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Naufrage, suite.

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Naufrage, suite.

12 Janvier 2021, 16:10 Message


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Re: Naufrage, suite.

12 Janvier 2021, 18:52 Message

C'est incompréhensible pour moi. Mais que cherche-t-il à défendre ? Que vient-il faire dans cette galère ? On croit entendre qu'il tient à raccrocher cette sordide histoire à ses marottes idéologiques mais pourquoi ? Naufrage, vraiment.

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Re: Naufrage, suite.

12 Janvier 2021, 22:53 Message

Finkie viré ce soir de LCI.
Il faut reconnaître que l'écoute de l'intégralité de l'intervention éclaire —un peu— la "logique" de Finkielkraut que je continue, néanmoins, pour ma part, à trouver irrecevable.
Excellent prétexte pour LCI. France-Culture va-t-elle suivre ?
Je ne serais pas surpris que l'ami Jean-François soit d'un avis bien plus circonstancié que le nôtre.
Dernière édition par Eric Veron le 13 Janvier 2021, 04:35, édité 1 fois.

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Re: Naufrage, suite.

13 Janvier 2021, 03:02 Message

Le pire est qu'il a raison quand il souligne la différence entre un garçon de 14 ans, adolescent, et un enfant de 12 ans. Mais justement, l'atteinte n'en est que plus grave : l'éveil de la sexualité chez le jeune adolescent a pu susciter une forme de consentement, ce qui rend l'offre sexuelle émanant du beau-père porçin que plus criminelle. Cette ordure a privé le jeune d'une saine initiation par une jeune fille de son âge ou un peu plus âgée. Il lui a ravi sa sexualité, pour la vie. Ce qui constitue une atteinte fondamentale. Les considérations et arguments hypocrites ("on ne touche pas à un enfant, etc.") sont sans pertinence et ne font que brouiller l'affaire. C'est l'offre du beau-père qui est révoltante et criminelle, ce dernier sachant fort bien qu'elle rencontrerait un terrain sexué et potentiellement consentant.

Le cassage de gueule en règle est la seule réponse adéquate, pas les tribunaux, judiciaires ou médiatiques, aussi fangeux que cette histoire.

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Re: Naufrage, suite.

13 Janvier 2021, 09:42 Message

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Je crains que l'explication ne soit fort simple : les arguties foireuses de la fausse intellection qui gangrène tout "intellectuel", particulièrement scolaire comme c'est ici le cas, et au fond un soixantuitisme irrémédiable, radicalement irrévocable. Une leçon pour ceux qui s'imaginent indemnes. France-Culture appréciera.

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Re: Naufrage, suite.

13 Janvier 2021, 20:25 Message

Eric Veron a écrit:Finkie viré ce soir de LCI.
Il faut reconnaître que l'écoute de l'intégralité de l'intervention éclaire —un peu— la "logique" de Finkielkraut que je continue, néanmoins, pour ma part, à trouver irrecevable.
Excellent prétexte pour LCI. France-Culture va-t-elle suivre ?
Je ne serais pas surpris que l'ami Jean-François soit d'un avis bien plus circonstancié que le nôtre.

C'est vrai cher Eric. Finkie reprend strictement l’esprit du Code pénal : La sexualité d’un adulte avec un mineur de moins de 15 ans est interdite. Mais le code distingue les relations non consenties qui sont un viol aggravé, donc un crime et les relations consenties qui ne sont qu’un délit. Se poser la question du consentement n’est pas une incongruité mais une nécessité juridique qui permet de qualifier l’acte.

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Re: Naufrage, suite.

13 Janvier 2021, 21:40 Message

Merci, cher Jean-François. C’est bien ce que je présumais. Une inconciliabilité sur le sujet entre la loi et le sens commun. Je veux bien entendre que la première s’est établie sur des cas qui sont réels et qu’il faut bien traiter mais ceux-ci relèvent d’un univers qui m’est radicalement étranger et inconnu. Relevant moi-même plutôt du second, je me demande bien ce que peut signifier, dans le cas en question, le « consentement » dans l’ordre des pratiques sexuelles entre un jeune garçon de treize ans et son beau-père… En revanche, j'imagine assez bien les traumatismes et le désastre générés, qu'une existence entière (et peut-être plusieurs) ne suffirait pas à adoucir. Finkie a peut-être l’esprit du code pénal, moi non…

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Re: Naufrage, suite.

