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Liberté, liberté chérie...

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Re: Liberté, liberté chérie...

8 Novembre 2020, 09:05 Message

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Re: Liberté, liberté chérie...

8 Novembre 2020, 13:15 Message

En suite : Le Figaro «Blessante» et «injuste» : la décision du Conseil d'État plonge les catholiques dans l'incompréhension

Extrait :
"Mgr Dominique Rey, évêque de Toulon, l'un des prélats qui avait déposé au nom de son diocèse, un référé, n'exclut pas de déposer un recours : « Nous prenons acte de la décision du Conseil d'État. Elle peut engendrer chez beaucoup incompréhension et souffrance. Face à la mise en cause de la liberté de culte, les catholiques ne peuvent se rendre à la célébration eucharistique qui est source et sommet de la vie chrétienne. Nous prenons note de cette décision en nous engageant dans toutes les mesures de recours. Plus que jamais notre société a besoin de Dieu pour affronter les craintes et les incertitudes qui pèsent sur notre époque. »

Son confrère de Montauban, Mgr Bernard Ginoux, déplore fortement quant à lui le refus du Conseil d'État : « Cette mesure est blessante et injuste. L'absence de messes touche la foi des catholiques. Le gouvernement pouvait l'éviter d'autant que ce samedi matin, à Nice, Monsieur le Premier Ministre a rappelé que la liberté de culte était fondamentale. Comme évêque je déplore que la 'vox populi' catholique ne soit pas entendue. Refuser l'expression de la foi est une atteinte aux personnes dans ce qu'elles ont de plus cher. »

Car, considère-t-il, la messe n'est pas remplaçable par la messe en vidéo : «Pour les catholiques la messe est vitale. Elle est ma rencontre réelle avec le Christ vivant, même si je ne communie pas à son corps. À plus forte raison quand je le reçois comme 'pain vivant', 'nourriture pour la vie éternelle '».

Cette décision représente donc selon lui « une grande peine, non pas seulement personnelle, mais aussi pour les fidèles qui ont besoin de participer à l'eucharistie. » D'autant que « cette peine est injuste quand on considère que pour les célébrations catholiques nous avons appliqué les 'gestes-barrière' et suivi les consignes sanitaires. Par ailleurs la plupart de nos églises sont suffisamment grandes pour établir la distance voulue entre les fidèles. Nous constatons en revanche que, dans de nombreux lieux, celle-ci n'est pas vraiment respectée comme dans les établissements scolaires, les transports en commun, les supermarchés, etc.… Et ne parlons pas de la vie dans certains quartiers de nos villes ! »"

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Re: Liberté, liberté chérie...

9 Novembre 2020, 10:52 Message

S'agissant de l'IEF, ce lien qui permet d'agir auprès des élus, et cet autre lien, très bien fait, pour l'argumentaire. Les choses s'organisent.

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Re: Liberté, liberté chérie...

11 Novembre 2020, 12:44 Message

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Re: Liberté, liberté chérie...

11 Novembre 2020, 13:47 Message

Ce serait un pas de géant vers l'abîme. Je ne sais pas si je le supporterai. Je pense qu'il y aurait une très grosse résistance et une bataille juridique qui pourrait durer jusqu'au jour au delà duquel je serai immunisé contre toutes les terrestres avanies.

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Re: Liberté, liberté chérie...

14 Novembre 2020, 09:47 Message

Anne Coffinier a d'abord créé la Fondation pour l’école, puis, suite à des désaccords, elle a fait dissidence en créant une nouvelle organisation (Créer son école, EducFrance). Cette dernière, avec d'autres, a été reçu à leur demande par des sous-fifres.

Voici le comte rendu de cette réunion par EducFrance

***

CE QUE L’ON SAIT DU VOLET EDUCATIF DU « PROJET DE LOI POUR RENFORCER LES PRINCIPES DE LA REPUBLIQUE »


Compte-rendu

Cette note présente l’état des connaissances disponibles suite à la réunion par visio-conférence organisée par le Ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports le 10/11/2020, dirigée par le conseiller spécial Richard SENGHOR, avec la participation du Direction générale de l'enseignement scolaire, de la Direction des affaires juridiques et de la Direction des affaires financières du MEN, en présence d’un nombre important d’associations, collectifs et représentants de l’instruction en famille (IEF) et des écoles libres hors contrat.

