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Compensation

Sur l'ethnomasochisme, la repentance et le suicide du pays.
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Compensation

12 Mai 2013, 08:35 Message

Taubira prône une "politique foncière" en faveur des descendants d'esclaves (Le Monde)

« ...la garde des Sceaux évoque la "confiscation des terres" dans les territoires d'outremer qui "fait que, d'une façon générale, les descendants d'esclaves n'ont guère accès au foncier". "Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d'une action publique qui consisterait à acheter des terres", affirme Christiane Taubira. "En Guyane, l'État avait accaparé le foncier, donc là, c'est plus facile. Aux Antilles, c'est surtout les descendants des +maîtres + qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en œuvre", reconnaît-elle. »

On n'ose pas commenter...

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/05/11/taubira-prone-une-politique-fonciere-en-faveur-des-descendants-d-esclaves_3175814_823448.html?google_editors_picks=true

Rien à voir, quoique...
C'est Libération qui le dit : Au Zimbabwe, la réforme agraire sème la misère

« D'un côté, nous avons récupéré notre bien, dit-il, mais, de l'autre, nous n'avons plus rien à manger. »

http://www.liberation.fr/monde/0101440961-au-zimbabwe-la-reforme-agraire-seme-la-misere

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Re: Compensation

12 Mai 2013, 16:17 Message

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Re: Compensation

13 Mai 2013, 08:26 Message

Tir groupé sur Boulevard Voltaire ce matin (mais qui n'épuise pas, loin s'en faut, le sujet), à l'occasion supplémentaire de la plainte du CRAN à l'encontre de la Caisse des dépôts et consignations :

Payer pour l’esclavage ? Mais on paye déjà pour Mayotte !

« En 1841, quand la France intervint à Mayotte sur la demande des Mahorais, c’était pour les protéger des exactions des autres Comores. La France abolit, presque immédiatement, l’esclavage pratiqué par les Arabes. Mais à Zanzibar, le marché aux esclaves ne sera fermé, de force, qu’en 1873 et par les Anglais !

Aujourd’hui, les fonctionnaires mahorais, pléthoriques et inefficaces, réclament l’ « indexation », soit le doublement des salaires pratiqués en métropole pour cause de vie chère. Le coût de Mayotte pour la France est estimé à un milliard d’euros par an. »

http://www.bvoltaire.fr/francoisjourdier/payer-pour-lesclavage-mais-on-paye-deja-pour-mayotte,22274?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=c1520cb065-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-c1520cb065-20166589

Traite des blanches : les musulmans doivent payer !

http://www.bvoltaire.fr/christinetasin/traite-des-blanches-les-musulmans-doivent-payer,22280?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=c1520cb065-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-c1520cb065-20166589

Esclavage : ils salissent la France pour un peu de fric !

http://www.bvoltaire.fr/adrienabauzit/esclavage-ils-salissent-la-france-pour-un-peu-de-fric,22398?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=c1520cb065-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-c1520cb065-20166589

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Re: Compensation

22 Mai 2013, 23:45 Message

L'Opinion a publié le 17 mai un article de Christian Authier sur ce sujet.


La mémoire et l'oubli

La France doit-elle payer pour «la tragédie de l’esclavage» ? A qui et combien ? Et pour les autres victimes de notre longue histoire ?



Le vendredi 10 mai, François Hollande prononçait un discours, à l’occasion de la «Journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions», dans lequel il reconnaissait la «tragédie de l’esclavage», cet «outrage fait par la France à son propre honneur», tout en déclarant : «La République est née avec le combat contre l’esclavage, car la République, c’est l’abolition. En 1794, avec la Ire République, en 1848, avec la IIe République.» Une façon polie d’opposer une fin de non-recevoir au Conseil représentatif des associations noires (Cran), association qui réclame des réparations financières et qui annonçait ce même 10 mai qu’elle allait assigner en justice la Caisse des dépôts, le bras financier de l’Etat complice «de crime contre l'humanité», au motif que l’institution aurait profité de la traite négrière.

Passer à la caisse

Réclamer des dédommagements à la France au nom de la traite négrière plus d’un siècle et demi après son abolition, le programme ne manque pas d’ambition. Le Cran, présidé par Georges-Louis Tin, n’est qu’une minuscule association, mais un lobby très en cours dans certains médias. Selon lui, la Caisse des dépôts aurait «joué un rôle considérable dans l’esclavage» et se serait enrichie, ce qui lui vaudrait aujourd’hui de verser 10 millions d’euros pour abonder un fonds de dotation. Lequel serait «destiné à financer des recherches, notamment en généalogie, pour identifier les victimes et les bénéficiaires, mieux évaluer le préjudice subi et financer des changements dans les manuels scolaires, afin de remettre l’esclavage à sa juste place dans l’histoire», d’après Me Norbert Tricaud, avocat du Cran. Dix millions d’euros, ce n’est finalement pas grand-chose et le chantier consistant à «identifier les victimes et les bénéficiaires» est prometteur. Les fins limiers et les comptables du Cran sont en revanche plus gourmands concernant les réparations qui seraient dues à Haïti (indépendant depuis 1804) : 16 milliards d’euros. Voilà qui n’arrangerait pas nos comptes publics…

