Afficher le sujet - Le suicide Français

Le suicide Français

Ce qu'il en est, et la volonté de demeurer dans cet être
Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

2 Avril 2015, 09:16 Message

Article payant, mais son introduction plante bien le décor...

Éric Zemmour : recherche frontières désespéremment (Le Figaro)

« On n'imagine pas la chance d'être hollandais. On est citoyen d'un petit pays vertueux, pas d'un grand impérieux. On a accueilli jadis les Juifs chassés d'Espagne par Isabelle la Catholique et les protestants chassés de France par Louis XIV. On est un peuple de commerçants et de marins. On est pour le libre-échange. On est protestant, pas catholique. On était pour l'Europe fédérale quand de Gaulle défendait l'Europe des États. On laisse les drogues douces en vente libre et les prostituées derrière des vitrines. On a inventé le multiculturalisme. On est féministe jusqu'au bout des ongles, et gay friendly comme on respire. Un passeport hollandais incarne donc la liberté, la modernité, la tolérance. Le concept politiquement correct de "Hollande rance" n'existe pas.

Alors, quand un Hollandais intitule son livre Indispensables Frontières, on ne lui demande pas s'il reprend la campagne de Sarkozy de 2012, inspirée par le "sulfureux" Patrick Buisson. Quand il explique que le multiculturalisme et l'Union européenne détruisent les nations et la démocratie, il ne subit pas l'hostilité de médias l'interrogeant sans cesse: «Vous votez pour le Front national?» Quand il assène: "L'interdiction de la discrimination va inévitablement à l'encontre des libertés civiles classiques, notamment d'expression, de conscience et de religion", aucune association antiraciste ne l'attaque en justice au nom de la loi Pleven. Trop de chance, comme disent les enfants. Et quand ce citoyen hollandais au-dessus de tout soupçon s'avère de surcroît professeur de droit public, on ne peut même pas l'accuser de populisme quand il explique que la "double nationalité" doit être supprimée car elle "entraîne des conflits de devoirs" contraires à la nécessaire "loyauté nationale". »

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

2 Avril 2015, 10:28 Message

L'article complet, grâce à l'aimable coopération d'Éric (en deux moitiés pour la lisibilité) :

Image

Image


Conclusion a recouper avec ceci.

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

3 Avril 2015, 09:31 Message

Denis Tillinac : « Il n’en faut pas beaucoup pour que la France sorte de ses gonds, tant la légitimité du pouvoir est sujette à caution »


"Faute d’un Bonaparte ou d’un de Gaulle, elle peut s’offrir au premier démagogue venu. On en est presque là."

Je ne l'apprécie pas toujours le trouvant trop mou mais là dans Valeurs Actuelles de cette semaine Denis Tillinac frappe juste même s'il pousse le bouchon trop loin. Sa critique ne porte pas sur la Gauche plus que sur la Droite, mais sur l'ensemble. Sur le Régime. Ils sont légion aujourd'hui ceux qui mettent en doute la légitimité d'un tel régime. Je doute quand même qu'une majorité de gens soit prête à tout foutre en l'air. Il est vrai qu'une petite avant-garde très déterminée peut faire de grandes choses ou de grands désastres.

Les penseurs libéraux ont souvent ce travers de postuler que les choix politiques sont motivés exclusivement par l’intérêt économique. Pourtant leur maître, Tocqueville, avait prédit qu’à l’ère de la démocratie de masse, l’envie serait un mobile déterminant. La fascination pour la gloire en est un autre. Elle permit à Napoléon de sacrifier impunément des Français par centaines de milliers et ceux qui en réchappaient, plus ou moins éclopés, s’enorgueillissaient d’avoir été de la chair à canon à Austerlitz, à Wagram, à Friedland, à Moscou.

Le sentiment de l’ennui fut à l’origine des événements de Mai 68 si l’on en croit l’éditorial célèbre de Viansson-Ponté au mois de mars de la même année, dans un pays libre, respecté et prospère. « La France s’ennuie », écrivait-il. L’ennui, la peur, la colère, la honte, la hantise du déclassement, la « fatigue d’être soi » diagnostiquée par le sociologue Ehrenberg, la soif d’aventure peuvent également inciter un peuple à ruer dans les brancards au mépris de ses intérêts. Ou de ce qu’il croit être ses intérêts.

Par les temps qui courent, un désir politique semble habiter à des degrés divers l’inconscient des Français, et peu à peu gagner leur conscience : l’appel de la catastrophe. Du grand chambardement. Du coup de pied dans la fourmilière. Ce désir, aucun sondage ne le détectera. Il a des précédents historiques. L’événement le plus imprévisible, le fait divers le plus anodin peuvent l’embraser, et gare à l’incendie !