UN CALENDRIER PRECIS, ET UN CONTENU DU PROJET DE LOI DEJA BIEN ARRETE

Le texte est actuellement au Conseil d'État et sera présenté le 9 décembre en Conseil des ministres, le caractère symbolique de la date ayant été souligné par Richard Senghor.
Le reste du texte n’a pas été présenté aux associations, privées par conséquent d’une vision d’ensemble de l’économie générale du projet de loi.
Quatre (?) articles du projet de loi vont créer une obligation de scolarisation en lieu et place de la traditionnelle obligation d’instruction, et vont modifier les conditions de contrôle et de fermeture des écoles privées hors contrat. « En dehors des hypothèses où la scolarisation est objectivement impossible », l’IEF sera interdite. « Certains ont vocation à poursuivre l’IEF, d’autres non. »
Précision : La scolarisation dans un cours par correspondance, en distanciel, ne sera pas considérée comme une scolarisation, même lorsqu’il s’agit du CNED. Les enfants de ces cours par correspondance seront considérés comme pratiquant l’IEF.
Il n’est pas encore sûr que les situations ouvrant droit à l’IEF soient précisées dans la loi. Il s’agirait des situations suivantes, liées à la situation de la famille ou de l’enfant :
- Parents itinérants
- Insertion de l’enfant dans un parcours spécifique de sportif ou artiste de haut niveau
- Etat de santé de l’enfant ou handicap de l’enfant
Précision : Les participants se sont inquiétés de l’application de ce critère. Si ce sont les critères MDPH, cela posera un problème car ils ne prennent en compte ni les enfants Dys, ni les enfants ayant des troubles de l’attention, ni les enfants à Haut Potentiel pour ne citer que ces exemples. Surtout, les délais de reconnaissance de ces problèmes médicaux sont trop longs par rapport à la nécessité de réagir vite pour l’enfant et au temps de scolarisation en IEF qui est inférieur à 1 an dans 50 % des cas.
En plus, une clause balai serait nécessairement prévue pour gérer les cas difficiles à anticiper : « impossibilité de scolariser l’enfant en raison de la situation de sa famille ou de l’enfant ».
En clair, les motifs politiques et religieux seraient exclus des motifs admissibles pour pratiquer l’IEF. Les motifs pédagogiques seraient aussi exclus (vouloir mettre en place une autre pédagogie que celle de l’Education nationale). A noter que les motifs pédagogiques sont mis sur le même plan de non-éligibilité que les motifs religieux ou politiques/idéologiques.
Précision : Les familles autorisées à pratiquer l’IEF seront contrôlées selon les mêmes modalités qu’avant. Elles ne seront pas obligées de s’inscrire au CNED ou à un cours par correspondance.

UN BUT QUI A MANIFESTEMENT CHANGE MAIS QUI RESTE INCONNU

Aux représentants qui disaient ne pas comprendre le lien entre la lutte contre le séparatisme et les restrictions graves apportées à la liberté d’enseignement prévues par le projet de loi, Edouard Geffray (DGESCO) a répondu qu’il n’y avait plus le mot de séparatisme dans la loi. L’objectif mis en avant le 2 octobre par le président de la République (lutter contre le séparatisme islamiste, contre l’islamisme) n’a été à aucun moment évoqué lors des deux heures de réunion. Les représentants de la société civile n’ont pas été sollicités pour savoir quelles mesures permettraient de lutter efficacement contre le séparatisme. Aucune concertation préalable n’a eu lieu.

UNE VISION DEGRADANTE ET DIFFAMATOIRE DE L’IEF MISE EN AVANT PAR LE GOUVERNEMENT

Edouard Geffray a dépeint les parents (une partie d’entre eux) pratiquant l’IEF comme souhaitant maintenir leurs enfants dans un univers distinct, et voulant « éduquer leurs enfants à l’abri d’une certaine partie de la société ». Les représentants de l’Etat ont manifestéde l'hostilité à l’égard de l’IEF dans son principe même.
Commentaire : A écouter les représentants de l’Etat, les enfants doivent être scolarisés quoi qu’il leur en coûte (harcèlement, phobie, insuffisance académique de l’école, danger pour leur intégrité physique ou morale, besoin de méthodes pédagogiques alternatives…).

