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Europe pour tous

Sur les événements internationaux, par temps de "globalisation"
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Re: Europe pour tous

8 Octobre 2015, 08:29 Message

Tout va très bien, Mme Merkel !


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Re: Europe pour tous

12 Novembre 2015, 18:50 Message

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***

Le ministre Schäuble jette un froid en parlant d'"avalanche" migratoire (Le Point)

Oncle Picsou fait ses comptes ?

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Re: Europe pour tous

13 Novembre 2015, 10:57 Message

Migrants : l'Europe parie sur la Turquie pour sauver Schengen [(Le Figaro)

Tout est dans le titre ; est-il vraiment besoin de commenter ?

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Re: Europe pour tous

16 Novembre 2015, 17:59 Message

Discours de Hollande devant le Congrès : après Schengen, Maastricht est mort.

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Re: Europe pour tous

28 Décembre 2015, 13:31 Message

Très bonne chronique d'alain Verhaeghe aujourd'hui

Merkel: celle qui a trollé 2015

Un jour, l’Histoire jugera Angela Merkel à l’aune du tribut qu’elle a prélevé sur la planète pour assurer le bonheur des Allemands. Une rétrospective de 2015 permet de donner une première mesure du désastre que la Première allemande constitue pour la collectivité humaine.

Merkel, paneuropéenne et panne européenne

Le premier désastre qu’Angela Merkel représente pour l’Europe est celui de son « paneuropéisme », c’est-à-dire de sa conviction qu’elle peut tout en Europe, et que l’Europe lui doit tout. Sur ce point, les conséquences les plus douloureuses sont probablement les moins connues des citoyens.

Par exemple, Angela Merkel a pensé que ses éleveurs de vaches tireraient profit d’une suppression des quotas laitiers. Sans que personne n’y prenne garde, l’Allemagne a donc imposé à l’Europe une dérégulation du marché laitier au 30 mars 2015. Dans le même temps, l’Allemagne a attisé une politique de sanctions contre la Russie, dont les mesures de rétorsions ont consisté à bloquer les importations agricoles venues d’Europe (10% des débouchés européens).

Grâce à cette brillante politique, les filières bovine et laitière ont connu une crise de surproduction en Europe, qui a frappé de plein fouet les éleveurs français… et n’a finalement pas épargné les éleveurs allemands.

La stratégie allemande, qui est en fait une non-stratégie et une série de choix à courte vue, explique largement la faillite communautaire à laquelle 2015 a donné lieu. Merkel, ce n’est pas la PanEurope, mais la panne de l’Europe.
Merkel exige tout de la Grèce

Au chapitre des méfaits les plus connus de Merkel dans la gestion interne de l’Europe, on citera évidemment sa désastreuse gestion de la crise grecque, qui a transformé le continent en un champ de foires aux caprices teutons. Alors que l’Allemagne s’est montrée très tolérante dans l’application des règles à ses provinces ethniquement proches (les Etats baltes, la Slovénie, qui ont tous bénéficié de régimes de faveur pour entrer dans la zone euro), Merkel affublée de son sinistre Dr Schaüble ont pris plaisir à infliger diverses humiliations aux Grecs.

Certes, le duo Tsipras-Varoufakis n’avait pas forcément besoin d’aide pour mener les Grecs dans le mur (cette capacité d’auto-destruction ayant suscité une grande admiration de la part des thuriféraires français du Front de Gauche). Il n’en reste pas moins que Merkel a mené une sorte de croisade extrême contre les Grecs qui avait tout du deux poids deux mesures.

Durablement, le spectacle de cette mise au pilori a convaincu de nombreuses opinions publiques en Europe que l’édifice communautaire agissait à sens unique: au bénéfice ultime de l’Allemagne, sans considération des souffrances infligées aux peuples des marches.

