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Europe pour tous

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Re: Europe pour tous

11 Mai 2020, 17:29 Message

Ce point de vue inquiet est intéressant par la réalité du processus qu’il décrit mais peut-être plus encore par le fait qu’il émane d’un thuriféraire impénitent de l’Euroland soviétoïde, Nicolas Baverez Le Monde 10/05/2020

«L’euro en sursis»

[…]
Pour autant, la survie de la monnaie unique n’a jamais été aussi menacée. Elle se trouve en effet prise en étau entre, d’une part, la dérive économique et financière des États du Sud et, d’autre part, les critiques croissantes contre la politique d’assouplissement quantitatif poursuivie par la BCE depuis 2015 émanant des pays du Nord, notamment l’Allemagne. La crise du coronavirus, comme tout choc majeur, renforce les forts et affaiblit les plus vulnérables. Elle a donné un formidable coup d’accélérateur à la divergence entre le nord et le sud de la zone euro. La remarquable réaction de l’Allemagne à l’épidémie et la mise en œuvre d’un plan de soutien massif de 1200 milliards d’euros, grâce aux marges de manœuvre que lui procurent ses excédents passés, lui permettront de limiter la chute de l’activité autour de 5 à 6 % du PIB en 2020, alors qu’elle sera comprise entre 9,5 et 10 % en France, en Italie et en Espagne.
L’écart s’accentuera encore durant la reprise, qui sera très inégale et d’autant plus vigoureuse que les plans nationaux sont puissants. L’Allemagne devrait effacer l’essentiel de ses pertes dès 2021et rester en plein emploi avec un taux de chômage limité à 3,5 % de sa population active. À l’inverse, les pays du Sud - dont la France - mettront plusieurs années à recouvrer leur niveau de richesse de 2019 et verront le chômage toucher plus de 10 % de leurs actifs - jusqu’à 17 % en Espagne.
La zone euro est donc entrée dans une dynamique de divergence: l’activité, l’emploi, les excédents et l’épargne se concentrent au nord ; la stagnation, le chômage, les déficits et les dettes s’accumulent au sud. Ce grand écart, s’il devait s’installer, est insoutenable: il entraînerait inéluctablement l’explosion de la monnaie unique, soit à la suite du défaut d’un pays du Sud, soit à la suite de la sécession d’un ou plusieurs pays du Nord. La disparition de l’euro, indissociable de violents mouvements des changes, provoquerait à son tour l’éclatement du grand marché.
[…]


Et le petit commentaire en prime :
Paulk
le 11/05/2020 à 16:55
C'est peut être triste à lire mais finalement on voit que les options du RN commencent à prendre corps alors qu'ils ne sont pas au pouvoir Les frontières çà y est, le sproufff de l'Union est en chemin et donc l'Euro suivra!

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Re: Europe pour tous

13 Mai 2020, 08:23 Message

Poursuivons.

« L’Allemagne se serait mieux portée si elle avait conservé son deutschemark » Le Figaro.fr 13/05/2020.
Philippe Simonnot Ancien professeur d’économie du droit Paràis-X

Extraits [donc subjectifs]

Le tollé quasi unanime qui a accueilli en France l’arrêt rendu le 5 mai par la Cour constitutionnelle allemande, sise à Karlsruhe, est une démonstration supplémentaire du malentendu qui règne depuis plusieurs années entre la France et l’Allemagne. Ce couple, qui passait pour le « moteur » de l’Europe, est aujourd’hui au bord du divorce.
[…]
Les juges allemands n’en ont pas moins lancé une sorte d’ultimatum : la BCE doit justifier d’ici trois mois le bien-fondé de ses rachats de dette publique pratiqués depuis 2015. À défaut, les juges de Karlsrhue menacent d’interdire à la Bundesbank, la banque centrale allemande, de participer aux programmes d’aide de la BCE. Ce qui signifierait une hausse immédiate des taux d’intérêt en Italie, Espagne, Grèce et même en France. L’euro n’y survivrait pas.
Christine Lagarde pouvait difficilement faire autrement que d’affirmer qu’elle continuerait « sans se laisser décourager » à « faire tout le nécessaire pour remplir son mandat », en affirmant que la BCE est « une institution européenne, responsable devant le Parlement européen et sous la juridiction de la Cour de justice de l’UE », et qu’elle n’avait pas de comptes à rendre à une juridiction nationale, quelle qu’elle soit. La tragédie maintenant semble écrite d’avance.
Pour comprendre la fatalité de ce drame, il faut d’abord rappeler qu’avant la naissance de l’euro, les Allemands avaient développé une sorte de « patriotisme du deutschemark » - le seul que le vaincu de 1945 pouvait se permettre, et qui les mettait à l’abri d’un retour à l’hyper-inflation des années 1922-1923, nourricière du nazisme. Aussi n’avaient-ils accepté d’abandonner leur monnaie nationale pour l’euro qu’à la condition qu’il fût au moins aussi bon que le deutschemark.
[…]
En France et dans d’autres pays du sud de l’eurozone, les cigales ont tôt fait une fois encore d’accuser d’égoïsme la laborieuse fourmi allemande. N’a-t-elle pas profité de l’euro pour accumuler d’énormes excédents dans sa balance des paiements courants, lesquels viennent gonfler ses réserves de change, et peut-elle se soustraire, dans ces conditions, à un minimum de solidarité avec les pays de l’eurozone les plus touchés par la pandémie ?
Voilà un raisonnement qui fait fi de la logique économique. Il est vrai que vis-à-vis des autres monnaies, et notamment du dollar, le deutschemark eût été à un taux de change plus élevé que ne l’a été l’euro ces dernières années. Mais croit-on vraiment qu’une monnaie sous-évaluée est bénéfique pour le pays qui l’émet ?
[…]
Donc arrêtons de dire que l’Allemagne a profité indûment de l’euro. Elle se serait mieux portée si elle avait conservé son deutschemark, et elle le retrouvera si sa voix n’est pas entendue.