UN RETOURNEMENT DE POSITION DU MINISTRE BLANQUER QU’AUCUNE DONNEE STATISTIQUE NI AUCUNE ETUDE NE JUSTIFIENT

Malgré des demandes répétées, le ministère n’a pu produire aucune donnée statistique, aucune preuve, aucune étude à l’appui de son approche de la réalité de l’IEF en France, renvoyant évasivement à l’étude d’impact de la future loi, et évoquant quelque 20 000 enfants qu’il faudrait probablement rescolariser.
Les participants ont souligné le retournement total du ministre Blanquer sur le sujet de l’IEF : en juin 2020, il expliquait au Sénat que “les moyens juridiques existants sont suffisants, et interdire l’instruction en famille n’aura aucun effet sur les pratiques illégales qui peuvent déjà faire l’objet de poursuites ; il suffit de se servir des dispositifs existants”. Rien ne justifie un retournement dès l’automne sur ce sujet.
Ils ont rappelé que la Commission sénatoriale de cet été n’avait pas trouvé pertinente l’interdiction de l’IEF : les conclusions du rapport sénatorial du 7 juille 2020 affirment que “la loi du 28 mars 1882 portant sur l’organisation de l’enseignement primaire est claire : l’instruction est obligatoire, mais elle est libre. Des familles ont fait le choix de la scolarisation à domicile sans avoir la moindre velléité d’éloigner leur enfant de la République. A mon sens, il revient plutôt à l’Education nationale de veiller à ce que les enfants présentant un risque de radicalisation ne quittent pas l’école. Il ne s’agit pas de supprimer toute liberté de choix aux familles” (source : http://www.senat.fr/rap/r19-595-1/r19-595-1.html).
Les participants ont rappélé qu’il n’y avait eu aucune croissance de la pratique de l’IEF qui ne s’explique autrement que par deux motifs mécaniques et non inquiétants :
- L’entrée en vigueur de l’obligation d’instruction à 3 ans (les familles sont obligées de se déclarer en IEF si elles n’envoient pas leur enfant à la maternelle) ;
- La volonté de protéger les enfants en les gardant à la maison, dans le contexte de la deuxième vague annoncée de la COVID.

UNE TRES PROBABLE INCONSTITUTIONNALITE DU PROJET DE LOI

Les représentants de l’Etat ont reconnu qu’il y avait une vraie question de constitutionnalité de ce projet de loi, mais que la décision de l’Etat dépendrait de celle du Conseil d’Etat et, le cas échéant, de celle du Conseil constitutionnel.
Les participants ont souligné le caractère insupportable des atteintes aux libertés fondamentales prévues par cette loi, d’autant qu’elle conduira à des ruptures d’égalité entre les citoyens, qui selon le lieu de résidence ou leurs moyens financiers auront la faculté ou pas d’accéder à un choix de scolarisation. En ruralité ou dans les REP+ par exemple, les familles n’auront bien souvent de choix qu’une seule école éloignée ou ne présentant pas de garantie en termes de niveau académique ou de sécurité des enfants. Le droit à l’instruction pour tous serait alors vidé de son contenu. L’IEF est le recours de ceux qui n’ont pas les moyens d’accéder à un choix d’établissement scolaire.