Merkel impose une suicide migratoire

Cet acharnement contre la Grèce a trouvé une issue particulièrement grotesque lorsque, mimant une fausse générosité, Merkel a annoncé son désir d’accueillir 800.000 migrants en Allemagne durant l’année, bousculant au passage la règle de la demande d’asile dans le premier pays d’accueil. Ce signal a fait l’effet d’un cataclysme: dans une parfaite complicité avec l’islamiste turc Erdogan, Merkel a donné le coup d’envoi d’une interminable épopée de réfugiés Syriens vers Munich.

Les raisons de cette folie n’ont échappé à personne: l’Allemagne est épuisée par le plein emploi et a besoin de main-d’oeuvre qualifiée pour assurer sa croissance. Les Syriens constituaient les acteurs idéaux de cette farce qui se joue au détriment des autres nationalités, pour lesquelles le nombre d’expulsions a doublé. La terrible ironie veut d’ailleurs que
Face aux colonnes des ces hères dépenaillés qui se sont formées d’Istanbul à la frontière autrichienne, Merkel n’a pas hésité à imposer à la Grèce la création en urgence de camps de réfugiés, après avoir saigné le pays aux quatre veines.

Dans la foulée, elle a imposé de nouveaux transferts de souveraineté, conduisant à la création d’un corps de garde-frontières européens, menaçant de sanctions économiques les membres de l’Union qui refusent d’accueillir les migrants appelés par l’Allemagne, et obligeant à négocier l’adhésion de la Turquie à l’Union.

Merkel est-elle responsable de la vague terroriste?

Si l’on admet que le terrorisme de Daesh a bouleversé l’équilibre mondial cette année, alors il faut s’interroger sur la responsabilité d’Angela Merkel dans la précipitation des événements.

Premier point: il est quand même étonnant que l’Allemagne ne soit pas la cible du terrorisme islamiste… Peut-être la bonne entente historique entre l’Allemagne et la Turquie, et plus encore peut-être la bonne entente entre Angela Merkel et Erdogan expliquent-elles beaucoup de choses.

En attendant, je ne puis m’empêcher de me souvenir des propos tenus par le ministre souverainiste grec Kammenos en mars 2015:

« Si l’Europe nous lâche en pleine crise, on l’inondera de migrants, on leur distribuera des papiers valides qui leur permettront de circuler dans l’espace Schengen. Ainsi, la marée humaine pourra se rendre sans problèmes à Berlin. Et tant mieux si, parmi ces migrants, se trouvent des djihadistes de l’État islamique »

On ne pouvait pas mieux résumer les événements qui ont suivi: l’Allemagne n’a pas lâché les Grecs, et les Grecs ont laissé des terroristes en grand nombre.

Il suffit de suivre l’enquête sur les attentats du 13 novembre pour comprendre notre douleur…

Merkel, la dominatrice de Hollande

Le drame de l’Europe dans cette affaire est au fond le produit du hasard. Lorsque Merkel avait un Sarkozy face à elle, elle avait un contrepoids. L’arrivée de Hollande a renforcé l’Allemagne par l’affaiblissement de la France. Notre Président velléitaire et en adoration permanente face à la domination féminine a livré le continent tout entier à la folle rigidité germanique.

Paradoxalement, Hollande en redemande: le projet de gouvernement budgétaire européen nous achèvera et subordonnera définitivement les souverainetés (ou ce qu’il en reste) nationales aux diktats tudesques.
Merkel, ou l’Europe de la Stasi

Pour comprendre le problème qui se pose à une Europe dominée par Angela Merkel, il faut accepter de sortir des visions historiques à trois balles que nous impose notre élite décadente, selon laquelle l’histoire de l’Humanité raconterait l’émergence linéaire et simpliste d’une technocratie sage et bisounoursienne, et dont l’édifice communautaire serait une manifestation institutionnelle. En creusant un peu, on se rappelle forcément qu’Angela Merkel est la fille d’un pasteur hambourgeois qui a choisi, en 1954, de s’installer en Allemagne de l’Est. Eh oui! en pleine guerre froide, en pleine tension entre les deux Europe, la famille Merkel est passée de l’autre côté du mur. Angela elle-même y a mené une très belle carrière universitaire avant la chute du Mur.

