cela puisse arriver. C'est pour moi la dernière étape du satanisme : que Satan et le gouvernement mondial – en fin de compte le gouvernement maçonnique mondial – obligent tout le monde, même l'Église, à accepter l'avortement de cette façon. Et donc nous devons résister très fortement à cela, si cela devait arriver. Nous devons même accepter le martyre."
Idée étrange, à première lecture mais beaucoup moins si on constate que la loi bioéthique 2020, votée en deuxième lecture par l’Assemblée Nationale le 31 juillet 2020 introduit un paquet de mesures qui vont toutes dans le même sens : PMA pour toutes, embryons chimères, réintroduction du bébé-médicament, absence d’autorisation pour pratiquer des expériences sur les embryons surnuméraires, à quoi s'ajoute la possibilité, pendant les neuf mois, d’interrompre sa grossesse en pratiquant une IMG (interruption médicale de grossesse), pour « détresse psychosociale », critère invérifiable qui ouvre la porte à toutes les dérives possibles.
Il sera donc judicieux d'être très attentif à la façon dont pourront converger dans cette gigantesque entreprise d'asservissement, la contrainte vaccinale et l'industrialisation de l'avortement.
Très chrétiennement Mgr Schneider évoque le martyre. Je renvoie pour ma part au traité du Rebelle.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

5 Octobre 2020, 12:33 Message



Pour rappel, la pétition qui a le plus de succès est ici (environ 75 000 signatures à cette heure).

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

6 Octobre 2020, 08:26 Message

Ca bouge un peu ; pas assez, pas assez fort : le temps presse !
Mais c'est déjà ça.

Ingrid Riocreux : « Il y a quelque chose de totalitaire à vouloir arracher les enfants à leur famille » (Bd Voltaire)

« Bafouant la Déclaration universelle des droits de l’homme selon laquelle « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants » et le protocole additionnel de la Convention européenne des droits de l’homme ("L’État […] respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques"), Emmanuel Macron annonçait, lors de son discours de lutte sur les séparatismes, la fin de l’instruction en famille. Sous prétexte de viser les écoles coraniques clandestines, l’État trouve un nouveau moyen d’extraire nos enfants de leurs "déterminismes familiaux" pour mieux leur inculquer la "morale laïque" si chère à Vincent Peillon.

Réactions avec Ingrid Riocreux.

Pour quelles raisons avez-vous choisi d’instruire vos enfants à la maison ?

Je crois important de préciser d’emblée que, pour nous, l’instruction en famille ne représente pas un idéal ; ce n’est pas un choix que nous avons fait de gaieté de cœur. C’est la conséquence d’un constat : le constat que l’école ne remplit plus sa mission. On y perd beaucoup de temps pour ne produire, finalement, que des apprentissages pauvres, fragiles et parcellaires. Le renoncement au par cœur et aux exercices répétitifs au profit du ludique a pour conséquence de délayer les acquisitions essentielles dans une multitudes d’activités éparpillées et compliquées dont il ne restera rien. L’école, aujourd’hui, c’est la loterie : si on a la chance de tomber sur une bonne maîtresse, tant mieux. Mon mari et moi parlons en tant que parents, mais aussi en tant que professeurs de lettres en lycée, atterrés par l’état des élèves qu’ils voient arriver chaque année en seconde : aucun, ou presque, ne sait tenir un stylo, la lecture leur est pénible, on ne sent chez eux aucun intérêt pour rien. Trop d’entre eux sont blasés, mous et indisciplinés. Comment pourrait-il en être autrement : ces enfants sont à l’école tous les jours, toute la journée depuis l’âge de trois ans et ils n’y ont presque rien appris ! Ils n’ont jamais eu l’occasion de se concentrer longtemps dans le silence. Ils n’ont jamais découvert le goût de l’effort, la satisfaction de surmonter une difficulté, la sensation délicieuse de l’accumulation des savoirs, le plaisir intellectuel de la connaissance. C’est un monstrueux gâchis. Alors, tout simplement, avant qu’il ne soit trop tard, mon mari et moi voulons faire en sorte que nos enfants ne finissent pas comme nos élèves.

Comment accueillez-vous l’annonce d’Emmanuel Macron d’interdire cette instruction familiale à la rentrée prochaine ?