UN NOUVEAU TOUR DE VIS SUR LES ECOLES LIBRES HORS CONTRAT, QUELQUES MOIS SEULEMENT APRES LA LOI GATEL

Le ministère a reconnu que seules 80 % des écoles hors contrat étaient contrôlées l’année de leur ouverture alors que la loi prévoit de les contrôler à 100 %. Cela montre que les moyens ou la volonté manquent à l’Education nationale pour appliquer la loi Gatel telle qu’elle est. Aucun chiffre n’a été donné malgré les demandes sur la proportion d’écoles hors contrat qui n’ont pas été inspectées. Alors que la loi Gatel n’est même pas pleinement mise en œuvre, que les données statistiques manquent, pourquoi changer encore la loi ?
Trois changements sont prévus :
1- Les déclarations annuelles du personnel seront étendues à l’ensemble du personnel, et non plus aux seuls enseignants.
Précision : S. Colliat (sous-directeur de l’Enseignement privé) a précisé que l’administration réfléchissait au moyen de permettre à tous les établissements d’accéder au casier judiciaire B2 (à l’instar de certains centres d’accueil collectifs pour mineurs).
NDLR : Ce serait une manière partielle de répondre à notre demande que les écoles libres hors contrat puissent solliciter le référent justice mis en place pour les écoles publiques et sous contrat. Mais rien n’est dans le projet de loi à ce sujet. En attendant, les écoles hors contrat se trouvent dans la terrible situation de pouvoir embaucher des personnes fichées S sans aucun moyen de le savoir !
2- Les sources de financement de l’école devront être déclarées à l’ouverture pour les trois premières années comme c’est le cas aujourd’hui. Mais elles devront aussi l’être, sur demande de l’administration, à tout moment de la vie de l’école.
3- Les fermetures d’école seront prononcées par l’administration seule (par le préfet sur proposition du recteur, ou par le préfet seul), sans la garantie de l’intervention d’un juge. Les associations ont fait remarquer que l’Education nationale étant juge et partie, cette réforme était problématique. Par ailleurs, aujourd’hui, le recteur peut déjà vider l’école de ses élèves en mettant en demeure leurs parents de les scolariser ailleurs sous 15 jours.
Plus largement, les représentants des établissements sous contrat et hors contrat confessionnels ou laïques ont fait part de leur vive préoccupation : le « caractère propre » des établissements libres ne serait-il pas menacé à brève échéance, au rythme élevé où les réformes législatives restreignant la liberté d’enseignement s’enchaînent ? N’est-ce pas la notion même d’établissement scolaire qui serait menacée d’être niée, alors qu’aujourd’hui l’Etat contraint les élèves des lycées libres hors contrat à passer le nouveau baccalauréat sous l’étiquette « candidat libre », comme s’ils n’étaient pas scolarisés dans des structures scolaires pourtant dûment contrôlées par l’Education nationale et soumises à de lourdes obligations administrative ? Le recteur ne risque-t-il pas de proposer au préfet la fermeture de l’établissement si sa pédagogie ne lui convient pas, en dehors de toute considération d’ordre public ?
Le caractère irréaliste de l’approche étatique quant à l’avenir de la ruralité a été dénoncé. En interdisant l’IEF, en ne faisant rien pour faciliter la création d’écoles libres ou la préservation des écoles sous contrat existantes, l’Etat prépare sciemment des déserts scolaires.

LA VOLONTE DU GOUVERNEMENT DE NE PAS FACILITER LE PASSAGE SOUS CONTRAT EST CLAIRE

En théorie, le passage sous contrat d’une école libre est possible après 5 ans d’existence. En pratique, l’Etat s’y oppose quasi systématiquement, ne permettant quasiment jamais aux écoles hors contrat qui le veulent de passer sous contrat.
Cette réunion a donné l’occasion de le préciser : le passage sous contrat se fera dans les mêmes conditions qu’actuellement. Il ne sera pas facilité pour absorber les enfants issus de l’IEF. Richard Senghor a précisé « qu’il n’appartenait pas à l’Etat de favoriser le développement d’une offre privée » et que l’école publique pourrait absorber sans problème les quelque 20 000 élèves issus de l’IEF et rescolarisés malgré eux. Les professeurs et parents d’élèves d’écoles publiques aux classes déjà surchargées apprécieront !
La pratique actuelle qui consiste à passer une classe sous contrat simple, après avoir vérifié que l’enseignement délivré se fait bien « en référence au programme », et une classe sous contrat d’association après avoir vérifié la « conformité [de son enseignement] au programme » sera simplement gravée dans la loi.

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Re: Liberté, liberté chérie...

15 Novembre 2020, 09:31 Message

Quand on pense aux diverses manifestations interdites qui ne se sont pas moins déroulées en toute impunité...

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Re: Liberté, liberté chérie...

16 Novembre 2020, 19:33 Message

Ce n'est ni l'appel du 18 juin, ni la carmagnole mais ça peut être fredonné gaiement, en attendant mieux :
https://gloria.tv/post/zBAmEKp86Wrn1R7QHL7LXsEFx

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Re: Liberté, liberté chérie...

18 Novembre 2020, 09:42 Message

Oui, je fais un peu de corporatisme. Et Nicolas Gauthier est une plume souvent agréable.

Interdits de « convivialité » : et maintenant, ce sont les chasseurs qu’on persécute ! (Bd Voltaire)


« La preuve en est sa politique censée réglementer la chasse en ces temps de confinement. D’où ces arrêtés préfectoraux valant leur poids de ratatouille, qui interdisent "les moments de convivialité". Résultat : Gérard Larcher, président du Sénat et grand chasseur devant l’éternel, s’insurge : "Les Français doivent remplir chaque jour leur bulletin, justifier leur sortie, estimer l’heure de leur retour. Quelle atteinte aux libertés ! Et maintenant, on régule même la convivialité !"