Autant dire que, depuis son arrivée au pouvoir, Merkel a fondamentalement changé la nature du projet européen. L’esprit libre et libéral qui y prédominait auparavant a soudain beaucoup mieux assumé ses relents d’ordre international de type soviétique: un centre, un « Grand Frère » dirige, commande, et les satellites obéissent.

Ajoutons que, dans cette affaire, 2015 a permis de savoir que les services secrets allemands espionnaient tous leurs voisins européens pour le compte de la CIA… et pour leur propre compte, bien entendu.

Mais voulons-nous de cette Europe-là?

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Re: Europe pour tous

28 Décembre 2015, 14:22 Message

"Le drame de l’Europe dans cette affaire est au fond le produit du hasard." (Éric Verhaeghe)

Et moi qui croyait comme Voltaire qu’il n'y a point de hasard ; que tout est épreuve, ou punition, ou récompense, ou prévoyance !

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Re: Europe pour tous

21 Octobre 2017, 16:22 Message

Hypothèses et analyses sur l'évolution de l'UE et de l'Euro par Michel Drac. Intéressant mais point de vue quasi exclusivement économiste. Les évolutions envisagées ne font pas état de la crise civilisationnelle, sauf sous l'angle des inégalités et de la démographie. En tous cas un bel effort pour tenter d'approfondir et regrouper les problématiques de l'UE et de l'euro en suivant un ordre de présentation rigoureux et en voulant être accessible.


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Re: Europe pour tous

5 Octobre 2018, 08:37 Message

Que la découverte de la Lune est longue...
Que le spectacle est puissamment hallucinogène...

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Re: Europe pour tous

24 Mai 2019, 07:48 Message


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Re: Europe pour tous

17 Septembre 2019, 08:53 Message

Jean-Paul Garraud : « L’Union européenne fait tout pour accroître l’immigration légale, faisant fi de la volonté des peuples »


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Re: Europe pour tous

17 Mars 2020, 18:17 Message


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Re: Europe pour tous

29 Mars 2020, 10:39 Message


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Re: Europe pour tous

15 Avril 2020, 08:53 Message

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Re: Europe pour tous

29 Avril 2020, 08:54 Message

Un résumé parfait :

« L’Histoire retiendra que Merkel préféra ouvrir les frontières de l’Europe aux Irakiens, Syriens et Afghans à des fins économiques – avec leurs conséquences sociales et religieuses – et suspendre la solidarité financière aux Espagnols et aux Italiens. » (BV)

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Re: Europe pour tous

5 Mai 2020, 15:32 Message

Ça va chauffer grave.
Entre :
La Cour constitutionnelle allemande a exigé mardi que la Banque centrale européenne justifie dans les trois mois la conformité de ses vastes rachats de dette à son mandat, dans un arrêt retentissant aux implications incertaines. La puissante Banque centrale allemande se verra interdire de participer à ce programme anti-crise, qui a encore gagné en ampleur en raison de la pandémie de coronavirus, si «le Conseil des gouverneurs de la BCE» ne démontre pas «de façon compréhensible et substantielle» qu'il n'a pas outrepassé les traités européens, a décidé la juridiction suprême allemande.
Et
La Commission européenne a mis en avant mardi la «primauté» du droit européen sur le droit national, après la décision de la justice allemande exigeant de la BCE qu'elle justifie son programme anti-crise.
«Nous réaffirmons la primauté du droit communautaire et le fait que les arrêts de la cour de justice européenne sont contraignants pour toutes les juridictions nationales», a déclaré le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, interrogé sur la décision de la Cour constitutionnelle

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Re: Europe pour tous

6 Mai 2020, 16:01 Message

Réaction avec retard à cette information de premier ordre : liquidation par l'Allemagne de la zone euro dans les mois qui viennent en vue. Plus que jamais : planquez votre épargne (si vous en avez...).