C’est un désir presque invincible, car enfanté dans les fors intimes par un mélange d’exaspération et d’incrédulité. On ne supporte plus l’état des lieux et on ne croit plus qu’un remède proprement politique soit susceptible de le modifier. À la limite on veut le pire, il aura au moins le mérite de surprendre en rompant la monotonie. De rebattre les cartes, et rabattre les caquets en prime.

Ici et là, des gens raisonnables et pas forcément miséreux, habitués à voter pour les partis dits de gouvernement — UMP, PS, MoDem —, avouent en privé leur aspiration au désordre. Il en sortira, estiment-ils, quelque chose d’inédit. Quoi ? Ils l’ignorent. Ils s’en fichent : tout ou son contraire plutôt que ce statu quo nauséeux. Brûler les cartouches est un sport qui a partie liée avec la transgression, ça les érotise. Ils en escomptent au minimum le plaisir d’assister en live à la trouille des gouvernants et de leur valetaille.

Mille raisons peuvent expliquer l’essor du FN dans les urnes et, certes, on ne peut nier une part d’adhésion aux thèses de ce parti. Mais on aurait tort d’occulter cette évidence que la peur du FN, la violence de son rejet par les politiciens, les intellos et les médias nourrissent un désir de FN en phase avec le désir plus profond d’en découdre avec le « système ». Avec des moeurs combinardes maquillées en « démocratie » dans le vase clos de partis démonétisés. Avec un langage politico-mondain dont les mots sont pipés par le cynisme des communicants.

Quand la charmante Marion Maréchal-Le Pen, du haut de ses 25 printemps, apostrophe sans ménagement le premier ministre à l’Assemblée, une France frondeuse se réjouit à coeur ouvert et ses contours vont très au-delà des sympathisants du FN. Le pauvre Valls incarne moins le PS, le gouvernement, l’autorité publique que l’usure d’une machinerie respectée par personne.

Quand les crimes des terroristes islamistes font l’objet immédiat d’une récupération partisane aussi grossière, avec l’aval de l’opposition officielle (« esprit du 11 janvier », « Je suis Charlie », etc.) et la rengaine sémantique de socio-culs sur le « vivre-ensemble » le respect n’est plus de mise. Les Français subodorent qu’on les manipule et très logiquement, ils prennent la mouche.

Je ne prêche pas une sédition à bien des égards proche du nihilisme, j’essaye juste d’interpréter un état d’esprit qui manifestement prend de l’ampleur. Les historiens à venir pèseront la part de responsabilité respective d’une gauche aux abois et d’une droite aux abris.

L’histoire nous enseigne qu’il n’en faut pas beaucoup pour que la France sorte de ses gonds, tant la légitimité du pouvoir est sujette à caution, et presque naturelle, depuis la Révolution, la quête de l’homme providentiel. Faute d’un Bonaparte ou d’un de Gaulle, elle peut s’offrir au premier démagogue venu. On en est presque là.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

25 Mai 2015, 09:31 Message

Peut-on détruire l’identité française ? (Bd Voltaire)

« Jean Macé, fondateur de la ligue de l’enseignement, disait : "Qui tient les écoles, tient la France". Ceux qui sont censés nous gouverner l’ont bien compris.
Ainsi, depuis le début des années 2000, deux systèmes éducatifs parallèles sont à l’œuvre et dont les objectifs se croisent dangereusement, mettant gravement en péril l’avenir de la société française. »

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

25 Mai 2015, 09:51 Message

Nous boirons donc le vin jusqu'à la lie.

Dans Commentaires sur la société du spectacle pour Debord le régime trie les livres qu'on peut laisser circuler, il développe l'ignorance (Debord analyse le passage de l'analphabétisme à illétrisme), il cultive de toutes les manières l'oubli. On habitue l'homme à vivre sans durée, dans l'instant. Ne pouvoir comparer, c'est ne plus critiquer.

Debord remarque que l'expression "ETAT DE DROIT" s'est popularisée vers 1970, au moment où justement les Etats cessaient d'avoir quelque rapport avec le droit.

On peut se demander pourquoi le régime a pu s'approprier l'oeuvre de Debord et en faire une sorte de héros de la nouvelle orthodoxie.

Cela me semble en fait assez simple. Debord parle de "la destruction de Dieu". Or tout ce qui détruit le monde ancien fondé sur le père, et sur Dieu rend possible soi-disante "la société du spectacle" et nous habitue à la servitude.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

25 Mai 2015, 09:58 Message

Rogemi a écrit:Nous boirons donc le vin jusqu'à la lie.
Sur divers fronts, il semble bien que nous n'en soyons plus très loin... Ergo, la part de ce qui "dépend de nous" croît.