De son côté, Thierry Coste, de la Fédération nationale des chasseurs, s’interroge : "Était-il nécessaire de préciser par écrit que les chasseurs en battue auraient l’interdiction de manger ou de boire un café ? Qu’ils devraient se transporter sur les lieux à seulement deux par voiture ? Qu’ils devraient veiller à ne pas se rassembler sur les parkings, à ne pas se serrer la main, à ne pas s’embrasser ?" La réponse est dans la question.

Ces motifs sanitaires mis à part, on constate une fois de plus que l’État n’en finit plus de réparer ses propres bêtises. En effet, pourquoi tant de raffut à propos de nos amis les chasseurs ?

Déjà, il y a l’hystérie des Verts urbains dont la vision de la campagne est toute livresque, persuadés qu’ils sont que, chaque dimanche, les méchants chasseurs vont tuer le gentil Bambi. À côté, Chantal Goya, c’est Hannah Arendt. Du coup, on ne chasse plus assez en France et le gibier prolifère.

Résultat ? 46 millions d’euros de dégâts pour les paysans, car lorsqu’une horde de sangliers traverse un champ de blé, ils n’y vont pas avec des échasses. Et les chasseurs des Yvelines, pour ne citer que ce seul département, sont désormais sommés d’abattre un "maximum de cerfs, chevreuils et sangliers possible en novembre et décembre". Une "mission de service public", assurent les autorités. Ou ,plutôt, un de ces sketchs des Inconnus mettant en scène des chasseurs tirant sur tout ce qui bouge, comme si leur vie à eux en dépendait. Décidément, il y a chez ces énarques un véritable acharnement de mulet – et encore, ce n’est pas très gentil pour ces charmants animaux – à salir tout ce à quoi ils s’avisent de toucher.

Car c’est beau, la chasse à l’ancienne. C’est l’occasion de se retrouver entre amis et amies, car nombreuses sont les femmes à, désormais, tâter de la gâchette ; celle, encore, de se retrouver pour partager ensemble le pain et le vin. C’est même parfois l’occasion, quand le gibier ne veut pas, de seulement promener les chiens à l’ombre des sous-bois. Plus qu’un art, ça peut être aussi un art de vivre. Il y a décidément des coups de fusil qui se perdent. »


***

En Loire-Atlantique, il y a obligation pour les chasseurs de tuer (quelle horreur !) au moins 500 sangliers d'ici la fin de l'année. Sans parler des cervidés. Mais il est impossible de tirer le pigeon ou les corbeaux aux alentours de chez soi, même si c'est à la demande des locaux en raison de leur prédominance, nuisible aux autres espèces de volatiles, nombreuses à apprécier notre recoin, au point pour l'une d'entre elles d'avoir donné son nom au lieu-dit... En bref : la chasse, la vraie, est purement et simplement interdite, car, c'est évident, c'est en plein champ ou dans les bois qu'on chope et transmet le coronavirus. "Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait..."

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Re: Liberté, liberté chérie...

18 Novembre 2020, 13:11 Message

Réseaux sociaux et libre expression : Dupond-Moretti voudrait aller plus loin dans la dictature (Courrier stratèges)

« Mais faites donc taire ces réseaux sociaux qui nous empêchent de gouverner comme avant, dans le secret et le mépris, sans aucun contre-pouvoir et sans possibilité laissée à la société civile de se défendre contre la mauvaise gouvernance qu’une démocratie indirecte et de moins en moins représentative lui imposent ! Après la loi sur la sécurité globale, qui prépare patiemment l’impunité des violences policières (au nom de la lutte contre le terrorisme, bien entendu), Dupond-Moretti prétend réformer la loi de 1881 pour supprimer la protection dont les blogueurs bénéficient aujourd’hui, et la réserver aux "vrais journalistes". Ceux de Quotidien qui dénoncent des gens pacifiques aux policiers, par exemple ?