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Re: Europe pour tous

6 Mai 2020, 16:56 Message

Je m'étonnais un peu que vous n'ayez pas bondi, cher Didier ! :) C'est effectivement un cumulus de premier ordre parmi tous les nuages qui s'amoncellent. Encore une fois, je sais que j'ai un tempérament sombre et que le pire n'est jamais certain mais enfin là, nous avons des faits qui se mettent en conjonction et pourraient déterminer un orage de grêle comme on en a plus vu depuis les guerres et qui hacherait tout menu.

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Re: Europe pour tous

6 Mai 2020, 17:44 Message

AOF•06/05/2020 à 17:20

(AOF) - L'euro recule de 0,47% à 1,0793 euro pour un dollar après la publication d'une forte chute des commandes à l'industrie en Allemagne au mois de mars 2020. Cet indicateur ressort à -15,6% alors que les analystes tablaient sur un décrochage de 10%, Les commandes à l'industrie avaient déjà reculé de 1,2% en février (chiffre révisé de 1,4%). Déjà, hier la devise européenne s'était affaiblie à la suite du jugement de la Cour constitutionnelle allemande selon lequel le programme d'achat de titres publics (PSPP) de la Banque centrale européenne violait en partie la constitution du pays.

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Re: Europe pour tous

7 Mai 2020, 12:11 Message

Editorial du « Monde ».[aujourd’hui] Un ultimatum à l’Europe. Difficile de voir autrement l’arrêt cinglant que la Cour constitutionnelle allemande a rendu mardi 5 mai. Au-delà d’une attaque contre la politique monétaire dans la zone euro, la décision des juges de Karlsruhe met en cause la clé de voûte de l’Union européenne qu’est sa Cour de justice (CJUE) de Luxembourg, suprême garante de l’application uniforme de la loi européenne dans tous les Etats membres. Autrement dit l’Union elle-même.
Formellement, les magistrats allemands ont mis en question la légalité de la politique d’achat de dettes pratiquée par la Banque centrale européenne (BCE), pendant la crise de l’euro de 2015. Ils menacent d’empêcher la Bundesbank de participer à ces opérations si la BCE ne se justifie pas dans les trois mois. Ce n’est déjà pas rien, si l’on se rappelle que la Banque centrale européenne, dont le siège est à Francfort, a été conçue sur le modèle de la Bundesbank, et si l’on considère le rôle vital joué par cette politique dite d’« assouplissement quantitatif » pour l’économie européenne.
Mais les juges de Karlsruhe ne s’en sont pas tenus là : au lieu de mettre en œuvre l’avis de la CJUE, qu’ils avaient sollicitée et qui avait estimé légales les interventions de la BCE, ils ont tancé leurs collègues de Luxembourg, estimant leur décision « incompréhensible » et « dépassant [leurs] compétences ». Sans précédent récent, pareille attaque constitue une menace pour la cohésion de l’UE. Ainsi, la cour de Karlsruhe met en cause tout à la fois l’indépendance de la Banque centrale européenne et la prééminence de la Cour de justice de l’UE.

[…]

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Re: Europe pour tous

8 Mai 2020, 12:28 Message

Je continue à rouler ma petite pelote autour de la grosse bombe.

« La politique monétaire de la BCE au cœur de la guerre des juges et du conflit de souveraineté »

Chercheur en droit économique et théorie du droit à l’Université de Liège
Le juriste Guillaume Grégoire observe dans une tribune au « Monde » que la décision de la Cour constitutionnelle allemande à l’encontre de la BCE souligne à la fois le conflit entre les juridictions européennes et le déficit de démocratie de la gouvernance économique dans l’Union