Elle est scandaleuse dans l’état actuel du système éducatif. Je voudrais souligner une coïncidence terrible : la veille du discours du Président aux Mureaux, l’Éducation nationale a publié les résultats d’une étude sur le niveau des élèves de CM2 en mathématiques, révélant que celui-ci est catastrophique. Seuls s’en sortent les enfants des familles socialement favorisées – comprenez ceux à qui les parents paient des cours particuliers. Autrement dit, l’Éducation nationale reconnaît son incapacité à remplir sa mission. Cet aveu concernant les mathématiques vaut dans toutes les disciplines, on le sait bien, et d’autres études le montrent régulièrement. Et on voudrait nous interdire de retirer nos enfants d’un système qui reconnaît son propre échec ?

Toute instruction à la maison est-elle "séparatiste" ?

Bien sûr que non. Des raisons très différentes peuvent conduire des parents à choisir l’école à la maison : des contraintes géographiques, des motifs liés à la santé des enfants ou à des activités sportives ou musicales intensives ; ou, comme nous, une préoccupation au sujet du contenu des programmes et des compétences des enseignants. En réalité, beaucoup de gens ont recours à l’instruction en famille à titre ponctuel : souvent pour un seul enfant de la fratrie, ou seulement pendant un an, histoire de rattraper les dégâts causés par une mauvaise maîtresse, par exemple. Et beaucoup d’autres ne franchiront jamais le pas, pour des raisons évidentes d’organisation et de contraintes professionnelles. Mais le simple fait de savoir qu’on aurait la liberté de le faire me paraît très important. Il y a quelque chose de totalitaire à vouloir arracher les enfants à leur famille, quoi que l’on pense des choix éducatifs de certains parents.

"Mal nommer les choses c’est ajouter du malheur au monde". Refuser de cibler l’islamisation de la société ne conduit-il pas à restreindre la liberté de tous ?

Pardonnez-moi, mais je ne crois pas qu’Emmanuel Macron ait mal nommé les choses. Son discours était remarquable de lucidité, au contraire, et même assez courageux. Seulement, la solution qu’il propose sur ce point fera beaucoup de victimes collatérales, ce qui, au lieu d’apaiser les choses, provoquera immanquablement, et légitimement, des rancœurs et des crispations. »

Avatar de l’utilisateur
Messages: 540

Re: Liberté, liberté chérie...

6 Octobre 2020, 10:53 Message

La résistance commence à s’organiser, les structures concernées se fédèrent, peut-être le début d’une réaction plus organisée : une nouvelle pétition à signer et faire signer !

Avatar de l’utilisateur
Messages: 3837

Re: Liberté, liberté chérie...

6 Octobre 2020, 11:10 Message

Le début de la marche arrière.

Lutte contre l'islamisme : le mot «séparatisme» pourrait être remplacé par «laïcité» dans l'intitulé de la loi

Le ministre de l'Intérieur a confirmé que le texte viserait principalement à «renforcer les principes républicains».
Par Le Figaro avec AFP
Publié il y a 59 min, mis à jour il y a 22 min

Avatar de l’utilisateur
Messages: 465
Localisation: Loire-Atlantique

Re: Liberté, liberté chérie...

6 Octobre 2020, 11:23 Message

Parfait. Rien à ajouter au témoignage de madame Riocreux.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

7 Octobre 2020, 08:03 Message

La première pétition proposée ici était "faute de mieux", comme dit. Cette seconde pétition est autrement bien pensée, rédigée, construite. C'est celle qu'il fallait faire, à peu de choses près. Il faut maintenant la soutenir autant que nous le pouvons.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

7 Octobre 2020, 10:41 Message

D'autres personalités, associations, CPC, rejoignent la pétition :

Mr André Stern
Isa Lise (Le monde de Mei et Noé, l'univers des curieux)
Les associations CISE et Enfance Libre
Le Cours par correspondance Cours Griffon

(message des auteurs de la pétition, proche de 40 000 signatures à cette heure)

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

7 Octobre 2020, 21:00 Message

[texte un peu remanié le lendemain matin]

Catastrophique.

Ce soir, le dernier "édito" de Zemmour était consacré à l'interdiction de l'IEF. Zemmour, visiblement malade et intervenant à distance, ce qui inquiète, n'a pas su défendre en quoi que ce soit la chose. Peu au fait des réalités de l'école et de l'instruction, qui ne l'intéressent sans doute pas, comme presque tous les parents qui s'en arrangent volontiers, alors que c'est le cœur du Désastre, il a mollement défendu une vague idée de droit des parents, au moins avec les plus petits (maternelle), de faire à leur guise, et basta. Une non moins vague idée de liberté qui serait là écornée, rien que cela, a bien été rapidement abordée, mais bien vite oubliée. Une paille...