Ah ! que tous ces réseaux sociaux sont empoisonnants, à force d’être incontrôlables et de nourrir les critiques contre les gouvernements du monde entier. Que le monde d’avant était mieux, lorsqu’il permettait d’assassiner un président américain sans personne pour s’étonner qu’une seule balle ait pu toucher sept fois ses cibles en tournoyant dans les airs, qu’un ministre de la République se soit noyé dans une mare de quelques centimètres au fond d’une forêt, que des manifestants pacifiques perdent des yeux à coups de LBD tirés à bout portant ! Et si on les supprimait ? au nom de la lutte contre le terrorisme, contre la haine et contre tout ce que l’humanité compte de mal bien entendu. Une dictature s’instaure toujours au nom du bien…

À pas lents, à bas bruit, c’est sur cette voie que le gouvernement s’engage. Tout en luttant contre les violations de l’Etat de droit dans d’horribles démocraties illibérales comme la Pologne ou la Hongrie, la France promeut jour après jour une restriction supplémentaire des libertés qui commence à faire froid dans le dos.

La loi de sécurité globale, emblème de la dictature qui vient

Les problèmes posés par la loi de sécurité globale ne sont pour ainsi dire plus à présenter. L’article 24 de la loi, qui interdit la diffusion d’images de policiers reconnaissables pose un problème désormais connu : filmer des violences policières deviendra progressivement une faute pénale si la capture des images est faite avec l’intention de nuire aux policiers. Même si la justice relaxe les prévenus en cas de procédure, la seule menace d’occasionner d’importants frais de justice pour se défendre devrait suffire à décourager de nombreuses vocations.

Voilà un dispositif qui ouvre la porte à l’impunité policière en temps de dictature, et les témoignages ne manquent pour décrire les dérives dont la police française est capable. Les centaines de mutilations à l’occasion des manifestations de Gilets Jaunes l’ont montré.

Pour notre part, nous avons attiré l’attention sur l’article 21, qui autorise la surveillance de l’espace public par des drones équipés de caméras qui transmettront en temps réel les images captées au "poste de commandement". Sur ce point, le Conseil d’Etat a pointé du doigt l’absence de cadre législatif encadrant le recours à la "captation d’images", notamment lorsqu’elle est utilisée avec des logiciels de reconnaissance faciale.

Ce faisant, la loi de sécurité globale pose bien un problème démocratique, dans la mesure où elle autorisera la police à filmer une manifestation et à dresser automatiquement la liste des participants en catimini.

"A l’occasion du présent avis, le Conseil d’État invite le Gouvernement à réexaminer les différents régimes existants de captation d’images auxquels ont recours les autorités publiques, dans le cadre de leur mission de police administrative ou judiciaire, notamment au regard des exigences du règlement général pour la protection des données et de la directive du 27 avril 2016, à s’assurer de leur cohérence et de la couverture légale exhaustive de leurs usages actuels et à étudier la possibilité de concevoir, à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres pays européens, un régime juridique commun de l’encadrement de l’emploi de caméras complété le cas échéant par des dispositions adaptées aux spécificités de certains modes de captation. Conseil d'Etat, 20 octobre 2020"


On regrettera tout de même que ce point, très inquiétant pour nos libertés publiques, ne soit pas pris en compte dans la bronca que s’essuie cette proposition de loi.

Des regroupements de fichiers tous azimuts

Dans cette grande folie de surveiller les citoyens ordinaires sous tous les (mauvais) prétextes de la terre, on pointera la nouvelle manie de « croiser les fichiers » qui s’empare de tout ce que ce pays compte de décideurs publics. Nous avions déjà, là aussi, pointé du doigt la triste destinée de la sécurité sociale, qui devrait dès 2021 se mettre à épier le moindre de nos gestes, et à se passer de notre consentement pour nous raboter les droits auxquels nous prétendons.

Cette manie est devenue aussi contagieuse que le coronavirus. Par exemple, l’Assemblée Nationale vient d’adopter un amendement autorisant Pôle Emploi à consulter le fichier de l’assurance-vie pour traquer les fraudeurs. Initialement, le fichier de l’assurance-vie avait été conçu pour protéger les assurés contre la « déshérence » des contrats. Le législateur ne voulait plus d’assureur qui gardait l’argent non réclamé par les héritiers. On voit comment, quelques années plus tard, une innovation louable se transforme en instrument de surveillance.