En fait, l’euro, tel qu’il est dévoyé aujourd’hui par la BCE, est un obstacle à la solidarité entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud, tellement nécessaire en ces temps de pandémie, parce que ces obscurs mécanismes bancaires et financiers où les milliards annoncés par Mme Lagarde valsent à un rythme toujours plus rapide consistent en réalité à faire en douce les poches des épargnants ou/et des contribuables du Nord, et qu’ils suscitent méfiance et scepticisme.
Mieux vaudrait lancer démocratiquement des plans d’urgence d’Etat à Etat qui auraient le mérite de la transparence et donc, peut-on l’espérer, de l’efficacité.


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Re: Europe pour tous

13 Mai 2020, 09:02 Message

« Mais croit-on vraiment qu’une monnaie sous-évaluée est bénéfique pour le pays qui l’émet ? »

Remarque vraiment très idiote.
Un "professeur d'économie", émérite ?
Qu'il demande à Pékin.

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Re: Europe pour tous

25 Mai 2020, 08:57 Message

BFMTV en avait fait des tonnes lors de l'annonce de la chose ; les autres médias s'étaient contentés d'un petit cocorico de nature à rassurer à bon compte tous les européistes béats (ils sont légion, question de conditionnement de la population depuis des décennies, et de forfaitures politiques sans nombre). Très vite quelques grains de sable ont été relevés, tant il était impossible de n'en pas parler au moins un peu : l'opposition totale de l'Autriche, des Pays-Bas, la validation à obtenir des 27 parlements nationaux, etc. Mais broutilles que tout cela, l'effet initial était l'essentiel, avec en prime une petite pichenette en faveur de Macron, en grande difficulté. On compte, comme d'habitude, que lorsque tout cela se sera déballonné on aura oublié ce moment du mensonge permanent. Ou que si certains le rappellent, on sera trop fatigué et happé par son quotidien pour en faire grand cas.

E la nave va...


L’Allemagne ne paiera pas, rassurez-vous, bonnes gens ! (Bd Voltaire)

« Mais une chose est certaine, cet emprunt s’inscrit dans le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 du budget, il ne s’agit pas de créer un budget de la zone euro dont la fragilité s’accroît.

Sur ce point, les « engagements allemands » pour un budget de la zone euro que le Président Macron croit déceler dans des propos de la chancelière relèvent de l’autosuggestion… Sans commentaires !

Et sur ce point majeur, l’Allemagne refuse de payer, on ne peut nourrir aucun doute là-dessus. Monsieur le Président Macron, n’ayez aucune illusion et cessez d’avoir des yeux de Chimène pour Angela, elle est insensible à votre faconde intarissable et narcissique. L’Allemagne ne paiera pas ; ceux qui pensent le contraire se bercent tout simplement d’illusions, par idéologie. »

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Re: Europe pour tous

26 Mai 2020, 17:20 Message

"Si un projet échoue, il faut oser y mettre fin" : un ancien ministre néerlandais prône la fin de l'euro (Marianne)

« Si l'on enlevait son nom, que l'on retirait sa photographie et que l'on traduisait ses propos, Bert de Vries aurait tout d'un souverainiste italien, portugais ou espagnol. Et pourtant, les lecteurs de l'édition du 22 mai de Trouw, l'un des principaux quotidiens néerlandais, n'ont pas lu l'interview d'un populiste méridional, mais d'un ancien ministre des Affaires sociales des Pays-Bas, membre historique de l'Appel chrétien-démocrate (CDA), un sage parti de centre-droit pro-européen et libéral.

Dans cet entretien destiné à promouvoir son nouveau livre sur un "capitalisme sorti des rails", Bert de Vries se prononce publiquement pour la fin de l'euro, et dénonce les impasses de la construction européenne. Un message d'autant plus fort qu'il émane d'un homme qui fut l'un des moteurs du lancement de la monnaie unique lorsqu'il était membre du gouvernement néerlandais entre 1989 et 1994. Aujourd'hui, l'octogénaire regrette que son ancien parti, qu'il accuse d'être devenu "trop peu sensible aux difficultés croissantes de la population", ait abandonné la défense de "l'Etat-providence et d'une économie mixte" au profit du "néolibéralisme".

(...)

Le démocrate-chrétien prône un retour au florin, la monnaie nationale néerlandaise avant le passage à l'euro, et le maintien de l'euro comme monnaie commune (et non plus unique), servant pour les transactions néerlandaises. Interrogé par le journaliste hollandais sur le cas d'un touriste en vacances dans un camping français, il explique que dans ce cas, "on paie avec des francs français, comme avant. Votre banque achète des francs à la Banque centrale néerlandaise, laquelle a transféré des euros à la Banque centrale française en échange d'un taux fixe." »

... ce qu'une MLP a été incapable de défendre face à Macron lors d'un célèbre débat de deuxième tour... qui lui aussi pourrait finir par revenir tel un boomerang.

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