Les autres intervenants ont eu beau jeu alors d'enfoncer les portes ouvertes du discours convenu et faux à hurler, et mensonger, une vraie curée sans la moindre opposition : la maternelle c'est super pour se débarrasser des gosses pour "sociabiliser" les gamins à bon compte, leur apprendre à savoir être avec les autres, à dire merci Madame, à dessiner et apprendre 2-3 lettres de l'alphabet, les auxiliaires de vie sont formidables, etc. Quant à Menant, il est pour "arracher" au plus tôt les enfants au déterminisme parental et empêcher les géniteurs de "formater" leurs enfants à leur idée. A quoi Zemmour répond tout de même que l'école endoctrine elle aussi à qui mieux mieux, qu'elle est instrumentalisée de A à Z, ce que démentent formellement tous les autres (!!!), y compris le Dimitri qui, comme tout un chacun, défend d'abord sa bonne-mauvaise conscience et son confort de modernant jusqu'au cou. Malgré une sollicitation de Christine Kelly, personne, y compris Zemmour, n'a abordé si peu que ce soit le sujet du niveau qui ne cesse de monter comme l'indique toutes les enquêtes, internationales ou même de l'E.N., cette raison primordiale pour la majorité des parents qui font ce "choix", en vérité contraint, de l'IEF ! Exit Anne Coffinier, la fabrique du crétin, et j'en passe ; circulez, il n'y a rien à voir.

Pour Zemmour l'école endoctrine du fait des lobbys LGBT, indigénistes et féministes, elle assène la propagande bienpensante, et c'est tout ; pour le reste, qui est infiniment plus grave en terme de conditionnement et d'anti-formation, rien à dire, tout va bien ! Pour Zemmour et les autres, l'IEF c'est finalement une lubie de marginaux fanatiques : juifs en papillotes (je cite Menant...), cathos qui ne valent pas mieux, et autres fadas entichés d'un délire ou d'un autre. Bref : l'école dès 3 ans, obligatoire pour tous, c'est nickel-chrome, il est où l'problème ???

On ne saurait mieux rater totalement son sujet, et participer allègrement à l'offuscation du réel, dans ce qu'il a sans doute de plus tragique quant à notre devenir. On ne saurait mieux écraser par le mensonge et la calomnie les gens qui, avec courage, relèvent ce défi pour leurs enfants. Par-dessus tout : on ne saurait mieux prouver son incapacité à distinguer les enjeux les plus fondamentaux.

L'achèvement presque parfait de la destruction de toute possibilité de transmission de notre héritage à nos propres enfants : il est où l'problème ? Que tout cela réalise un programme qui n'a jamais été voulu que par les régimes totalitaires : il est où l'problème ?

Catastrophique, vraiment.
A voir comment nous sommes défendus, nous avons vraiment du souci à nous faire.
Cela n'en rend le combat que plus nécessaire.

Avatar de l’utilisateur
Messages: 3837

Re: Liberté, liberté chérie...

7 Octobre 2020, 21:16 Message

On ne saurait mieux prouver son incapacité à distinguer les enjeux les plus fondamentaux.

Votre compte-rendu, cher Didier, me parait coller au plus près de ce que j'ai entendu. Je ne suis pas, moi-même, impliqué dans l'activité de l'IEF et pourtant j'en mesure, je crois, l’importance capitale comme dernier bastion d'une réelle alternative. J'ai été stupéfait de la négligence de tous les intervenants sur le sujet.
A voir comment nous sommes défendus, nous avons vraiment du souci à nous faire.

Je suis de plus en plus troublé de constater que même les meilleurs guerriers du champ idéologique semblent totalement dépourvus de correspondances avec les veines telluriques et célestes.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

8 Octobre 2020, 07:56 Message

Même Luc Ferry percute un peu, c'est dire...

“C’est le meilleur moyen de booster la prolifération d’écoles coraniques ou confessionnelles”

La (courte) vidéo ici.

Créons les nôtres !