Le Monde.fr 07 05 2020. [Extraits, donc subjectifs]
Tribune. Coup de tonnerre dans le ciel, déjà nuageux, de l’économie européenne. La Cour constitutionnelle allemande a, dans une décision rendue mardi 5 mai et d’une portée considérable pour l’avenir de l’intégration européenne, vertement critiqué la politique de rachat de dette publique de la Banque centrale européenne (BCE).
Ce faisant, elle a frontalement contesté l’autorité de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui avait préalablement validé ce programme à l’occasion d’une question préjudicielle posée par ces mêmes juges allemands. Derrière la « guerre des juges » qui se profile, et les conséquences institutionnelles et économiques qu’elle implique, cet affrontement n’est pourtant que le résultat prévisible, sinon inéluctable, de la sanctuarisation, dans les traités européens, de principes particulièrement précis de gouvernance publique de l’économie.
[…]
On se retrouve dès lors dans une situation où, à l’intérieur de la logique juridique respective de l’Union européenne et des Etats membres, chacun se considère légitime à imposer son autorité et ses décisions ! N’en déplaise à certains, cette situation n’est en réalité que la traduction judiciaire du débat récurrent sur la souveraineté – qui, par définition, ne peut être partagée.
Dans cette configuration, le spectre d’une confrontation ouverte entre juridictions suprêmes européennes et national ne pouvait être écarté. Nous y sommes aujourd’hui. Au cœur de cette « guerre des juges » et de ce conflit de souveraineté : la politique monétaire de la BCE et ses conséquences économiques. Plus spécifiquement, c’est le programme d’acquisition de titres du secteur public (Public sector purchase program - PSPP), par lequel le système européen de banques centrales rachetait une partie des dettes publiques des Etats membres, qui se trouve dans le viseur de la Cour constitutionnelle allemande.
[…]
Outre, les tensions institutionnelles qu’elle induira presque immanquablement, la décision allemande risque donc bel et bien d’avoir un impact majeur sur les marchés financiers et, par contrecoup, sur l’économie européenne.
[…]
Derrière ces considérations juridico-économiques d’une complexité extrême, on ne peut cependant s’empêcher d’éprouver un certain malaise : pourquoi une question aussi essentielle pour les Etats (a fortiori en temps de crise) que la politique économique et monétaire finit-elle, en dernière instance, par être tranchée par des juridictions comme un vulgaire litige technico-juridique, et non par des institutions chargées d’assumer, devant les citoyens, le caractère proprement politique de leurs décisions ?
Il est à cet égard frappant de constater que le contrôle exercé par la Cour constitutionnelle allemande est opéré au nom du « principe démocratique », considéré comme un élément essentiel de l’« identité constitutionnelle » de la République fédérale d’Allemagne.
Aux yeux des juges allemands, l’indépendance de la BCE, quoique réputée justifiée eu égard à la technicité de la matière, porte cependant atteinte au principe démocratique et nécessite, de ce fait, un contrôle juridique étendu du respect strict de son mandat.
On se retrouve par conséquent dans une situation kafkaïenne où une institution indépendante et technocratique (le juge constitutionnel allemand) sermonne, au nom du principe démocratique, une autre institution indépendante et technocratique (le juge européen) pour ne pas avoir suffisamment contrôlé un troisième organe indépendant et technocratique (le banquier central).
Cette position pour le moins paradoxale, et difficilement tenable d’un point de vue logique, n’est pourtant que la conséquence inéluctable du processus de consécration progressive, dans les traités européens, de nombreuses règles économiques particulièrement précises. Cette sanctuarisation confisque la liberté des citoyens européens d’orienter, par leur vote, les choix de politique économique, au risque d’exposer la construction européenne au reproche du « déficit démocratique ».
Si la Cour constitutionnelle allemande agit, certes, au nom d’une certaine orthodoxie monétaire, elle interroge cependant, en creux et peut-être à ses dépens, le principe même d’une constitutionnalisation de l’économie, qui conduit à sortir du débat démocratique certains des sujets les plus importants pour l’avenir de nos sociétés.


En prime, ce commentaire, en clair, d’un lecteur :
Clément Orten 07/05/2020 - 18h57
en clair l'Allemagne veut l'indépendance de la banque centrale face aux gouvernements (élus), mais son contrôle par un tribunal non élu et aux compétences économiques douteuses
soyons clair l'Allemagne veut elle sortir de l'EURO..... c'est le moment : perte de ses marchés et de ses débouchés, grâce à la hausse du DM, elle se trouvera seule face aux USA

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