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

25 Mai 2015, 10:05 Message

Le succès du livre "Le suicide francais" nous laisse un reste d'espoir et ce n'est pas rien.

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

25 Mai 2015, 10:21 Message

Un article intéressant paru sur le blog royaliste La faute à Rousseau.

La France désarmée, par Hilaire de Crémiers
Et d’abord, politiquement. Car la classe politique ne pense qu’aux prochaines échéances électorales. C’est la seule stratégie des partis qui accaparent le pouvoir.

Il aurait mieux valu y penser avant. La guerre est là, omniprésente. Les guerres, devrait-on dire. Pas seulement, celles, horribles, d’Al-Quaïda, de Daech, de Boko Haram, pas seulement celles que fomentent les fous et les truands des sectes fanatisées, mais toutes les autres guerres, celles que mènent les nations, les peuples, les États, les ethnies, pour leurs intérêts, leur vie, leur survie, leur raison même d’exister.

Il suffit d’écouter les discours qui se profèrent sur toute la planète et jusque dans les enceintes internationales pour comprendre que rien n’a changé fondamentalement dans les rapports, les équilibres et surtout les déséquilibres qui affectent l’avenir du pauvre monde. échanger des milliards d’information en quelques secondes et se rendre d’un bout à l’autre de « la machine ronde » en quelques heures ne modifient pas les données fondamentales de la politique.

La suite http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2015/05/25/la-france-desarmee-par-hilaire-de-cremiers-5628010.html

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

28 Mai 2015, 07:51 Message

Image

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

28 Mai 2015, 18:28 Message

Peut-être faudrait-il commencer par créer un mouvement Ouvrez les yeux...

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

23 Juin 2015, 21:37 Message

Valéry Giscard d'Estaing aurait projeté de renvoyer 35.000 immigrés algériens
(BFMTV)


Messages: 3089

Re: Le suicide Français

23 Juin 2015, 21:48 Message

Pauvre Patrick Weil,
Ce nigaud a été un jour rossé par Zemmour dans une émission de Serge Moatti.

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

25 Juin 2015, 09:05 Message

Image

Administrateur
Avatar de l’utilisateur
Messages: 22943

Re: Le suicide Français

26 Juin 2015, 17:30 Message

Et dire que nous sommes le pays où le ridicule tuait...

Rhône : un Malien fait croire qu’il est mineur, il prend deux mois ferme (Lyon Mag)

« L’homme a pourtant obtenu une aide pour mineur isolé, accordée par l’aide sociale à l’enfance du Rhône, et a perçu 11 873 euros au total. Une enquête et une expertise médico-légale ont révélé un âge de 21 ans. Et même 35 ans selon des radios des os. »

Messages: 3089

Re: Le suicide Français

27 Juin 2015, 08:14 Message

Entre ici, Charles Péguy, par Eric Zemmour

Deux textes de Péguy parmi les plus connus, pour évoquer la République entre mystique et politique, ressortent. Une réflexion iconoclaste qui n'a pas pris une ride. Eric Zemmour les a commentés pour Le Figaro.


D'abord, il y a le style. Impétueux et tempétueux, un fleuve de montagne qui se déverse sans souci de ce qu'il charrie, formules en rafale, répétées autant de fois que nécessaire, sans respect de la bienséance littéraire. Et puis, il y a les mots, les mots employés à jet continu, les mots interdits aujourd'hui, banals hier : « race », « peuple » ou « famille française ». Comme un voyage dans le temps et dans l'espace. Les Cahiers de l'Herne ont eu la bonne idée de publier les textes parmi les plus connus de Charles Péguy. On y retrouve ses formules les plus célèbres, celles qui ont fait sa gloire, citées à tort et à travers : « Tout commence en mystique et finit en politique…» ; ou encore: « Pour la première fois dans l'histoire du monde l'argent est seul face à l'esprit ».

Péguy nous parle d'un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître. Entre l'affaire Dreyfus et 1914-1918 ; entre « la guerre des deux France » et l'union sacrée. Il a assumé celle-là et prophétisé celle-ci. Vécu intensément l'une et perdu la vie dans l'autre, mais dans les deux cas glorieusement. Il a fait le pont entre les deux. Ni sectaire, ni politicard, il a tendu la main à ses adversaires - les antidreyfusards - de la manière la plus élégante qui soit : « Il faut comparer les mystiques entre elles et les politiques entre elles. Il ne faut pas comparer une mystique à une politique ; ni une politique à une mystique… Nos adversaires parlaient le très respectable langage de la continuité, de la continuation temporelle du peuple et de la race, du salut temporel du peuple et de la race. »