13 Janvier 2021, 23:53 Message

Eric Veron a écrit:Merci, cher Jean-François. C’est bien ce que je présumais. Une inconciliabilité sur le sujet entre la loi et le sens commun. Je veux bien entendre que la première s’est établie sur des cas qui sont réels et qu’il faut bien traiter mais ceux-ci relèvent d’un univers qui m’est radicalement étranger et inconnu. Relevant moi-même plutôt du second, je me demande bien ce que peut signifier, dans le cas en question, le « consentement » dans l’ordre des pratiques sexuelles entre un jeune garçon de treize ans et son beau-père… En revanche, j'imagine assez bien les traumatismes et le désastre générés, qu'une existence entière (et peut-être plusieurs) ne suffirait pas à adoucir. Finkie a peut-être l’esprit du code pénal, moi non…

Le problème est que - c'est mon opinion - le Droit ne porte pas sur la réalité, mais sur une "modélisation de la réalité".

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Re: Naufrage, suite.

14 Janvier 2021, 00:05 Message

Alors là, je vous suis tout à fait. Une modélisation. Nous n'en sortirons pas ! Il est tard, puis-je me permettre un rapprochement ? La stratégie médicale du gouvernement ne porte pas sur la santé mais sur une modélisation de la santé.
Que la nuit vous soit douce, cher Jean-François.

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Re: Naufrage, suite.

14 Janvier 2021, 11:03 Message

Une trouvaille :



Curieux, Non?

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Re: Naufrage, suite.

14 Janvier 2021, 11:24 Message

Éviction de Finkielkraut par LCI : une affaire où tout le monde a tort (Bd Voltaire))

« Interrogé, ce lundi, par David Pujadas sur la sordide histoire d’Olivier Duhamel, Alain Finkielkraut a tenu des propos plutôt choquants sur la question du consentement éventuel d’un adolescent de 13 ans à des actes commis par son beau-père. La réaction de LCI n’a pas tardé : viré sans autre forme de procès, le philosophe ne comprend pas.

Il y a, dans ces deux réactions successives, toutes les marques de notre époque. Il y a, d’abord, les restes du vieil esprit soixante-huitard qui n’en finit pas de crever, comme un vieux monstre, y compris dans l’intellect d’Alain Finkielkraut : se poser la question du consentement d’un adolescent à un viol à caractère incestueux pouvait faire sourire ou réfléchir Saint-Germain-des-Prés, dans les années 70 ; un peu moins, aujourd’hui. Il y a aussi la pudibonderie stupide de LCI, si prompte, comme toutes les chaînes d’information, à encenser et/ou/puis à condamner jusque dans ses propres rangs, LCI qui se fend, en outre, d’un communiqué pour rappeler, après avoir annoncé le licenciement sec du philosophe, qu’elle respecte la pluralité des opinions ; joli summum d’hypocrisie… Il y a, enfin, l’immédiateté qui fait de tout événement un scandale, puis rien du tout ; l’immédiateté qui oblige à réagir, à prendre parti, à répondre, à "prendre les mesures", "en responsabilité et en conscience", comme on dit dans l’infra-langage postmoderne. Sans cela, on est livré à la curée des associations écumantes de haine, qui hurlent qu’elles luttent contre la haine. Désespérant tableau.

Finkielkraut a raison de ne pas comprendre. Il avait tous les brevets de respectabilité médiatique, à commencer par un esprit légèrement réactionnaire qui donnait au bourgeois le plaisir d’un petit frisson. Il a d’autant plus raison de ne pas comprendre que d’autres, comme Daniel Cohn-Bendit, continuent d’officier à des heures de grande écoute, alors que le point de vue de ce phare de la pensée estudiantine sur le consentement des mineurs est bien plus documenté que les suppositions prudentes d’Alain Finkielkraut. Il faut dire que l’un est de droite, l’autre non ; que l’un pose des questions, tandis que l’autre n’assène que des réponses. L’un est philosophe, l’autre est politicien. C’est comme ça, la vie.

Finkielkraut a tort, LCI a tort, bref, tout le monde a tort. Voilà. Fin de l’histoire. »

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Re: Naufrage, suite.

14 Janvier 2021, 18:45 Message

En fait il y a deux façons de concevoir ce problème de consentement. 1 La loi fixe un âge en deçà duquel le consentement est impossible. Dans certains cas cela se révélera irréaliste 2 La loi laisse aux juges le soin de déterminer si, en l’espèce, l’âge vicie le consentement. C’est donner un pouvoir arbitraire et donc dangereux aux magistrats qui déjà se vautre dedans. Notre droit, comme je l’ai déjà dit, adopte une troisième solution : avant 15 ans le consentement est possible mais il ne rend pas le rapport licite, il en fait un délit et non un crime.
De toute façon le droit ne peut raisonner qu’à partir de modèles. Selon que l’on considère qu’une fille de 13 ans est occupée uniquement par ses poupées, ou obsédée par d’autres choses de plus adultes on placera le curseur du consentement à un certain endroit. Le droit idéal est l’absence de droit, c’est-à-dire l’équité, mais sous un côté sympathique c’est l’arbitraire absolu.


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