D'autant que :

Emmanuel Macron veut restreindre la liberté scolaire… tandis que la fille de Brigitte Macron ouvre un lycée hors-contrat ! (par Lettre Patriote)


« Macron veut interdire l’école à la maison, et, en même temps, Tiphaine Auzière, 36 ans, fille de Brigitte Macron, ouvre un lycée hors contrat et fait la couverture de Paris Match pour la promotion.

L’idée est de “proposer un enseignement de qualité à tous les lycéens, quels que soient leur milieu social et leur région d’origine.”

Le lycée Autrement, établissement privé hors contrat, est ouvert à tous, mais il a un prix : 9.500 euros par an… Tiphaine Auzière indique :

« Je me suis sentie un peu exclue en arrivant à Paris. Bien sûr qu’il y a une inégalité territoriale. Ce que nous souhaitons, c’est repérer les talents, leur faire profiter d’un enseignement performant, sans qu’ils soient obligés de quitter leur région. Ce premier établissement est à Paris, nous y ferons venir des jeunes de toute la France, et le deuxième ouvrira à la rentrée 2021 à Etaples, à quelques kilomètres du Touquet. »

Christophe Cadet, directeur pédagogique, explique :

« Le niveau se dégrade et certains élèves dans le secondaire s’ennuient prodigieusement. Entre la 2de et la terminale, ils n’apprennent pas grand-chose »

Concernant l’école à la maison, France 3 diffuse un reportage sur une mère de famille, enseignante, qui fait l’école à la maison à ses enfants. Cette habitante de Haute-Marne défend un choix personnel avec son mari et s’insurge face à l’annonce du président de la République qui souhaite supprimer cette possibilité.

“Pour moi c’est anticonstitutionnel, le projet doit passer le 9 décembre devant le conseil des ministres, mais il va à l’encontre des droits de l’Homme et la convention européenne des droits de l’Homme, car l’Etat ne doit pas empêcher les parents d’utiliser leur droit d’éducation et d’enseignement. Je comprend que l’Etat ne supporte pas de ne pas tout contrôler, mais des lois leur permettent de contrôler, et même d’inspecter tous les ans les familles. Même les enseignants sont moins inspectés”. “Ils ont tous les outils pour contrôler, et pourtant là, ils préfèrent supprimer un droit”.

Le Figaro publie la tribune de Matthieu Belliard, journaliste sur Europe 1, qui explique pourquoi son épouse et lui ont fait le choix d’instruire leurs enfants en famille.

"Monsieur le président de la République, en 2016, avec nos enfants, nous avons fait un choix de liberté. Celui de l’instruction en famille. Aucun de nos enfants n’est atteint de pathologie lourde, aucun de nous n’est pratiquant d’une quelconque religion. C’est un choix de parents éclairés, ambitieux et volontaires. Le choix de s’engager pleinement dans l’instruction de nos enfants. Leur ouvrir le monde, leur apporter un regard différent et développer chez eux un sens aigu de l’autonomie." »

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

12 Octobre 2020, 09:00 Message

Disparition de “l’école à la maison” pour lutter contre le séparatisme : une mesure liberticide et inefficace (Valeurs Actuelles)

« Pour Adeline le Gouvello, avocat à la Cour, la décision d'Emmanuel Macron de limiter au maximum l'école à la maison est tout à la fois en décalage avec la réalité du terrain et contraire au Droit comme aux souhaits des parents.

(...)

Un projet contraire aux conventions internationales

Les textes fondamentaux de notre Droit ont d’ailleurs conçu les places respectives de l’Etat et des parents comme telles. L’article 27 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant énonce que « c’est aux parents ou aux autres personnes ayant la charge de l’enfant qu’incombe au premier chef la responsabilité d’assurer, dans les limites de leurs possibilités et de leurs moyens financiers, les conditions de vie nécessaires au développement de l’enfant », rejoignant ainsi d’autres dispositions internationales, notamment la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ("Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants" art. 26.3), le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels ("Les Etats parties au présent Pacte s'engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l'Etat en matière d'éducation" art. 13) et le protocole additionnel de la Convention Européenne des droits de l’homme. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a d’ailleurs jugé que cet article 2 du protocole additionnel implique pour l’Etat "le droit d’instaurer une scolarisation obligatoire, qu’elle ait lieu dans les écoles publiques ou au travers de leçons particulières de qualité". (CEDH, décision du 6 mars 1984, Famille H. c. Royaume-Uni, n° 10233/83). La place des parents, premiers éducateurs de leurs enfants, est donc expressément reconnue. De là, découle la responsabilité de poser les choix pour faire grandir son enfant vers ce qui semble le meilleur pour qu’il puisse "développer sa personnalité" et "sa formation" (art. 1 du code de l’éducation).