D’autant que l’initiative pourrait donner des idées à d’autres représentants et héritiers autoproclamés de victimes passées : Cathares, Protestants, Chouans, Communards, etc. A l’étranger, les victimes des guerres napoléoniennes (pour ne citer que cet épisode) seraient tout aussi légitimes pour réclamer des dédommagements sonnants et trébuchants. Avantage : la France, ayant aussi perdu beaucoup de guerres dans son Histoire, pourrait à son tour demander quelques pièces. Madame Merkel à la caisse ! Quant aux réparations à donner aux «victimes» de la complexe Guerre de Trente ans (1618-1648), elles promettent de vigoureuses querelles d’historiens…

Le poison de la repentance

Les idées saugrenues du Cran ne devraient susciter qu’un immense éclat de rire, mais médias et responsables politiques se sentent obliger de lui répondre. Libération consacrait sa Une et pas moins de cinq pages au sujet le 11 mai tandis que le lendemain Christiane Taubira réagissait dans Le Journal du Dimanche : «En outre-mer, il y a eu une confiscation des terres ce qui fait que, d'une façon générale, les descendants d'esclaves n'ont guère accès au foncier. Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d'une action publique qui consisterait à acheter des terres. En Guyane, l'État avait accaparé le foncier, donc là, c'est plus facile. Aux Antilles, c'est surtout les descendants des "maîtres" qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en œuvre.» Une intervention alambiquée, mais qui contredit les propos présidentiels récusant le principe de toute réparation matérielle de l'esclavage…

Il est vrai que «le ver dans le fruit» remonte à la loi Taubira de 2001 faisant de la traite négrière et de l’esclavage un crime contre l’humanité. Cette loi mémorielle fut renforcée en 2006 par l’initiative de Jacques Chirac instituant une journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Nulle surprise finalement qu’à force de battre sa coulpe et de céder aux sirènes de la repentance, la France se retrouve visée par quelques habiles cherchant après les réparations symboliques d’autres beaucoup plus matérielles… De plus, les responsabilités de la France sont sans fin et l’on peut se demander à quelle date, il faut arrêter de s’estimer «coupable». Si Jacques Chirac fut directement responsable de cette dérive avec son discours du Vel d’Hiv en 1995 faisant de la France – et non plus de «L’Etat français», dénomination officielle du régime de Vichy – la responsable des persécutions et crimes antisémites commis sous l’Occupation (ce que tous les Présidents de la Vème avaient refusé), François Hollande nage à son habitude dans la confusion : pourquoi absoudre la République du «crime contre l’humanité» qu’est donc l’esclavage quand il juge en même temps, dans le sillage de Chirac, que la France est coupable des crimes antisémites de Vichy ?

Sujets tabous

Par ailleurs, les revendications sur les réparations de la traite négrière concernent toujours la France et l’Occident, mais omettent les formes d’esclavages mises en place à l’époque par les Africains et les Arabes. Rappelons ainsi que ce n'est pas la France qui a inventé l'esclavagisme en Afrique, mais les négriers arabos-musulmans qui, à partir du VIIème siècle, encouragés par la charia, ont déporté et vendu dix-sept millions d'Africains presque dix siècles avant que la traite négrière et le trafic transatlantique ne débutent au XVIème siècle… Enfin, plutôt que de mettre en scène des identités victimaires fantasmées cherchant à punir des coupables morts depuis des siècles, il serait plus efficace de lutter contre l’esclavage aujourd’hui. Selon l'Organisation Internationale du Travail, entre 250 à 300 millions de personnes, dont 120 millions d'enfants, étaient en 2005 réduites en servitude dans des pays comme le Nigéria, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Niger, la Sierra Leone ou le Soudan que des nations voisines comme le Bénin ou le Togo fournissent en «marchandise».

Les années 90 virent en France, notamment à travers les procès Touvier et Papon, l’émergence du concept de «devoir de mémoire». On peut constater qu’une vingtaine d’années plus tard ces procès et leurs larges échos médiatiques n’eurent aucun effet pédagogique – ce qui était l’une de leurs mérites annoncés – et que l’antisémitisme n’a cessé de prospérer depuis dix ans. Cependant, ces procès étaient peut-être nécessaires, mais alors il faut ouvrir des dossiers encore plus proches de nous comme celui de dizaines de milliers de Harkis abandonnés par la France à une mort certaine au moment de l’indépendance de l’Algérie. Le 5 avril 2012, alors candidat à la l’élection présidentielle, François Hollande, écrivait aux associations de harkis : «Si le peuple français m'accorde sa confiance, je m'engage à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des Harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil des familles transférées dans des camps en France. Au-delà de cette reconnaissance tant espérée et tant attendue, que l'actuel président sortant a refusé d'accomplir, je veux ici vous faire part de mon intention d’assurer aux Harkis et à leurs descendants la reconnaissance de la République.» Le dimanche 12 mai, les associations de Harkis manifestaient à Paris pour rappeler ses promesses à François Hollande qui, pour le coup, a préféré au devoir de mémoire le droit à l’oubli.


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