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Turquie Ottomane

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Re: Turquie Ottomane

10 Novembre 2020, 11:24 Message

Victoire turque complète en Azerbaïdjan. Très mauvaise nouvelle. Je ne sais rien du calcul de Poutine, mais pour l’heure c’est une reculade inquiétante.

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Re: Turquie Ottomane

11 Novembre 2020, 08:50 Message

Didier Bourjon a écrit:Zemmour ... En première partie il a abordé le conflit du Haut-Karabach. J'attendais ses explications, car je m'interroge sur le comportement de Poutine. Quels calculs plus vastes pouvaient expliquer l'attitude de ce dernier ? Ou quelle autre raison à cette faiblesse manifeste, entérinant une défaite qui est aussi un recul de la Russie, et un gain de premier ordre pour la Turquie ? Hélas, notre polémiste a bien fait le tour de la question pour finir par conclure comme moi à une faiblesse de Poutine, qui me semble indéniable, et inquiétante. Peut-être commence-t-il à être un peu usé, à perdre la main. En tous cas, la conclusion est limpide : partout où il s'avance le Sultan gagne ; il continuera donc à pousser son avantage.


Un autre son de cloche, qui nuance las choses et reflète mieux la réalité : Haut-Karabakh : « Les Russes sont les grands vainqueurs » (Le Point)

« Le Point : Est-ce une victoire totale pour l'Azerbaïdjan ?

Gaïdz Minassian : C'est une victoire militaire de l'Azerbaïdjan, mais je serai plus prudent sur l'idée d'une victoire politique. Car Bakou se retrouve avec un Karabakh toujours sous contrôle arménien qui continue d'exister et des Russes en force d'interposition. On aboutit finalement à l'accord négocié en 2011 à Kazan en Russie. Ce texte prévoyait une rétrocession par l'Arménie des territoires conquis autour du Karabakh et un statut intermédiaire pour le Karabakh. Or, à l'époque, les autorités de Bakou avaient rejeté l'accord parce qu'elles ne voulaient pas entendre parler de "statut intermédiaire". On en est à ce point. Et c'est ce que l'Azerbaïdjan qualifie de grande victoire.

[...]

Qu'en est-il du rôle des Russes ?

Les Russes sont les grands vainqueurs parce qu'ils ont réussi à écarter la Turquie du jeu diplomatique. Moscou redevient l'arbitre régional. Poutine tient à nouveau les clés du règlement définitif. Ce qui n'était pas acquis, car ils ont d'abord été sonnés par l'irruption de la Turquie dans cette affaire. Ils ne s'attendaient pas à une telle ingérence turque dans le sud du Caucase et à un soutien militaire aussi massif auprès des Azéris. Ils ont mis du temps à évaluer la situation. Ils voulaient préserver deux choses : leur relation avec la Turquie, qui est un partenaire dans de nombreux domaines, et leur relation plutôt bonne avec l'Azerbaïdjan. Et puis, chez Poutine, il y avait une envie d'enquiquiner les autorités arméniennes. Le président russe n'a pas apprécié les quelques signes d'indépendance manifestés par le nouveau Premier ministre Nikol Pachinian. Ce dernier a, par exemple, fait emprisonner l'ancien président arménien Robert Kotcharian, qui est un proche de Poutine. Au moment où d'anciennes républiques soviétiques, comme la Biélorussie, jouent les mauvais élèves, Poutine n'est pas mécontent de remettre au pas Pachinian. La Russie se replace au centre. C'est une façon de dire aux Arméniens : "Regardez, si on n'était pas intervenus, vous perdiez tout." »

***

Reste une surprise, une hésitation, et malgré tout une victoire ottomane. Un bilan certes pas définitif, avec une Russie toujours au centre du jeu, mais bien mauvais.


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Valeurs Actuelles : « Face aux velléités belliqueuses de la Turquie et des visions hégémoniques d’Erdogan dans la région, le gouvernement français est, à ce jour, aux abonnés absents. Le président de la République, Emmanuel Macron, a demandé mollement de travailler à un "règlement politique durable" du conflit, restant muet face aux demandes répétées d’aide et d’engagement de la France aux côtés du peuple arménien, pays ami. Plutôt que d’affirmer de manière concrète l’engagement contre l’islamisme politique sur la scène internationale, la France est irrémédiablement dépourvue d’ambition et de fermeté face à la Turquie.

Par manque de courage politique, la France abandonne, avec l’Arménie, le fondement même de sa diplomatie. Le courage, affirmait Jean Jaurès, "c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques". Ici, la France vient de déposer ses principes fondateurs, humanistes et universalistes, aux pieds de la Turquie triomphante.

Dès la mi-novembre, plus de 170 élus français avaient demandé une sortie de la neutralité du gouvernement français. En vain. Le ministre Jean-Yves Le Drian se tient depuis le début dans une position de stricte neutralité. Seule l’Assemblée corse a eu le courage de dénoncer, en adoptant une motion, "l’agression azerbaïdjanaise, soutenue par la Turquie, à l’égard de la population du Haut-Karabakh" et "son soutien indéfectible aux populations arméniennes dans leur recherche de paix et de liberté".

De nombreuses personnalités politiques et publiques françaises se sont émues de la neutralité insupportable du gouvernement français, à l’instar de Guy Tessier et Valérie Boyer, députés LR des Bouches-du-Rhône, ou encore Bruno Retailleau. Ce dernier déclare sur Twitter : "L’histoire retiendra la lâche passivité de la France et de l’Europe dans le conflit du Haut-Karabagh. On a laissé se faire massacrer les Arméniens. On a laissé une nouvelle fois Erdogan jouer au sultan ottoman. Cette grande naïveté face à la Turquie se retournera contre nous."

La France n’est aujourd’hui plus le pays de Victor Hugo, qui affirmait : "Il me convient d’être avec le peuple qui meurt, je vous plains d’être avec les rois qui tuent." Notre diplomatie se meurt dans ce conflit, et c’est Erdogan qui s’en frotte les mains. »

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Re: Turquie Ottomane

15 Novembre 2020, 10:49 Message


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