La même démarche de flicage devrait cette fois s’appliquer aux réseaux sociaux pour les fraudes à la sécurité sociale. Cette fameuse sécu qui protège les Français va surtout avoir le droit de surveiller leurs publications sur les réseaux sociaux pour vérifier qu’ils ne mentent pas sur leur situation.

On voit bien, avec l’exemple de l’assurance-vie, que les innovations d’aujourd’hui se transformeront, dans quelques années, en autant d’outils de répression et de contrainte pour le citoyen ordinaire.

Dupont-Moretti veut restreindre la liberté de la presse

Dans la foulée, on découvre que, lors d’une commission des lois au Sénat, le garde des Sceaux Dupont-Moretti a affirmé vouloir exclure les blogueurs de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Là encore, il s’agit officiellement de lutter contre le terrorisme, très répandu chez les blogueurs comme chacun le sait. Le ministre prône « l’éviction de ceux qui ne sont pas journalistes et qui ne méritent pas de profiter de cette loi […] et qui viennent s’y lover ».

On comprend ce que cela veut dire : les journalistes du Monde pourront continuer sans être inquiétés à dénoncer le professeur Raoult pour indiscipline, les journalistes de Quotidien pourront continuer sans être inquiétés à dénoncer des catholiques qui prient devant une église, mais les blogueurs qui prennent des positions contestées par le gouvernement sur des sujets sensibles seront exposés à des peines de prison.

Bienvenue dans la démocratie libérale version Macron. »

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Re: Liberté, liberté chérie...

18 Novembre 2020, 18:41 Message

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin était ce mercredi l'invité de Sonia Mabrouk sur Europe 1 pour la traditionnelle interview politique du matin.
Extraits, donc subjectifs :
Profitant d'un petit moment de flottement en toute fin d'interview, lorsque chacun se remercie, le journaliste a voulu aborder un sujet qui lui est très cher, l'éducation à la maison, que le gouvernement compte interdire pour lutter contre la radicalisation. "D'un mot, monsieur Darmanin, c'est un secret pour personne, je suis de parti pris sur cette question", lance le journaliste, surprenant l'invité. Il faut dire que Matthieu Belliard et son épouse sont eux mêmes des militants de l'instruction à domicile, qu'ils pratiquent pour leurs enfants.
[...]
"Est-ce que vous avez un chiffre, un lien documenté, qui fait le lien entre les enfants qui sont instruits en famille, la radicalisation, le séparatisme... Quel est le rapport ?" poursuit le journaliste. Si Gérald Darmanin embraye sur le cas de sa ville de Tourcoing, dont il est maire et où il a mis "un an et demi" à obtenir le nombre d'enfants sortis du schéma classique de la scolarisation, Matthieu Belliard s'agace. "Mais ça n'a rien à voir !" "Attendez, attendez, je vais terminer ! En plus vous dites que vous êtes touché personnellement, c'est un beau travail de journaliste que de parler de votre cas personnel !" répond le ministre, remonté. Et la tension ne va pas décroître.

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Re: Liberté, liberté chérie...

18 Novembre 2020, 19:46 Message

Merci de ce témoignage, cher Eric ; notre cause est bien mal partie, hélas.

Le même un peu plus tard : il va falloir arrêter ces gens avant même Erdogan.



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Re: Liberté, liberté chérie...

18 Novembre 2020, 23:39 Message

Quand on met bout à bout ou côte à côte toutes ces mesures gouvernementales, celles qui sont déjà appliquées, celles qui sont prévues et celles qui sont annoncées par les autorisés de parole tel que l'homme à l'écharpe rouge, on est en droit de penser et de dire que nous sommes entrés dans une ère de terrorisme d’État. La machine Macronienne semble bien s'emballer et si nul ne réagit, nous finirons dans un monde dominé par la peur, où le citoyen lambda suera d'angoisse à la vue d'un uniforme, d'une blouse blanche, ou d'une lettre à en-tête ministériel à moins qu'on se contente de SMS administratifs.

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Re: Liberté, liberté chérie...

21 Novembre 2020, 10:18 Message



L'article scélérat n°24 a finalement été voté, notamment par les LR et le RN, alors que les critiques sont surtout venues de LaRem... Il devrait être anticonstitutionnel. Normalement...

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Re: Liberté, liberté chérie...

21 Novembre 2020, 14:07 Message

Ça ne s'arrange décidément pas... :

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Re: Liberté, liberté chérie...

21 Novembre 2020, 19:26 Message




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