Il n'était pas monarchiste mais sa République était « notre royaume de France ». On pourrait croire que cent ans plus tard, l'extinction de la contestation antirépublicaine l'aurait réjoui ; à le lire, on comprend très vite que c'est la République d'aujourd'hui et les républicains de tous bords qui le désoleraient. Lui qui reprochait déjà à la IIIe République de s'abîmer dans la gestion d'un idéal falsifié, il supporterait encore moins le prêchi-prêcha de la « culture de gouvernement » couvert des oripeaux des « valeurs républicains ». On a parfois l'impression qu'il se moque de notre Ve République quand il brocarde la IIIe : « la preuve que ça dure, la preuve que ça tient, c'est que ça dure déjà depuis quarante ans. Il y en a pour quarante siècles. C'est les premiers quarante ans qui sont les plus durs… Ils se trompent. Ces politiciens se trompent. Du haut de cette République, quarante siècles (d'avenir) ne les contemplent pas.»

À son époque, la République exaltait la France et se croyait la mieux à même de la défendre contre ses ennemis ; aujourd'hui, la République a remplacé la France ; on dit la République parce qu'on a honte de dire la France ; on dit « valeurs de la République » parce qu'on refuse de rappeler les « valeurs » de la France. On dit République pour consacrer l'exact contraire de ce que fut la République. Péguy, c'est comme un rappel à l'ordre. Au vrai sens des mots. Avant le grand dévoiement. Grand reniement. Grand remplacement : « On prouve, on démontre aujourd'hui la République. Quand elle était vivante on ne la prouvait pas. On la vivait. Quand un régime se démontre, aisément, commodément, victorieusement, c'est qu'il est creux, c'est qu'il est par terre… Le mouvement de dérépublicanisation de la France est profondément le même mouvement de sa déchristianisation. C'est ensemble, un même, un seul mouvement profond de démystification… C'est la même stérilité moderne.»

Péguy dénonçait les modernes ; nous subissons le joug des post-modernes. Il ne connaissait pas sa chance ; nous reconnaissons bien nos maîtres : « Aussitôt après nous commence le monde que nous avons nommé, que nous ne cesserons pas de nommer le monde moderne. Le monde qui fait le malin. Le monde des intelligents, des avancés, de ceux qui savent, de ceux à qui on n'en remontre pas, de ceux à qui on n'en fait pas accroire. Le monde de ceux à qui on n'a plus rien à apprendre. Le monde de ceux qui font le malin. Le monde de ceux qui ne sont pas dupes, des imbéciles. Comme nous. C'est-à-dire : le monde de ceux qui ne croient à rien, pas même à l'athéisme, qui ne se dévouent, qui ne se sacrifient à rien. Exactement: le monde de ceux qui n'ont pas de mystique.»

Karl Marx avait annoncé que le capitalisme détruirait toutes les structures traditionnelles (aristocratie, église, nation, État, famille) pour plonger chacun d'entre nous dans « les eaux glacées du calcul égoïste ». Péguy a bien compris que le socialisme finirait le travail, que ce couple moderniste, soi-disant antagoniste, en réalité complice car de concert progressiste, annihilerait les valeurs traditionnelles des classes populaires, sans lesquelles pourtant ni l'un ni l'autre n'auraient pu prospérer : « Le foyer se confondait encore très souvent avec l'atelier et l'honneur du foyer et l'honneur de l'atelier étaient le même honneur. C'était l'honneur du même lieu… respect des vieillards ; des parents, de la parenté. Un admirable respect des enfants. Naturellement un respect de la femme. Un respect de la famille, un respect du foyer… Un respect de l'outil et de la main, ce suprême outil… Et au fond ils se dégoûtent d'eux-mêmes, d'abîmer les outils. Mais voilà, des messieurs très bien, des savants, des bourgeois, leur ont expliqué que c'était ça le socialisme, et que c'était ça la révolution.»

Le rapprochement de ces deux textes nous fait toucher du doigt ce qu'un Jean-Claude Michéa ne cesse de rappeler dans chacun de ses livres : l'affaire Dreyfus fut un basculement historique et idéologique. À partir de la défense légitime d'un innocent, les socialistes se sont ralliés à la défense exclusive de la « République » où ils n'ont plus cessé de privilégier l'épanouissement de l'individu, donnant ainsi au marché, au capitalisme - Péguy dit « l'argent » - l'arme absolue pour régner totalement sur la société. D'instinct, Péguy l'a compris. D'où le regard sévère qu'il porte sur les dreyfusards, le respect qu'il manifeste à ses adversaires, et la violence de son désespoir face à l'étiolement de la République. D'où son déchirement intérieur qui explique peut-être qu'il se soit jeté ainsi étourdiment au-devant des mitrailleuses allemandes dès les premiers jours de la guerre… •

Péguy, La mystique républicaine. L'Herne. 71 p., 7,50 €

PrécédenteSuivante

Retourner vers Être français et le demeurer