Une mesure qui porte atteinte aux droits des enfants

En outre et surtout, cette mesure porterait atteinte aux droits des premiers intéressés : les enfants puisque, comme il l’a été rappelé, c’est la convention internationale des droits de l’enfant, signée et ratifiée par la France, qui prévoit la place première des parents, la liberté de création d’établissements d’enseignements, et qui définit le contenu du droit à l’éducation comme étant le fait de "favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités", ce qui suppose une offre pédagogique diverse, les enfants devant être considérés dans leur diversité et pluralité.
Un projet contraire aux principes à valeur constitutionnelle

Le statut de l’enseignement en France s’est conformé à ces dispositions. Dès la loi du 28 mars 1882 (rendant l’école primaire obligatoire), la possibilité de remplir l’obligation scolaire en faisant donner l’instruction à l’école publique, privée ou dans la famille était prévue (mesure aujourd’hui codifiée à l’art. 131-5 du code de l’éducation). La loi Debré de 1959 a distingué trois types d’établissements : les établissements privés hors contrat, les établissements privés sous contrat simple ou sous contrat d’association avec l’Etat, et les établissements publics. Par la suite, la France a érigé la liberté de l’enseignement en principe à valeur constitutionnelle : le Conseil Constitutionnel dans sa décision du 23 novembre 1977 a établi "que le principe de liberté de l’enseignement, qui a notamment été rappelé à l'article 91 de la loi de finances du 31 mars 1931, constitue l'un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, réaffirmés par le préambule de la Constitution de 1946 et auxquels la Constitution de 1958 a conféré valeur constitutionnelle". Le Conseil d’Etat quant à lui a rappelé le "droit pour les parents de choisir, pour leurs enfants, des méthodes éducatives alternatives à celles proposées par le système scolaire public, y compris l’instruction au sein de la famille" (CE, 19 juillet 2017, association les enfants d’abord, n° 406150 et avis du 29 novembre 2018).

Une attaque à une liberté à laquelle les Français sont attachés

Si le principe de la liberté de l’enseignement est fermement ancré dans notre ordonnancement juridique, à son plus haut sommet, il n’en reste pas moins que certains renâclent à le considérer comme tel et que, régulièrement, des tentatives sont mises en œuvre pour y faire échec. On se souvient encore de celle des années 80 ayant pour but de créer un "grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale". Le projet de loi en 1982, qui visait la constitution d' "établissements d'intérêt public" (EIP) devant absorber les écoles privées, fut finalement présenté à l’assemblée nationale dans une forme atténuée mais ce n’est qu’à l’issue de manifestations massives que le gouvernement a reculé, alors que le principe de liberté de l’enseignement avait pourtant d’ores et déjà valeur constitutionnelle.

Aussi, l’exécutif aura beau jeu de prétendre qu’il entend respecter la liberté de l’enseignement en permettant aux parents de choisir entre l’enseignement public et l’enseignement privé. Il s’agit en réalité, ni plus, ni moins, d’une énième tentative de faire échec à la liberté constitutionnellement garantie : la restriction des libertés, qui fait passer de trois modes d’instruction possibles, à deux, n’est pas le respect de la liberté. La "liberté" suppose la possibilité d’un vrai choix (tant que les solutions choisies respectent l’instruction obligatoire). Placer les personnes face à deux solutions imposées n’implique pas une liberté véritable et, au surplus, on ne peut miser sur la certitude du maintien de ce pseudo-choix dans l’avenir, puisque, comme on le constate, les tentatives de suppression d’un enseignement au sein d’établissements autres que ceux des pouvoirs publics ont été observées au cours de ces dernières décennies. »

Avatar de l’utilisateur
Messages: 465
Localisation: Loire-Atlantique

Re: Liberté, liberté chérie...

12 Octobre 2020, 10:49 Message

Excellent, tout y est parfaitement bien expliqué.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

12 Octobre 2020, 20:57 Message

Cinq nouvelles associations rejoignent la pétition (Apprends-Moi Autrement, Libralouest...).

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 23478

Re: Liberté, liberté chérie...

13 Octobre 2020, 22:01 Message

Image

PrécédenteSuivante

Retourner vers Politique & Nouvelles